‹ Trait de botanique mdicale cryptogamique, suivi du tableau du droguier de la Facult de mdecine de ParisChapitre 10 sur 16 · O O CD · texte numérisé non relu

O O CD

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Fin. 171. - Micrococcus. Fig. 17-2. — Diptococcus. Fig. 173. -- Tetragenus (Dubicf).

Les Micrococcus se reproduisent par scissiparité. Il n'est pas rare de les voir présenter un étranglement médian qui les partage en deux moitiés sensiblement égales et leur donne là forme d'un 8 (fig. 17:2). C'est ce qu'on a nommé Diplococcns.

On a donné le nom de Streptococcus à des Micrococcus groupés bout

à bout (fig. 179, 180) en chaînette, et celui de Telragenus (fig. 173) à des Micrococcus rapprochés quatre par quatre en carré, comme on en observe dans une affection septicémique des Souris, souvent reproduite de nos jours dans les laboratoires.

Toutes ces variations dans le mode de groupement des Micrococcus doivent déjà faire naître dans notre esprit cette idée qu'un même Schizophyte peut se présenter sous des formes variables, suivant les circonstances et les milieux, sans que chaque forme constitue forcément un genre ou une espèce. Nous verrons ultérieurement un grand nombre d'exemples de transformations analogues, qui devront nous mettre en garde contre une trop grande facilité à admettre les nombreuses distinctions génériques et spécifiques qui ont été proposées dans ces derniers temps.

Le premier des Micrococcus qui ait été bien étudié est celui du Vaccin (M. vaccinœ Cohn). On l'obtient en plaçant sur une plaque de verre ou mieux dans une chambre humide, une goutte de liquide vaccinal (fig. 17-4). A un grossissement de 1000 diamètres, on voit dans le liquide un grand nombre de Mirrococcus à peu près sphériques, paraissant alors avoir un millimètre environ de diamètre, et île teinte sombre, qui sont ou isolés, ou çà et là réunis deux à deux (Diplococcus). Dans nn^ étuve à 35°, on voit, au bout de quelques heures, des Micrococcus groupés en chapelets

El g. 17t. — Micrococcus vaccina' .

et d'autres en amas globuleux, (les derniers forment de légers flocons opaques dans les tubes capillaires ou entre les plaques de verre où l'on conserve d'ordinaire le vaccin. Inoculés à l'homme, ces Micrococcus se multiplient, produisent les pustules vaccinales et garantissent pendant un certain nombre d'années de la variole, ou plutôt la transforment en une affection relativement très bénigne, sans qu'on sache bien au fond la véritable cause d'une semblable immunité. Toujours est-il qu'on trouve les .1/. vaccinœ dans le réseau muqueux de Malpighi, les ganglions lymphatiques, le foie, la raie, les reins, etc., des varioleux (Cohn, Hallier. \Yeigert, etc.). Ils sont de ces Schizophytes qu'on a nommés Pathogènes. Le .1/. urcœ Cohn (fig. 175) est aussi l'un des plus connus. C'est lui qui

passe pour déterminer l'Ammoniurie (urine ammoniacale), suivant la formule de M. Pasteur : « 11 n'y a jamais transformation spontanée de l'urée en carbonate d'ammoniaque sans la présence et le développement de la petite Torulacée en chapelets qui constitue un ferment organisé. » Nous verrons plus loin ce qu'il y a d'inexact dans une affirmation aussi absolue. Pour le moment, bornons-nous à établir les caractères du M. ureœ, qui n'a rien de commun avec « une Torulacée ». La plante est représentée par des phylocystessphériques ou légèrement ovoïdes, de 1.5 à '2 y. de diamètre, isolés ou rapprochés par 2-8, ou même plus, en ligne droite, courbe, brisée, ou même en croix. Ces corps sont ordinairement doués de mouvements browniens plus ou moins vifs. Ils sont souvent un peu inégaux, les extrêmes d'une série étant les moins volumineux. Avec l'âge, ils se déposent au fond du liquide. Us se multiplient par bourgeonnement et scissiparité. On a aussi admis qu'ils peuvent se reproduire par spores; ce qui n'est pas démontré. Desséchés, après filtration. ils rappellent les apparences de la Levure de bière ; ils deviennent comme cornés et se fendillent irrégulièrement. On avait supposé que cette plante produisait un ferment soluble, une diastase, qui serait l'agent de la transformation de l'urée en carbonate d'ammoniaque. L'exis- FlG j 75 Micrococcus ureœ. tence decette diastase est aujourd'hui démontrée

(.Musculus). Comme l'urine abandonnée à l'air devient souvent ammoniacale en quelques jours, on a dû admettre que c'est de l'atmosphère qu'elle reçoit le Micrococcus ureœ ou ses germes. Mais il faut croire que la présence de ces germes ou de la plante dans l'air n'est pas aussi fréquente qu'on l'a pu penser, si l'on réfléchit aux faits suivants que nous avons à diverses reprises constatés.

Ceux qui ont recherché le M. ureœ ne se sont guère occupé que de l'examen des urines qui bleuissent le papier rougi de tournesol. Cependant, si l'on abandonne à l'air une urine normale pendant les plus fortes chaleurs de l'été, non pas dans un récipient hermétiquement bouché, mais dans un flacon simplement recouvert de papier, afin d'éviter l'accès des plus grosses poussières de l'air, on voit assez souvent que, pendant des semaines et même des mois, elle peut demeurer acide. En même temps, cependant, elle perd sa transparence, et des végétaux se développent en abondance dans la masse liquide. Le tort des botanistes qui ont superficiellement traité ces questions, parait être de ne pas avoir étudié à fond les urines avant qu'elles ne présentassent une réaction alcaline. Seul, à notre connaissance, -M. A. Billet a pris le soin d'examiner tous les stades de la végétation dans uns urine normale, cl il y a rencontré un grand nombre de formes successives d'un seul et même être. En observant îles urines longtemps conservées sans avoir subi la fermentation ammoniacale, nous

y avons aussi trouvé de longs filaments qui ne peuvent être attribués qu'à ce qu'on a nommé, comme nous le verrons, des Leptothrix. Mais bientôt ces fils se segmentaient vers leur extrémité libre et devenaient de plus en plus moniliformes. Plus tard, en rendant cette urine rapidement ammoniacale par l'addition d'une petite quantité du dépôt que nous avions recueilli au fond d'un vase contenant une urine alcaline, nous avons vu les grains de ces cbapelets se détacher les uns des autres, et nous n'avons pu trouver aucune différence entre ces grains et ceux qui constituent le Micrococcus ureœ. D'ailleurs de la coexistence des formes Micrococcus, Diplococcus, Streptococcus, Bacterium, Diplobacterium, Streptobacterium, Leptothrix et Vibrio dans une urine où se produit le M. ureœ, on a conclu (A. Billet) que la plante « doit s'appeler dorénavant Bacterium ureœ ».

Il y a dans les eaux d'égout un Bacillus,\c B. ureœ Miq. (fig. 176), qui possède aussi la propriété de transformer l'urée en carbonate d'ammoniaque. Il est formé de filaments grêles, distincts ou réunis au nombre de trois, quatre ou cinq, longs chacun de 5, G p, larges de 0 p. 7 à Op. 8; et à la fin de la vie du Bacille, ces filaments se résolvent en spores brillantes et légèrement elliptiques, résistant pendant plusieurs heures aune température humide de 95° à 96° (Miquel).

En clinique, d'après M. Bouchard, on ne trouverait guère le M. ureœ que 2 fois sur 100 comme agent de l'ammoniurie. Au contraire, 98 fois sur 100, cet agent serait un Schizophyte en forme de petits bâtonnets, longs de 2. 3 p. sur 1 p de largeur, analogues par l'aspect à ceux du Bacterium Terino, isolés ou placés bout à bout, mobiles en ce cas les uns sur les autres, tandis que l'ensemble est doué d'un mouvement de translation totale. Leur activité n'est pas très grande, comparativement à celle du M. ureœ.

De plus, la clinique est arrivée à cette conclusion que « la cystite joue le rôle exclusivement réservé parla

n ... ... ,. théorie nouvelle au petit ferment

Fig. 1/b. — Bacillus ureœ (Miquel). . ,,',,', ir> \

ammoniacal de 1 urée » (Guyon) ;

l'injection de ferments dans la vessie, en l'absence de cystite, est incapable de produire une ammoniurie durable, et le cathétérisme avec une sonde imprégnée de ferments, qui n'amène pas l'état ammoniacal lorsque la vessie est saine, détermine une ammoniurie rapide quand on a préalablement provoqué de la cystite. D'autre part, on guérit l'ammoniurie alors que, sans se préoccuper des ferments, on dirige le traitement contre l'élément inflammatoire (Guiard). En fait, le M. ureœ ne peut pas se comporter dans la vessie comme dans les récipients des chimistes.

parce que dans ceux-ci l'urine est en contact avec de l'air, et que le M. ureœ a besoin d'oxygène pour vivre. Quand on l'introduit dans la vessie avec une sonde, il peut bien, grâce à une petite quantité d'air introduite en même temps que lui, fonctionner normalement pendant quelque temps; mais le phénomène ne peut durer.

On a attribué (Van Tieghem) le dédoublement par hydratation de l'acide hippurique en acide benzoïque et en glycocolle, qui s'observe dans l'urée des herbivores, à une fermentation analogue à celle qui dédouble l'urée. « Le ferment serait identique au Micrococcus ureœ; niais ce n'est là qu'une hypothèse qui demande vérification. » (IJubicf.)

C'est aussi à un Micrococcus que se rapporterait un microphyte observé dans les cas de rage, dans la substance cérébrale, constitué par de petites granulations d très réfringentes, immobiles là où elles sont emprisonnées dans la substance incomplètement diluée, mais éclaircie par l'eau, et très mobiles dans les points où le liquide prédomine. La plus grande partie de ces microcoques sont à peu près d'égal volume (de 3 à 5 dixièmes de ;*); d'autres sont un peu plus volumineux ou plus petits. Sur un nombre plus ou moins considérable de ces microphytes, on peut saisir leur système de pullulation : une granulation plus petite de beaucoup se voit accolée el semble bourgeonner sur une granulation plus volumineuse, à la manière de la Levure de bière; c'es cette disposition qui, sous un grossissement insuffisant, donne au microphyte l'aspect d'une cellule ciliée ou en tète de clou. Un grand nombre de ces microbes sont oviformesou allongés comme les cellules de la Levure de bière; quelques-uns s'allongent sous forme de courts bâtonnets, mais c'est le petit nombre (Gibier). Ces microcoques n'ont pas été cultivés; ils ne se colorent pas facilement, à l'instar de leurs

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reiy%Ci<* °

Fie. 177, 178. Micrococcus gallinarum. Chutera des poules (Pasteur).

congénères. L'opinion qu'ils sont caractéristiques de la rage n'a pas été adoptée. Jusqu'ici la rage passe pour une affection « sans microbe ». De là un défaut absolu de logique scientifique quand on se propose de modifier son virus de la même façon qu'on atténue celui des virus dits à microbe. Le Choléra des poules, maladie connue dès 1789 et étudiée clinique-

1. Ce seraient (Peter) les corps granuleux de Gliïge, corpuscules moléculaires dus à la régression graisseuse des tissus et qui s'observent dans toute myélite dès la première période.

ment, il y a quarante ans à Alfort, par Renault et Delafond, est caractérisé par un microphyte qui a toutes les apparences d'un Micrococcus (M. gallinarum) (fig. 177, 178). Ce sont des corpuscules larges de 2, 3 p. unis deux à deux en Diplococcus. M. Pasteur les a cultivés, inoculés et fait avaler aux poules, leur communiquant ainsi la maladie. Il en a atténué le virus et l'a inoculé à des poules qui deviennent par là réfractaires à la maladie pendant quelque temps. C'est ce virus que M. Pasteur a proposé dans ces derniers temps d'inoculer aux lapins d'Australie pour les détruire; mais, il parait que les lapins n'en meurent pas toujours.

Citons encore :

Le M- Crepusculum Coux (Monas Crepusculum Ehr.), formé de hytocystes globuleux et incolores, qui se développe dans presque toutes les infusions de matières animales et végétales en décomposition.

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Fig. 179. — Schizophytes du vin tourné.

Le Microcoque du vin filant, qui est formé de globules en chapelet, ou isolés, ou groupés de diverses laçons (fig. L79), de 2 jx de diamètre, et qu'on a dit (Pasteur) être peut-être identique au M. uveiv CûHN.

Le J/. diphtheriticus Coux, composé d'éléments granuleux et ovoïdes, longs de 0.35 à 41 p, isolés ou groupés plus ordinairement par 2-6, en chapelet, se multipliant quelquefois, dit-on ((Erstel), en colonies et se répandant dans les tissus malades qu'ils décomposeraient et détruiraient. Le A/, septicus Coiin (Microsporon septicus Klebs), formé de phvtocystes arrondis, immobiles, groupés en amas ou en chapelets, ayant individuellement 5 il de diamètre et observés (Klebs i dans les liquides sécrétés par les plaies des septicémiques. Waldeyer les signale en zooglées dans les callosités ulcéreuses, et groupés 2 par 2 ou en chapelets dans le sérum de la fièvre puerpérale épidémique; dans tous les tissus, vaisseaux, etc., chez les septicémiques el les pyohémiques. On a décrit aussi (Rallier) des Microcoques de

Fig. 180. — Scuizophytes de la Graisse des vins.

la rougeole, de la scarlatine, de l;i variole des animaux, de la diarrhée épidémique, du typhus intestinal, de la morve, de la syphilis; mais M. Cohn {Beitr.. II, 148) déclare que « la doctrine de Hallier sur les Micrococcus est tellement parsemée d'assertions inexactes et d'hypothèses peu probables, qu'il est impossible de rien conclure des faits qu'il a observés. »

Le M. Bombycis Cohn, observé dans l'intestin des Versa soie atteints de la maladie dite Flacherie, a d'abord été indiqué comme formé d'éléments de 1 fi de diamètre, ordinairement réunis par 2-5 ou plus, en chapelets. Plus tard, M. Cohn (Beitr. [1875], 201) les décrit comme de forme ovale, larges au plus de 5 *. M. Béchamp donne au microphyle de la flacherie le nom de Microzyma Bombycis. Dans sa théorie, les Microzyma sont des granulations élémentaires dont l'assemblage forme toutes les cellules organiques. Ces Microzyma sont agrégés entre eux au moyen d'une substance sécrétée par eux, une Zymase. Quand la sécrétion des zymases est viciée, les Microzyma s'agrègent pathologiquement, en microcoques, bactéries, bacilles, elc. Lors de la mort de l'être qui les porte, les Microzyma survivraient et deviendraient les agents de la fermentation putride.

Signalons ici les grandes analogies extérieures avec les Micrococcus, de plantes telles que le MycodermaAceti, dont il sera question plus loin.

Nous ne pouvons pas, comme nous l'avons fait pressentir, ne pas étudier au présent chapitre les microphytes qu'on a désignés sous le nom de Streptococcus, car ce sont simplement des Micrococcus unis en chapelet, tels que nous venons d'en indiquer un certain nombre. Dans le pus blanc des abcès et phlegmons, on observe le plus souvent le S. pyogènes Ogst. que nous nommerons Micrococcus pyogenes. Il est formé d'éléments sphériques, inégaux dans une môme chaînette où leur diamètre varie de Oui à 0^7. Implanté sur de la gélatine, il ne la liquéfie pas, comme font tant d'autres Schizophytes, mais il forme une pellicule arrondie et blanchâtre ; tandis que sur l'agar-agar, il produit une couche plus saillante, à rebord taillé en talus. Le plateau atteint souvent 2, 3 millimètres en moins d'un mois (fig. 181).

Dans l'érysipèle, on observe un autre Micrococcus (M. erysipelatus), ordinairement nommé Streptococcus erysipelatus (fig. 182, 183), et qui, inoculé à l'homme, non sans péril, reproduit la maladie (Felheisen). Il est aussi disposé en chaînettes, mais à éléments plus égaux, plus réguliers que

Fig. 181. — Micrococcus (Staphylococcus) pijofjenes (Dubicf).

ceux du précédent (le plus souvent Ou 3). Il abonde souvent dans le derme, surtout dans l'intervalle des faisceaux fibreux, dans les voies lymphatiques. Il y constitue souvent aussi des amas irréguliers. Il peut s'introduire dans le tissu cellulo-adipeux sous-cutané, et là prendre la place de la cellule adipeuse plus ou moins désorganisée. Pénétrant dans le sang et dans les lymphatiques, il arrive aux vaisseaux du foie, du rein, etc., et s'y groupe en masses. Quand l'affection siège au cuir chevelu, ces masses peuvent se trouver à la périphérie des pellicules des cheveux, et l'on explique de la sorte la chute des cheveux, qui se produit souvent en pareil cas l. Cultivé sur gélatine et agar-agar, il y forme des plaques plus blanches et moins épaisses que celles du M. pyogenes, parfois découpées comme une feuill

Fig. 182, 18:!. — Micrococcus erysipelatus, libre cl dans les tissus (Dubief.)

de fougère. Mais il semble qu'il y ait des transitions entre le M. pyogenes et le M. erysipelatus. Ce dernier conserve d'ailleurs pendant longtemps son inoculabilité.

