ORGANES ET APPAREILS
Identité des fonctions i)liysiologic|iics dans les organismes des divers ordres de complication. — Nous avons VU daus le chapitre précédent que le corps des animaux, suivant qu’il est plus ou moins compliqué, peut être placé dans l’une des quatre catégories suivantes :
1° Lqs plastkles, simples mélanges de substances sarcodiques;
2° Les mérides, associations de plastides dilTérenciés ou non;
3° Les zoldes, associations de mérides dont l’autonomie peut présenter tous les degrés, depuis la complète indépendance jusqu’à la fusion complète;
4° Les dômes, associations de zoïdes, ou de mérides et de zoïdes, qui peuvent eux aussi présenter tous les degrés d’autonomie.
Ces catégories ne sont pas absolues. Tous les passages existent entre elles, et de plus les organismes qui appartiennent à la plus élevée, traversent, en général, toutes les autres, au cours de leur développement, avant d’y arriver.
Quel que soit leur degré de complication, les Animaux jouissent, en somme, des mômes facultés, dont l’exercice constitue ce que le principe des causes finales a conduit à appeler leurs fonctions : ils se nourrissent, grandissent, se transforment, respirent, excrètent, se reproduisent-, de plus ils se meuvent, et sont affectés par le milieu extérieur de diverses façons, qui déterminent chez eux des réactions particulières : c’est en cela que consiste leur sensibilité.
Différeuciatioii des substances sarcodiques daus uu même jilastide. — Dans toute une grande division du Règne animal, celle des Protozoaires, le corps est constitué par un seul plastide qui exerce simultanément toutes les facultés, mais dont les diverses parties sont susceptibles d’acquérir, dans certains groupes, un haut degré de différenciation. C’est ainsi que chez les Infusoires ciliés dont le corps est limité par une couche dense et ferme de substance vivante ou inerte, il existe un orifice, le cijtostome, pour l’entrée des aliments dans le cytosarque, des lèvres mobiles pour les saisir, des projectiles minuscules, destinés à être lancés contre les proies vivantes {trichocgstes), ou des cils vibrants disposés d’une manière spéciale pour attirer vers le cytostome les Bactéries et autres petits êtres dont beaucoup de ces
MORPHOLOGIE INTERNE-
animaux font leur nourriture. Cet orifice est souvent suivi d’un tube maintenu béant
par des épaississements de sa paroi, le cijtopharijnx (fig. 88); l’eau chargée d’air, qui baigne déjà la surface du corps, peut arriver par son intermédiaire jusqu’à la substance vivante, la pénétrer et assurer ainsi sa respiration. Les déchets de la digestion sont de môme rejetés par un orifice spécial, le cytoprocte, et un système de canaux parfois compliqué, aboutissant à une ou plusieurs vacuoles contractiles.
conduit au dehors les excrétions proprement dites. L’activité de la multiplication est
Fig. 88. — Infusoire cilié {Chilodon eu- Fig. 89. — a, Monda d'une Etoile de mer (Asteriaa ForbesH). — cullus) avec cylostome et oytopha- h, Ulastula d’une Méduse (Aurelïa aurita).
ryn.'î N, nucléus et nucléole. Des résidus de la digestion sortent par le cytoprocte (d'a23rès Stein).
maintenue par un acte spécial, la conjugaison, au cours duquel se développent parfois des appendices ou des orifices spéciaux. Des prolongements sarcodiques de formes variées, qui arrivent pour certaines espèces à être en nombre constant et à occuper une position déterminée {Stylonychia, fig. 1(3, p. tO, et autres OxYXRicniDÆ), sej différencient de manière à servir les uns à la marche, les autres à la natation, les autres au saut; des cordons sarcodiques spéciaux coordonnent leurs mouvements; il existe quelquefois des soies tactiles et certaines dispositions sont peut-être mêmeK en rapport avec la perception de la lumière ou de la chaleur. Les substances t . sarcodiques sont donc capables par elles-mêmes d’acquérir les propriétés les plusl ji diverses sans cesser de demeurer groupées en un même plastide. U
Quand des plastides s’associent pour constituer un méride, ils cessent enlj général de présenter cette variété de facultés. Quelques-unes de leurs propriétés semblent s’exagérer, tandis que d’autres cessent de se manifester, et comme ce | partage entre les facultés qui deviennent actives et celles qui deviennent inac- \ tives se fait différemment d’un plastide à l’autre, les plastides associés peuvent se | spécialiser en des sens très variables. On range encore parmi les Protozoaires les | associations où les plastides n’atteignent qu’un faible degré de différenciation,'!] comme les Radiolaires composés {Collozoum, Sphœrozoum, Collosphœra, Siphono- '■ sphœra), les Foraminifères pluriloculaires, les colonies de Flagellifères [Antho-l\ physa, Codosiga, etc.), celles d’infusoires ciliés {Zoothamnium, Epistylis, Cai'chcsium, [■ Anoplophrya, Hoplitophrya, Opalinopsis) ou d’infusoires tentaculifères {Dendrosoma).i.
Difrérenriation des plastides dans un même organisme; tissus; leurs diffé-K rentes sortes. — Un grand nombre de Phytozoaires et d’Artiozoaires passent aur cours de leur développement par une phase où tous leurs plastides se ressemblent! et se disposent en une sphère mamelonnée et immobile (fig. 89, a), ou à surface lisse!