‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 75 sur 219 · FORBACH · texte numérisé non relu

FORBACH

route, après avoir dépassé le Lanqenbranderihor — ouverture artificielle entre des rochers — fait un détour pour franchir le Forkelbxchlein, avant d'arriver à

1 h. 15 min. Langenbrand, v.

de 500 hab., dont l'église vient d'être rebâtie dans le style roman et qu'entourent de beaux rochers de granit. Au delà de ce v. on laisse à dr. une route de voitures qui descend au fond de la vallée, traverse la Murg et monte à Bermersbach (§ 21), caché dans un nid de verdure. Le paysage devient de plus en plus alpestre et plus beau. La route neuve, en partie taillée dans le roc, décrit de nombreux contours d'où l'on découvre de charmants points de vue. On traverse un petit tunnel avant d'atteindre (45 min.) Gausbach (hôt. : au Cor de chasse) , v. de 500 hab. situé sur le Kauersbach, et à 15 min. duquel on franchit la Murg sur un pont de bois couvert, pour monter à

3 h. 15 min. de Gemsbach (14/10 mil. de Weissenbach) Forbach (hôt. : Lœwe, près du pont; Adler), v. de 1267 hab., situé à 279 mèt.

sur le Forbach, qui s'y jette dans la Murg. L'élève du bétail et l'exploitation des bois forment les principales industries des habitants. A l'B. s'élève VEckkopf. La plus haute sommité des montagnes de l'O. se nomme le Mannskopf; elle a 935 mût.

A Bade, par Bermersbach, 5 21, 3 h.

— à Herrenwiese, 2 h., S 21.

Au delà de Forbach la vallée de la Murg se rétrécit et devient de moins en moins cultivée. Après avoir gravi une côte assez roide, et contourné la Holdereck, au N. E.

de laquelle le Sasbach descend de la vallée qu'il arrose, on se dirige au

S. , le long de la rive g. de la Murg , dans une gorge de plus en plus boisée et pittoresque — l'une des plus belles, sans contredit, de la Forêt- Noire — sans rencontrer aucun village jusqu'au (t h. 30 min.) confluent de la Raumûnzach et de la Murg. Là il faut quitter la route de Freudenstadt (R. 11) pour remonter à dr. le vallon sauvage et boisé au fond duquel la Raumûnzach bondit de chute en chute entre les gros blocs de rochers qui interceptent son cours. Il y a un siècle ce vallon était couvert de forêts vierges dans lesquelles les chasseurs les plus intrépides n'osaient pas s'aventurer à la poursuite du gibier. Ce n'est que depuis 1758 que l'on y a pratiqué des chemins pour en exploiter les richesses forestières. En le remontant on ne tarde pas à atteindre (15 min.) l'embouchure du Schwarzenbach (qui fait une chute de 10 nièt.) et de la Raumûnzach.

La route se bifurque comme les vallées. Avant de suivre celle de dr.

donnons quelques indications sur celle que nous laisserons à g.

A 25 min. du confluent des deux torrents la colonie forestière d'Ebersbronnen s'étend sur les rives de la Raumûnzach et du Mûlhbach. A 1 h. 30 min. env. d'Ebersbronnen, près de [Gaislœger, la vallée du Schwarzenbach se bifurque. Le bras qui se dirige à TO.>est arrosé par le Hundsbach ; celui qui se dirige d'abord au S., puis à 10., descend de la Biebrach. En remontant ce dernier ruisseau , on trouve , à 1 h. env. , le hameau de Viehlœger, au-dessous duquel on a établi une de ces écluses si nombreuses

dans ces montagnes, appelées Schwellung , et dont les eaux sont destinées à faire descendre dans la Murg les bois des forêts supérieures.

