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A. DE BALE A STRASBOURG

19 7/iO mil. et 12 kil. - Chemin de fer. 5 convois par jour. — De Bâle à Kehl, trajet en 4 h. 1/2 et 5 h. 1/2 environ. Prix : 7 fl. 12 kr. et 4 fl. 57 kr. par les trains express; 6 fl., 4 fl. 6 kr. et 2 fl. 39 kr. par les trains ordinaires. — De Kehl à Strasbourg, trajet en 25 min. pour 1 fr., 70 c. et 50 c.

L'embarcadère du chemin de fer badois, situé à Petit-Bâle , à 15 min.

du pont du Rhin , et à 40 min. de la gare centrale , sur la rive dr.du Rhin, est relié au pont du Rhin par une large rue nouvellement percée.

A peu de distance de la gare, on traverse la "Wiese, qui va se jeter dans le Rhin, à travers de belles prairies, un peu au-dessous du Petit-Huningue. On ne tarde pas à sortir de la Suisse pour entrer dans le grand-duché de Bade, et, après avoir croisé deux fois la route de terre, on atteint la station de

Leopoldshœhey située près de la rive dr. du Rhin, et où se trouve établie la douane badoise. — En face, sur la g., on aperçoit Huningue (V. R. 2). Au delà d'une longue tranchée, les regards sont attirés, à dr. , sur les derniers escarpements de la Forêt-Noire, par les villes (YUnteret&Ober-Tûllingen, en face desquels , de l'autre côté delà vallée de la Wiese, se montre la chapelle Crischona. Le village d'OEtlingen , que Ton aperçoit ensuite à dr., et dont les environs produisent un vin estimé, fut le théâtre d'une bataille sans résultat , que le margrave Louis livra, en 1702, au maréchal de Villars.

Quand le temps est beau, si Ton vient de Freiburg, on peut apercevoir les principales sommités des Alpes bernoises, au-dessus de la chaîne du Jura.

Ifaltingen, v. de 969 hab. — Sur la dr. s'ouvre la vallée de la Kander, à l'entrée de laquelle se trouve Binzen (1057 hab.).

Eimeldingen, v. au delà duquel on traverse la Kander. Quelques sommités de la Forêt-Noire apparaissent au-dessus des petits coteaux qui bornent la vue à TE. On franchit le Feuerbach entre Kirchen (1065 hab.) et

Efringen, v. de 500 hab., situé sur l'Esselbach qui descend d'une jolie vallée, et que Ton traverse à son tour. Le paysage devient plusintéressant ; on aperçoit sur la g. toute la vallée du Rhin jusqu'à la chaîne des Vosges. Le Rhin, qui forme de nombreuses îles, coule au pied des rochers d'Efringen , qui produisent un vin estimé, et de Ylsteiner- Klots, dans lequel le chemin de fer a dû se creuser trois tunnels longs de 306 mèt., 130 mèt. et 243 mèt. — La station d'Istein, ville dont l'église est fréquentée par de nombreux pèlerins , se trouve située près du second tunnel. — On domine le Rhin jusqu'à

Kleinkems, puis on s'en éloigne pour s'en rapprocher, en décrivant une petite courbe à

Rheinweiler , v. près duquel les Alliés franchirent le Rhin en 1814, sur un pont de bateaux, pour envahir le territoire français. On longe ensuite la rive dr. du Rhin au pied de petits coteaux plantés de vignes, que domine l'église de Bamlach.

Bdlingen. — On aperçoit à dr.

Schliengen (aub. Baselstab) , v.

de 1310 hab., situé sur le Hohlebach , que l'on franchit en quittant la station à laquelle ce village a donné son nom. C'est près de Schliengen que Moreau, qui venait d'opérer sa célèbre retraite, fut attaqué, le 24 oct. 1 796 , par l'archiduc Charles. Les deux armées s'attribuèrent la victoire; mais Moreau put se retirer sur Huningue sans être inquiété. — Dans un petit vallon latéral se montre Mauchen. — On s'éloigne du Rhin.

Auggen, v. de 1469 hab., au pied de coteaux plantés de vignes.

4 4/10 mil. Mûllheim (hôt.

1er, près de la gare ; Krone, Schwan,

dans la ville), ch.-l. de c. , V. de 2899 hab., agréablement située à 238 mèt. , sur une colline, à l'entrée de la vallée de Badenweiler; ses environs produisent des vins estimés, surtout le Markgraefler , qui, plus que sa position, lui a valu l'honneur d'être chantée par Hebel.