Le Streptococcus plicatiUs Lehtre, observé dans la maladie dile Perlèche, est aussi un Micrococcus.

Les Stapliylococcus ne sont pas non plus génériquement distincts des Micrococcus, car ils en représentent un état zoogléique. Ainsi le S. pyogenes aureus (Microbe doré) elles autres variétés à coloration distincte (blanchâtre, verdàtre, etc.), rencontrées dans tant d'affections purulentes, doivent pour le moment prendre le nom de Micrococcus pyogenes (fig. 181).

Nous rapporterons au même genre les Gonococcus, caractéristiques, a-t-on dit, de l'écoulement blennorragique. Ce sera pour nous le Micrococcus blennorrhœus (fig. 184). Il est formé de nombreuses petites ponctuations arrondies, réfringentes, souvent très mobiles, disposées en petits amas et non en chaînettes. Leur diamètre varie de 0^2 à O/jiG. Elles sont libres ou siègent dans les cellules du pus ou dans les cellules épithéliales de la muqueuse. Elles sont très ordinairement

1. Dans l'infection puerpérale, outre des Bactéries qui ont été, à tort ou à raison, rapportées aux B. septiques, on trouve (Doléris) des Microccocus analogues, isolés, en couples et en chapelets.

accompagnées, notamment dans la blennorragie et la blennorrée des femmes, de nombreux autres micro- #

phytes. Les cultures et les inoculations de ce microphyte ont rarement donné des résultats positifs ; les observations diverses concordent peu entre elles. Les principaux médicaments antiseptiques retardent le développement du micropbyte, principalement le sublimé, le nitrate d'argent et la résorcine (Munnich). Comme la plupart des Micrococcus précédents, celui de la blennorragie se présente souvent sous forme de Diplococcus , et même (Pouey) de Tetragenus et de Merismopœdia, c'est-à-dire de groupes formés au moins de quatre éléments séparés par un sillon crucial.

Fig. 184. — Micrococcus blennorrhœus (Dubief).

Bactéries

Le genre Bactérie (Bacterium) a été créé par F. Dnjardin, l'un des plus grands observateurs de notre pays, méconnu et martyrisé, bien entendu, par ses contemporains. On a eu tort d'étendre le nom de Bactéries à l'ensemble des Schizophytes ou Scbizomycètes, et de donner en bloc à ceux-ci le nom de famille des Bactériacées. Le groupe des Bactériées, quelque degré de valeur qu'on lui attribue, a pour type le genre Bacterium, plus limité qu'il n'était au temps de Dnjardin et formé de Schizopbytes plus longs que larges, courts néanmoins (très ordinairement à peine deux fois aussi longs que larges), isolés ou réunis en zooglées, parfois groupés deux à deux, pendant leur sectionnement, mais non généralement en chaînettes, doués d'ordinaire de mouvements spontanés, oscillatoires, parfois très vifs, en présence de l'oxygène et dans les milieux riches en substances alimentaires.

Pour se faire une idée des caractères de ce genre, il est bon d'en étudier d'abord deux espèces communes, qui se rencontrent dans un grand nombre d'infusions de matières animales et végétales, môme dans l'eau de la mer, les Bacterium Lineola et Tcrmo.

Le B. Lineola Cohn (B. triloculare Eiirb. — Vibrio Lineola Eurb. — V. tremulans Eurb.). (fig. 187) est formé de phytocystes cylindroïdes, presque tronqués aux deux extrémités on pins ou moins atténués aux deux bonis, longs de 3^8 à 5ju25, larges de 1 f*5, isolés ou placés bout à boni par 2-4, droits, rarement un peu tordus, pourvus

FlG.185,

m.—Bacte-

rium

punctum et

B. Ta

,-mo.

d'une paroi distincte et d'un contenu finement granuleux; les granulations foncées, douées de mouvements vifs. Il se rencontre sous forme de zooglées et même, dit-on, de chaînettes formées de 8 à 10 articles. C'est ce qui fait dire à M. Warming qu'on ne trouvera pas extraordinaire

cette phrase de M. Ray Lankester : « Il paraît probable que chacune de ces espèces (les B. Lineola et Termo) a une forme ou une phase sphérique, en biscuit, bacillaire, serpentine (Vibrio) et peut être spiralée (Spirillum). » Nous pouvons en rapprocher le B. fusi forme Warm., observé aussi à l'état libre ou en zooglées, et dans lequel les articles, plus atténués aux extrémités et dépourvus de ponctuations, ont de 2 à 5 p. de long, sur Op 5 à Opt. 8 de large.

Le B. Termo Ehrb1 (Monas Termo Muell. — Vibrio Lineola Ehrb. part.) (fig. 186) est plus encore que le précédent l'agent de la putréfaction ; il est donc surtout zymogène ou saprogène. Il se montre, et généralement le premier, au bout de peu de temps, dans les infusions. Ultérieurement, il sert à l'alimentation d'autres végétaux auxquels il cède la place. Ses éléments, isolés ou réunis sans ordre, ou disposés en série, sont longs de 1^5 à 4-7 [i, sur 1 p 2 à 2p 5 de large, ellipsoïdes ou plus ou moins cylindriques, parfois un peu renflés au milieu, plus arrondis et plus gros dans la forme griseum (Warm.), plus ellipsoïdes ou allongés, moins brusquement tronqués dans la forme littoreum (Warm.). On l'a vu aussi primitivement à l'état de zooglées, dans l'eau, puis à l'état de chaînettes (et c'est peut-être là le B. Catenula Duj.). Il peut être cultivé et donne aux cultures une odeur caséeuse. Ses mouvements oscillatoires sont souvent très prononcés, moins cependant que ceux de l'espèce précédente. Lors de sa division par scissiparité, ses articles s'étranglent sur une large surface. Il a d'ailleurs été confondu avec un grand nombre de Schizopbytes pathogènes.

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Fig. 187. — Bacterium Lineola. Fig. 188. — Bacterium lacticum.

On a attribué les mouvements de cette espèce à des cils vibratiles, dont

1. Comme le fait remarquer De Bary, il y a plusieurs microphytes distincts auxquels on a donné ce nom; et il n'est pas certain que l'espèce d'Ehrenberg soit celle de. M. Cohn, espèce qui, pour ce dernier, est le ferment spécial de la putréfaction.

MM. Dallingef et Drysdale croyaient avoir démontré l'existence. Comme c'est la première fois que nous rencontrons ces organes dans un Schizophyte, indiquons ce qui divise les botanistes à leur sujet. Les uns croient que ce sont des dépendances du phytoblaste, en, un mot de véritables cils de nature protoplasmique1; les autres admettent que ce sont desimpies tractus de la matière visqueuse extérieure au pbytocyste, produits lors de la scission des articles. On peut s'étonner, avec celte dernière interprétation, qu'ils soient souvent si égaux et si régulièrement disposés à la surlace des Scbizopbytes.

Fie. 189. — Bacilles observés dans la pneumonie (d'après M. Fol).

C'est, pour le moment, au genre Bacterium, sous le nom de B. lacticum(ûg. 188), que nous rapportons le Vibrion lactique ou Ferment lactique (Vibrio lacticus. — Bacillus lacticus), dont

il sera question à l'article des fermentations. tto fjf §<& % Nous nommerons alors aussi B. caucasicum

le Dispora çaucasica Kern, qui préside à la / ^j ^^ \

fermentation du Kéfir, et qui a d'abord été * \ ^

décrit comme arqué, avec deux spores api- a j *. ^ *.^<

cales; ce qui n'est qu'une apparence, les pré- 4 t v (î^ \ •

tendues spores représentant les extrémités ^ <s^

arrondies du Schizophyte. <<£> u ^> %J *„

Le Bacterium Aceti des auteurs paraît être ^ B "^

la forme bactérienne du Mycoderma Aceti \*

que nous avons dit (p. 145) être un Micro- FlG. 190. Microphytes d'un

COCCUS. crachat pnciunoniquc

Le Nosema Bombycis, observé dans la ma- ^ u ''

ladie des vers à soie, dite Pébrine, et encore nommé Micrococcus ovatus, nous semble aussi, à cause de sa forme elliptico-ovoïde, deux fois plus longue que large, devoir être rapporté aux Bacterium.

Le Bactérie tuberculeuse des auteurs appartient au genre Bacillus, de même que la B. butyrique des chimistes.

1. Indépendamment des cils, il y a souvent dans les Schizophytes des mouvements très manifestes qui sont dus à une sorte de contraction du phytoblaste, et qui se produisent, bien entendu, dans des espèces totalement dépourvues de cils.

Il y a dans l'atmosphère un grand nombre de Bacterium qui ont été figurés par M. Miquel et dont nous aurons l'occasion de parler (p. 216).

Il faut bien se garder, pour éviter les confusions, de considérer comme appartenant aux Bactéries ce que beaucoup d'auteurs disent des « Bactériens »; et des « Bactéries » en général, puisque, ainsi que nous l'avons indiqué (p. 147), ils désignent sous ce nom l'ensemble des Schizomycètes et même des Ferments.

Ce que les médecins nomment Microbe de Fraenkel, et que plusieurs

Fie 191 — Pneumoccocus (Friedlander).

Fie. 192. — Pneumoccocus (Cornil).

d'entre eux considèrent comme caractéristique de la pneumonie, pourrait bien, du moins dans un de ses états, être rapporté à un Bacterium1.

Bacilles.

Il faut réserver le nom de Bacille (Bacillus Cohn) aux Schizophytes représentés pardes filaments minces, allongés, rigides ou flexibles, doués ou non demouvements. Ils sonten réalitéformésd'articleset trèssouvent présentent des étranglements, mais seulement lors de la division, au niveau des points d'union de ces articles (fig. 195, 106); mais ces points ne sont pas toujours facilement visibles. Il y a aussi des Bacillus qui, à un moment donné, peuvent se résoudre en Micrococcus. Ce sont d'ailleurs des Schizophytes endosporés, c'est-à-dire pouvant se reproduire à un moment donné par des spores intérieures.

1. Les pathologistes sont loin d'être d'accord sur les microorganismes caractéristiques des pneumonies. Pour les uns, c'est le bacille de Friedlander, qui est encapsulé (Pneumococcus), se développe à la température ordinaire et tue les cobayes, mais non les lapins. Pour les autres, le vrai Pneumocoque de la pneumonie est le M. de Fraenkel, encapsulé aussi, que Sternberg a nommé Micrococcus Pasteuri et que M. Pasteur a, dit-on, découvert dans la salive. Celui-ci se développe aune température voisine de celle du corps humain, tue les lapins et les souris et perd de bonne heure sa virulence. On dit même l'avoir trouvé dans le poumon sain. On l'a souvent décrit comme ayant « une forme de lancette ». M. Weichselbaum a trouvé, en 1886, quatre microphytes différents dans la pneumonie. Plusieurs d'entre eux auraient été observés dans des cas de rhinite, de méningite cérébro-spinale et dans plusieurs organes de l'homme sain. Un quart des individus bien portants aurait le microbe de Fraenkel dans Ja salive, les bronches. On peut dire que la question s'obscurcit de jour en jour.

Pour se faire une idée générale des caractères de ce genre, étudions d'abord quelques espèces communes ou remarquables par leurs grandes dimensions et la netteté de leur évolution. Tels sont les B. subtilis et Megaterium.

Le B. subtilis Coiin ( Vibrio subtilis Emtn.) (fig. 193), quelquefois appelé Bactérie du foin, est une des espèces que les botanistes ont le plus observée dans les infusions végétales et dont ils ont le plus recommandé l'étude aux débutants. Pour l'obtenir pur, il faut avoir recours à la méthode de Roberts et Buchner, que M. Strasburger1 a recommandée en ces termes. « On arrose du foin sec avec la quantité d'eau exactement nécessaire pour le mouiller, et on laisse l'infusion pendant quatre heures dans une étuve portée à une température constante de 30° centigrades. On retire l'extrait sans le filtrer, et on l'étend, au cas où il serait trop concentré, jusqu'à l'amener au poids spécifique de 1,004. Ensuite, on transvase le liquide dans un ballon d'environ 500 centimètres cubes. On bouche le ballon au moyen d'un tampon d'ouate et l'on fait bouillir le liquide pendant une heure, tout en ayant soin que le dégagement de vapeur ne soit pas trop fort; on laisse redescendre la température que l'on arrête à 30° centigrades. Après un jour ou un jour et demi, il s'est formé a la surface du liquide une pellicule grise, mince, la fleur, qui se compose de zooglées du/?, subtils. On utilise donc, pour obtenir une culture pure de cette

Fig. 193. — Bacillus subtilis, formé à la surface d'une infusion de foin bouillie après ving't-quatre à quarante-huit heures (650 diain.) (Cohn.)

espèce, la propriété qu'ont ses spores de résister longtemps à une haute température. Les Bactéries se distinguent par leur résistance aux températures élevées ; mais celle-ci tient le premier rang sous ce rapport. Pour l'examen, on porte une petite parcelle de la fleur, avec une quantité convenable du liquide producteur, sur le porte-objet, et on étudie aux plus forts grossissemeuts dont on dispose. Ou trouve que la pellicule est formée par des filaments longs, articulés, ondulés et parallèles les uns aux autres. Les filaments demeurent réunis pour la plupart en une seule courbe par une substance gélatineuse invisible; ils sont composés de

1. Manuel technique d'Histologie végétale, trad. Godfrin (1886), 2i»i.

bâtonnets cylindriques de différentes longueurs, mais en général deux ou trois fois plus longs que larges. La substance des bâtonnets paraît homogène, incolore et assez réfringente; même aux plus forts grossissements, on n'y peut reconnaître aucune structure. Le chlorure de zinc iodé colore toute la masse du bâtonnet en jaune brun et le rend plus visible. Les images sont plus belles qu'avec d'autres solutions iodées. Après ce traitement, les articles des filaments paraissent plus courts qu'à l'état frais, parce que leurs limites s'aperçoivent maintenant. Pour mieux faire apparaître les bâtonnets, on les colore... avec la fuchsine, le violet de méthyle, le violet de gentiane ou la vésuvine, et on peut les conserver alors en préparations persistantes dans le baume de Canada ou la résinedammar. La picronégrosine est aussi employée avec avantage pour fixer et colorer ces préparations. En grossissant environ mille fois un petit fragment de la fleur, on peut voir directement la division des bâtonnets

(Brefeld)... Si les substances nutritives sont encore en quantité suffisante dans le liquide d'observation, les divisions des bâtonnets se répètent à une heure ou une heure et demie d'intervalle. Les divisions sont d'autant plus fréquentes et plus rapides que la température de la pièce est plus élevée. Les bâ-

tonnets augmentent en

longueur sans s a-

FlG. 191.

