‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 39 sur 219 · BÂLE. — MONUMENTS · texte numérisé non relu

BÂLE. — MONUMENTS

Ces cloîtres s'étendent jusque sous la colline qui domine le fleuve. Ils fureut souvent la retraite favorite d'Érasme.

Derrière la cathédrale s'étend une terrasse nommée DiePfalg, plantée de dix marronniers, et élevée de 20 mèt. env. au-dessus du Rhin; on y jouit d'une belle vue sur le fleuve , la ville qu'il traverse, et les montagnes de la Forêt-Noire. Des murailles et des antiquités romaines qui y furent découvertes en 1786 et 1838, ont donné à penser que la cathédrale a été bâtie dans l'enceinte de l'ancienne forteresse romaine, peut- être de la Basilia de Valentinien Ier, nommée Robur par les anciens habitants; ce que semble prouver d'ailleurs le nom de Auf Burg, sous lequel on désignait autrefois cette localité. On a érigé sur cette place un monument au réformateur Œcolampadtus.

Les autres églises de Baie sont :

l1 église de Saint- Martin, la plus ancienne de toutes, où Œcolampadius officia pour la première fois en allemand; — Véglise de Saint- Pierre, qui renferme un bel orgue de Silbermann, et les tombeaux d'un grand nombre de Bâlois célèbres, lesZerkinden, Offenburg, Seevogel, les Bernouilli, Zwinger, Froben ; (elle a été restaurée en 1851), — Véglise de Saint-Théodore (dans le petit Bâle), près de laquelle on voit, dans l'ancienne chartreuse, devenue une maison d'orphelins, les tombeaux d'étrangersde distinction emportés par la peste au temps du concile; — la nouvelle église de Sainte- Élisabeth , construite aux frais de M. Christophe Merian Burkhardt (fen 1858) ; — Véglise Sainte- Claire, catholique (au petit Bâle).

— Le cloître de l'ancienne abbaye

de Saint-Alban, du style roman, mérite au moins une mention.

L'hôtel de ville {Rathhaus) , situé sur la place du marché, est un bâtiment d'architecture gothique, fondé en 1508 et restauré de 1825 à 1827 dans le goût de l'époque de sa construction (les deux inscriptions rappellent des dates de fortes inondations du Rhin). On y remarque des vitraux peints, de vieilles sculptures en bois, un tableau représentant une scène du jugement dernier, une statue de Munatius Plancus, le fondateur, selon la tradition, de Bâle et delà colonie romaine d'Augusta. Les fresques qui l'ornaient autrefois et qui, assuret-on, avaient été dessinées par Holbein, ont été retrouvées quand on a restauré la salle du grand conseil, mais elles sont presque entièrement effacées. Sur la frise sont peintes les armoiries des premiers cantons suisses.

L'arsenal, dépouillé d'une partie de ses richesses lors de la division du canton, renferme une petite collection d'anciennes armures, parmi lesquelles on distingue seulement la cotte de maille que portait Charles le Téméraire à la bataille de Nancy.

L'université de Bâle, fondée le 4 avril 1460, en vertu d'une bulle du pape Pie*II (jEneas Sylvius. qui avait été secrétaire du concile), a joui pendant longtemps d'une réputation méritée. Parmi ses professeurs, on cite Érasme, Œeolampadius, Ammerbach, Grynaeus, Frobenius, Paracelse, Plater, les deux Bauhin, Daniel et Jean Bernouilli, Euler, etc. Réorganisée en 1817, elle l'a été de nouveau en 1835, et depuis on l'a transférée dans le Muséum. Les bâtiments

qu'elle occupait autrefois avaient été la résidence des évêques.

Les étrangers peuvent visiter encore à Bâle : le nouveau musée ( V. ci-dessous) ; — le casino d'été; — la maison de correction; — la porte Spahlen, ou Saint -Paul, bâtie vers 1400 1 — la nouvelle douane, en face du théâtre; — la nouvelle poste ; — la fontaine du marché aux poissons, qui a été restaurée récemment ; — la fontaine Spahlen;

— la nouvelle fontaine, près de l'hôpital; — le nouvel hôpital, construit en 1838; — la Seidenhof où l'empereur Rodolphe de Habsbourg logea la première fois qu'il visita Bâle;— la maison Zur Mùcke, où, en 1436, se tint le conclave qui élut le Pape Félix V; — la maison Zum Luft qu'habitait Érasme, et dans laquelle Frôben imprima une des premières bibles allemandes; — la maison appelée autrefois Ochsische , aujourd'hui BurkharcVsche , située dans le faubourg neuf, et où la paix fut signée en 1795 entre la Prusse et la France;

— la maison Hirs'ache. près de la porte Saint -Jean, où la duchesse d'Angotilêmefut échangée, en 1795 contre des membres de la Convention faits prisonniers; — la belle maison Forcart, bâtie sur l'emplacement de la tour de l'ancienne fausse porte conduisant au faubourg d'^ésch ; — le jardin botanique, en dehors de la porte d'Aesch;

— l'institut des Missions; — et enfin le pont du Rhin, à l'extrémité duquel s'élevait, du côté du grand Baie, la tour (démolie en 1839) dont tous les étrangers ne manquaient pas d'aller contempler la tête gro-

1. Les anciens remparts jadis si pittoresques vont être en partie détruits; le Spahlen Thor sera dit-on. conservé.

tesque , appelée Lâllenkcenig , qui , adaptée à l'horloge, tirait la langue et roulait de gros yeux à la rive opposée, huit ou dix fois par heure.

Afin de se venger d'une pareille injure, les habitants du petit Bâle avaient élevé, de leur côté, un poteau surmonté d'une statue insolente, qui affectait de tourner le dos à la rive ennemie avec le geste le plus effronté.

Au milieu du pont, en aval, s'élève une tourelle gothique triangulaire en grès rouge de construction récente. Sur le devant de cette tourelle on voit une table synoptique des poids et des mesures , dans les angles les médaillons en bronze de .

Jacques , Daniel et Jean Bernouilli et de Bernard Euler , à dr. un thermomètre , à g. un baromètre avec une petite copie en bronze du IMlenkônig , et l'inscription suivante en vers allemands : Chassé de mon trône élevé, on ne m'a laissé que cette modeste place . où je me moque de tous ceux qui ne savent pas deviner quel temps il fera.

Bâle, 1859. — Vis-à-vis se trouve une chapelle appelée KâppelinJoch.

« Les vins y sont fort bons, écrivait Montaigne en 1580; mais les Bâlois ont cela que leur horloge, dans la ville, non pas aux faubourgs, sonne toujours les heures une heure avant le temps. S'il sonne dix heures, ce n'est à dire que neuf; parce, disent-ils, qu'autrefois une telle faute de leur horloge fortuite préserva leur ville d'une entreprise qu'on y avait faite. »

D'autres écrivains assurent que cette singularité devait son origine au dernier concile de Bâle, pendant lequel on s'était avisé d'avancer les horloges pour faire lever les évêques et les cardinaux, « gens assez indo-

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