Des omnibus correspondant avec tous les convois (trajet en 1 h., pour 24 et 30 kr.) font un service régulier entre Mullheim et

Badenweiler (bôt. : Rœmerbad (avec bains), Stadt Carlsrnhe (avec bains), Badischer Hof (avec bains).

On peut aussi se loger à Niederweiler (Lœwe, Schwan), sur la route de Mullheim, ou à Oberweiler (Wilder Mann, Zum Ochsen, Blumé).

M. Emmerling {Der Schwarzicald , 2e édition, 1863)signale aux curieux, dans l'hôtel Zum Wilden Mann, les aquarelles attribuées à l'empereur Napoléon III (qui, avant la tentative de Strasbourg, passa 19 semaines à Badenweiler, sous le nom de Saint-Léon), — v. pittoresque de 500 hab., situé a427 mèt.d'altit., sur une des pentes occidentales de la Forêt- Noire, et l'une des résidences d'été du grand-duc. Ses sources chaudes (27° cent.) étaient déjà connues des Romains, car on y a découvert en 1784 un bain romain , de 108 mèt.

de longueur et de 33 mèt. de largeur , très-bien conservé, et qui mérite d'être visité (12 kr. de pourboire). L'inscription de l'autel nous apprend que ces bains étaient consacrés à Diana Abnoba (l'a manque), la Diane de la Forêt-Noire : on reconnaît encore parfaitement les frigidaria (salles des bains froids) , les tepidaria (salles des bains tièdes) , les laconica ou bains de vapeur, enfin les unctoria (salles de massage), et les atria ou vestibules.

[R. 3] MÛLLHEIM. — BADENWEILER. — BÛRGLEN. 65

L'eau de Badenweiler est claire et sans saveur; sa température est de 27° c. ; elle contient peu de principes minéralisateurs , et pourtant elle calme, dit-on, le système nerveux.

On l'emploie en bains, en douches, en boisson. Le lait de chèvre et le petit-lait de chèvre jouent , du reste, un grand rôle à Badenweiler, comme adjuvant du traitement thermal. La cure dure de 25 jours à 2 mois. Le nombre des baigneurs dépasse 3000 chaque année.

Le principal lieu de réunion pour les baigneurs est le Cursaal, construit, en 1853, d'après les plans d'Eisenlohr, et contigu à un parc dont les plantations s'étendent jusque sur la pente de la colline que couronne le vieux château. Ce château, bâti en 1586 par les margraves de Bade, a été détruit, en 1678, par les Français. 5 min. suffisent pour y monter. On y découvre une belle vue sur la vallée du Rhin et sur la chaîne des Vosges. Le Cursaal contient une belle Trinkhalle, des salons de lecture et de musique.

A chaque extrémité se trouvent des galeries ouvertes ; la dernière est occupée par un café-estaminet (bonne bière). On fait au Cursaal, pendant la saison des eaux, de la musique, matin et soir.

Devant le Cursaal s'élève une fontaine ornée de deux sculptures qui représentent Jésus et la Samaritaine, et Moïse faisant sortir l'eau du rocher, et dont l'un des tuyaux verse de l'eau thermale.

Badenweiler est surtout fréquenté par les habitants de Bâle et de Mulhouse, qu'y attirent moins encore l'efficacité de ses eaux que ses charmants environs. Les promenades y sont, en effet, aussi nombreuses que variées. Le prix des

chevaux et des ânes est fixé par un tarif.

Au S. E. du village, vis-à-vis du vieux château, s'étend, sur la lisière de la forêt, une place découverte appelée Sophienruhe (le repos de Sophie), d'où la vue est plus belle encore que de la colline du château. On y monte en 25 ou 30 min. par le chemin qui, au sortir du village, se détache à g. de la route de Kandern (un poteau l'indique). Si l'on continue de suivre le sentier qui, à 2 min. en deçà de Sophienruhe, s'élève à g. dans la forêt, on atteint en 15 min. VAlte-Mann, groupe de rochers situé à 100 mèt. au-dessus du village, et dont l'accès a été rendu facile par des degrés et des ponts. De l'Alte-Mann, on peut gagner, en 15 min., Haus-Baden, ancienne exploitation de mines, pour descendre en 20 min. à Badenweiler, par une bonne route de voitures.

Promenade an château de Burglen.