— Bacillus subtilis (Dubief).

mincir pour cela; lorsqu'ils ont atteint une dimension déterminée, il se forme à leur partie moyenne une cloison de séparation d'aspect plus foncé. Ce mode de division explique l'arrangement des bâtonnets en filaments; il rend compte aussi des courbures de ces derniers. En effet, de nouvelles divisions venant s'intercaler dans le filament, il faut nécessairement, dans le cas où ses extrémités ne peuvent s'éloigner, qu'il se déplace latéralement pour gagner en longueur. C'est pour cette raison que la fleur ne tarde pas à se plisser elle-même et à présenter des rides visibles à l'œil nu. Si on veut observer celte Bactérie dans toutes ses phases et voir la formation des spores, il faut porter un mince fragment de la pellicule dans une goutte d'eau suspendue à la paroi supérieure d'une petite chambre humide... On dépose au centre d'un couvre-objet une petite goutte du liquide de culture dans laquelle on place la Bactérie à examiner. Puis, par un mouvement rapide, on retourne le couvre-objet..., la goutte liquide en dessous... Les substances nutritives de la goutte une fois épuisées, la partition végétative cesse, et bientôt commence la formation des spores. Au bout de six à huit heures, il existe déjà dans les filaments des spores ellipsoïdes, très fortement réfringentes. Les filaments paraissent alors vides; les spores ne sont plus reliées que par une enveloppe incolore. A certaines places de la préparation, on trouvera sûrement

encore des spores en voie de formation; elles se présentent comme des amas dune substance très réfringente, situés le plus souvent vers le centre de chaque bâtonnet. Ce petit globule grossit pendant que le bâtonnet se vide, et finalement la spore est complètement terminée. Si on continue la culture pendant quelques heures, les enveloppes des bâtonnets disparaissent, et au bout d'un jour, les spores devenues libres tombent à bipartie inférieure de la goutte liquide. Contrairement aux bâtonnets, les spores ne se colorent pas dans le violet de gentiane ni dans les autres colorants.. .excepté toutefois la fuchsine à l'acide phénique... Les spores germent très facilement dans une solution fraîche de substance nutritive. A la température de la pièce, la germination est assez lente; elle devient beaucoup plus rapide à 30° centigrades. Le mieux est de les faire bouillir environ cinq minutes et de les laisser se refroidir lentement. Le début de la germination peut déjà se manifester après deux ou trois heures (Brefeld). La membrane de la spore s'ouvre; le petit germe commence à faire saillie, puis s'allonge progressivement en bâtonnet, tandis que son extrémité postérieure demeure renfermée dans la membrane de la spore. Il faut ensuite environ douze heures pour que la bactérie nouvelle se divise pour la première

Fie. 195. — Bactérie se multipliant FlG. 196. — Multiplication d'une Bactérie

par bipartition. par cloisons transversales (Dubief).

fois. Les préparations examinées pendant ce temps montreront donc tous les stades de la germination et de la bipartition. Le plus souvent les bâtonnets jeunes entrent bientôt en mouvement, portant encore à une de leurs extrémités la membrane de la spore. Le nombre des bâtonnets mobiles augmente rapidement par suite de leurs divisions continuelles; ils remplissent finalement, avant la formation de la fleur, tout le liquide. Ils se rassemblent ensuite à la surface du liquide, se mettent au repos et produisent la fleur. Les bâtonnets mobiles ont des longueurs inégales, car ils se composent d'un nombre variable d'articles. Leur mouvement est serpentiforme. Pour obtenir une préparation persistante de ces organismes, on dessèche sur le couvre-objet le liquide qui les contient, et on les colore... Les bactéries mobiles possèdent à chacune de leurs extrémités un cil qu'il est très difficile d'apercevoir (Brefeld). Pour compléter cette description que nous avons reproduite presque intégralement, parce

qu'elle est un modèle d'exactitude et de précision, et que nous ne saurions trop la recommander aux observateurs qui débutent dans l'étude des Schizophytes, nous ajouterons que cbaque bâtonnet a environ 5-6 y. de longueur, sur environ 1 ^ d'épaisseur. Il y a d'ailleurs bien des variétés du B. subtilis. Bûcher en a observé et décrit cinq différentes, en faisant varier la composition chimique du liquide, en le sucrant, en lui ajoutant de l'asparagine qui fait disparaître les cils. Le B. subtilis digère l'albumine coagulée ; il la transforme, dit-on, en peptone i.

Nous ne savons si l'on doit distinguer spécifiquement du B. sublilis deux grands Bacilles de mêmes dimensions qui se trouvent, entre autres, dans les fèces de l'homme, mais qui sont immobiles et ne se comportent pas de même dans les cultures à l'agar-agar. On admet que. dans le gros intestin, divers Bacilles travaillent simultanément à décomposer les nombreux matériaux de la digestion, notamment les substances albuminoïdes et hydro-carburées.

La deuxième espèce que nous examinerons est \eB. Megaterium de By (fig. 198), qui a été communiqué par le laboratoire de l'Université de

Strasbourg à plusieurs savants, et ((ne nous avons vu en Belgique. 11 se développe sur la gélatine, dans les solutions sucrées, les infusions, et est remarquable par ses grandes dimensions (4-6/* de long, sur 2f* 15 de large). Les bâtonnets sont cylindriques, rectilignes. arqués ou sinueux, comme ceux des Vibrions, parfois mobiles. En ce cas. ils se placent souvent bout à bout. Sinon, plus épais, ils deviennent intérieurement granuleux et cessent de se mouvoir. En cet état ils ont souvent de i à 0 articles. Alors, ils se gonflent à une extrémité, et il s'y produit une spore. Celle-ci devient libre, grossit encore; puis sa paroi se rompt; la germination commence, et le contenu de la spore se développe en bâtonnet.

Le B. Ulna Gonx (Vibrio Bacillus Ehrb.) est encore une espèce commune, observée dans diverses infusions et aussi dans l'eau de mer. Il est formé de filaments épais et rigides, comme articulés et brisés, avec des articles longs de 4-12 fx sur 1^5-^2. L'ensemble atteint assez souvent 50 jx. L'intérieur est finement granuleux. On a cru voir (Warming) des cils dans cette espèce. Son phytoblaste peut développer de gros globules intérieurs (Cohn) qui sont peut-être des spores endogènes. On

i. C'est surtout dans les Bacilles qu'il est facile d'étudier le mode de partition représenté théoriquement dans les fig. 195, 19G, et qui a fait donner à ces plantes le nom de Schizophytes. On voit dans la première de ces figures comment un Bacille donné se partage graduellement en deux, par bipartition, et dans l'autre, comment, pendant la division, il se cloisonne en travers. Dans la figure 197, on voit un Bacille se segmentant en microcoques.

Fig. 197.

Bacilll en voie de segmenta-

tion (de Lanessan).

lui attribue certaines couches sèches et filamenteuses qui s'observent sur le blanc d'œuf exposé à l'air.

Fie. 198. — Bacillus Megaterium (de Rary).

M. Pasteur a considéré comme un animalcule une autre espèce de ce genre, son Ferment butyrique, que M. Trécul a observé dans l'eau de flacons bien bouchés qui contenait des fragments et du latex de certains végétaux. Il lui a donné les noms (ÏAmylobacter, Uroceplialum et Clostrid'wm. De là le nom de B. Amylobacter V. Tiegii. (Clostridium butyricum Prasm.). 11 se rencontre dans la présure, la choucroute, le malt, sur divers légumes qu'il altère. Il se présente (fîg. 199, 200) sous forme de bâtonnets, longs de 3-10 ^ sur 0/* 6-0j* 8. Il a été observé en ehaînetteset en zo'aglées, e il est mobile. Dans certaines circonstances, ses bâtonnets se renflent, soit dans le milieu de leur longueur, de façon qu'ils deviennent fusiformes, soit à l'une ou à l'autre de leurs extrémités. Parfois aussi ils s'arquent légèrement. C'est surtout quand le milieu ambiant devient acide que se produisent ces renflements; ce qui arrive surtout quand il se développe dans le fromage ou la choucroute une certaine quantité décide lactique. Au niveau de ces renflements se produisent les spores '. Mais

une trop grande quantité d'acide, comme il arrive dans la fermentation butyrique, arrête totalement le développement du Bacille. D'après M. Fitz, ce Bacille, maintenu à une température de 80°-90° pendant plusieurs heures, peut bien encore se reproduire, mais il ne détermine plus de fermentation. Il y a une ou deux spores par article. Les spores

Fie. 199.

«ess25

Bacillus Amylobacter (Dubicf).

1. L'apparition de la spore est précédée de celle de la granulose amylacée. Au milieu de la masse qui bleuit par l'iode, apparaît une tache qui demeure colorée en jaune, et c'est là que se forme la spore. Il y a cependant (l'razmowski) des Schizophytes amyligères chez lesquels la granulose ne précède pas toujours la spore.

ont de 2fi à % 5 de long, sur ly. environ de large. Elles se détruisent vers 100°. Quand elles germent, c'est un de leurs pôles qui s'allonge en cylindre pour reproduire un nouveau bâtonnet.

Cette espèce a fourni un dos plus beaux exemples connus de l'inanité de la théorie dite de la Spécificité des ferments. M. Pasteur a d'abord établi

l%êi\

Fie. 200 — Bacillus Amijlobacter (de Bary).

qu'elle es! ragent de la fermentation butyrique, c'est-à-dire qu'elle présiderait à la transformation en acide butyrique des sucres, de l'acide lactique, des acides citrique, tartriqueet malique, des matières amylacées.

Fie. 201. — Bacillus Anthracis, dans le sang frais d'un cobaye.

albuminoïdes. Plus tard, elle a été considérée comme l'agent de la destruction de la cellulose ; et l'on admet que cette action est due à une diastase sécrétée par le Bacille et qui transforme la cellulose en dextrine, puis en glucose. Mais il est avéré qu'il y a beaucoup de pbytocystes qu'on considère comme formés de cellulose et sur lesquels cette diastase n'a aucune

action. On a dit que c'est cette diastase qui dissocie les tissus des plantes textiles dans l'opération du rouissage. M. Van Tieghcm pense encore que c'est cette plante qui, dans l'estomac des ruminants, rend soluble et assimilable la cellulose. Il admet même que lors de la formation de la houille. le B. Amylobacter agissait pour détruire la cellulose des végétaux. Toutes ces assertions demandent vérification. Ce qui est positif et facile à constater, c'est que le B. Amylobacter renferme de l'amidon ' et bleuit au contact de la teinture d'iode; et toutes les théories ci-dessus relatées tiennent à cette hypothèse que le Bacille prendrait de la fécule produite par lui aux dépens de la cellulose végétale et qu'il aurait ensuite absorbée, sans lui faire subir quelque transformation ultérieure. Il joue cependant un grand rôle dans la putréfaction des matières organiques2. Il y a aussi beaucoup de Bacilles pathogènes. Le mieux connu et celui dont

Fig.202. — Bacillus Anthracis. Schizophytes du Sang de rote, avec globules de sang

l'étude se recommande le plus aux commençants, est le B. Anthracis Cohn (fig. 201-O220). Il fut découvert en 1850 et nommé Bactéridie charbonneuse par un médecin français, Davaine, aussi grand observateur que Du jardin et qui eut la même destinée que lui, repoussé comme lui par l'Académie des sciences. Davaine avait constaté avec Rayer que, dans les cas de charbon, de sang de rate, qui s'observent sur les bestiaux ou plus rarement sur l'homme, non seulement, comme on le savait depuis longtemps, la rate est ramollie, et le sang prend une teinte sombre, une consistance poisseuse, avec agglutination des globules rouges, mais qu'il y a, « en outre, dans le sang, de petits corps filiformes, ayant environ le double en longueur du globule sanguin. Ces petits corps n'offraient pas de mouvement spontané ». Plus tard, Davaine a reproduit le charbon chez nu grand nombre d'animaux en leur inoculant le sang qui contenait le Bacille; et

1. Il y a plusieurs autres Schizophytes qui présentent les réactions de l'amidon : le Micrococcus Pasteurianus, le Spirillum amyliferum, et, en partie, le Leptothrix buccalis (De Bary).

2. Les Tyrothrix Ducl., trouvés dans les fromages et décrits avec trop peu de précision pour être rapprochés de tel ou tel type de Schizophytes, se comportent comme le D. Amijlobacler, coagulent puis liquéfient le lait, et produisent, dit-on, finalement de la tyrosine, de la leucine, du valérianate d'ammoniaque et du carbonate d'ammoniaque.

c'est en 1877 seulement que M. Pasteur a fait des cultures de ce Bacille.

Fie. 203. — Bacillus Anthracis, trouvé d;ins le sang d'un cochon d'Inde, après inoculation (Colin).

Fie. 204. — Bacillus Anthracis, dans le sang d'un bœuf mort de Sang de rate (Cohn).

Observé dans le sang des animaux charbonneux ou dans des pustules

l'io. 20."). — Bacilli développés en longs filaments (Lewis).

malignes récentes, le B. Anthracis est le plus grand de nos Bacilles pathogènes, car ses bàlonnets ont jusqu'à près de 2 p d'épaisseur, sur une longueur de 5-20 p ou plus. Ils s'unissent les uns aux autres par des extrémités aplaties et parfois un peu dilatées, de façon à rappeler un peu les nœuds des chaumes. Au niveau des jointures se voit souvent une ligne claire transversale. On les a aussi représentés arqués et en crosse; nous n'avons pu voir normalement cette dernière forme. Ils sont immobiles et rigides; ils se laissent facilement pénétrer par les couleurs extraites de l'aniline, la fuchsine, le bleu de méthylène, le violet de méthyle, etc.

M.Kochacultivé méthodiquement ce Bacille dans la chambre humide. En plaçant une gouttelette de sang charbonneux ou une parcelle de rate charbonneuse sur une lamelle à recouvrir, on ajoute une goutte de sérum frais ou d'humeur aqueuse; on retourne rapidement et on fixe la lamelle sur

la chambre humide qui est portée à l'étuve à 35> centigrades. Après une heure ou un peu plus, ou voit la croissance se produire (fig. 207), et en la suivant méthodiquement, on peut, au bout d'une douzaine d'heures, observer l'apparition des spores. Les points auxquels elles correspondent deviennent réfringents. Leur évolution est plus active vers les bords de la

Fig. 206. — Bacillus Anthracis, du Sang de rate. En haut, la forme végétante avec des globules sanguins ; en bas, la forme de sporulation.

goutte, là où l'accès de l'oxygène est plus actif. Finalement, l'oxygène et la substance nutritive étant épuisés-, les spores tombent au fond de la goutte. Ces spores sont tuées par l'action de la lumière solaire (Arloing).

Fig. 207. — Bacillus Anthracis. Culture dans une goutte d'humeur aqueuse (Koch).

C'est M. Koch qui les a le premier observées et décrites en 187G. Ce sont des petits grains réfringents, ovoïdes, un peu plus étroits que le diamètre du bâtonnet. On cultive aussi le Bacille dans des liquides nourriciers. Là, son apparence se modifie considérablement : il forme des flocons filamenteux et se présente sous formes de très-longues baguettes, simples, mais enchevêtrées entre elles, avec des articles peu ou points distincts. Dans les cultures sur gélatine, les colonies ont souvent l'apparence d'un chevelu ondulé-sinueux (fig. 214). 11 faut au Bacille de l'oxygène pour vivre; il l'emprunte au sang ou aux autres milieux dans

lesquels il se trouve, en les désoxydant, et il produit de l'acide carbonique. Quand le milieu nutritif s'altère, les Bacilles de la putréfaction font dis-

cP

ax>

FlG. 208. — Bacillus Anthracis. Germination des spores dans un milieu de culture (d'après Koch).

Fie 209. — Bacillus Anthracis.

Germination des spores (d'après Cohn).

paraître celui du charbon. Un froid de — 45 peut agir pendant plusieurs

Fie. 210. — Bacillus Anthracis.

Formation des spores dans les filaments.

boa

FlG. 211. — Bacillus Anthracis. Filaments dont les membranes sont en grande partie détruites.

heures sur ce dernier sans le tuer, et une température de — 110° ne détruit

° ° oooo o

Fig. 212. — Bacillus Anthracis sporifêre. Tubes et spores (Dubief).

Fie. 213. — Bacillus- Anthracis.

Évolution des spores (Dubief).

pas la virulence du sang charbonneux (Frisch). La température lapins

favorable à son évolution paraît être celle des mammifères. Il se développe bien aussi chez plusieurs oiseaux. La poule doit, dit-on (Pasteur), être refroidie pour que le charbon se développe dans son sang. Inversement, les reptiles et les poissons contractent la maladie si on élève à 35" l'eau qu'ils habitent (Gibier). Le Bacille peut être desséché sans perdre ses propriétés. Il est tué par une température de -f- 50° à 55°. Mais les spores sont plus résistantes (Pasteur et Grubert). Elles ne cèdent pas à l'action de l'eau bouillante et peuvent, desséchées, supporter des températures de -\- 120° à 130"; l'alcool absolu ne les tue pas, tandis qu'il fait périr le Bacille. Les spores fraîchement ensemencées résisteraient moins à la lumière solaire que le Bacille adulte1.

Les avis sont partagés sur le mode d'inoculation du Bacille charbonneux aux animaux. Chez l'homme, la pustule maligne, manifestation externe de l'affection charbonneuse, se produit directement par une inoculation quelconque, le plus souvent cutanée. La peau peut présenter quelque solution de continuité par laquelle pénètre, au contact, une petite quantité de liquide charbonneux; ou bien la solution de continuité se produit au moment même de l'inoculation par une foule de procédés divers. On a accusé les mouches dites charbonneuses, de pouvoir, lorsqu'elles piquent l'homme ou les animaux, déposer dans la plaie une petite quantité de virus; mais rien n'est jusqu'ici moins démontré. MM. Pasteur, Chamberland et Boux ayant arrosé des luzernes avec des cultures de Bacille et des spores, ont remarqué que les moutons nourris de ces luzernes n'étaient qu'en petit nombre atteints de charbon, mais que la mortalité s'accroissait de beaucoup si des por- "^Jl tions piquantes de végétaux étaient ajoutées à l'aliment et déterminaient des solutions de continuité dans la bouche ou le pharynx. M. Koch admet, au contraire, l'in6culation par les parois de l'intestin; il fait avaler

aux bestiaux, sans contact avec la bouche, des pommes de terre contenant, non des Bacilles qui seraient détruits par l'action du suc gastrique, mais des spores qui résistent aux sucs de l'estomac, et les animaux meurent du charbon, sans lésions des premières voies. MM. Pasteur et Joubert pensent que les troupeaux ingèrent dans leschampsoùont été enfouisdes

Fig. 214. — Bacillus Antkracis. Culture.

1. Cette espèce a été confondue avec le B. subtilis, et plusieurs auteurs les déclarent identiques. Cependant le B. subtilis est mobile; il ne germe pas de la même façon que le B. Antkracis; et, sans parler des propriétés pathogènes de ce dernier, les tlocons qu'il forme demeurent en général au fond des liquides de culture, tandis que ceux du B. subtilis en occupent la surface.

animaux charbonneux, des spores du Bacille ramenées à la surface du sol par les excréments des Lombrics. M. Koch croit, au contraire, que ce

Fie. 215. — Bacillus Anthracis, avec globules sanguins.

