ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DES ORGANES
et ciliée (fîg. 89,6). On donne le nom de morula à cette première phase du développement, de blastula à la seconde. Mais déjà dans les larves des Éponges calcaires dites amphiblastulaf les éléments de la blastula sont différenciés, et la larve se partage en deux hémisphères , l’un formé des cellules ciliées qui rappellent celles des blastula, l’autre formé de grosses cellules sans cils qui rappellent celles des morula (fig. 90). Ces deux catégories d’éléments occuperont plus tard une position spéciale, et sont la première indication des feuillets constituants de la
naroi du corns En fait les WO- — Amphiblastula d’une Eponge {Sycon raphanus). La moi-
^ 1 • > supérieure du corps (entodermique) est formée de (cellules
Villa et les blastula ne sont que flagellifères, allongées; la moitié inférieure (exodermique),' de
des phases passagères du déve- granuleuses (d’après Fr. E. Schulze).
loppement; elles se transforment par des procédés divers en organismes présentant trois couches successives de plastides, couches auxquelles on donne les noms de feuillet externe ou exoderme, feuillet moyen ou mésoderme, feuillet interne ou entoderme.
Chez les Éponges et les Polypes ces trois feuillets demeurent intimement soudés. Mais les éléments qui les constituent subissent des différenciations spéciales. L’exoderme desÉponges est formé de plastides souvent mal délimités ; dans le mésoderme (fig. 91) des plastides étoilés ou fusiformes sont
nlone-és f1an<; nnp nhnnrlaTita transversale à travers une Eponge {Sycon ra-
v* O une anonuanie pAanus). a, canaux radlalres ; b, canaux intermédiaires ; a, cellules
substance inerte, en même flagelllfères, à collerette, formant l’entoderme, qui tapisse les ca- . 1 /I naux rayonnants ; (i, cellules aplaties, polygonales, de l’entoderme ;
temps que (les productions cor- spicules calcaires nés dans le mésoderme, qui renferme en nées siliceuses ou calcaires outre des œufs c, en voie de développement, des cellules ami-
boïdes 6, ainsi que des cellules fusiformes et étoilées, éparses dans
en forme de fibres ou de spi- la substance fondamentale hyaline (d’après Fr. E. Schulze).
cules. La contractilité est déjà,
au moins chez les Polypes, l’apanage plus particulier de certains éléments que nous appellerons les éléments musculaires ; à côté d’eux se trouvent des éléments qui
MORPHOLOGIE INTERNE-
se prolongent en grêles filaments dont le rôle paraît être d’établir des rapports entre les diverses parties de l’organisme; nous verrons ces éléments, douteux chez les Eponges, se caractériser chez les Polypes où ils constituent les éléments nerveux (fig. 92); d’autres plastides n’ont d’autre rôle que de maintenir la cohésion entre les diverses parties de l’organisme, de servir d’intermédiaire entrç eux, au point de vue nutritif, ou de produire les parties solides, fibres ou spiculés, qui constituent le squelette de l’Eponge ou du Polype. Ce sont là les éléments
conjonctifs. L’entoderme tapisse des canaux qui rayonnent autour d’une cavité axiale, ou se ramifiant dans toute la substance de l'Eponge, se renflent de place en place en cavités sphériques, les corbeilles vibra-
Kig. 92. — Coupc longitudinale à travers l'anneau nerveux d’une tapiSSCeS de grauds plaS-
Méduse {Charybdea). Sz, cellules sensorielles; Gz. cellules gan- tides pOUrvUS ChaCUn d’uu fla-
glionnaires ; iVA libres nerveuses ; lamelle de soutien cel- ,,
Iules de l’enioderme. gellum Vibrant (fig. 91 , a). Chez
les Polypes, l’entoderme est simplement cilié et entremêlé de gros éléments, les cellules glandulaires, produisant des sucs spéciaux, souvent digestifs. Aux éléments entodermiques sont dévolues les fonctions d’attirer et d’élaborer les aliments. On rencontre enfin habituellement les œufs et les masses spermatiques dans le mésoderme (fig. 91, c) à l’état isolé ou plus ou moins rassemblés.
Nous retrouverons désormais partout : des éléments exodermiques qui, en raison de leur situation même, tendront à accaparer toutes les fonctions relatives à la sensibilité; des éléments musculaires qui présideront à la locomotion; des éléments conjonctifs qui interviendront dans les fonctions de nutrition, de locomotion et serviront de trait d’union entre tous les plastides plus actifs; des éléments glandulaires aptes à sécréter les sucs qui digéreront les aliments ou les substances qui doivent être éliminées de l’organisme; des éléments nerveux chargés de régler les rapports des autres éléments soit entre eux, soit avec le milieu extérieur; enfin des œufs et des spermatozoïdes, qui sont les éléments reproducteurs.
Déjà chez les Eponges les éléments similaires présentent une tendance marquée à se disposer en lames, couches, faisceaux ou masses distinctes, de formes variées. Cette tendance ne fait que s’accuser davantage à mesure qu’on s’élève dans le Règne animal. On donne à ces assemblages d’éléments similaires le nom de tissus.
Souvent les substances excrétées par des plastides de même nature s’accumulent entre eux, les dissocient, arrivent parfois à déterminer leur mort, et revêtent elles-mêmes des caractères spéciaux, dont nous aurons plus tard à faire l’étude. Ces substances mortes qui prennent une part importante à la constitution des tissus et leur impriment des caractères spéciaux, sont désignées sous le nom de substances interstitielles.
Dans le langage courant des anatomistes on appelle cellules des plastides qui sont également développés dans toutes les directions et peuvent être sphériques, polyédriques ou étoilés. On appelle fibres des plastides allongés dans deux directions opposées, et l’on étend cette dénomination aux filaments de diverse nature