2 h. — Un guide, 30 kr.; un âne, 1 fl. 20 kr.

Un bon chemin conduit, dans la direction du S., au château de Burglen , en passant par Sehringen (des poteaux indiquent le chemin).

Le château de Burglen (bonne aub. ; 6 lits) , ancien prieuré de l'abbaye de Saint-Biaise (V. R. 8), et résidence d'été des abbés, est pittoresquement situé , à 667 mèt. d'alt. , au pied du Blauen ; il appartient aux seigneurs de Kageneck. On y voit les nombreux portraits des bienfaiteurs de l'abbaye, des vues de Saint-Biaise, des bustes de monarques ou de princes, entre autres celui de Marie- Thérèse et de son époux François (dans le réfectoire).

L'église, qui sert encore au culte, renferme le portrait de l'empereur Henri TH. Mais ce qui attire surtout les promeneurs, c'est le magnifique panorama que l'on découvre sur les montagnes du Wiesenthal (F.R. 10), sur Bàle, Huningue, Mulhouse, sur les Vosges, enfin sur la chaîne du Jura, dominée par les cimes neigeuses des Alpes.

Bûrglen est situé à 1 h. 30 min.

environ de la station deSchliengen (V. ci-dessus). On peut aussi gagner, par Sitxenkirch, la petite ville de Kandern (1398 hab.), située à 1 h. 15 min. (aub., Blume, Ochs), dans la vallée insignifiante de la Kandern. — De Kandern , on peut se rendre, soit à Schliengen (l h. 15 min.), par Riedlingen et Liel, soit directement à Bâle, par Hammerstein, Rûmmingen , Binzen et Haltingen (3 h. 15 min.), soit à Steinen (3 h.) , dans le Wiesenthal, (R. 10) par Schlechtenhaus.

1 h. 30 min. à 2 h. — Anes, 1 fl. 20 kr. ; guide utile (30 kr.), sans être absolument nécessaire.

L'excursion la plus recommandée des environs de Badenweiler est l'ascension du Blauen , qui domine Badenweiler au S., et dont le sommet atteint 1166 mèt. C'est la montagne de la Forêt-Noire la plus rapprochée du Rhin. La route qui y conduit (2 h.), par une belle forêt de sapins, est praticable aux voitures , et ne présente de pentes rapides qu'au commencement et à la fin du trajet. Du Blauen , on découvre le cours du Rhin, la Forêt-Noire (E.), les Vosges (0.), le Jura (S.) et, quand le temps est clair, la chaîne des Alpes, du Glaernisch au Mont-Blanc.

— 1 heure 30 minutes de mar-

che sont nécessaires pour aller du Blauen au château de Bûrglen ( V.

ci-dessus). On peut aussi gagner Kandern, en 2 h. 1/2, par Vogelbach et les ruines du Saufenberg.

Ascension do Belchen.

4 h. 30 min. — Guide utile, mais non indispensable, i fl. 12 kr. ; âne, 3 fl.

Le sommet du Belchen (1415 mèt.), plus dégagé que celui du Blauen, offre un panorama admirable, moins étendu que celui du Feldberg, mais plus varié. On voit mieux la plaine et les vallées les plus rapprochées de la montagne, surtout le Mûnsterthal (N. 0.) et le Wiesenthal (S.).

Au sortir de Badenweiler on se dirige à l'E. pour gagner, en 30 min., la route de la vallée du Klemmbach, que l'on remonte. A

Schweighof (15 min.) on trouve une bonne auberge, et à la maison forestière de Sirnitx (1 h. 30 min.), Zum Auerhahn, on peut coucher au besoin. A 30 min. de Sirnitz, on arrive au Sattel ou col, d'où l'on descend , en 20 min. env., vers les maisons isolées appelées on der Halde. Là on quitte la route , (qui se dirige à dr. sur Neuenweg) pour s'engager bientôt (25 min.) dans la forêt, en suivant la direction de l'E. , et en laissant le Belchen à g. Après 15 min. env. de marche, on trouve une borne non loin de laquelle la route du Mûnsterthal à Neuenweg croise le sentier que l'on suit, et qui, devenu plus étroit, aboutit en droite ligne à une clairière (10 min.). Longeant alors jusqu'à son extrémité la barrière que Ton a rencontrée, on la franchit, en se dirigeant vers le rocher dentelé appelé Hochkelch (20 min.).

On se trouve alors (10 min.) sur le

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