Fig. 216. — Bacillus Anthracis, cultive (Dubief).

sont les inondations qui amènent les spores h la surface des prairies où les bestiaux les avalent l.

Le Bacillus Anthracis se transmet de la mère au fœtus à travers le placenta, au moins chez certains animaux, comme les cobayes (Ghamberland et Straus). Le bœuf s'inocule facilement par le tube digestif, peu facilement par la peau. Le lapin et le cobaye s'inoculent aisément par la peau, difficilement par le tube digestif. Le chien et le porc contractent très rarement le charbon. Le mouton est très facilement inoculable; et cependant, il est très remarquable que le sang des moutons charbon-

Fig. 217. — Bacillus Anthracis. Schizophytes du Charbon (Fol).

neux de France s'inocule impunément aux moutons d'Algérie (Chauveau). Comment se comporte le Bacillus Anthracis dans l'économie des animaux non réfractai res? Il se répand partout le système vasculaire, notamment dans le poumon (fig. 219), le tube digestif (fig. 220), le rein,

1. Les spores ne se forment pas dans le corps des animaux vivants.

CRYPTOGAMES CELLULAIKES.

Fig. 218. — Bacillus Anthraeis, absorbé

par les globules blancs du sang de la grenouille (Metscbnikolï').

le foie, la rate qui est épaissie, diffluente, noirâtre (d'où le nom de Sang de rate). De la Pustule maligne et de son pourtour, il passe jusque

dans les capillaires sanguins de tous les organes. Toussaint admettait que dans les capillaires, il obstrue la circulation. M. Pasteur pense qu'il y agit en dépouillant les globules du sang de leur oxygène et en produisant par suite l'asphyxie1. On a dit encore, comme nous verrons, que la maladie produite était due à la sécrétion d'une substance toxique par le Bacille; sans parler de l'opinion qui veut que le Bacille ne se développe dans le sang que parce que celui-ci est préventivement altéré.

Il est naturel qu'on ait songé aux moyens de détruire le Bacille quand il existe dans l'économie. On sait qu'il est expulsé par les microphytes de la septicémie; que la présence des Bacilles de l'anthrax dans le sang arrête son développement, etc.; mais ces faits ne sont pas jusqu'ici applicables à la pratique. On n'a guère pu non plus prescrire àl'homme ou aux animaux atteints de charbon des médicaments qui tueraient le Bacille sans nuire au malade. On en proposera certainement beaucoup. Davaine avait préconisé la teinture d'iode, mais seulement dans le cas de Pustule maligne. Mais on a eu l'idée d'atténuer par des procédés divers le virus charbonneux, et cette idée appartient à un vétérinaire français, Toussaint, quoique bien des auteurs l'attribuent à M. Pasteur. Nous étant imposé la loi de ne jamais, dans cet ouvrage, juger cette personnalité célèbre, nous nous bornons à reproduire, sur cette question, le jugement du professeur II. Fol. « C'est Toussaint, dit-il, qui le premier a su atténuer le virus charbonneux par la culture à de hautes températures, et en a fait un bon vaccin pour le mouton. Il l'a prouvé par des expériences convaincantes. M. Pasteur a attaqué bien à tort la théorie de l'atténuation de Toussaint; il emprunta ses procédés, mais prétendit les expliquer par l'action de l'oxygène sur les virus. Il passa aux yeux du public pour avoir découvert l'atténuation du virus charbonneux, et Toussaint mourut dans le désespoir et l'oubli. La postérité sera certainement plus juste pour lui que ne l'ont été ses contemporains. Chauveau a raconté récemment que l'oxygène, contrairement

1. De Bary a établi pourquoi on doit « repousser cette opinion, souvent soutenue. que le Bacille a uno, action purement mécanique, qu'il enlève au sang vivant... tout l'oxygène que ce sang contient. 11 est plus naturel de dire que l'action du Bacille est une action toxique... due à un virus... Cela riant posé, il faut admettre encore que ce virus est sécrété ou éliminé par le Bacille, sans quoi il n'agirai! pas. <'.'est ce que semble prouver l'observation de M. Metscbnikolï' sur l'assimilation rapide du Bacille par le globuic blanc (fig. 218), lorsque le premier n'a pas une grande virulence ». D'après M. Chauveau, les Bactéries atténuées disparaissent dans le poumon et le foie

aux assertions de M. Pasteur, n'est pour rien dans l'atténuation par la chaleur. Au contraire, l'affaiblissement se produit plus facilement à une température élevée lorsque l'oxygène est absent. C'est à la température ordinaire que l'action atténuante se fait le mieux sentir, mais elle exi^e un temps assez long. » Chez les bestiaux, l'inoculation du virus atténué.

Fie. v2Ii). — llacillus Anthracis, dans le pouniun d'un cobaye.

quelquefois mortelle, confère l'immunité; niais « elle ne paraît pasexcéder la durée d'une année ' ».

Nous nommerons Bacillus Chauvœi le microphyte qui a été observé dans la maladie appelée par Chaberl (178:2) Charbon essentiel, et qu'on a nommée depuis Charbon symptoma tique, Charbon emphysémateux, Mal de montagne. MM. Arloing, Cornevin et Thomas ont donné à la plante le nom de Bacterium Chauvœi: mais dans son état le plus parfait, elle se présente sous forme de bâtonnets au moins quatre ou cinq fois aussi longs que larges, et souvent bien davantage (fig. 221). Ces bâtonnets sont, en effet, longs de 5 à 10p sur 1 p. environ d'épaisseur. Ils sont très mobiles. Les plus grands ont des mouvements oscillatoires et présentent à une ou aux deux extrémités un renflement qui répond à une spore. Dans le cas d'une seule spore, le bâtonnet est donc claviforme (fig. 222). La teinture d'iode le colore en violet, et il résiste à l'action des acides et des alcalis. Dans l'alcool,

1. M. Koch avait « déclaré, il y a quelques années, que la vaccination charbonneuse préconisée par Pasteur, ne conférant qu'une immunité insuffisante contre l'infection naturelle, d'une action préservatrice de trop peu de durée, ne pouvait être considérée comme utilisable dans la pratique. Depuis cette époque, ajoute-t-il, la méthode des inoculations charbonneuses n'a reçu, ni de Pasteur ni d'aucun autre, de perfectionnement notable, et. à ma connaissance, on n'a fourni de sa valeur pratique aucune démonstration nouvelle. Je n'ai donc eu aucune raison de modifier ma manière de voir à ce sujet ». M. Pasteur ayant écrit que M. Koch avait changé d'opinion, celui-ci répond cette année : « J'ai jugé indispensable de ne point laisser s'accréditer une pareille erreur au sujet de mes idées sur la question, et d'affirmer énergiquement, contrairement au dire de Pasteur, que je n'ai, en aucune façon, modifié mon opinion

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il se colore par le violet d'aniline, ou bien c'est la spore seule qui se colore. On n'a pas pu s'empêcher de remarquer que les caractères physiques de ce microphyle sont souvent absolument ceux du Ji. Amylobacter et que l'inoculation seule peut les différencier; nouvel exemple de peu de valeur do la théorie dite de la spécificité des germes. Il y a aussi dans le

Fie. 220. — Bacillus Anthracis, dans une villosité intestinale.

Fig. 221. — Bacillus Chauvsei (Ârloing, Cornevin et Thomas).

Charbon symptomatique, des M ict'OCOCCUS mobiles auquels les vétérinaires n'accordent qu'une importance secondaire. Tous ces végétaux se trouvenl dans des tumeurs musculaires noires, crépitantes ; ce n'est qu'ultérieurement qu'on les rencontre dans le sang. La maladie est environ dix fois

sur la valeur pratique des inoculations charbonneuses ». M. Pasteur ayant écrit qu'en France, plus de deux cent mille moutons vaccinés annuellement présentent une mortalité inférieure à 1 p. 100, M. Koch donne pour l'Allemagne une tout autre statistique. A Gorsleben, par exemple, il montre que l'on perd 10 p. 100 des bovidés vaccinés; à Klonie où tous les bestiaux sont vaccinés, on perd 3. 4 p. 100 des bovidés et 5. 5 p. 100 des ovidés, et « à plusieurs reprises, on a vu des animaux revaccinés succomber au charbon •. A Packisch, il est mort autant d'animaux vaccinés que d'animaux non vaccinés. Et M. Koch ajoute : « Nous demandons ce qu'il faut penser d'une méthode de vaccination qui a donné, après cinq ans d'essai, de pareils résultats. Et cependant les inoculations de Packisch ont été faites conformément à toutes les indications de M. Pasteur, et avec la lymphe fournie par son agent, M. Boutroux. Il ne s'agit pas ici de milliers de bêtes; mais toutes les vaccinations sont exactement notées et les cas de mort scrupuleusement comptés; nos chiffres ont une autre valeur que les gros nombres ronds de Pasteur, dont nous ignorons absolument l'origine. Voilà tout ce que l'Allemagne peut fournir sur la question des vaccinations charbonneuses; il n'y a pas un seul résultat favorable, décisif, d'acquis. Et il ne parait pas en être autrement dans les autres pays; s'il y avait des succès, on les publierait. » En France, nous connaissons beaucoup d'agriculteurs qui ne vaccinent pas leurs bestiaux, soit parce qu'ils trouvent le prix du vaccin trop élevé, soit parce qu'ils pensent qu'ils ne perdent pas plus de bétail en moyenne en ne vaccinant pas qu'en vaccinant.

plus fréquente que le Sang- de rate. Elle atteint surtout les bœufs et les moutons. Les porcs et les chiens sont réfraetaires. La virulence n'est pas détruite par un refroidissement à — 130% ni par une élévation inférieure à -f- 65°. La présence des Schizophytes du Sang de rate et de l'anthrax

Fig.222.— Bacillus Gliaurœi un, m). Charbon symptomatique. Tumeur musculaire (Dubief).

n'entrave pas l'action du B. Chaurœi. On a atténué la virulence de celui-ci par les antiseptiques, les cultures successives et surtout par l'action de la chaleur.

Pour l'homme, le plus important à étudier des Bacilles pathogènes est celui de la Tuberculose (Bacillus tuberculosus), découvert en 1882 par

Fig. 223.

Bacillus tuberculosus.

M. R. Koch (fig. 223). Il est constitué par des bâtonnets à peu près cylindriques, longs de 3 à 5p, larges de 0^6. Ils sont rectilignes ou légèrement arqués, parfois à peine un peu dilatés vers le milieu de leur longueur, obtus ou coupés droit à leurs deux extrémités. Sous l'influence de certaines co-

lorations, ils apparaissent comme cloisonnés, avec une série de quelques points plus clairs, alternant avec les cloisons et qu'on a, vraisemblablement à tort, attribués à des spores. Ces Bacilles sont immobiles. Ils se cultivent bien dans divers milieux, notamment sur la gélatine et l'agar-agar glycérine; ils reproduisent la maladie chez un grand nombre d'animaux, soit par inoculation dans le sang, soit pas injection dans les voies respiratoires ou même le tube digestif, à peu près comme l'inoculation de la matière tuberculeuse elle-même, démontrée, comme on le sait, par M. Villemain. Il va sans dire qu'on cherche des médicaments qui puissent, chez l'homme vivant, détruire le Bacille sans nuire au malade. Il est vraisemblable qu'on en proposera encore beaucoup. Jusqu'ici, l'acide fluorhydrique n'a pas réalisé les espérances qu'on avait fondées sur son emploi.

Dans tous les organes affectés de tuberculose on a retrouvé le Bacille, notamment dans la peau, les os, le pus des abcès froids, tous les viscères atteints, dans leurs capillaires sanguins, souvent aussi dans les cellules épithélioïdes dont le noyau s'est seul multiplié et qu'on a nommées géantes. La recherche du Bacille a généralement donné des résultats négatifs dans les humeurs, urine, lait, sperme, etc., alors que les parois de leur réservoir n'étaient pas directement affectées de tubercules.

On a aussi signalé (Malassez et Vignal) une forme de tuberculose, qui serait caractérisée par des Micrococcus a l'état zoogléique et sur laquelle il y a beaucoup de réserves à faire1.

Les Bacilles qu'on attribue à la lèpre sont très analogues à ceux de la tuberculose. Ils sont droits et comme noueux. Ils ont de 4 à 6 f* de long,

Fig. 224. — Bacilles observés dans un tubercule (H. Fol).

sur 1 p. au plus de large. Ils sont mobiles. Ils se colorent plus facilement que ceux de la tuberculose et par les mêmes moyens; mais l'hypochlorite de soude à 0.01 ne les décolore pas comme ceux de la tuberculose (Lustgarten). Ils ont pu être cultivés (Neisser), mais non encore inoculés. On dit qu'ils peuvent être encapsulés. En tous cas, dans les tubercules cu-

1. Il y a dans la tuberculose, des micropbytes d'importance secondaire, dont la présence tient à des phénomènes d'inflammation ou de destruction des tissus (fig. 224). mais qui ne sont point pathognomoniques.

tanés, leur siège est profond; une couche épaisse de tissu les recouvre; elle rend la contagion très difficile (Cornil).

Le B. diphlhericus est le microphyte que M. Loëffler a considéré comme caractérisque de la diphtérie, et qui se rencontre dans les fausses membranes où il prédomine au début. Cultivés sur gélatine, ses bâtonnets auraient présenté un renflement au sommet avec une spore incolore dans l'intérieur. Ces bâtonnets n'ont pu être inoculés sur les muqueuses saines. Mais sur une muqueuse enflammée, il se produit à leur niveau une exsudation membraneuse et une hémorragie (Loëffler). Lors même que les animaux inoculés ont succombé, on n'a pas trouvé de Bacilles dans leur sang ; d'où l'on a conclu que l'intoxication aénérale, si prononcée d'ordinaire dans la diphtérie, élait due à une diastase sécrétée par le Bacille.

11 y a d'ailleurs encore dans la diphtérie des Micrococcus, des Streptococcus, des zooglées, etc., dont la présence se rapporte probablement à la simple inflammation primitive des membranes. L'étude des microphytes de la diphtérie demanderait à être reprise méthodiquement ; il est probable qu'elle présentera de grandes difficultés.

Le B. typhicus (fig. 225-230 est le Bacille de la fièvre typhoïde, souvent

Fig. 225. — DaciUus typhicus Fie. 226. — Bacillus typlncus, dans la

(Artaud). rate.

nommé B. d'Eber'th, du nom du savant qui l'a observé en 1870 dans les viscères des typhiques et qui en a fait depuis le sujet de plusieurs mémoires remarquables. Il est fusiforme, à peu près quatre fois aussi long que large (3-6 u sur Ou 8-1 1* 5) avec les extrémités obtuses, ou, dans certaines formes, aiguës; ce qui lui donne l'apparence d'une navette. Dans les préparations colorées, qui se font difficilement, car le Bacille n'absorbe pas bien les matières colorantes, notamment celles d'aniline, on distingue souvent au Bacille trois parties : une moyenne incolore, et deux extrêmes plus foncées. Ces dernières ont été considérées comme des spores par M. Gaffky qui a vu aussi le bâtonnet à peu près cylindrique.

Mais il n'y a probablement là que des différences de teinte dues au mode de préparation; et la zone moyenne qui ne^ se colore pas, est une portion du bâtonnet de laquelle le phytoblaste parait s'être retiré, comme d'une portion morte et suivant laquelle va peut-être se produire la scission en deux parties secondaires. Aussi voit-on assez souvent deux bâtonnets jeunes placés bout à bout, sans que pour cela il existe la moindre spore. Ces Bacilles sont mobiles et sécrètent des liquides particuliers sur les propriétés desquels les opinions varient. On peut constater la présence de ce Bacille sur le vivant, soit dans le sang' extrait des papules rosées (Nechauss), soit dans un fragment de rate extrait par ponction capillaire. Il existe dans l'urine alors qu'il y a albuminurie, et dans les eaux auxquelles on attribue la contagion de la maladie. Il se cultive de diverses façons et notamment sur la gélatine peptonisée où il produit des colonies de forme variable (fig. 228, 231). Les spores, qui occupent le sommet du

/Soi* / Arx-^r* a£//~^

Fie. 227. — Bacilles dits de la fièvre typhoïde (Fol), avec globules de sang, tirés

d'une rate humaine.

bâtonnet (fig. 230), sont arrondies, très réfringentes (d'où une grande ressemblance de ce Bacillus avec le B. Amylobacter). Elles résistent. dit-on, à une température de 80 et 90° et à la dessiccation. On a extrait de leur masse une subtance très toxique, la Typhoxine, que l'on considère comme un alcaloïde (Brùger). Le sublimé, l'acide pbénique et un grand nombre d'autres antiseptiques arrêtent les cultures de ce Bacille. Les inoculations aux animaux donnent des résultats négatifs; mais certains d'entre eux (moutons, chiens et chats jeunes, cobayes)sont tués par l'ingestion des cultures. Le sang d'un chat tué par le sang du cadavre d'un cobaye typhique cultivé, est très virulent pour le lapin qui meurt nettement typhique. Mais la communication de la fièvre typhoïde de l'homme aux animaux ne s'obtient pas directement; le microphyte typhique a besoin, pour se développer, de deux milieux différents : un liquide de culture et un chat, un liquide de culture et un cobaye, un chat et un lapin, par exemple (Tayon).