— La Biebrach prend sa source à 1 h. env. de Viehlaeger, à la base de la Hornisgrinde (F. § 24). Son bras principal s'appelle le Sauerbronnen. — Quant à la vallée de Hundsbach proprement dite, elle a la même longueur environ que celle de la Biebrach dont elle est séparée par une distance de 1 h. — On y trouve aussi (2 h. de Raumûnzach) un hameau appelé Hundsbach, et communiquant avec la Herrenwiese ( F. ci-dessous) par la Hundseck (1 h. 45 min.). La rivière qui l'arrose prend sa source principale au-dessous de la Hundseck, qui a 894 mèt., puis baigne la base du Mehlinskopf et du Hinter Ochsenkopf. On la nomme le Gresbach jusqu'à l'endroit où, grossie par différents affluents descendus du Hundskopf, elle s'appelle le Hundsbach. — A la base du Vorder Ochsenkopf est une remarquable Schwellung. — N. B.

Un chemin praticable pourleschars remonte la vallée du Hundsbach, franchit la Hundseck et descend dans le Bûhlerihal, mettant ainsi en communication directe la vallée de la Murg et celle du Rhin.

La route de Herrenwiese remonte au N. 0. la rive g. du Schwarzenbach; la pente est d'abord assez forte. Le lit du torrent, parsemé de gros blocs de rochers, a une largeur disproportionnée au volume ordinaire de ses eaux. Ce phénomène ne se comprend que lorsqu'on a vu plus haut la Schwellung. A 25 min.

de la bifurcation on traverse le Schwarzenbach sur un pont de

LA GROSSE SCHWELLUNG.

pierre au delà duquel la pente devient plus douce et la vallée moins intéressante. Les arbres interceptent la vue. Au milieu de ce désert on trouve de distance en distance une petite maison entourée de prairies et de cultures. Mais il faut 45 min.

au moins pour atteindre la Grosse Schwellung 1 , petit lac artificiel tout entouré de sapins qu'il faut surtout visiter quand on en ouvre les écluses. — Ce curieux spectacle est annoncé à l'avance par toutes les voies de la publicité. Nous en empruntons la description à M. Amédée Achard2:

o Tous les regards sont tournés vers le pont de pierre dont l'arche unique doit laisser passer le torrent grossi subitement par les eaux de la Schwellung. On attend avec une impatience dont chaque minute accroît la vivacité. Tout à coup une rumeur sourde se fait entendre au loin : c'est comme le roulement d'un chariot sur la pierre, d'abord vague, lointain, confus; tout le monde se dresse, tous les yeux sont fixés sur le même point : c'est la Schwellung qui arrive. Le bruit devient plus fort, croissant de minute en minuté; c'est bientôt comme le grondement du tonnerre ou le retentissement de dix chars qui passeraient au galop sur une chaussée pavée : tous les échos de la montagne répercutent le bruit.

« Enfin, sous l'encadrement formé par l'arche du pont, au fond du ravin, on voit paraître un mur de

1. Le mot Schwellung est le substantif du verbe schwellen, qui veut dire enfler, gonfler, grotsir.

2. Bade et ses enrirons, illustré de 28 grandes lithographies et de 29 gravures sur bois par Jules Coignet; un magnifique volume relié, loo fr. Paris, Hachette et Cie.

bois qui roule avec une rapidité terrible et des bruits effrayants. On ne distingue rien que des entassements de bûches mêlées de troncs d'arbres. La masse bruyante, poussée par le flot encore invisible , arrive debout comme un rempart et roule sur un lit de roches, au travers desquelles elle se heurte avec de formidables retentissements. La muraille mouvante s'approche du pont et le choque avec la force d'un bélier. Un instant l'écume jaillit par-dessus les parapets; l'arche, trop étroite, ne peut donner passage à cette avalanche emportée avec la rapidité de la flèche : on dirait que le pont va crouler. Une poussière d'eau l'enveloppe, un nuage d'écume en eflace les contours, le flot en effleure les tabliers. Des arbres se dressent debout avec des mouvements convulsifs et retombent de toute leur hauteur : on dirait des géants montant à l'assaut d'une tour.

Partout les troncs de sapins se hérissent, chassés par l'impulsion de l'eau; puis la muraille flottante se brise avec d'horriblesdéchirements, l'arche est franchie et toute la masse se précipite dans le ravin, chassée par un tourbillon furieux.

« Les spectateurs ont le vertige.

