‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 45 sur 219 · FREIBURG. — LE MUNSTER · texte numérisé non relu

FREIBURG. — LE MUNSTER

/mon, peinte en 1512 par Baldung Grûn, natif de la Forêt-Noire, qui a peint aussi (en 1515) le curieux tableau du maître-autel : le Couronnement de la Vierge, et les douze Apôtres, avec divers épisodes de la vie du Christ. Le siège de l'évêque, sculpté en bois (1851), par Glaenz (figures de Rnittel), mérite également d'attirer l'attention. Enfin, de chaque côté du chœur, à l'entrée , sont les statues (par Hauser, 1806) des ducs de Zœhringen, Berthold III et IV, Conrad III et Rodolphe. Les sculptures de la corniche qui domine l'entrée des chapelles contiennent de curieuses et piquantes satires contre le clergé.

Dans la chapelle de l'Université, on remarque un tableau à volets, de Holbein le jeune.

« Le sacristain, dit M. Victor Hugo, s'est réservé le chœur et les chapelles de l'abside On entre, mais on paye; du reste, on ne regrette pas son argent. Cette abside , comme celles de Flandre, est un musée, et un musée varié. 11 y a de l'orfèvrerie byzantine, il y a de la menuiserie flamboyante, il y a des étoiles de Venise, il y a des tapisseries de Perse, il y a des tableaux qui sont de Holbein , il y a de la serrureriebijou qui pourrait être de Biscornette...; les deux portes romanes des petits clochers, dont l'une à dentelures, sont fort curieuses; mais ce que j'ai admiré surtout, c'est, dans une chapelle du fond, un Christ byzantin, d'environ 5 pieds de haut, rapporté de Palestine par un évêque de Fribourg. Le Christ et la croix sont en cuivre doré , rehaussé de pierres brillantes. Le Christ, façonné d'un style barbare, mais puissant, est vêtu d'une tunique richement ouvragée ; un gros

rubis non taillé figure la plaie du côté. La statue en pierre de l'évêque, adossée au mur voisin, le contemple avec adoration. C'est trèsbeau. » Une autre curiosité du chœur, que M. Victor Hugo oublie de mentionner, est la Vierge, sculptée en bois, de la chapelle Saint- Martin , qui abrite dans son manteau une foule de fidèles. Cette remarquable sculpture date de 1520.

Vextérieur du Munster, le côté méridional surtout , n'est pas moins curieux que l'intérieur. Ses arcsboutants, ses balustres, ses statues, ses niches et leurs dais gothiques, ses gouttières aux formes étranges et variées, ses six portes latérales, ses colonnes, ses nombreuses fenêtres , ses rosaces gothiques, ses piédestaux sculptés , etc. , méritent sans doute une longue visite; mais ce qui attire principalement l'attention lie tous les étrangers, c'est la tour ou la flèche. — N. B. On paye 6 kr.

au concierge pour un billet d'entrée, et 12 kr. au gardien du haut de la tour.

D'abord quadrangulaire , cette tour devient, au tiers de sa hauteur environ, octogone; puis elle se termine par une flèche de pierre en forme de pyramide, aussi hardie que légère, et d'un travail admirable. Ses trois parties réunies ont 123 mèt. 11 faut monter sur le balcon qui entoure la base de la flèche pourcontemplerun beau panorama, mais plus encore pour voir de près et apprécier à sa juste valeur ce chef-d'œuvre de l'architecture gothique, qui, malgré son apparente fragilité, résiste depuis plus de cinq siècles à toutes les intempéries de l'atmosphère et aux plus terribles tempêtes. — L'horloge que l'on remarque en y montant est l'œuvre de

M. Schwilgué, de Strasbourg ; elle a été posée en 1851.

Il y a deux autres clochers au Mûnster de Freiburg; mais ils sont romans, petits, bas, à plein cintre et à dentelures byzantines, et posés, non, comme d'ordinaire, aux extrémités du transsept, mais dans les angles que fait l'iniersection de la petite nef avec la grande.

Tous les dimanches, à 9 h. 1/2, il y a messe avec orchestre à la cathédrale de Freiburg. La musique instrumentale et vocale est admirable.