1. Il y n. là aussi des Bacilles d'importance secondaire (fig. 227) auxquels on a quelquefois attribué la fièvre typhoïde.

On tue souvent, mais non constamment, les animaux par des inoculations, dans le tissu cellulaire ou le péritoine, de Bacilles typhiques cultivés.

Fie. 228. — Bacillus typhicus.

Colonies de culture

Fie. 229. — Bacillus typhicus (Dubief).

a un grand nombre d'autres Bacilles dits pathogènes, et de

Bacilles très-divers observés dans les

* substances putréfiées. Nous traiterons

ultérieurement de ceux qui sont dits

Bacilles de la septicémie. Tels sont en-

core, à ce qu'il semble, ceux que

Martineau, MM. Klebs et Lustgarten ont observés dans la syphilis. MM. Klebs et Tommassi Crudelli ont décrit dans la malaria des bâtonnets « longs de 2-7 ^, s'allongeant en lilaments qui se segmentent en articles plus courts, pouvant se mettre en spores au centre, à une extrémité ou dans toute leur longueur.

Fig. 230. — Bacillus typhicus.

Sporulation (Chantemesse et Vidal

Fig. 231. — Bacillus typhicus. Colonies de culture.

Le microphyte indiqué dans la diarrhée infantile verte, et qui est luimême coloré en vert, serait aussi un Bacillus. M. S. Clado a étudié (1887)

une « Bactérie septique de la vessie », qui lue les animaux et n'a que 1^6-2^, sur 0p5 de largeur, et qui appartient probablement à la même catégorie. Le Micrococcus de l'urine peut se présenter, nous l'avons vu, sous la forme bacillaire. Dans la maladie du porc dite Rouget ou Erési-

Fig. 232-234. -- Schizophytes du Rouçcl du porc.

pèle malin, on a observé (Klein) un Bacille qui a été comparé AnxBacillus Anthracis et subtilis, de même qu'au Leplothrix de la bouche (fig. 233- 235). D'autres n'y ont vu que des microphytes arrondis ou en forme de 8 (fig-. 232). Aussi a-t-on pensé qu'on a confondu sous un seul et même nom plusieurs maladies distinctes du porc.

Davaine a décrit dans la fermentation du pain, dont nous parlerons plus loin, une Bactérie du levain, qu'il a crue identique à celle du charbon et qui, divisée en 2-4 articles, atteint 10-20 /* de long. Il a fait

Fig. 235. — Schizophytes du Rouget du porc, dans un ganglion (Klein).

connaître, chez les oiseaux, une Bactéridie intestinale qui est un Bacille épais et rectiligne. long de 10-40 y.; une B. des infusions, longue de 10-20 [l; une B. glaireuse, à filements droits et courbés, longs de 10 p; une B. des vins tournés, ténue, flexible, indistinctement articulée et de longueurtrès variable. Ce sont tout autant ieBacilluset dont plusieurs passent même à la forme de Leplothrix. Le B. ruber de M. Colin, qui se développe sur le riz, est enveloppé d'une substance muqueuse rouge; il est très mobile et formé de longs bâtonnets isolés ou réunis par 2-4, etc., etc. ,

Leptothrix.

Rien n'est plus mal défini que ce genre de Schizophytes, l'un des plus anciennement connus cependant, et celui dont l'étude serait vraisemblablement la plus instructive. C'est Leeuwenhoek qui, au moment même de la découverte du microscope, a observé dans le tartre dentaire le L. buccalis Ch. Rob. (fig. 236, 237); et le genre Leptothrix avait été établi par Kutzing, comme caractérisé par « des filaments non rameux, ni engainés, ni cohérents». Le L. buccalis a encore été nommé Algue filiforme de la bouche. Il habite la surface de la langue, les interstices des dents, la cavité des dents cariées. Il y a même longtemps qu'on admettait qu'il pouvait passer dans les liquides de l'estomac et de l'intestin. En examinant les substances sur lesquelles il croit, on aperçoit des masses demi-transparentes et finement granuleuses, légèrement jaunâtres et hérissées de petits filaments en forme de baguettes droites, avant une extrémité libre et l'autre implantée dans la masse granuleuse (Ch. Robin). 11 y a aussi beaucoup de filaments isolés, nageant, droits ou légèrement courbes, de même épaisseur dans toute leur longueur, peu flexibles. Quelques-uns sont courbés à angle droit. Leur extrémité n'est pas ou est à peine effilée. On ne voit pas facilement de traces de cloisons transversales dans les

Fie. 236, 237. — Leptothrix buccalis.

filaments, si l'on ne colore pas ces derniers. Leur intérieur est transparent. Cependant Ch. Robin y a vu de très petits granules ronds et placés de distance en distance. Quand on laisse s'accumuler la matière blanche quise trouve dans l'interstice des dents, les filaments peuvent atteindre 1 millimètre de long sans augmenter d'épaisseur. Ce Leptothrix se cultive, mais non dans un milieu acide. Il liquéfie la gélatine. On ne connaît pas ses organes de reproduction. Il ne parait exercer aucune actioif sur la santé.

* 5"fe

Son élude est très favorable connue introduction à celle des Schizophytes en général. Il y a beaucoup d'autres microphytes dans le contenu des dents cariées : des Microccocus, Bacillus, Streptotltrix, Spirillum, etc. (fig. 238). On leur a attribué la production de la carie dentaire, pareeque, a-t-on dit, dès que la surface de la dent est dénudée de son émail en un point même très restreint, la dentine se ramollit sous l'influence des acides salivaires, et les Schizophytes peuvent pénétrer dans les canalicules. On y en trouve, d'après Miller, cinq espèces différentes. Il y en a bien davantage (Vignal), entre autres les Bacillus Termo, le Vibrio Rugula et le Microccocus pyogenes. Tous peuvent pénétrer dans l'estomac; ils y sont rapidement détruits par le suc gastrique1.

On a trouvé de nombreux Leptothrix différents de celui-ci dans le tube digestif d'insectes, surtout aquatiques. Kùtzing en a décrit plusieurs autres dans les eaux stagnantes (L. brevissima, L. rigidula), sur les roches humides (L. cœspitosa), sur les Algues marines (L. radians, h. parasilica, L. spissa Rabenh.).

Beggiatoa.

Fig. 238. -- Bactéries de la bouche,

dans les dents cariées (Miller).

Attribué a des groupes très divers, ce genre paraît bien voisin des Leptothrix. Il est caractérisé par des filaments fins, recouverts d'une substance muco-gélatineuse, rigides et doués de mouvements oscillatoires. Leur phytoblaste est bien distinct du phylocyste, incolore ou blanchâtre, et il

renferme de nombreuses granulations formées de soufre à l'état cristallin, qu'on peut dissoudre par le sulfure de carbone ; d'où le nom de Sulfuraircs. Ce fait s'explique par l'habitat ordinaire des Beggiatoa qui se trouvent dans les eaux thermales sulfureuses, dans les résidus des fabriques ou en général dans les eaux stagnantes ou salées qui dégagent une odeur d'hydrogène sulfuré. Leurs colonies forment la matière floconneuse qu'on nomme souvent Barégine et Glairine.

1. C'est à ces organismes que M. Miller (l)er Einfluss auf d. Caries d. mensclil. Zahn, in Arch. Exp. Path. (18M, X.V) attribue la carie des dents. M. Lewis a aussi décrit dans ta slive un Bacille-virgule en 1884 (Mémorandum on the comma-shaped Bacillus, etc.).

Fig. 239. — Beggiatoa alba (Warming).

Le B. alba TnEVis.est l'espèce la plus connue du genre. Elle forme sur le sol qui a été en contact avec les eaux dont il est question plus haut une couche limoneuse et muqueuse, blanchâtre. Les filaments incolores qui y sont renfermés ont de 1 à A p d'épaisseur ; ils deviennent souvent libres et plus ou moins fragmentés. Ces filaments sont en réalité formés d'articles peu distincts, qu'on rend visibles en les traitant par l'aniline ou en chauffant la plante dans le sulfate de soude ou la glycérine. Celle-ci dissout en partie les granules que le sulfite de soude fait disparaître totalement.

Il est certain aujourd'hui que les filaments des Beggiatoa se résolvent en Micrococcus (sans parler des divisions longitudinales qu'on a aussi observées dans ces plantes), et aussi que les filaments fixés peuvent, vers leur extrémité libre, se courber ou se contourner en spirale. Tous se meuvent en exécutant des mouvements de reptation. M. Zopf a démontré que, suivant les circonstances, les Beggiatoa présentent des filaments, des bâtonnets droits ou spirales, desformesde Spirillum portant des cils (on les a nommés Ophido)nonas).des phytocystes orbiculaires, des spores et aussi la forme zoogléique.

Ces plantes réduisent les sulfates des eaux qu'elles habitent, fixent le soufre et dégagent de l'hydrogène sulfuré. Le soufre libre s'y combine avec la matière organique pendant la vie. Après la mort, on croit que le soufre intracellulaire n'est plus converti en hydrogène sulfuré1. D'autre part, l'bydrogène sulfuré forme avec le fer que peut renfermer la plante du sulfure de fer qui colore en noir la paroi des Beggiatoa. Il y a dans les eaux thermales d'autres espèces du même genre, dont nous parlerons tout â l'heure. On ne saurait, malgré de grandes différences, méconnaître certains caractères qui rapprochent les Beggiatoa des Oscillaires, ordinairement rapportées, parmi les Algues, au môme groupe que les Nostoc (Schizophycces).

Quoi qu'il en soit, le B. îiirea (Hygrocrocis nivea Kietz. — Leptomitus niveus Agii. — Leplonema niveum Hadenh. — Oscillaria punctata Menegii. — 0. sulfurai ia Jol.) (ii^;. 240, 241) est l'espèce qui caractérise le plus souvent par sa présence la matière des eaux sulfureuses dont Bordeu disait dès 17 iO, que : « il y aurait beaucoup de recherches à faire par rapport â ces glaires » et que a le temps nous apprendra beaucoup. » C'est Vauquelin qui lui a reconnu une nature véritablement organique,

l.'ll y a déjà longtemps que ces faits ont été découverts par un pharmacien de Forcalquier, M. Plauchud, de sorte que nous n'avons pas à parler des auteurs qui ont cru récemment les avoir signalés les premiers. Dans son remarquable mémoire (Journ. pharm. chim., sér. 4, XXV, 180) et dans ceux qui lui ont fait suite, .M. Plauchud a péremptoirement démontré que c'est exclusivement aux Sulfuraires vivantes que les eaux chargées de sulfates doivent leur transformation en sulfures. Les matières organiques amorphes corrompent l'eau, mais ne la sulfurent pas. L'odeur sulfhydrique que dégage la bouche des personnes saines ou malades est duc à l'action des microphytes des gencives et des dents sur des sulfates. Il se produit des faits analogues dans les ' aux ferrugineuses crénatées ou apocrénatées. Elles « reconnaissent également comme facteurs îles êtres microscopiques d'une nature à peu près identique ». (J. Duval.)

CRYPTOGAMES CELLULAI11ES.

en la qualifiant de « matière animale » très analogue à l'albumine et à la gélatine animales et possédant, comme elles, tous les caractères d'une substance fortement azotée. Gimbernat lui avait donné le nom de Zoogène. C'est Longchamps qui, en 1823, l'a appelée Baréginc ; et douze ans après, Turpin distingua la substance des eaux de Néris, formée de Nostoc thermalis, et la glairine de Barèges, substance transparente, presque in-

Fie 240, 241. — Ueggiatoa nivea.

colore, amorpbe et gélatineuse. Fontan a distingué dans la barégine deux choses: la glaire amorphe et azotée, et un végétal confervoïde voisin des Arabaina, spécial aux eaux sulfureuses et que, pour celte raison, il nomme Sulfuraire.

La matière glaireuse a reçu les noms de Glairine, Géline, Barégine, Pyrénêine, Daxine, Luchonine, Saint-Saurerinc. Sulfurhydrine, Sulfurose. Salfomucose et Sulfodiphtêrose. Elle l'ail rarement défaut dans

les eaux sulfureuses des Pyrénées, mais elle n'y a été trouvée que dans des eaux sulfureuses. Elle se rencontre au milieu même des eaux, hors du contact de l'air, plus rarement hors de l'eau, rarement dans les eaux dont la température s'élève au-dessus de 70°. On l'a comparée à du mucilage, au frai des grenouilles, à l'humeur vitrée. Il y en a de nombreuses variétés, principalement au point de vue delà consistance (filandreuse, floconneuse, muqueuse, membraneuse, compacte, stalactiforme). Elle est généralement presque incolore, blanchâtre, parfois colorée en jaune, en rouge, en brun ou en vert, soit parce qu'elle est altérée, soit parce qu'elle renferme des plantes qui lui donnent ces teintes. Son odeur est d'abord fraîche, simplement sulfureuse, puis elle devient fade, parfois aromatique, le plus souvent infecte. Il y a un moment où il s'y montre de fins granules plus ou moins foncés, puis des filaments byalins extrêmement ténus. Elle renferme aussi des cristaux de soufre, de la silice, etc. Beaucoup d'observateurs ont pensé que la glairine provient de la destruction des plantes qui se trouvent dans les eaux, on bien qu'elle est un produit d'excrétion de ces plantes. La principale de celles-ci avait été indiquée dès 1782 parVillan, sous le nom de Byssus lanuginosus. C'est elle queFontan nomme Sulfuraire. Elle se présente sous forme de filaments très grêles, de longueur très variable, lisses ou disposés en épis, en houppes, en crinières, parfois radiés à partir d'un support commun, d'une sorte île noyau, de consistance mucilagineuse ou gélatineuse sur lequel sont portés ces filaments, (le sont des tubes à paroi mince, à cavité remplie de globules de soufre, égaux en volume et placés bout à bout. Ces corpuscules, rendus libres par la destruction du phytocyste, peuvent s'agglomérer de façons très diverses. Quant à la portion libre des filaments, droite, [dus ou moins arquée ou recourbée, elle exécute îles mouvements qu'on a attribués au liquide ambiant, mais qui appartiennent bien à la plante elle-même et qui paraissent incontestables (Joly). On admet que cette plante ne se développe que là où l'eau sulfureuse peut s'aérer et ne s'élève pas comme température au-dessus de 50°. A une température plus élevée, elle disparaît en général et il se forme des dépôts de soufre. La Sulfuraire est blanchâtre, opaline et presque transparente; elle ne se colore en brun que quand elle est altérée. Si elle devient rouge ou verte, cela est dû à la présence de certaines Algues qui viennent s'ajouter à elle. A ces caractères nous reconnaissons le Beygiatoa nivea Rabenu. (rïg. 24-0, 241), distingué scientifiquement dans le genre par un stratum floconneux, cespiteux, flottant, blanc ; des trichômes très grêles (0m 00005 à 0ra 0000G de diamètre), hyalins très obtusémentfasciés-articulés; un cytioplasme homogène-granuleux, puis fascié-infracté. On trouve aussi dans les eaux sulfureuses le fi. alba(B. punctata Tuevis. — Hygrocrocis Vandelli Menegii. — Oscillaria albaXxvcu.), dont il a été question plus haut (p. 174), à stratum muqueux, d'un blanc sale ou crétacé, avec trichômes hyalins et continus, et cytioplasme granuleux (diamètre : 0m 00013 à 0m 00015);

Le B. leptomitiformis Menegii. (Oscillatoria leptomitiformis Menegh.)3 à stratum muqueux ténu, d'un blanc crayeux, avec trichomes très grêles, indistinctement articulés, hyalins, subincolores, et à cytioplasme incolore, obscurément granuleux (diamètre : 0m00007 à 0m00009).

Le B. arachnoïdes Rabenh. (Oscillaria arachnoïdes Agii. — 0. versatilis Kuetz.), à stratum muqueux, membraneux, très ténu, arachniforme, neigeux, crustacé, à trichomes épaissement intriqués, se mouvant en avant, distinctement articulés, obtus au sommet légèrement arqué ; les articles subégaux comme diamètre ou doubles environ en épaisseur les uns des autres; à cytioplasme blanchâtre, granuleux-opaque (diamètre 0m002 à 0m0026).

On cite encore le B. tigrina Rabenh. (Oscillaria tigrina Rœm.), dans les boues et sur les boiseries des sources thermales; le B. OErstedii Rabenh. (Leucothrix Mucor Œfist.), dans les boues submarines; les B. mirabilis Cohn et pellucida Cohn, dans les eaux de la mer; le B. Lanugo Thur. (Leptomitus Lanugo Agh), sur certains Cej'amium, elc. Il y aune variété marina Cohn du B. alba.