La rivière est blanche d'écume, l'eau couvre tous les rochers monstrueux dont tout à l'heure l'eau de la rivière était obstruée; les cascades sont nivelées, et, sur la surface bouillonnante du torrent les morceaux de bois et les troncs d'arbres disparaissent par milliers avec un bruit semblable à vingt pièces d'artillerie donnant à la fois.

« Tandis que le Schwarzenbach reçoit le tribut des eaux supérieures, le Hundsbach, également grossi par l'ouverture d'un autre barrage

qui en double la vitesse et le volume, accourt avec un fracas assourdissant et marie ses flots chargés de madriers et de bûches aux flots qui viennent de franchir l'arche du pont.

« C'est une rencontre furieuse, un heurt effrayant qui mêle et confond les deux rivières trop à l'étroit dans leur lit. Une vapeur d'eau monte jusqu'à la cime des vieux sapins. Ce grand et beau spectacle, dont aucune description ne peut donner l'idée, dure à peu près une demi-heure. »

Enfin, 15 min. au delà de la Schwellung, on aperçoit les prairies du plateau de

(3 h. de Forbach) Herrenwiese (aub. Zum Auerhahn), v. d'environ 200 hab. et maison de chasse, situés à 765 mèt. , au pied du Schwarzenberg, sur un bassin profond qui était autrefois un lac, au milieu d'un district où se fait chaque année, au printemps, la chasse du coq de bruyère. Au S. s'élève le Mehlinskopf, au S. E. l'Ochenskopf , dont le sommet atteint une altitude de 1000 mèt., et qui sépare la vallée de la Herrenwiese de celle du Hundsbach.

De Herrenwiese à Bade , par Geroldsau , S 21 ; — au Fliedersee, $ 21 ; — à Bade, par la route d'Eberstein, $ 22 ; — à la Horntsgrinde, 3 h. t/2 à * h., 24; — à Hundsbach, par laHundseck, 1 h. 45 min. à 2 b.

Au delà de Herrenwiese la route du Bùhlerthal continue de se monter par une pente douce d'abord dans les prairies, puis dans les bois. Après avoir traversé (30 min.) le Schwarzenbach, qui n'est qu'un tout petit ruisseau, on ne tarde pas à atteindre (5 min.) le point culminant du passage. Laissant alors à g. le che-

min de la Hundseck, à dr. celui de Bade par Ober-Blaettig, on descend dans la direction de l'O. (le sentier qui s'ouvre à dr. est beaucoup plus court que la route, mais il faut suivre cette dernière, si l'on veut jouir do l'un des plus beaux points de vue de la Forêt-Noire). On passe d'abord près d'un beau groupe de rochers dont le sommet, tout couvert de sapins, porte les ruines du château de Baerenstein. Du pied de ces rochers coulent diverses sources qui, se réunissant dans un vallon étroit et boisé, forment le Wiedcnhach.

Ce ruisseau, grossi par divers affluents, prend plus loin le nom de Bûhloth, et, avant de se jeter dans le Rhin, il arrose la petite vallée de Bûhl. Pendant 15 min., les arbres interceptent complètement la vue.

On devine çà et là à travers les branches un grand paysage que l'on ne peut apercevoir. Enfin quand la route, contournant un rocher, prend la direction du S., on commence (5 min.) à découvrir en partie le Bùhlerthal et la plaine du Rhin qui se développe à mesure que l'on descend. Il faut s'arrêter au contour où la route prend la direction du N.

et ne pas manquer d'aller (le*eniier est assez pénible pour les dames affligées d'une crinoline) jusqu'au petit pavillon qui couronne (à 5 min.) le sommet d'un rocher à pic. Le panorama que l'on découvre y est vraiment admirable. On se trouve comme suspendu à une grande hauteur au dessus d'une mer d'arbres qui forme deux grands golfes, à g.

celui du Gartelbach, à dr. celui du Wiedenbach, et du sein de laquelle se dressent çà et là de curieux rochers aux formes étranges et pittoresques. Quelques petits tapis d'une verdure alpestre sont encadrés au

RENWIESE. — BÛHLERTHAL.

fond des vallons et sur les versants des collines dans des bordures de hêtres ou de sapins. Au N. 0. s'é tend la vallée de Bûhl aux fonds cultivés, aux montagnes tantôt cultivées, tantôt boisées : et, à l'horizon, au delà de la plaine au milieu de laquelle le Rhin serpente comme un filet d'argent, apparaît, quand le temps est clair, la chaîne bleuâ tre des Vosges.

