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ORGANES, APPENDICES ET MEMBRES DES MÉRIDES

qui se développent souvent dans les substances interstitielles. Les tissus formés de cellules et les tissus formés de fibres ont un aspect bien différent; aussi a-t-on distingué de bonne heure les tissus celluleux ou tissus de cellules et les tissus fibreux. Les premiers sont constitués : 1° par les éléments glandulaires-, 2° par les plastides qui forment aux surfaces libres, internes ou externes, des organismes ces revêtements continus qu’on appelle ses épithéliums ; 3° par les amas plus ou moins volumineux de cellules glandulaires ou conjonctives auxquels on donne le nom de parenchymes. Les éléments nerveux et les éléments musculaires constituent ordinairement des tissus fibreux. Quant aux éléments conjonctifs, ils forment des tissus qui peuvent revêtir, chez les animaux supérieurs, les aspects les plus variés. Nous consacrons un chapitre spécial cà l’étude détaillée des divers tissus.

Organes, appciiclices et niembres des méridcs.

— La forme générale du corps chez les plus simples des Polypes pourvus d’une houche (Protohydra, polypes nourriciers des Siphünophores) est celle d’un cornet dont les parois sont constituées par les trois couches soudées que nous avons appelées exoderme, mésoderme, entoderme. Le caractère physiologique de l’exoderme s’accentue ici par la présence d’innombrables organes d’attaque et de défense, les nérnatocystes (fig. 93), sortes de capsules remplies d’un liquide venimeux, et contenant en outre un tube d’écoulement, enroulé en hélice, qui se détend brusquement au moindre contact, pénètre dans le corps qui a produit le contact, et y verse le poison. Cet exoderme présente, en outre, une foule d’éléments sensitifs, dont les prolongements déliés pénètrent dans le mésoderme ordinairement très mince (fig. 92). Le mésoderme et l’entoderme ne présentent rien jusqu’ici qui diffère essentiellement de ce que nous avons vu chez les Éponges. Chez l’Hydre d’eau douce quelques faits nouveaux apparaissent. Autour de l’orifice du cornet, qui sert à la fois à l’entrée des aliments et à l’expulsion des déchets de la digestion, se montrent de longs prolongements de la paroi du corps, les tentacules, qui servent à la capture des proies. En outre, à la fin de la belle saison, apparaissent sur l’Hydre des bourgeons qui, au lieu de devenir de nouveaux polypes, demeurent à l’état sphérique, et dont un plastide se développe de manière à constituer, soit un œuf, soit un

amas de spermatozoïdes. Des parties du corps se diffé- capsules à onkiocii ; c à e, fli déroulé,

.. n,. après décliiriire de la capsule.

rendent donc ici pour remplir des fonctions déterminées : la préhension des aliments, la reproduction. Une partie du corps ainsi différenciée est ce qu’on nomme un oi^gane. L’exoderme, l’entoderme, le mésoderme et les tissus qui en dépendent, prennent part aussi bien à la formation du tentacule qu’à celle des bourgeons reproducteurs. On peut donc aussi définir un organe, un

MORPHOLOGIE INTERNE

assemblage de tissus combinés de manière à remplir une fonction déterminée. Le mot organe a, par conséquent, une signification essentiellement physiologique.

Les parties du corps que l’on désigne sous ce nom quand on les envisage au point de vue purement physiologique, peuvent en recevoir d’autres quand on les envisage à un autre point de vue. Ainsi les tentacules sont des prolongements externes de la paroi du corps; or ces prolongements externes reçoivent fréquemment le nom d’appendices. Ces mêmes tentacules servent à la préhension et sont souvent, pour cette raison, désignés sous le nom de iras; de tels organes externes, préhenseurs ou locomoteurs, sont aussi ce que nous appelons des

Fiff. 9i. — Coupe schématique verticale d’une Méduse {Jihizostoma). — U, ombrelle; M, cavité gastrique; S, sous-ombrelle; G, ruban génital faisant saillie dans la cavité de l’ombrelle; S/i, cavité génitale; F, filaments ; SM, muscles de la sous-ombrelle ; R(jf, vaisseaux radiaires ; Mk, corps marginaux ; Bg, fossette olfactive; Al, lobe oculaire; Sk, Dk et Vk, plis supérieurs, dorsaux et ventraux des huit bras; Z, extrémités des bras, présentant chacune un orifice buccal.

membres. Les tentacules des Hydres sont donc à la fois des organes, des appendices et des membres. Ces trois termes qui paraissent ici synonymes, ne le sont plus quand on les applique à d’autres parties du corps.

Si l’on compare maintenant aux Hydres d’eau douce, les Hydraires à corps ramifié, on reconnaît que Vorgane reproducteur de l’Hydre n’est nullement un simple appendice, mais bien l’équivalent d’un polype, c’est-à-dire d’un méride tout entier. Les mots organe et méride peuvent donc encore être synonymes, mais c’est là une exception et non un fait général, comme on pourrait le conclure des dénominations appliquées par Hæckel aux différents degrés d’individualité qu’il nomme : le plastide, ïorgane, la personne, le cormus, et qu’il considère comme des degrés successifs de complication des organismes. H y a plus, les tentacules creux de certains polypes, auxquels peuvent se substituer des méduses plus ou moins parfaites {Coryne, Syncorine, etc.), réunissent, suivant le point de vue auquel on se place, les caractères d’oi'ganes, d’ appendices, de membres et de mérides.

Il devient impossible d’user de ces dénominations multiples lorsque la partie du corps différenciée en vue d’une fonction à accomplir, est interne. Dans ce cas la déno-

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