LE PONT DU RHIN
c'est par là que s'introduisent les ouvriers chargésde creuser le sol....
Ce caisson est descendu au fond du fleuve au moyen de quatre puissantes vis, de manière à venir repossr sur le fond. Par l'une des cheminées, on envoie, dans l'intérieur du caisson, de l'air comprimé, qui, en raison de sa pression plus forte que celle de reau,chasse l'eau de l'intérieur de ce caisson et prend sa place. Dès lors, les ouvriers peuvent pénétrer dans le caisson par l'une des deux cheminées latérales.
Une chambre dentrèe, munie de soupapes, leur permet de s'introduire dans l'intérieur de la cheminée et du caisson , sans donner issue à l'air comprimé qui le remplit. Arrivés dans le caisson, autrement dit sur le lit du fleuve, ils y creusent le sol et jettent le gravier extrait sous l'orifice de débouchement du tuyau central, à l'intérieur duquel joue la noria, qui recueille incessamment ces débris pour les rejeter au dehors, comme dans le travail ordinaire du dragage. Par suite de ce forage, le caisson descend, par son poids, de plus en plus dans l'intérieur du terrain. Au fur et à mesure de cet enfoncement, on rajoute des anneaux au tuyau d'extraction et aux cheminées latérales, afin de les maintenir toujours au-dessus du niveau de l'eau. En môme temps, et c'est ici le point essentiel à comprendre , des maçons, placés à l'extérieur, jettent par-dessus le caisson des pelletées de béton qui sont maintenues par un cuvelage ou enveloppe en bois. Cette maçonnerie, qui doit constituer la fondation de la pile, facilite encore par son poids la descente de tout le système.
« .... Quand on est ainsi parvenu à la profondeur de 20 mèt., on s'arrête ;
les ouvriers remplissent alors de D£ KEhl a BADE,
béton l'intérieur même du caisson , et quand ce plancher intérieur de béton est parvenu à l'orifice des cheminées latéiales, ils se retirent sans le moindre danger par cette cheminée; on a, de cette manière, construit une colonne de maçonnerie de béton de 20 mèt. de profondeur, ayant à sa base le caisson métallique, rempli lui-même de béton. Le même travail ayant été fait simultanément pour les quatre caissons qui doivent composer Tune des piles du pont, la pile se trouve ainsi construite en totalité.... »
. Les piles extrêmes sur les deux rives portent les noms des souverains, ministres et ingénieurs des deux pays.
En traversant le Rhin, on laisse
à dr. l'ancien pont de bateaux qui
relie Strasbourg à Kehl.
Sur la rive dr. ou badoise du
Rhin, qui a été fortifiée depuis
l'achèvement du pont, s'élève la
douane badoise, où les voyageurs
venant de France sont obligés
d'exhiber leur passe-port et de laisser visiter leurs bagages. On change
souvent de voitures.
12 kil. par le chemin de fer. 6 kil.
par la route «le terre. Kehl (restauration à la gare; bôt. : la Poste,
Rehfuss, Salm, etc.), V. de 1903
hab., située au confluent de la Kin-
zig et de la Schutter avec le Rhin ,
ancienne forteresse de l'empire
d'Allemagne, bombardée, détruite
et rasée plusieurs fois par les armées
françaises qui ont traversé le Rhin.
— Kehl, la promenade favorite des
habitants de Strasbourg qui y vont
boire de la bière, est presque entièrement composée d'hôtels et de
brasseries. On y a bâti récemment
une église gothique en grès rouge.
6 6/10 milles. — 4 à 6 convois par jour. Trajet en 2 h. Prix : 2 fl. 12 kr., t fl. 3o kr., 1 fl., par les trains ordinaires, et, par les trains de vitesse, 2 fl. 36 kr. , i fl. 48 kr. — Aucune franchise n'est accordée aux voyageurs pour leurs bagages, excepté pour ceux qu'ils peuvent prendre avec eux dans les voitures.
« La vaste plaine qui s'étend du Rhin à la Forêt-Noire, de Kehl à Appenweier, a conservé, dit M. Charles Lallemand, dans son beau livre des Paysans badois, son costume traditionnel et ses mœurs anciennes.
Le Hanau badois est une sorte de préface à la Forêt-Noire.
« En quittant Kehl et en parcourant l'embranchement qui rejoint à Appenweier la grande ligne badoise, n'avez-vous pas vingt fois admiré ces plaines fertiles, couvertes de moissons, de prairies et de forêts, qui s'étendent à droite et à gauche, semées de beaux villages dans lesquels se meuvent des paysans au costume si pittoresque et si élégant, qu'ils semblent les comparses d'un immense opéra-comique donné par la nature en cet endroit? Le dimanche surtout , oh ! alors rien n'y manque , ni les idylles, ni les chants joyeux, ni même les chœurs harmonieux. Ce ravissant pays est si tranché, si net et si lui, au milieu de l'uniformité qui a envahi la plaine tout autour, que le peuple et les écrivains badois lui conservent son ancien nom Hanauer-Lœndchen , malgré son incorporation dans le Hittelrheinkreis (cercle du milieu) , dans lequel les diviseurs modernes ont essayé de le noyer. Hanauer- Lœndchen signifie petit pays de Hanau. Lœndchen est un diminutif de Land (pays), comme fillette l'est de