Parmi les autres édifices publics de Freiburg, nous mentionnerons:

Y église protestante, près de la porte de Francfort, ancienne église du couvent supprimé de Thennenbach (5 h. de Freiburg), transportée pierre à pierre et reconstruite, à la place qu'elle occupe aujourd'hui, par Hubsch, de 1828 à 18 i8 : la tour seule est moderne; l'intérieur, d'une simplicité noble, n'a du reste rien de remarquable; — la caserne, construite en 1776 par l'Autriche, et faisant face à l'église protestante; — à l'E. de la caserne, prèsduCarlsplatz, la Kunst und Tonhalle, bâtie en 1846, et destinée aux concerts et aux expositions artistiques; —le Kaufhaus (maison ou hôtel du" commerce), vis-à-vis du portail méridional du MUnster, « maison du xv° s. , à toit immense en tuiles de couleur, à pignons en escaliers, flanquée de deux tourelles pointues, portée sur quatre arcades, percée de baies charmantes, chargée de blasons coloriés, avec balcon ouvragé au premier étage, et, entre les fenêtres-croisées de ce balcon, quatre statues peintes et dorées, qui sont Maximilien I", empereur; Philippe Pr, roi de Castille; Charles-

Quint, empereur; Ferdinand Ier, empereur; » — le palais archiépiscopal, à TE. du Kaufhaus; — la fontaine, du xv9 s., située en face de la rue du Munster, dans la Kaiserstrasse ; — V institut des aveugles ; — le théâtre; — la fontaine du marché au poisson, élevée en 1807, et décorée du monument du fondateur de la ville, Berthold III ; — le collège, fondé et doté en 1454, et dont la bibliothèque compte plus de 100 000 volumes; — le palais du grand-duc; — Vhôtel de ville, édifice du xvie s., devant lequel s'élève, depuis 1858, la statue en pierre (par Knittel) de Berthold Schwarz , l'inventeur de la poudre à canon (f 1340): — la porte Saint- Martin, ornée de fresques qui représentent saint Martin partageant son manteau avec les pauvres, et d'une table commémorati ve en l'honneur des volontaires fribourgeois qui, le 7 juillet 1796, se distinguèrent au combat de Wagenstadt, «en défendant l'empereur et la patrie »

contre les Français; — la porte de Souabe à la double horloge , ornée également d'une peinture représentant un paysan près d'une voiture chargée de tonneaux. La petite figure assise qui termine la clef de voûte est probablement le portrait de l'architecte.

L'université de Freiburg, Tune des plus anciennes universités de l'Allemagne, fut fondée, en 1456, par Albert VI. Au xvi* s., on y vit briller les noms de Capiton, de Glaréan, d'Érasme, de Philippe de Erigen, le poète. De nos jours, elle fut illustrée par ceux de Wanker (le premier archevêque de Freiburg), de Hug, l'orientaliste, de Rotteck, l'historien, du jurisconsulte Welker, des médecins Beck et Baum-

[R. 3] LE SCHLOSSBERG. -

gaertner, etc., etc. On y compte 35 professeurs et 4 à 500 élèves.

Elle possède une bibliothèque de 120 000 volumes, et des collections d'anatomie et de zoologie. C'est le séminaire catholique du grand-duché de Bade, dont Heidelberg est le séminaire protestant. Conformément à un concordat récent , Freiburg possède un archevêque métropolitain du grand-duché et du Wurtemberg, et un nouveau séminaire de prêtres catholiques, aux frais de ces deux gouvernements.

Tous les étrangers qui visiteront Freiburg devront monter jusqu'au Schlossberg (15 min. env. de la cathédrale) , d'où Ton découvre de charmants points de vue sur les vallées du Rhin et delà Treisam. La montée commence près de la porte de Souabe. — Le point culminant, appelé Ludwigshœhe, n'est pas à plus de 133 mèt. On y a placé une table en fonte, destinés à orienter les promeneurs. — On remarque, à TE., la vallée de Kirchzarten, arrosée par la Dreisam, et au fond de laquelle s'ouvre le Val d'Enfer ; au S.v le Schauinsîand et le Schœnbery (666 mèt.), et plus loin le Belchen ( V. ci-dessus); au S. O., le Lorettoberg , près duquel débouche le Gûntersthal; à LU , Freiburg, la vallée du Rhin, le Kaiserstuhl et les Vosges. — On trouve encore sur cette montagne de* débris de trois vieux châteaux forts, détruits en 1744 par les Français.