Les eaux sulfureuses contiennent un grand nombre d'êtres organisés : des crustacés tels que des Cypris; des vers, tels que les Anguillules, Phanoglene, Oncholaimus; des Monas et Leucophra; des Algues-Néodiatomées, comme des Clostéries, des Navicules, des Eunolia, Frustulia; des Oscillatoires, des Hygrocrocis, Fischeria, Mougeotia, Ulothrix, Anabaina et Protococcus (J.-L. Soubeiran).

Nous devons rapprocher des Beggiatoa les Crenotrix qui, depuis les recherches de M. Zopf, sont aussi caractérisés par des états divers comparables à ceux que parcourent successivement les Beggiatoa. Il y a des Crenotrix dans un grand nombre d'eaux minérales, entre autres ferrugineuses; mais on les observe également dans des eaux de toute provenance, même dans des eaux d'infiltration jusqu'à vingt mètres de profondeur. Le mieux connu est le C. Kuhniana, qui, à l'état le plus développé, se présente sous forme de filaments grêles (3-6 a de largeur), longs de près d'un centimètre. Par une de leurs extrémités, ces filaments sont fixés à un substralum et demeurent droits ou légèrement arqués. Plus haut, le filament est formé d'une série de phytocystes-tubules, souvent à peu près aussi longs que larges. Leur paroi est latéralement tapissée en dehors d'une couche superficielle qui se colore, à partir d'un certain âge, en jaune brun ou en brun verdàtre. grâce aux sels de fer dont elle est pénétrée. Très souvent les tubes se segmentent en travers et sont ainsi réduits en fragments qui forment des masses lloconneuses dans le liquide. La division a lieu dans tous les sens, de façon que les tubes se divisent en autant d'éléments à peu près égaux selon tous les diamètres et s'arrondissent même d'une façon régulière. C'est l'état qui répond à celui de Microcoques. La segmentation des tubes en travers produit des disques, et la division longitudinale de ceux-ci donnent des phvtocystes arrondis, pres-

que réguliers, de petite taille. On voit aussi les disques se gélifier à leur sommet, et là s'ouvrir pour laisser échapper des spores qui peuvent germer dans l'eau et reproduire des filaments semblables à ceux dont elles sont dérivées. Souvent leur paroi se gélifie en dehors et forme là une épaisse couche de mucilage. Ainsi se constituent des zooglées, très petites en général, parfois larges de près d'un centimètre. M. Zopf a vu alors ces phytocystcs entrer quelquefois en mouvement, puis revenir à l'état de repos. Au début les zooglées sont incolores, hyalines. Mais bientôt elles se colorent par le fer dont elles sont imprégnées, de la même façon que les tubes. Chaque phytocyste de la zooglée peut alors s'allonger en tube. La multiplication de ce Crenotrix peut être rapide. Il peut envahir les conduites d'eau, les obstruer d'un épais mucilage ferrugineux qui oblitère leur canal. Dans un réservoir où l'eau est au repos, le fond peut se recouvrir d'une couche de Crenothrix épaisse de près d'un mètre; et l'eau peut cesser d'être utilisable, bien que le Crenothrix lui-même ne soit pas réputé dangereux pour la santé.

Vibrions.

On ajadis donnéce nom etcelui de Yibrioniens à tous les Schizophytes, quels qu'ils fussent, surtout quand ils étaient observés dans quelque milieu de fermentation. Plus tard on l'a réservé à «eux qui sont courts et en même temps ondulés. On les comparait à de petits serpents dont les ondulations, et par suite la forme générale, varient d'un moment à l'autre. Aujourd'hui M. Cohn ne conserve dans ce genre que les filaments spirales, courts et ondulés. On a prétendu que la forme spiralée n'existe pas dans les Vibrio, mais que par leurs ondulations ils présentent cette apparence alors que leurs diverses portions sont sur des points différents du porte-objet du microscope.

Le V. Rugula Muell. (fig. -242) est caractérisé par un filament qui présenterait vers son milieu une seule courbure, faible, mais distincte. Il a

souvent 8-1 û p de long et peut en atteindre jusqu'à 35 lorsqu'il est en train de se scinder. Ses mouvements semblent être ceux d'une rotation plus ou moins vive autour de son grand axe. On voit la plante progresser en avant, et elle donne

alors la sensation d'un mouvement Fie. 242. — ] ibno Rugula (Dubief).

serpentiforme. On lui accorde un cil

(Warming). Cette espèce se trouve dans les infusions les plus diverses.

souvent en essaims, dans les liquides de la bouche et de l'intestin (Leeu-

wenhoek), dans les liquides diarrhéiques, dans l'eau de mer. On ne lui connaît pas d'influence positive sur la santé.

Fie. 243. — Spirilles-virgules (Vibrions) du Choléra asiatique.

Le V. serpens Muell. est bien plus mince que le précédent, de moitié environ. Il a de deux à quatre ondulations. Ses mouvements sont analogues à ceux du «

Bacillus subtilis, et il est pourvu d'un cil ^^ ^

(Warming). Sa longueur est de 10-25 p., et ^gf e i

son épaisseur de 0^7. Un de ses tours de y, *=^^ *

spire est long de 8-12 p, sur 1-3 p de dia- 4 *=^> &>

mètre. On trouve aussi cette espèce dans les

cours d'eau et les infusions les plus diverses. Fu;- -il- — Vibrio (Spiril-

Oi ... m. .. ... lum).

n ne devra peut-être pas distinguer generi-

quementdes Vibrio les Spirillum que les auteurs en séparent à cause de

leurs spirales plus rigides. On trouve dans les infusions les S. undula

Ehrb. ("? S. rufum I'ert. — Vibrio prolifer Eiirb.), le S. tenue Ehrr.

— s?Sï7X>

Fig. 245. — Spirillum undula, dans une culture.

et le S. volutans Ehrb., le géant du genre, car sa longueur atteint 30 y. et il forme jusqu'à trois tours et demi de spire. On a décrit aussi beaucoup de Spirillum dans l'eau de la mer.

C'est au même groupe générique, ainsi conçu, que nous croyons devoir rapporter le Bacille du choléra ou H. virgule, B. comma (Kommabacil-

Ion (fig. 246-250), un de ceux qui ont le plus occupé les médecins dans ces dernières années et qui a été découvert par M. Koch. Il est souvent arqué en forme de croissant ou de virgule, long en ce cas d'environ 3, 4 u. sur 0 p. 8-1 p de large. Fréquemment aussi, dans les cultures, on voit deux de ces croissants placés bout h bout et en direction inverse, figurant un S par leur réunion. Ailleurs, la plante est plus complète encore, et l'on a sous les yeux une chaîne plus ou moins longue, formée d'articles tous concaves

Fie 246, 247. — Vibrio cholericus.

d'un même côté, ou alternativement convexes et concaves d'un même côté. Dans les cultures, il n'est pas rare de voir à chaque extrémité d'un article une petite masse sphérique de 3, 4 p de diamètre, hérissée de saillies plus petites encore. On a admis que c'est là une déformation du micropin te, une « forme involutive » qui se produit dans les cas où le milieu

Fig. 218. — Vibrio cholericus.

Colonies de culture (Cornil).

Fig. 219. — Vibrio cholericus, dans l'intestin (Doyen).

ambiant est défavorable à l'évolution du microphyte. Celui-ci ne se développe bien que de 16 à 40°. Il est tué en une demi-heure par une température de 50 à 55°, mais il est encore vivant à — 10°. La dessiccation le tue, de même qu'un milieu acide. Aussi est-il détruit par l'action du suc

gastrique. On ne l'a observé que dans l'intestin. On a fait périr des cobayes en leur injectant dans le tube digestif des liquides contenant le Vibrio cholericus, en même temps que des solutions alcalines. On cultive bien le microphyte à l'état de colonies, et l'on observe d'abord, principalement à la surface des milieux de culture, car il ne se développe bien qu'au contact de l'air, des points opalescents qu'entoure une double zone plus claire (fig. "211, 248). Le point central devient successivement jaune, puis granuleux, et les granulations répondent à des groupes de vibrions. Les milieux de culture doivent toujours être alcalins1. Dans le

eboléra nostras, MM. Finckler et Prior ont observé

' . rie. 250. - l ibno

un Bacille arqué qu'ils croient fort peu différent de cholericus.

celui du choléra asiatique; mais M. Van Ermengen

l'a étudié de très près et lui trouve des caractères suffisamment distincts.

Spirochsete.

Ce genre a moins d'importance que le précédent pour la médecine, quoiqu'on en ait observé une espèce dans la Fièvre récurrente ou Typhus à rechutes, affection intermittente qui règne dans les districts pauvres de l'Allemagne du Nord, de la Russie et de l'Irlande. C'est le S. Obermeieri Cohn, découvert par Obermeier en 1873. Le genre Spirochœte Ehrb. est caractérisé par des éléments spirales, longs et à spirales flexibles, contenant un phycochrome (Cohn). Le S. Obermeieri est grêle, long de 1-40 f/, h courbures très égales et à mouvements ondulatoires très rapides (fig. 253). 11 se trouve dans le sang et disparaît en grande partie dans l'intervalle des accès de la fièvre récurrente. On l'a cultivé (R. Koch), et il forme dans les cultures des faisceaux qui rappellent des amas de cheveux.

Les uns le disent non inoculable, et d'autres assurent qu'il a pu être inoculé au singe et déterminer chez lui la fièvre.

Le S. plicalilis Ehrb. n'est peut-être FlG- 25i. - - Spirochœte.

pas spécifiquement distinct du précédent. Ses filaments sont contournés en hélice très longue (110-200 a); ils sont susceptibles de se mouvoir en ondulant; leurs tours despire sont très

1. M. Emcrich, qui a vu dans les selles cholériques le Vibrion en virgule, croit qu'il n'est pas spécifique et que ce rôle appartient à un Bacterium court et droit, qu'il a cultivé et inoculé avec succès à des animaux.

rapprochés, et leurs extrémités sont mousses. On l'a observé dans les eaux stagnantes, les infusions ; il vit aussi dans la mer. M. Warming a trouvé sur les côtes danoises un S. gigantea qui n'a pas

Fie. 252.

Spirochsete buccalis, de l'homme.

moins de 3 jx d'épaisseur et dont les tours de spire ont 25 j* de hauteur. Son phytoblaste est finement granuleux. Il y a, souvent avec le Leptothrix,

Fig. 253. — ■ Spirochœte Obenuei/eri, dans le sang humain.

un S. buccalis ou S. dentium (fig. 252), long de 10-20^, et dont les extrémités sont amincies. Mulhaûser en a décrit une espèce qui vit dans le fumier et n'a pas été cultivée (S. tenue Mulh.) ; elle est fort analogue, à ce qu'il semble, au S.Obermeieri.

Gladothrix.

Ce genre appartient pour M. Zopf à une famille spéciale, les Cladothricées, dont les représentants possèdent à la fois des cocci, des bâtonnets, des filaments et des spirales. C'est, comme nous l'avons vu (pag. 142), le fait du microphyte principal de l'urine, qui aurait été, sous ses différents états, désigné sous les noms de Micrococcus ureœ Cous, Bacillus ureœ Miq. et Bacterium ureœ Bill. Le C. dichotoma Cohn (fig. 251), qui se rencontre

dans les macérations, les eaux croupies, a d'abord été connu sous forme de filaments, semblables à ceux des Leptothrix, liés ténus, non articulés, rigides ou légèrement ondulés, incolores. On les avait primitivement considérés comme subdicbotomiquement ramifiés; puis M. Cohn a cru voir que ce sont en réalité des filaments simples accolés les uns aux autres dans une certaine étendue et se séparant au delà. Le filament a une paroi bien distincte. Il s'épaissit souvent de la base au sommet, de façon a être cinq à sept fois plus gros en haut qu'en bas. D'après M. Billet, son protoplasma, jusqu'alors bomogène dans toute l'étendue du pbytocyste, se contracte en un corpuscule arrondi, de réfringence plus grande, eu tout comparable à un noyau cellulaire. Ce noyau cellulaire s'allonge, se rétrécit vers son milieu et affecte la forme en biscuit des noyaux en voie de division, tandis qu'une cloison transversale divise le pbytocyste primitif en deux nouvelles cellules plus courtes, également rectangulaires, ayantchacune un noyau. Le phytocyste rectangulaire arrondit peu à peu ses angles, et devient une cellule sporifère elliptique, dont le noyau n'est autre que la spore. Celle-ci a un diamètre de 1-1.5 p. Les spores germent en- fio. 254. —.Cladotfirix dichotoma. suite, groupées on masse zoogléique dans laquelle on voit tous les états successifs de la plante.

Dans ces dernières années, le genre Cladothrix avait surtout pris de l'importance à cause du rôle que l'on attribuait (Bostroem) à une de ses espèces dans la maladie des animaux et de l'homme qu'on nomme Actinomycose. On en a fait avec raison le type d'un genre particulier, sous le nom (VActinomyces.

Actinomyces.

Ce genre, dont nous venons d'indiquer certaines affinités, et qu'on a aussi rangé parmi les Mucédinés-Racodiés, est représenté par une plante, VA. Bovin IIarz (lig. 255), qui est formée de masses jaunâtres, d'environ un millimètre de diamètre, qu'on a trouvées dans les foyers abcessueux observés dans l'Aclinomycose. Ces masses sont formées de filaments ramifiés qui se colorent par le violet de gentiane. Les filaments

sont renflés en massue ou subglobuleux à leur extrémité. Quand on a coloré la plante en violet par le réactif que nous venons d'indiquer, on poursuit les filaments dans la portion renflée, qui est, dans ce cas, de couleur rouge, et qui avait été primitivement considérée comme une conidie.

UA. Boris produit chez le bœuf une maladie de la langue qui était

flwy*„ MtMWi

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Fie. "21)0. — Actinomyces Bovis.

connue à la fin du siècle dernier, et souvent désignée sous les noms de Crapaudine, Tuberculose linguale, Langue de bois, Ostéosarcome maxillaire. 11 y a une vingtaine d'années que Rivolta attribua cette maladie ta un végétal qu'il nomma Discomyces. En 1877, Bollinger observa la plante dans l'ostéosarcome de la mâchoire du bœuf. Il essaya sans succès de l'inoculer à d'autres animaux. En 1873, la maladie fut observée dans l'espèce humaine (Ponfik); et depuis lors, on n'en compte plus les exemples. Sa terminaison est souvent fatale. L'Actinomycose se développe dans la plupart des viscères, principalement dans ceux de l'abdomen, dans les poumons, dans les os. Elle s'introduit chez les bestiaux dans le cordon spermatique et dans la prostate, à la suite de la castration (Csokor). Outre Y Actinomyces, les cavités purulentes renferment des Staphylococcus et d'autres Schizophytes. Ponfik a pensé, à cause de l'analogie de Y Actinomyces avec le Streptothrix Forsteri, trouvé dans des concrétions du canal lacrymal, qu'il y avait lieu de rattacher ce dernier aux Bactéries.

Mérismopédies et Sarcines.

Nous avons vu certains Micrococcus se réunir quatre par quatre pour former des groupes aplatis. C'est là le caractère des Tetragenus et des Merismopœdia qui ne sont cloisonnés, par conséquent, que suivant deux directions. Si le cloisonnement se produit en longueur, largeur et épaisseur, le groupement devient cubique et c'est là le caractère plus particulier des Sarcina. Le genre Merismopœdia a été établi par Meyen en 1839, et dès 1853, Ch. Robin a nommé M. ventriculi le Sarcina ventriculi de Goodsir (fig. 256). C'est ce dernier qui a découvert la plante en 1842, dans l'estomac

de l'homme. Elle se trouve aussi dans le poumon, les dépôts de l'urine, dans le pus et chez plusieurs animaux. Les phytocystes qui la forment sont souvent groupés par 4-16, et les amas sont cubiques avec des angles arrondis. Mais on peut aussi, en suivant les divers états de développement, observer des groupes de deux phytocystes et des phytocystes isolés (Zopf). L'ensemble est donc une sorte de zooglée à gélatine peu abondante, cl peut-être devrions-nous rapporter simplement cette forme aux Micrococcus. Le phytoblaste est jaunâtre, verdàtre ou rougeâtre, plus rarement translucide et incolore. Les phytocystes isolés ont de 2 à 8 /* de diamètre. La plante peut se cultiver dans divers milieux, notamment sur des pommes

Fig. 256. — Merismopssdia [Sarcina) ventriculi.

de terre où elle forme des plaques jaunâtres. On a considéré à tort cette espèce comme caractéristique du cancer stomacal, car elle peut exister dans toutes les affections chroniques de l'estomac et même dans l'estomac sain. On l'a rencontrée sur des légumes cuits, dans des liquides de culture, dans delà bière aigrie, etc. Chez l'homme, elle été vue, quoique plus rarement, dans le rein, le poumon et même le sang.