Après avoir suivi la direction du N. , la route se dirige à l'E. pour traverser à son extrémité supérieure le vallon où aboutit le sentier indiqué ci-dessus, arrosé par le Wiedenbach ; puis elle prend définitivement la direction du N. 0., et passe au pied de curieux rochers. Enfin, au delà d'une scierie, on retrouve des maisons et des champs cultivés, bientôt même les vignes reparaissent. Les nombreux hameaux que Ton traverse forment la paroisse de Bùhlerthal (2846 hab. cath.), dont les maisons sont éparses sur une étendue de 7 ktl. On y remarque une forge de fer et des fabriques.

De distance en distance, des vallons latéraux s'ouvrent dans l'étroite vallée qui s'élargit peu à peu et devient plus cultivée.

Le v. de Bùhlerthal proprement dit possède un bon hôtel, à VArbre vert (Grûner Baum); on y bâtit une église dans le style roman. Enfin, on passe kAUschweier (aub. Taube),

de 1016 hab. cath., à 10 min. au N. duquel se trouve Affenthal, célèbre par ses vins rouges, et l'on débouche dans la plaine à

(3 h. de Herrenwiese) Bûhl (R. 4), d'où l'on peut revenir à Bade, soit par le chemin de fer (F. R. 4), soit avec sa voiture par la route de terre qui longe le chemin de fer au pied des montagnes.

$ 23. Allerhelliren.

Une journée aller et retour. — On part de Bade par le premier convoi du chemin de fer. On s'arrête à la station d'Achern, où Ton trouve des voitures à 2 chevaux, attelées, dont le prix est fixé par un tarif : Allerheiligen, 7 fl. ; Neubaus, 5 fl. ; par la vallée de la Rench à Allerheiligen, lo fl. ; Seebach, 7 fl. ; Ottenhœfen, 3 fl.; Kappel, 1 fl. 45 kr. ; Brigittenschloss, 6 fl. ; Hub, 2 fl. ; Erlenbad, i fl. 12 kr.— Pourboire, 1 fl. — Les touristes qui aiment à marcher ne devront prendre la voiture que Dour Neuhaus (ils feront ainsi une économie de 2 fl.), et aller à pied à Allerheiligen par le sentier qui abrège.

Ceux qu ine veulent pas faire la dépense d'une voiture particulière pourront prendre l'omnibus d 'Ottenhœfen, qui correspond avec plusieurs convois (F. l'Indicateur ou les affiches du mois).

N. B. Cette excursion ne saurait être trop recommandée. C'est la plus agréable promenade que l'on puisse faire dans les environs de Bade et dans la Forêt-Noire. — On compte 3 h. 45 min. à pied d'Achern à Allerheiligen.

1 9/10 mil. de Bade à Achern (F.

R. 4, en sens inverse). On trouve à Achern deux excellents hôtels où l'on peut faire au départ un premier déjeuner, et au retour un très-bon dîner : la Poste et V Aigle.

Au sortir d'Achern, on laisse à g.

l'établissement d'aliénés d'illenau (R. 4) pour se diriger au S. sur (15 min.) Oberachern, v. de 1042 hab.. situé près de l'entrée du Kapplerthal. On y franchit l'Acher pour entrer dans la charmante vallée qu'elle vient d'arroser. Au-dessus des jolis coteaux plantés de vignes ou boisés , les regards sont attirés sur la g. par le Brigittenschloss, que domine la Hornisgrinde (F.

