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AMIBOÏDES

granulations et qui revêtent parfois l’aspect cristallin. Ces corpuscules insolubles dans l’alcool et l’éther, solubles dans les alcalis, paraissent être des produits d’excrétion.

On ignore quelle est la nature des granulations contenues dans l'ectoplasme des Actinophrys, Actinospliærium et autres formes du même groupe. Greeff a observé dans l’endoplasme de VAcanthocystis turfacea des grains de chlorophylle qui sont capables de se diviser spontanément; il est probable que ces grains ne sont que des algues unicellulaires parasites.

Vacuoles contractiles. — Il existe chez un grand nombre d’Amiboïdes des vacuoles spéciales, qu’on observe aussi chez la plupart des autres Protozoaires et même chez divers végétaux -unicellulaires, et qui ont la propriété de diminuer brus-

Fig. 465. — Ühaphidiophri/s pallida grossie 600 fois. Le corps sarcodaire sphérique s’est un peu éloigné de l’enveloppe de spiculés siliceux. On y voit un noyau /r, quatre vacuoles pulsatiles a, un grand nombre de granulations, deux diatomées d, et enfin le petit corps sphérique central avec de fins piquants rayonnant de tous côtés et se continuant dans les pseudopodes (d’après Fr.-E. Schulze).

Actinosphærium. Leur nombre est très variable. 11 peut y en avoir une seule (la plupart des Amœba), deux {Actinosphærium), trois ou quatre {Heterophrys, Euglypha, Trmema), une douzaine {Arcella), vingt (certaines Amœba, Rhaphidiophrys pallida, fig. 463) ou même davantage (Acanthocystis) . Elles sont parfois placées si près de la surface qu’elles font une saillie hémisphérique pendant la diastole {Actinophrys, Actinosphærium, Heterophrys, Sphærastnm). Dans les espèces dont la forme est allongée, elles occupent souvent une région du corps que l’on peut

quement et périodiquement de diamètre et de disparaître parfois entièrement. Ce sont les vacuoles contractiles. Zenker a constaté chez l’Aciinosphærium l’expulsion du liquide qu’elles contiennent.

Les vacuoles contractiles manquent dans les genres Protamœba, Pelomyxa, Lecythium, Plagiophrys; on ne les a pas vues avec certitude dans toutes les espèces d'Heterophrys, Rhaphidiophrys , Pompholyxo phrys. 11 est extrêmement facile de les observer chez les Amœba, Euglypha, Trinema, Cyphoderia, Hyalosphenia , Quadrula , Actinophrys ,

PROTOZOAIRES

déterminer. Chez les Eiiglypha, Trinema, Platoum, Arcella, les vésicules contractiles sont situées entre la région granuleuse moyenne et la région hyaline postérieure ; elles sont en avant chez les Cyphoderia et en arrière chez les Hyalospheniu et les Quadnda.

l\ojaux. — ■ On n’a pu constater l’existence d’un noyau chez certains Amiboïdes que Hæckel rangeait avec quelques autres formes animales ou végétales, également

1 dépourvues de noyau , dans sa

\ \ }/ classe des Monères {Protamœba,

\ ■ ' •' if

V\ I :/ Protogenes, fig. 466, Myxastnm,

% i J Myxodictyum , etc.). Il n’existe

\ ... qu’un seul noyau chez la plupart

des Amœba et chez les Nuclearia simplex, Actinophry s, Actimlophus-, mais on peut en observer chez d’autrés types, deux {Acanthocystîs, Rhaphidiophrys), de trois à six {Arcella, Difflugia, Nuclearia delicatula) ou même plus de deux cents (certains individus A Amœba princeps, Pelomyxa) et jusqu’à quatre cents(Acimospàærmm Eichhornii). Le nombre des noyaux lorsqu’il s’élève au-dessus de deux, n’est du reste constant ni pour une même espèce, ni pour un même individu, les noyaux pouvant se diviser indépendamment

Fig. 466. — Protogeyies porrecta (Max Schulze).

du protoplasme. Ces noyaux sont en général sphériques, ellipsoïdaux ou discoïdaux; on les décrit jusqu’à présent comme des vésicules membraneuses remplies d’un suc nucléaire dans lequel on observe soit un corpuscule unique qui peut remplir presque entièrement la vésicule {Quadnda), soit un petit nombre de corpuscules {Hyalosphenia, Cyphoderia), soit même une infinité de granules qui se disposent en une coucbe sphérique, concentrique à la vésicule nucléaire {Amœba principes) ou la remplissent entièrement (A. terricola, Amphizonella violacea). Les études dont la structure du noyau est actuellement l’objet autorisent à ne considérer ces résultats que comme provisoires.