Nous rapporterons au même genre le Sarcina lutea des auteurs, qui a été observé dans l'air, peut se cultiver et ne paraît avoir aucune influence sur la santé; le S. hyalina ou Bacterium merismopœdioides qui, à la surface de la vase, se présente à l'état de cubes, mais peut, dans d'autres milieux, revêtir la forme de filaments et de chaînettes ; le S. liltoralis, dont les phytocystes incolores, arrondis, ont 2 p de diamètre, et qui a été obsei'vé dans l'eau de mer altérée. Chacun de ses éléments renferme 1-4 grains de soufre rougeâtre; le S. Reitenbachii, observé sur les plantes aquatiques et dont le phytocyste est teinté de rose ; le Micrococcus letragonus Kocii, rencontré dans les cavernes du poumon et dans le pus des abcès mélastatiques, inoculable aux animaux et formé de phytocystes larges de 0 ^ 8. Le Merismopœdia glauca Warm., trouvé dans l'eau de mer, est remarquable par la matière verte qu'il renferme et qui le rapproche des Algues les plus inférieures. Ses grains rappellent en effet beaucoup ceux d'un Pleurococcus.

SAGGHAROMYGÈTES Saccharomyces.

On a souvent donné comme synonymes les mots de Saccharomyces etde Ferments; nous verrons bientôt ce qu'il y a d'inexact dans cette confusion.

La plupart des auteurs contemporains considèrent les Saccharomyces comme des Champignons unicellulaires d'une structure très simple. Ils les appellent aussi des Levures. Mais il y a certainement des levures beaucoup plus simples encore que les Saccharomyces.

Récemment aussi l'autonomie générique des Saccharomyces a été fortement contestée (Brefeld). On les a considérés comme de simples conidies de Champignons plus élevés en organisation, conidies qui, dans des milieux nutritifs particuliers, pourraient se multiplier indéfiniment par gemmation, asexnellement. D'autres en font des Mucédinés, rangés, bien entendu, parmi les plus simples. On en fait encore (Frank) un ordre spécial, du nom de BlastomycHes, et on les a classés parmi les Discomycèles les plus dégradés, à thalle dit dissocié. Le genre Saccharomyces avait été établi par Meyen avant 1838.

Ferments alcooliques. — C'est en 1680 que Leeuwenhock, étudiant la Levure de bière, vit qu'elle était formée de nombreux corpuscules ovoïdes ou irrégulièrement sphériques. Il attribua leur origine aux farines employées dans la confection du moût de bière (il faut dire à ce propos que les Levures du commerce renferment souvent de^ grains de fécule). « Mais cette observation, disait, en 1837. un savant français, Cagnard-Latour, n'a pas conduit son auteur au point le plus important, qui était de savoir que les globules sont capables de germer et de végéter dans le moût de bière pendant sa fermentation. » Ce même savant avait, dès 1835, admis pour la Levure : « que les grains dont elle se compose ont une forme globuleuse ; d'où j'avais conclu que très probablement ces grains étaient organisés. » En 1837 il disait : « On peut regarder comme fort probable que les globules de la Levure sont organisés et qu'ils appartiennent au règne végétal », mais que ce sont des plantes très petites; et plus loin il ajoute que « présumant que les globules de la Levure devaient avoir la faculté de se reproduire », il a fait des essais pour s'en assurer et qu'il y a réussi. « Les globules de fei'inent, dit-il encore, sont susceptibles, à ce qu'il parait, de pouvoir se développer très promptement; car un peu de moût de la cuvée ayant été examiné au microscope, huit heures après la mise en levain, présentait déjà dans le champ de l'instrument 80 à 100 globules, tandis qu'aussitôt après l'introduction du levain, on n'en voyait moyennement que 18. D'ailleurs, après que l'on eut recueilli toute la quantité de Levure

que la cuvée (de porter) avait pu produire eu fermentant, on a trouvé que celte quantité était à peu près sept fois le poids du levain employé ; ce qui s'accorde, comme on le voit, avec les résultats de mon examen microscopique. D'après la promptitude avec laquelle l'excédent de Levure a été obtenu, il y a tout lieu de croire que cet excédent est résulté principalement de la reproduction même des globules du levain, c'est-à-dire de ce que ces globules ont trouvé dans le liquide qui les contenait l'aliment propre à favoriser cette reproduction. » Les conclusions du travail sont les suivantes : « 1° que la Levure de bière, ce ferment dont on fait tant usage et que, par celle raison, il convenait d'examiner d'une manière particulière, est un amas de petits corps globuleux, susceptibles de se reproduire, conséquemment organisés, et non une substance simplement organique et chimique, comme on le supposait; 2° que ces corps paraissent appartenir au règne végétal et se régénérer de deux manières différentes, et 3° qu'ils semblent n'agir sur une dissolution de sucre qu'autant qu'ils sont en état de vie; d'où l'on peut conclure que c'est très probablement par quelque effet de leur végétation qu'ils dégagent de l'acide carbonique de cette dissolution et la convertissent en une liqueur spiritueuse. » Contrairement à ce que font les divers auteurs qui se recopient sans remonter aux sources, et ne pouvant, comme nous l'aurions voulu, reproduire le mémoire de Cagnard-Latour dans son intégrité, nous en rappelons certains passages qui prouvent que dans une solution sucrée où il y a de la Levure, en même temps qu'il se produit de l'alcool, il se dégage de l'acide carbonique dû à la végétation de la levure qui en même temps se multiplie. Grâce à ces textes, on voit bien que Cagnard-Latour avait expliqué tout le problème dans ce qu'il a d'essentiel, et qu'il ne restait plus qu'à doser dans le liquide les substances employées et celles qui existent à la fin île l'expérience.

On connaît actuellement beaucoup mieux qu'en 1837 la plante dont il vient d'être question, et il faut l'étudier sur nature pour en bien déterminer le caractère. C'est le Saccharomyces Ccrevisiœ Meyen (Torula Cerevis'uv Turp. —Hormiscium Cerevisiœ Bail. — Cryptococcns fcrmentumKuETT.. — C.CerevisiœKuETZ.).

Pour l'observer, il suffit de prendre quelques gouttes de moût de bière et

d'en transporter une minime portion sur le porte-objet du microscope. Si ses globules sont au repos, c'est-à-dire sans trace de liquide nutritif, ils apparaissent (fig. ^57) sous forme de phytocystes, elliptiques, ovales ou plus rarement spbériques, ayant dans leur plus grande longueur 8-10 p.

Fie. 2r>7. — Saccharomijces Cerevisiœ, ;iu repos (Dubief).

Leur pciroi est d'une grande ténuité, un peu sinueuse ou ondulée, et leur contenu est translucide, avec un grand nombre de granulations intérieures sur lesquelles nous reviendrons bientôt.

Telle est à peu près figurée la Levure dans le mémoire que publia Tur-

FlG. 258. Saccharomyces Cerevisiœ.

pin en 18.Î8 « sur la cause et les effets de la fermentation alcoolique1 ».

Pour taire sortir le S. Cerevisiœ de son « repos », qui pourrait durer des années, il faut faire intervenir un liquide nutritif comme l'eau sucrée. Alors, si l'on empêche, sur le microscope, la dessiccation de se produire, on voit les globules de la Levure, devenus turgescents, bourgeonner en un ou deux points, et chaque globule secondaire peut bourgeonner de la même façon. Le Saccharomyces finit donc par devenir ramifié, et son phytocyste devient plus net. Quant aux inicrosomes de son phyloblaste, ils demeurent en partie petits et sombres. D'autres taches répondent à des masses huileuses; d'autres enfin, plus grandes encore, à des vacuoles qui prennent la place de la portion du phyloblaste qui a passé dans les bourgeons. Ceux-ci, s'étranglant à leur base, se séparent de la Levure mère et peuvent se comporter isolément de la même façon qu'elle.

Si maintenant le liquide sucré dans lequel le Saccharomyces était

1. Étudiant au microscope une Levure de bière, Turpin décrit les globules, leurs corpuscules intérieurs. Il les a vus former un faux parenchyme par leur rapprochement et leur déformation; ce qui est, en etîet, fréquent. Il a observé la gemmation des globules, la formation de files moniliformes. Dans l'eau sucrée, il lui semble que les globules s'étiolent et il suppose qu'il leur manque quelque aliment qui se trouve dans la cuve du brasseur. Il croit à leur transformation en Pénicillium, comme l'ont fait plusieurs auteurs plus récents. C'est dans ce travail que Turpin a écrit cette phrase que beaucoup de personnes ne songent pas à lui attribuer : Point de décomposition de sucre, point de fermentation sans l'acte physiologique d'une végétation. Le mémoire de Turpin a été lu à l'Académie des sciences de Paris, le 20 août 1838.

plongé vient à s'épuiser, la Levure peut se putréfier ou se dessécher. Mais auparavant, elle peut aussi former des sporcs(fig. 259). Dans la sporulation, le phytoblaste se scinde eu deux, trois qu quatre niasses. Chaque

Fie. 259. — Saccharomyces Cerevlsiœ. Sporulation et germination (Dubief).

masse est réfringente et s'entoure de fins microsomes. Puis elle devient nettement sphérique et se recouvre d'un phytocyste propre. Les spores une fois constituées, on les fait germer en les plaçant dans un milieu nutritif, et elles bourgeonnent alors à la façon de la Levure primitive.

I'ig. 260. -- Saccharomyces Cerevisiœ. Rourgeonnement.

Chaque phytoblaste possède un noyau qu'on décèle en le colorant. Il suffit de fixer avec l'acide picrique et de colorer à l'hématéatc d'ammoniaque. Le noyau central se montre alors sous forme d'une tache sombre et arrondie.

Payen a analysé la Levure de bière et lui a trouvé la composition suivante :

Matière azotée 62.7:>

Cellulose 22.37

Graisse 2.10

Matière minérale :J.S0

C'est cette Levure dont M. Pasteur a étudié le mode d'action en 1860, dans le plus célèbre de ses mémoires : Sur la fermentation alcoolique, dans lequel il appelle ainsi « la fermentation qu'éprouve le sucre sous l'influence

Fi<;. 261. -- Saccharnmyces Cerevisiœ. a, colonie de cellules produites par bourgeonnement les unes des autres; c, un phytocyste dont le protoplasma est segmenté en deux masses; b, un phytocyste dont le protoplasma s'est divisé en quatre spores: d, e, spores en voie de germination.

du ferment qui porte le nom de Le r lire de bière », et où il établit « que l'expression de Fermentation alcoolique no peut pas désigner tout phénomène de fermentation où il se produirait de l'alcool; car il peut y en avoir de diverses sortes ayant ce caractère commun ». Dans ce travail, l'équation finale de la fermentation du sucre par la Levure est, en résumé, la suivante :

100 parties de sucre de canne (C'^rF'O11), qui correspondent à 105.36 de glucose (C12H12012), sont décomposées en :

Alcool 51.10

Acide carbonique 49. 20

Acide succinique 0.05

Glycérine . . 3.40

Matière cédée à la levure, etc 1.30

Les chiffres indiqués pour la glycérine et l'acide succinique sont là pour rectifier l'équation ancienne de Lavoisier, et M. Pasteur admet que ces corps ne proviennent pas de la Levure, mais des éléments mêmes du sucre. C'est Schmidt qui, dans cette fermentation, a découvert la présence de l'acide succinique, en 1847. Nous avons vu la Levure riche en huile,

1. Ces nombres varient dans presque toutes les citations des auteurs. Ceuv que nous reproduisons sont empruntés à Wassersuy.

CRYPTOGAMES CFLLULAIKES.

et on peut se demander si ce n'est pas de celte matière grasse que proviendrait l'acide succinique. M. Pasteur a donné dans son mémoire (p. 74) des figures du Saccharomyces Cerevisiœ qui sont assez inexactes.

Le S. Cerevisiœ, cultivé avec des liquides nourriciers appropriés, donne la Levure que les brasseurs emploient dans la fabrication de la bière, que les boulangers mettent, en certains pays, dans la pâte du pain pour la faire lever, et qui est souvent dite arliiiciclle. Sa végétation est active vers 30 — 35° centigrades; elle l'est moins de 8° à 30°. Elle s'arrête à peu près au-dessous de 3°, et le végétal meurt dans un liquide au-dessus de 75°. Mais, desséché, le ferment se conserve, pour ainsi dire, indéfiniment et supporte pendant plusieurs heures sans périr une température de 100° à 139°. L'industrie distingue des Levures haute et basse. La première s'emploie pour obtenir la fermentation dite haute, du porter, de l'aie et d'autres bières brunes et blanches. La deuxième détermine la fermentation, dite basse, des bières de mars, de Bavière, etc. La haute a des phytocystes plus elliptiques et plus gros. La basse les a plus globuleux et plus petits; mais dans certaines cultures, et en particulier par une simple élévation de température, la basse peut grossir et prendre la forme elliptique de la haute.

Le S. ellipsoideus Reess est une espèce (?) très voisine de la précédente. Ses phytocysles sont en général plus allongés relativement à leur longueur; ils présentent lors de leur gemmation des ponctuations et des vacuoles bien plus prononcées; et dans un liquide nutritif, ils forment des chapelets bien plus allongés et à éléments plus nombreux, placés bout à bout (fig. 265). Ils ont alors environ 6 p de long, sur 4 y. de large. C'est,

Fig. 26-2. — Saccharomyces conglomérats. Fig. 2G3. — Saccliaromijces exigu

us.

d'après M. Pasteur, le ferment alcoolique ordinaire du vin, l'agent de la fermentation du moût de raisin. Il se trouve fréquemment à la surface des fruits fermentescibles de notre pays, et peut, bien entendu, pénétrer dans leur intérieur.

Le S. conglomeratus Reess (fig. 202) a aussi été décrit comme une espèce distincte. Ses éléments sont globuleux, larges de 5 à 0 p., disposés en

petites pelotes agglomérées, arrondies; ce qui est attribué à la rapidité de la gemmation. On l'a observé à la surface des grains de raisin qui se pourrissent et dans le moût au début de la fermentation ; mais on le dit relativement rare.

Le -S. exiguus Reess (fig. 263) est formé de grains placés par deux, trois, bout à bout. Ses phytocystes bourgeonnants sont coniques ou tur-

Fig. 264. — Saccliaromyces Mycoderma.

Fig. 265. Succliaromyces cllipsoideus.

binés, peu ramifiés, longs de 5 p, larges de 2 à 5 p. On le trouve mélangé au S. Cererisiœ, vers la fin de la fermentation de la bière.

Le S. Pasîorianus Rkess (fig. 207) forme de longues ramifications quand la végétation est active. Dans ce cas, leurs éléments sont ovalesallongés, arrondis ou claviformes, longs de 18 à 22 p., sur 8 à 10 y. de large; ils portent des pbytocystes bourgeonnants longs d'environ 5 p. Quant la végétation se ralentit, les éléments sont isolés, ovoïdes ou oblongs, et peuvent également bourgeonner. La plante se voit à la surface des fruits, dans leur suc, dans la bière et dans le vin, surtout à la fin de la fermentation.

Le S. vini (S. Mycoderma Reess) (fig. 264) est le Mycoderma vint Desm. (M. Cerevisiœ Desm. — Hormiscium vint Ronord. — //. Cererisiœ Bonord.). C'est lui qui forme les pellicules dites Fleur de vin, qui se voient sous forme de plaques blanches, puis grisâtres, lisses d'abord, puis plissées, à la surface des vins, bières, etc., abandonnés à l'air libre. Il est formé de grains ovoïdes, elliptiques ou subcylindriques, granuleux, longs de 0 p. 7, larges de 2 jx, rapprochés en colonies ramifiées, souvent au nombre de trois dans chaque branche. D'après M. Pasteur, tant que cette plante se trouve à la surface d'une boisson fermentée, elle prend l'oxygène de l'air et le porte au contact de l'alcool du liquide qui est ainsi oxydé et se détruit. Si, au contraire, la plante

est plongée dans un liquide sucré, comme il arrive quand la pellicule mycodermique est brisée et mélangée au liquide, celui-ci fermente et produit de l'alcool. M. Cienkowski a constaté dans ce végétal un mode de reproduction qu'il compare a celui des Mucorinés, en ce sens que l'un des phylocysles pourrait émettre une sorte de bourgeon allongé, qui se séparerait par une cloison transversale du pbylocysle dont il est émané. Puis lui-même serait ultérieurement partagé par une cloison transversale en deux pbytocystes secondaires qui se sépareraient aussi l'un de l'autre. Le S. apiculatus Reess (fig. 268) avait été primitivement considéré comme le type d'un genre à part, sous le nom de Carpozyma. Il se distingue par ses éléments en forme de citron, elliptiques, avec une pointe conique

Fig. 266. — Saccharomyces minor.

Fig. 207. — Saccharomyces Paslorianus (Pasteur)

à chaque extrémité. Leur longueur est de G à 8 p, sur 2 p, 3 de large. Les bourgeons apparaissent, solitaires ou en petit nombre, aux extrémités aiguës, et ils se détachent bientôt; de sorte que la plante est

rarement ramifiée. Cette espèce est fréquente à la surface des fruits, notamment des raisins; ce qui fait qu'on lui attribue souvent la fermentation spontanée. Elle s'observe aussi dans le vin, au commencement surtout de sa formation, dans la bière, etc. Elle se comporte d'ailleurs comme le S. Cerevisiœ.