S 24). A 30 min. d'Oberachern , on laisse à dr. la route qui conduit à

(1 h.) UlmparMœsbach, et, 15 min.

plus loin (1 h. d'Achern), on traverse Kappelrodeck (hôt. : zur Linde, xum rothen Ochsen) , paroisse de 2125 hab. cath., dominée par les ruines du château de Rodeck. On y passe sur la rive dr. de l'Acher. La vallée devient plus étroite, plus riante, plus alpestre. On traverse (30 min.) le joli village de Furschenbach avant d'atteindre (45 min., 2 h. 1/4 d'Achern) Ottenhœfen (hôt: : de la Voiture, Linde, Pflug), v. de 1505 hab. cath.

A Ottenhœfen, la vallée et la route se bifurquent. Le bras de g. conduit, par Seebach et Kuhestein, à Baiersbronu (V. § 24 et R. 11). Il faut le prendre si l'on veut aller visiter le Mummelsee et faire l'ascension de la Hornisgrinde. Celui de dr. est la route d'Allerheiligen. Ou remonte un vallon latéral trop déboisé, où l'on ne tarde pas à laisser à g. le chemin de l'Edelfrauengrab des cascades1. A Neuhaus, auberge isolée (Erbprinsfe), commence la véritable montée (l'ancienne route abrège considérablement). Avant d'entrer dans la forêt, on laisse à g. un sentier qui conduit parlaBlochereck à (1 h. 15 min.) l'Edelfrauengrab. On jouit de belles échappées de vue, à travers les arbres de la forêt, sur les vallées que l'on vient de remonter et la plaine du Rhin. Parvenu au point culminant du passage où l'on rejoint le sentier qui abrège, on laisse à g. la route d'Oppenau, à dr. la route qui

i. 30 min. suffisent pour aller d'Ottenhœn à YEdelfrauengrab tombe de la dame noble), solitude près de laquelle un petit torrent fait d'agréables cascades. De là on peut regagner la route d'Allerheiligen, par la Blochereck (1 h. 15 min.), à l'endroit où elle entre dans les forêts.

mène par le Sohlberg et Sulzbach à (2 h. 1/2) Oberkirch (F. R. 6), et Ton descend (sentier qui abrège) par une mauvaise route trop rapide dans le petit vallon étroit, solitaire et boisé, au milieu duquel s'élèvent à 649 mèt. les belles ruines de l'abbaye de

(1 h. 30 min. d'Ottenhœfen; 3 h.

45 min. d'Achern) Allerheiligen ou de tous les saints (hôtel-restaurant).

Fondée en 1191 par Uda, comtesse du Schauenburg, cette abbaye, qui jusqu'en 1657 n'avait été qu'un couvent de Prémontrés et qui était devenue plus tard une école renommée, fut supprimée en 1802.

Un an après (6 juin 1803) , la foudre tomba sur les bâtiments abandonnés, qui furent la proie des flammes. Le désert pittoresque où sont enfouies ces belles ruines n'est plus maintenant habité que par un garde forestier dont la maison sert d'hôtel.

Les cascades d'Allerheiligen, les plus belles de la Forêt-Noire, sont appelées les Sieben Bùtten ou les Sept Cuves, bien qu'on en compte neuf ou dix. A 10 min. environ audessous d'Allerheiligen, le Grûndenbach ou Lierbach descend, par une série de chutes dont la plus haute a 25 mèt., une paroi ou roche de granit et de porphyre appelée Bûttenschrœfen, et dans laquelle, entre les arbres, on remarque le Kœnzelein, petite terrasse d'où Ton découvre une belle vue; le Zigeunerloch, grotte habitée autrefois par des Bohémiens; leRabenntst ou Nid du Corbeau (de jeunes paysans voulurent s'emparer de ce nid, et l'un d'eux, au moment de le saisir, tomba dans l'abîme); le Reitersprung ou Saut du Cavalier, ainsi

[R. 5] ALLERHEILIGEN. — SEEBACH

nommé parce que, dans la guerre de Trente ans, un cavalier suédois, poursuivi par l'ennemi, franchit à cet endroit le précipice. Trois des dix cascades principales méritent une mention particulière : la première (sous le Zigeunerloch) , celle du milieu et la dernière , qui tombe dans le Bùttenloch, bassin profond de 5 mèt. Un sentier descend, en décrivant de nombreux zigzags audessus de la rive dr., jusqu'au fond de la vallée, d'où il remonte le long des chutes, tantôt par des degrés taillés dans le roc, tantôt par des échelles ou des ponts. Cette promenade, qui ne saurait être trop recommandée, demande 1 h. au moins, 1 h. 30 min. au plus. — N. B. On ne peut la faire qu'à pied.