Sur le versant septentrional s'ouvre une grotte qui sert de cave : on l'appelle le Felsenbierkeller , ou la cave de la bière des rochers.

On peut revenir à Freiburg par le J;rgerhxuschen (30 min.; divers chemins y conduisent) et le faubourg Herdein (30 min.).

BJttDS DU RHIN.

- GÛNTERSTHAL. 73

Du Jaegerhaeuschen, 1 h. suffit pour Taire, par le Hebsack et Schœnikof, l'ascension du Rosskopf , haut de 740 mèt. env., et d'où Ton découvre une belle vue. Un sentier descend (30 min.) du sommet du Rosskopf à Sanct-Odilien, ancienne chapelle située dans une solitude ombragée, et renfermant une source d'eau fraîche. De Sanct-Odilien, 30 min. seulement sont nécessaires pour descendre à la papeterie et à la filature de soie situées à 15 min. de la porte de Souabe.

Gûntersthal (th.), situé au S. de Freiburg, offre aussi un but agréable de promenade; divers chemins y conduisent. Dans un vallon de prairies, entouré de hautes montagnes boisées , s'élèvent les bâtiments modernes du couvent de nonnes cisterciennes, fondé en 1224, transformé plus tard en brasserie, puis en filature, et incendié en partie en 1829. Un chemin qui monte derrière le village (à la g. des Kibfelsen, que couronnent les ruines de la Kiburg) conduit par Horben et la Halde sur la route d'Oberriedt à Todtnau. On peut revenir de Gûntersthal à Freiburg par

(40 min.) la chapelle de Lorette, située à 25 min. de la ville sur le Josephsberg, au milieu d'un groupe de beaux tilleuls. De cette chapelle, qui a été bâtie en commémoration de la victoire de Mercy sur Turenne, et du chemin qui y conduit, on découvre de charmants et beaux points de vue sur le vallon de Gûntersthal, la plaine du Rhin, les Vosges et le Jura.

On peut aller de Freiburg à Alt- Breisach et au Kaiserstuhl (V. ci-dessous). La route d'Alt-Breisach (omnibus correspondant avec le chemin de fer, 3 1/2 mil.; trajet en 3 h.

pour 1 fl.) passe parle Mooswald, Thiengen , Munztngen (château) ,• Oberrimsingen (château) et Hochstetten.

Pour la route du Hœllenthal (val d'Enfer), nous renverrons à la R. R; mais nous indiquerons ici l'ascension du Schauinsland ou Erdkasten, montagne haute de 1286 mM., dont le sommet offre un magnifique panorama, et dont l'ascension demande 4 h. On peut se faire conduire en voiture jusqu'au Molzbauer, dans la vallée de Kappel, par (1 h.) Littenweiler (bains et eaux de petit-lait) (30 min.) , Rappel et (35 min.) Molzbauer, où ces?? la route carrossable et où la véritable montée commence. Du Molzbauer (un guide peut être utile), 2 h. 1/2 sont nécessaires pour atteindre le point culminant, marqué par une croix. Dans le trajet, on passe près d'un éboulement qui ensevelit trois hommes, en 1849. Du Schauinsland, on découvre non-seulement les principales montagnes de la Forêt-Noire , le Kandel, le Feldberg et le Belchen, qui sont à une distance de 2 1/2 mihes, et les vallées qui en descendent, mais la plaine du Rhin, la chaîne entière des Vosges, le Jura avec tous les petits chaînons qui en dépendent et la chaîne des Alpes, du Glaernisch et du Tœdi à la Dent-du-Midi aux Diablerets et au Mont-Blanc. Toutes les Alpes bernoises occupent à peu près le centre de la chaîne.

Du sommet du Schauinsland, on peut descendre en 30 minutes à la Hnlde, en laissant à g. le village de Hofsgrund , sur l'ancienne route de Freiburg à Todtnau, où l'auberge du Rœssle otlre au besoin un gîte pour la nuit, et d'où Ton gagne en 30 minutes la

nouvelle route de Freiburg à Waldshut par Todtnau.et Saint-Biaise.

On peut aussi monter au Schauinsland, en 4 h., par Gûntersthal (F. ci-dessus) et le Fœrsterhaus.

De Freiburg à Schaffhouse, par le Hœllenthal ou vallée d'Enfer, R. 8.

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