Pseudopo.iles. — La production des pseudopodes se lie tout à la fois aux phénomènes de mouvement, de préhension des aliments et de circulation protoplasmique. Elle se réduit à une déformation plus ou moins importante du contour de l’animal, produite par l’apparition dans le protoplasme d’un courant dirigé vers la partie du corps qui se meut dans une direction déterminée, et partant de la partie opposée. Ce courant parvenu à l’extrémité en mouvement reflue des deux côtés de sorte que le protoplasme est le siège d’une circulation complète. Lorsque les dimensions des pseudopodes sont faibles, ils peuvent n’être formés que par l’ectoplasme; lorsqu’ils prennent de plus grandes proportions, leur région axiale est occupée par un prolongement de l’endoplasme.

ÂMIBOÏDES.

Après qu’un pseudopode s’est allongé quelque temps, il passe à l’état de repos, sans que son courant axial s’arrête. Puis les courants internes du protoplasme se dirigent vers un autre point de la surface où un pseudopode nouveau ne tarde pas à apparaitre; cependant le courant axial de l’ancien pseudopode, de centrifuge qu’il était, devient centripète et le pseudopode rentre peu à peu dans la masse commune.

Malgré la simplicité des pseudopodes, leur forme et leur distribution présentent une assez grande variété et il est impossible d’établir une démarcation tranchée entre les différents types. Leur disposition est elle-même très variable. Ceux des Petalopus naissent d’un pédoncule commun et s’élargissent de manière à ressembler à des nageoires membraneuses; ceux des Placopus ont la forme de membranes rectangulaires qui se rejoignent par leurs bords de manière à comprendre entre eux une cavité en forme d’entonnoir. Nous avons déjà vu comment la disposition des pseudopodes distinguait les Amiboïdes lobés des radiés.

Caiitiire des proies et digestion. — Lorsqu’en se déplaçant à l’aide des modifications de forme de ses pseudopodes un Amibe rencontre une particule alimentaire, il développe autour d’elle, suivant ses dimensions, d’une partie quelconque de son corps un ou plusieurs pseudopodes, qui finissent par l’englober entièrement ou en partie seulement, en même temps qu’une petite quantité d’eau. Lorsque la particule n’est que partiellement enveloppée, le fragment enveloppé se détache souvent du reste et est seul digéré. Chez les espèces à pseudopodes grêles et raides, ces pseudopodes servent surtout à la capture des proies. Si un petit animal vient à les frôler, il y demeure souvent adhérent ; ses mouvements ne tardent pas à s’arrêter, et d’ordinaire {Actinophrys , Actinosphærium , Acanthocystis, Rhaphicliophrys, etc.) un prolongement protoplasmique assez large se dirige de la surface du corps vers lui et l’enveloppe peu à peu. D’autres fois (Clathrulina), les pseudopodes qui ont capturé la proie l’enveloppent et la digèrent sur place. La proie peut aussi glisser simplement jusque dans la substance du corps le long des pseudopodes qui l’enveloppent plus ou moins complètement (Acanthocystis). Sauf chez V Actinosphærium, les matières alimentaires demeurent dans l’ectoplasme; les résidus sortent par un point quelconque de la surface du corps.

3louvements. — Les mouvements des Amiboïdes sont en général lents et souvent très peu appréciables, surtout dans les formes à pseudopodes rigides. Cependant, même dans ces formes, on observe des mouvements plus rapides. Les Pompholyxophrys peuvent se déplacer en roulant comme des boules sur la surface des corps submergés; un mouvement analogue est produit à l’aide des mouvements des pseudopodes, chez beaucoup d’espèces. Enfin, dans certains cas, peut-être en raison du développement de bulles gazeuses dans leur protoplasme, un assez grand nombre d’Amiboïdes quittent le sol, flottent quelque temps entre deux eaux pour retomber plus tard en expulsant la bulle gazeuse, en la résorbant ou simplement en contractant leur protoplasme de manière à diminuer de volume.