Il faut, en quittant les ruines, prendre le sentier qui s'ouvre à dr.

dans le bois, laisser (5 min.) à g.

celui qui descend, monter (5 min.) à dr. à la Sophienruhe (beau point de vue) , redescendre de la Sophienruhe, continuer de suivre le chemin qui domine un beau précipice et d'où l'on jouit «l'une belle vue sur le Lierbacherthal , jusqu'à la Luisenruhe, s'avancer à g. à la pointe des rochers appelés Engelskanxel (belle vue) ou monter à dr. au Teufelsstein, traverser la Luisenruhe, descendre par une belle forêt de hêtres et de sapins dans un petit vallon latéral au Lierbacherthal, où l'on rejoint la route de voitures (45 min. des ruines) , et remonter aux ruines le long des cascades (30 min.).

On peut aller d'Allerheiligen : — à Oberkirch en 2 h. 1/2, par le Sohlberg (V. ci-dessus) et le bain de Sulzbach (V. R. 6); — à la Hornisgrinde en 3 h. (V. § 24); — au Kniebis (R. 11), par les crêtes de la chaîne , en 3 h. à pied ; — à Oppenau

(R. 6) en2 h., parle Lierbacherthal.

La route de voitures, que l'on rejoint au-dessus et à peu de distance des ruines , monte dans la forêt , contourne à une assez grande hauteur le défilé des cascades, et redescend par un charmant vallon latéral au bord du Lierbach, à l'endroit même où aboutit le sentier de la Luisenruhe. De ce point jusqu'à Oppenau, elle descend, dans la direction du S. , la jolie vallée du Lierbach , où elle traverse plusieurs hameaui.

S 24. Le MummeUee et la Hornlagrinde.

Excursion qui demande une journée. — En chemin de fer à Achern. En voiture (2 h. 45 min.) à Seebach : 7 fl. — A pied ou à âne, si l'on a pu s'en procurer au Mummelsee, 2 h. ; à pied du Mummelsee à la Hornisgrinde, 3omin.

1 9/10 mil. de Bade à Achern (R. 4 en sens inverse).

2 h. 15 min. d'Achern à Ottenhœfen (§ 23).

A Ottenhœfen on laisse à dr. la route d'Allerheiligen, pour remonter le vallon étroit et un peu déboisé du Seebach. Après avoir franchi le ruisseau, puis laissé à g. le Grimmerswaldthal, on s'élève par une pente douce dans la direction de l'E. à

30 min. Seebach (aub. Krone; si l'on veut y déjeuner, on fera bien d'emporter des provisions), petit village dont les maisons sont disséminées sur un assez vaste territoire.

Pour aller de Seebach au Mummelsee (1 h. 45 min.), on suit d'abord la route de Baiersbronn, qui manque d'ombrage, mais à 20 min.

on la quitte (F. R. 11), pour prendre à g. un chemin de mulets; 7 min. plus loin on traverse le See-

bach dont on remonte la rive dr., puis la rive g., dans le vallon qu'il arrose. Le chemin devient plus roide quand il entre (15 min.) dans la forêt, en vue d'éboulements qu'on laisse à g. ; mais bientôt (10 min.) on rejoint la route de voitures plus longue que le sentier qui vient dêtre indiqué, et que l'on quitte de nouveau (10 min.) pour traverser le Seebach (un écriteau planté contre un sapin indique la direction sum Mummelsee) et monter par une pente assez roide dans une forêt d'où la vue est bornée ; à 20 min. on laisse à g. un chemin, envahi par l'herbe, à 15 ou 20 pas duquel on prend le sentier qui s'ouvre sur la dr. et qui ne tarde pas à se bifurquer. Celui de dr.

