FREIBURG
le portail datent du xiii» s. (1236-72). Quant au chœur, il est d'une époque plus moderne : on en posa la première pierre en 1354, et il ne fut achevé qu'en 1513. Cette belle église, bâtie en pierres de grès rouge, que le temps a un peu noircies, a la forme d'une croix et occupe le milieu d'une place dans la direction de l'O. à i'E., le chœur se trouvant tourné vers l'orient. A la base de la tour, qui est aussi large que la nef, vingt-huit colonnes, ornées de vingthuit statues justement estimées, forment le vestibule. Ces colonnes représentent : — àdr., de 1 à 5, les cinq Vierges folles; de 6 à 12, les sept sciences libérales : la Grammaire, la Dialectique, la Rhétorique, la Géométrie, la Musique, la Philosophie, l'Astrologie ; 13, sainte Marguerite; 14, sainte Catherine: — à g., de 1 à 6, le Fiancé avec les cinq Vierges sages; 7, sainte Madeleine; 8, Abraham ; 9, saint Jean-Baptiste; 10. Jacob; 11, Aaron; 12, un Ange; 13 et 14, la Volupté et la Calomnie.
A la dr. et à la g. de la seconde porte sont huit statues (quatre de chaque côté) élevées sur des piédestaux, et dignes d'un examen attentif : — à dr. . 1° le Judaïsme, 2° la Visitation de Marie par Elisabeth, 3° Marie seule, 4° un Ange; à g., 1° l'Église chrétienne; 2°, 3° et 4° trois Rois d'Orient. Au-dessus de ces huit statues, on en remarque d'autres plus petites, au nombre de soixante, formant quatre groupes • 1° les Patriarches, 2° les Rois de la ligne de David, 3° les Prophètes, 4° les Anges. La porte est divisée en deux parties par une colonne ornée d'une belle statue de la Vierge, et entourée de sculptures remarquables. Enfin, un bas-relief, placé au haut de la porte, représente, en
quatre tableaux, des scènes de la vie du Christ et de la Bible.
L'intérieur de l'église a 125 met., depuis la façade de la tour jusqu'à l'extrémité de la chapelle semi-circulaire, située derrière le maltreautel. Douze piliers de 2 mèt. env.
de diamètre (six de chaque côté), et contre lesquels sont placées, sur des piédestaux, les statues des Apôtres, soutiennent la nef, qui , avec les ailes latérales , a 29 mèt. de largeur. Dans la partie inférieure des deux murs latéraux, quatre-vingt-quatre colonnes, aux chapiteaux sculptés, supportent un remarquable balustre en pierre sculptée. — La chaire, beau morceau du vieux style gothique, fut sculptée, en 1561 , dans un bloc de pierre, par Jœrg Kempf, qui s'est représenté au-dessous, à une fenêtre, avec l'attitude d'un homme écoutant un sermon.
Les vitraux de couleur du Munster excitent à juste titre l'admiration de tous les connaisseurs. Les plus anciens datent du xiv€ s. En général, ce ne sont pas, à proprement parler, des peintures sur verre, mais des mosaïques de morceaux de verre très-épais et entièrement colorés. Ceux du chœur sont des peintures sur verre représentant des familles nobles avec leurs armoiries.
Quoique plus riches et mieux dessinés que les autres, ces vitraux paraissent moins beaux, parce que les morceaux de verre qui les forment ont simplement été peints des deux côtés. Outre ces anciens vitraux, le Mûnster en possède de modernes, dignes aussi d'attention.
On remarque surtout, dans l'aile méridionale, les quatre Ëvangélistes, par Helmle (1822), et les scènes de la Passion, peintes également par Helmle (1826), d'après le dessin
original d'Albert Durer, et, dans l'aile septentrionale, d'autres scènes de la Passion, par Helmle.
Les principales curiosités de l'intérieur du Mûnster sont :
Dans Voile méridionale, le tombeau du duc Berthold V de Zaehringen , le dernier de sa race, mort en 1218; — dans la chapelle du Saint- Sépulcre, d'anciennes sculptures en pierre (le Christ au tombeau et ses gardiens endormis); — des sculptures en bois; — une Adoration des rois, de 1505;— les figures étranges des sculptures de la corniche à l'entrée des chapelles du chœur;— deux tableaux attribués à Holbein le jeune (dans la chapelle de l'université) , une Nativité et une Adoration des mages, peintes pour la famille d'Oberriedt, qui a fondé cette chapelle et dont les principaux membres sont représentés au-dessous.
Dans Y aile septentrionale, la Cène, exécutée par Hauser, en 1805 (chapelle de la montagne des Oliviers) ; — la statue de l'archevêque Boll (f 1836), par Friederich de Strasbourg;—le monument de l'archevêque Demeter (f 1842); — le tombeau où sont ensevelis les ossements des anciens comtes de Zaehringen qui y ont été apportés en 1829 de l'abbaye de Thennenbach. La chapelle (fermée) de Saint- Alexandre contient sur l'autel, et, sous verre, un squelette de ce saint richement vêtu et donné en 1650 par le pape Innocent X.
Le chœur, plus élevé que la nef de la hauteur de cinq marches, est supporté par dix piliers; et il faut également monter cinq autres marches pour aller de l'entrée du chœur au maltre-«utel, à la dr. duquel est un fauteuil gothique en pierre. Derrière le maître-autel est une cruci-