Notons ici en passant, pour y revenir à l'occasion, qu'il y a un grand nombre de Cryptogames qui, en dehors des Saccharomyces, peuvent produire la fermentation alcoolique.

Fig. 268. Saccharomyces (Carpozyma) apiculatus.

Le Champignon du Muguet a été aussi, nous le verrons (p. 226), attribué au genre Saccharomyces.

Fermentation acétique. — A voir les grandes analogies de la fermentation qui précède avec celle-ci, on serait tenté de croire à une [étroite parenté entre les plantes qui président à l'une et ;i l'autre. Il n'en est rien cependant, et l'analogie n'est que physiologique, comme nous le verrons bientôt.

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Fig. 269. — Micrococcus aceti. Vin tourné en vinaigre.

M. Pasteur, que les faits relatifs à l'histoire naturelle préoccupaient peu, a nommé Mycoderma aceti le microphyte qui présiderait à cette fermentation. Pour qu'elle se produise, il faut mettre en présence la plante,

l'alcool, et il faut l'intervention de l'oxygène. Le M. aceti, ne vivant pas aux dépens de l'alcool, comme la levure de bière vit aux dépens du sucre, l'alcool s'oxyderait par l'intermédiaire de la plante. Pour le démontrer, M. Pasteur sème le M. aceti à la surface d'un liquide qui contient en dissolution des matières organiques azotées et des phosphates. La plante se développant recouvre d'une couche mince la surface du liquide. Celui-ci est enlevé à l'aide d'un siphon et remplacé par de l'eau alcoolisée. L'acide acétique apparaît alors, et on en produit indéfiniment de nouvelles doses si l'on remplace par de l'eau alcoolisée le liquide acide toutes les fois que la réaction se ralentit. Si l'on n'agissait point de la sorte, la plante détruirait l'acide acétique produit, en le transformant en acide carbonique el en eau.

Si maintenant nous examinons au point de vue de l'histoire naturelle le prétendu M. aceti, nous verrons *

que c'est une zooglée, et que sa pellicule empri- g ^ cq ^

sonne des plantes à éléments presque sphériques, ~ ° ^ ^

longs de 2 à 5 p, 5 sur \u. 5 àl pt de large, libres <r A

ou groupés en chaînettes (fig. 209, 270). Tous ces „ * ""^ ^

caractères sont ceux d'un Micrococcus (p. 138), le 8 £ M. aceti (Bacterium Aceti. — Arthrobacterium ^^

aceti. — Ulvina aceti Kuetz.). Il se trouve dans le \\ s <^ % vinaigre, dans les vases qui servent à préparer et à (T

conserver les liquides alcooliques, dans le vin piqué, etc. On le nomme vulgairement Fleur de vinaigre, Micrococcus aceti. et l'on sait que dans la fabrication du vinaigre dit d'Orléans, on emploie pour acétifier l'alcool un résidu qui se trouve au fond des tonneaux après une fabrication antérieure, et qu'on nomme M ère du vinaigre. Ce résidu est riche en Micrococcus aceti, et c'est au seul phénomène qui se produit en sa présence que M. Pasteur accorde le titre de fermentation acétique, car on sait que l'alcool peut se transformer en acide acétique sous l'influence seule d'un corps poreux, comme la mousse de platine. On sait aussi qu'on introduit dans le vin qu'on veut transformer en vinaigre une petite quantité de vinaigre précédemment obtenu. Ce n'est pas seulement parce que ce vinaigre renferme des Micrococcus aceti, mais aussi parce que le microphyte se développe bien dans un milieu acide, tandis que dans un milieu neutre, il se produirait du Saccharomyces mycoderma, qui transformerait directement l'alcool en eau et en acide carbonique, sans formation d'acide acétique. L'acide sulfureux empêche aussi l'évolution du M. aceti; et c'est pour l'empêcher de se produire dans les tonneaux destinés à contenir le vin ou la bière, qu'on fait brûler des mèches soufrées dans leur intérieur. M. Pasteur pense que les copeaux de hêtre qu'on emploie dans la fabrication du vinaigre ne font que multiplier les contacts avec l'air, sans agir par leur porosité, el il a fabriqué du vinaigre en ensemençant avec le Micrococcus une corde sur laquelle il

faisait lentement couler de l'eau alcoolisée l. Nœlner a vu que l'acide mucique, « sous l'influence d'un vibrion », donne de l'acide acétique, et que le tartre, en présence de matières azotées, produit pendant l'été de l'hydrogène et de l'acide acétique. On a signalé plusieurs substances autres que l'alcool pouvant par fermentation donner de l'acide acétique. Fermentation lactique. ■ — C'est Turpin qui, en 1838, établit que les diverses fermentations du lait ne se produisent pas sans Y acte physiologique d'une végétation. Il arrive parfois, en effet, que dans un liquide où se produit la fermentation lactique, on observe à la surface ou sur les parois du vase, des taches grisâtres d'une substance qui renferme de nombreux microphytes. Un peu de cette substance introduit dans une infusion de levure contenant du sucre et du carbonate de chaux, produit vers 35° une fermentation à la suite de lquelle le liquide contient beaucoup de lactate de chaux. Le microphyte est le Bacterium lacticum (fig.271) ou Micrococcus lacticusW Tiegh. que M. I'asteura nommé Vibrion lactique et Fermentum lacticum. Il se présente sous forme de bâtonnets immobiles, un peu plus longs que larges (une demi-fois ou une fois), immobiles et se multipliant par scissiparité, mais avec les articles parfois unis bout à bout en courtes chaînettes. Il ne peut se bien développer qu'entre 30° et 35" centigrades, et dans un milieu non acide; c'est pour cela qu'on ajoute de la craie aux liquides de la fermentation lactique. M. Ilueppe admet qu'il peut se reproduire par spores endogènes2.

1. Le Dr J. Lemaire qui a publié en 18C6 des notices très intéressantes sur la physiologie des Schizopbytes, notices sur lesquelles un silence complet a été fait, nous ne savons pourquoi, et qui a beaucoup contribué à répandre dans la pratique l'idée de remploi des antiseptiques, a dit à ce sujet : « Cette expérience n'est pas, pour moi, démonstrative. J'ai dit que M. Pasteur avait reconnu que le Mijcoderma vinl était impropre à faire de l'acide acétique. 11 n'a pas dit quel était le mycoderme qui recouvrait le liquide dans lequel il a trempé sa corde. Ce ne pouvait être le M. vini, puisque dans son opinion, ce champignon est impropre à faire du vinaigre. Je suis donc obligé de supposer que c'était le M. aceti, puisqu'il s'agissait de démontrer son action. Eh bien ! s'il en est ainsi, la corde, en sortant du liquide, était imprégnée d'acide acétique. Il n'est donc pas étonnant que l'alcool en ait contenu à son arrivée à l'extrémité de cette corde. >; Lemaire a des droits à la reconnaissance publique; il est, dit M. L. Le Fort, « le véritable fondateur de la théorie et de la doctrine antiseptiques... et toute la doctrine de Lister n'est que la reproduction des idées de Lemaire ».

2. Nous devons rapprocher de ce qui précède les extraits suivants d'une note sur la fermentation lactique, écrite par .M. L. Boutroux à l'instigation de M. Pasteur : « Le ferment lactique se présente le plus ordinairement, à l'œil nu, sous la forme d'un voile placé à la surface du liquide où on le cultive, voile d'une faible ténacité et souvent d'une épaisseur irrégulière, se disloquant en lambeaux écailleux. Au microscope, on voit qu'il est constitué par des cellules ovales, disposées ordinairement par groupes de deux, égales, placées bout à bout; souvent aussi en chapelets de forme plus ou moins courbe. Les dimensions des cellules sont très variables. La largeur varie environ entre 1 et 3 millièmes de millimètre; la longueur est à peu près double. La forme même n'est pas absolument fixe. Au début de la fermentation, on trouve fréquemment de très grosses cellules à peu près sphériques; d'autres présentent en leur milieu un étranglement plus ou moins profond, qui leur donne en coupe à peu près la forme d'une lemniscate; d'autres sont divisées par une cloison transversale; enfin, on y rencontre des chapelets dont les grains vont en diminuant de grosseur, et se rapprochent de la forme normale ; quelquefois deux chapelets partent d'une même cellule, très grosse,

Il y a d'autres végétaux en présence desquels la fermentation lactique peut se produire : deux Micrococcus de la salive humaine (Hueppe) y produiraient l'acide lactique qui y a été trouvé; le M. prodigiosus Gohn, etc.1.

Nous pouvons rapprocher de la fermentation lactique celle du Kéfir, hoisson médicinale, acidulé et gazeuze. introduite récemment chez nous,

Fig. 271. — Ferment lactique. Fie. 272. — Ferment du Kéfir.

mais dont l'usage paraît ancien et très répandu en Russie. On l'obtient en faisant fermenter du laità l'aide de masses mamelonnées, irrégulières, jaunâtres qui renferment, entre autres choses, un Bacterium arqué (fig. 272), que nous nommerons B. caucasicum (Dispora caucasica Kern). C'est un bâtonnet arqué qui, vu dans certaines directions, avait paru pourvu à chacune de ses extrémités d'une petite masse arrondie, prise d'abord pour une spore, mais qui n'est que le sommet mousse du bâtonnet. Il y a aussi du ferment lactique dans le Kéfir.

Plusieurs auteurs ont admis, répétons-le, que d'autres végétaux que le B. lacticum pouvait produire la fermentation lactique.

Panification. — Il y a, notamment dans l'économie animale, des fermentations très complexes. Il y en a aussi en dehors des êtres vivants. Nous n'en citerons ici qu'un exemple des moins compliqués, d'après lequel le biologiste se rendra compte de ce que peuvent être les autres, et de ladif-

sphérique. A mesure que la fermentation s'avance, les formes se régularisent; les cellules deviennent d'une grandeur uniforme. Enfin, quand la fermentation est terminée, on ne voit plus que des grains fins, en groupes tout à fait irréguliers, souvent très serrés... Pour que le milieu soit propre au développement (du ferment), il faut de l'oxygène à l'état libre. Si, après avoir ensemencé un mélange sucré, on fait le vide sur le liquide, ou si, avant et après l'ensemencement, on fait passer dans le liquide un courant d'acide carbonique privé de poussières, aucun développement n'a lieu; le liquide ne subit aucune altération... Lorsque la fermentation est terminée, le voile tombe au fond en se disloquant, sous l'influence de la moindre agitation; mais il garde sa vitalité. Je n'ai pas constaté la formation des spores; les cellules se conservent sans être transformées... En s'appuyant sur d'autres expériences, on peut considérer le ferment lactique et le Mycoderma aceti comme un seul et même organisme dont les fonctions varient avec la composition du liquide nutritif. »

1. M. J. Duval croit avoir obtenu la fermentation lactique avec le Saccharomijces CerevistSR. M. Pasteur a nié la possibilité de ce fait et a dit que la levure de M. J. Duval n'était pas pure. M. J. Duval a alors prié M. Pasteur de lui communiquer de la levure pure. .Mais M. Pasteur lui a répondu : « J'ai le regret de ne pouvoir mettre à votre disposition le mycoderme que vous me demandez. »

ficulté qu'on aura à les analyser le jour où l'on renoncera à la simplicité théorique des ouvrages didactiques. Nous voulons parler de la panification qu'un très grand nombre de chimistes définissaient une variété de la fermentation alcoolique. Il ne s'agit pas, bien entendu, de ceux qui contestent la formation de l'alcool dans la panification. On peut toujours constater dans celte opération la présence de vapeurs alcooliques. On trouve toujours aussi dans la pâte en fermentation des Bacilles et des Saccharomyces, notamment le S. Mycoderma Reess, et surtout le S. minor Eng. (fig. 266). Celui-ci est formé de globules spbériques ou un peu allongés, bien plus petits que ceux du S. Cerevisiœ. Dans un liquide nutritif renfermant du sucre, il produit une fermentation plus lente, et il bourgeonne également. On l'a vu aussi, dit-on, se reproduire par spores. Il se cultive dans divers milieux, et les produits de culture transforment le sucre en alcool. Dans la panification, il se comporte à la surface de la masse comme un anaérobic. La pâte devient légèrement acide; ce qui est dû à une formation d'acide acétique, attribuée aux S. minor cl Mycoderma (Archangeli). Le Bacille qu'on obtient en cultivant le levain, est bien voisin, sinon identique au B. subtilis. Il rend solubles les matières albuminoïdes, le gluten. Si la masse ne subit pas la fermentation putride, elle le doit à la présence de la matière sucrée.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES, BIOLOGIQUES. TAXINOMIQUES, PRATIQUES ET CRITIQUES SUR LES FERMENTS ET LES FERMENTATIONS.

Les considérations générales que nous présenterons ici et que nous nous permettrons de recommander à l'attention des médecins, ont été jusqu'à présent à peu près complètement abandonnées aux chimistes. Comme on attribue de nos jours, non sans raison, une grande importance médicale à toutes les questions qui touchent aux ferments, on a le droit de dire qu'on peut bien, en dédaignant et en ignorant ces questions, être un praticien presque aussi bon et aussi utile aux malades que les autres, mais qu'on n'aura pas, surtout dans un avenir prochain, le droit d'affirmer qu'on soit un médecin éclairé et vraiment digne de ce nom. On n'aura pas surtout à sa portée les instruments de synthèse et d'analyse requis pour juger ce que les nouvelles doctrines renferment d'utile à la médecine; ni les armes nécessaires pour repousser ce qu'elles ont d'exclusif, d'illogique et d'exagéré. La médecine veut des faits positifs et ne se contente pas d'affirmations; mais il est indigne d'elle de repousser de parti pris les innovations par cela même que ce sont des innovations. Il est puéril et dangereux de dire, avec certains indifférents, qu'il importe peu de savoir ou non qu'une maladie est caractérisée par tel ou tel bacille. C'est comme si l'on disait qu'il importe peu de savoir que la gale est caractérisée par un sarcopte ou [la] teigne par un trichophyte.

Mais il est tout aussi puéril d'affirmer, avec certains enthousiastes, désintéressés ou non, qu'il y aura désormais deux médecines, celle d'avant le microbe et celle d'après le microbe. C'est comme si l'on décrétait qu'il y a eu une médecine d'avant le quinquina et une d'après le quinquina. Avec le temps, beaucoup de temps sans doute, la médecine qui, comme toute chose, progresse et se perfectionne sans cesse, admettra dans la construction de son édifice ce qui est vrai, bon et utile, et rejettera définitivement ce qui est inexact et nuisible.

Il est pénible sans doute de voir un médecin se refuser à étudier un progrès quelconque soumis à son examen. Mais combien n'est-il pas plus pénible encore de voir des néophytes qui ont appris une douzaine de sciences en trois ans, et qui les connaissent toutes également bien, condamner sommairement les hygiénistes les plus expérimentés, juger en souverains maîtres la médecine qu'ils ne connaissent que de nom, et prétendre l'enseigner à des savants respectables qui ont blanchi sous le harnois et qui ont consacré de longues veilles à l'observation et à la méditation des maladies ; comparer, dans un joli roman, la maladie à une invasion de barbares, et se demander s'il y a actuellement une maladie sans microbe1! Le malheur est que les médecins sérieux ne peuvent le plus souvent répondre que par le silence aux dédains et aux mépris des choryphées de la « vérité nouvelle », attendu qu'ils n'y sont point prépirés. Nous avons précisément écrit les chapitres qui précèdent en vue de les mettre au courant, aussi bien que les élèves de nos écoles, des vérités, des hypothèses, des exagérations et des erreurs qui constituent ce qu'on nomme les nouvelles doctrines, et, par suite, de leur donner des armes pour défendre légitimement la dignité et les intérêts de leur profession, injustement attaquée et souvent traitée avec un sansfaçon et une désinvolture qui doivent retomber sur ses détracteurs.

Quelle opinion d'abord peut-on se faire à l'heure qu'il est de ce que l'on nomme les fermentations2? Les uns, et ce sont les disciples de M. Pasteur, entendent par fermentation tout phénomène chimique dû aux cellules vivantes. Ceux-là n'admettent plus les ferments dits solubles; mais plusieurs accordent encore que des cellules peuvent sécréter des ferments solubles, agents des fermentations. D'autres, moins exclusifs, disent « qu'il y a fermentation toutes les fois qu'un ou plusieurs corps organiques ou organisés subissent des changements de composition ou de propriété sous l'influence d'une substance organique azotée, appelée ferment, qui agit sous une faible niasse et ne cède sensiblement rien cà la

1. C'est, parait-il, la môme chose en Allemagne où de Bary parle « du zèle exagéré qui conduisit quelques auteurs inexpérimentés à voir et à chercher partout des parasites ». Il ajoute que « l'épidémie de choléra qui sévit en 1866 dans une partie de l'Europe, contribua à augmenter cette ardeur inconsidérée qui eut pour résultat de détourner les observateurs sérieux de ces recherches où les erreurs n'étaient plus à compter ».

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