conduit par la Siebelseck à (3 h.) Schœnmûnzach (R. 11), celui de g.

monte au Mummelsee. La montée devient plus roide, la forêt plus belle; en 10 min. on atteint une sorte de col d'où l'on aperçoit, à 100 pas environ

(1 h. 45 min. à 2 h. de Seebach), le Mummelsee, jadis Wundersee (lacus mirabilis), lac noirâtre, situé à 1024 mèt. au pied des parois méridionales de la Hornisgrinde , et peuplé, selon la tradition, de fées qui se plaisaient à troubler le cœur des jeunes gens du pays. Les heureux amants de ces dangereuses sirènes devaient être discrets, car, s'ils trahissaient le secret de leur bonheur, soudain un cri déchirant s'élevait du fond du lac et une teinte de sang rougissait la surface des eaux. Sa plus grande profondeur est de 21 mèt.; sa circonférence, de 1500 mèt. Des sapins l'entourent de tous côtés. Près de l'endroit d'où sort le Seebach, on a construit il y a quelques années une petite maison

qui, en cas de mauvais temps, peut servir de refuge aux touristes.

Le chemin de la Hornisgrinde longe la rive occidentale du lac dont on atteint l'extrémité en 5 min.; laissant alors à dr. un sentier qui conduit à la Siebelseck , on monte en zigzag . dans une belle forêt de sapins, jusqu'à une sorte de plateau de moins en moins boisé où la pente devient plus douce et la vue plus libre; du point (5 min.) où l'on commence à apercevoir la plaine, Achern et Strasbourg, 5 min. suffisent pour gagner, à travers des blocs de rochers et des bruyères, la tour carrée et sans porte, qui s'élève au sommet de la Hornisgrinde, le plus haut sommet de la Forêt-Noire du milieu et inférieure, car elle a 1166 mèt. au-dessus du niveau de la mer. Du pied de cette tour on découvre un admirable panorama, au S., sur le Brigittenschloss que l'on domine, sur Achern, la plaine du Rhin, les Vosges et la Forêt-Noire. Au N. on remarque le Mercure en arrière d'Yburg; àl'E.on plane sur une mer de forêts ondulées au milieu de laquelle Hundsbach, la vallée de Schœnmûnzach, Freudenstadt attirent surtout les regards ; au S. la vue est plus accidentée et plus variée sur la chaîne de la Forêt-Noire.

On peut, de la Hornisgrinde, gagner Herrenwiese (§ 21) en 3 h. 1/2 ou 4 h., par le Hnidsrûckpn, la Hundseck et le Fi hrenfeld. Ce chemin est difficile à trouver sans guide. On peut aussi descendre directement en 2 h. à Achern, par le Brigittenschloss.

Si l'on doit reprendre sa voiture à Seebach et si l'on désire redescendre par un autre chemin plus agréable, mais un peu plus long

[R. 6] LA HORNISGRINDE. - OBERKIRCH. 127

que celui de la montée, il faut, après être revenu sur ses pas jusqu'au lac, prendre à dr. , derrière la cabane, le chemin de Seebach, en laissant à g. celui de Seebach-Ottenhœfen-Achem. Ce chemin, qui laisse à dr. celui d'Achern par Sa$bachwalden (2 h. 30 min. d'après le poteau), rejoint celui de la montée, qu'il laisse ensuite à g. pour aller contourner le Busterkopf, à une grande hauteur au-dessus de la rive dr. du Seebach. On y découvre de belles vues sur les montagnes voisines, la vallée de Seebach, la plaine du Rhin et les Vosges: de distance en distance on traverse de singuliers éboulemenis de petites pierres grises. Au sortir de la forêt on débouche sur des bruyères, d'où l'on jouit aussi d'un beau point de vue ; on n'a plus qu'à descendre un mamelon couvert de genêts, pour gagner Seebach (1 h. 45 min. à 2 h.

De Bade à Bâle, par Freiburg, R. 3 ; — à Strasbourg , R . 4 ; — à Hausach , R. Il ; - àWildbad, R. 11; — à Francfort, par Carlsruhe et Heidelberg, R. 13.

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