Reproduction. — La reproduction des Amiboïdes consiste simplement, autant qu’on l’ait observée jusqu’ici, en une simple division. Les Protamœba se divisent en deux, les Gloîdiim en quatre parties semblables. Chez les Amœba qui se divisent en deux, la bipartition du noyau parait constamment précéder celle du protoplasme, même chez les Amœba plurinucléées, telles que l’A. Blattæ', Greeff a cependant décrit chez

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son A. brevipes une division simultanée du protoplasme et du noyau à peine modifié dans sa forme.

Les Amiboïdes de la famille des Arcellidæ se multiplient par bipartition ou multipartition. Le phénomène peut s’accomplir au sein même de la carapace que l’un des deux individus abandonne après avoir acquis un flagellum locomoteur (Trinema). Maischez les Arcella une partie du protoplasme forme au-devant de la carapace un pseudopode qui se couvre d’une carapace nouvelle et constitue alors une jeune Arcella qui ne tarde pas à s’isoler. Dans certains cas les pseudopodes qui s’individualisent ainsi peuvent se produire tout autour du corps et être relativement nombreux; on en a compté Jusqu’à neuf. Ce mode de reproduction est intermédiaire entre la multipartition et le bourgeonnement.

Conjugaison. — 11 arrive fréquemment, lorsque des Amibes rampent dans le voisinage les uns des autres, qu’un certain nombre d’entre eux se soudent temporairement par leurs pseudopodes sans former cependant de véritables plasmodies; parfois cette soudure s’accomplit entre deux individus et peut être suivie d’une fusion complète; c’est là vraisemblablement un phénomène de conjugaison. De tels phénomènes ont été observés avec certitude chez divers Amiboïdes à carapace {Arcella, Difflugia, Euglypha, Trinema, Cyphoderia) : les deux individus s’accolent de manière que les deux coquilles s’abouchent étroitement par leur ouverture, et les deux protoplasmes fusionnés coulent alternativement d’une coquille dans l’autre; parfois trois individus prennent part à cette union. On ignore comment se comportent les noyaux durant la conjugaison et de quels phénomènes elle est suivie.

Enkystement. — On rattache d’ordinaire aux phénomènes de reproduction, le phénomène de l’enkystement si fréquent chez les Protozoaires. Il consiste dans la production par l’animal d’une membrane de nature albuminoïde qui l’isole d’une manière complète du milieu extérieur. Les Amiboïdes s’enkystent, mais il ne semble pas qu’ils subissent à l’abri de leur kyste de phénomènes de multiplication. L’enkystement se produit surtout chez eux lorsqu’ils ont pris une grande quantité de nourriture et se trouve lié en conséquence aux phénomènes de digestion. Il peut avoir lieu aussi bien chez les espèces pourvues d’une carapace que chez les espèces nues. Les espèces déjà protégées par leur carapace peuvent se borner à fermer l’ouverture de celle-ci par une sorte d’opercule en forme de verre de moTïtre{Difftugia, diverses Euglypha); certaines Quadrula se ramassent au centre de leur coque dont l’oritice se ferme ôn vertu de son élasticité propre; mais entre cet orifice et son corps, l’animal produit un diaphragme qui l’isole du monde extérieur. Les Arcella, les Cochliopodium et les Amiboïdes nus produisent un kyste complet sphérique, qui présente chez les Gloïdium, en un point de sa surface, une disposition permettant la sortie du protoplasme. Chez les Elacopus le kyste est conique et fixé par sa pointe prolongée en un court pédoncule. Les Euglypha alueo/ata s’enkystent .complètement à l’intérieur de leur coque, dont l’orifice est en outre bouché par un opercule à la constitution duquel sont employés des filaments d’algues et des Diatomées. Le kyste lui-même est double : son enveloppe extérieure, ovale, est formée par un assemblage de plaquettes hexagonales, semblables à celles de la coque ; son enveloppe interne est sphérique et garnie de très petits mamelons saillants tant à sa face interne qu’à sa face externe; un ligament raide et homogène relie ce kyste intérieur au

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sommet antérieur du kyste extérieur. Les Trinema s’enkystent à peu près de la même façon; mais le kyste extérieur peut varier de la forme ovale à la forme tétraédrique.

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