PÉDICELLAIRES
caractéristique pour chaque genre. Ces organes sont formés d’une massue de calcaire compact, vitreux, supportée par une courte hampe à structure lâchement réticulée et qui s’articule elle-même sur un tubercule du test. Un réseau organique traverse la massue et aboutit à son épithélium qui est vibratile; un anneau nerveux au-dessus duquel l’épithélium tégumentaire est fort élevé et vibratile, entoure la base de la sphéridie. On a voulu faire des sphéridies, comme des otocystes, des organes d'orientation; mais la faculté d’orientation résulte manifestement chez les animaux et chez l’Homme de sensations multiples, fournissant la base d’un jugement et ne saurait être localisée dans un organe spécial de sensibilité.
Organes de vision. — Les Stellérides présentent à l’extrémité de chaque bras un organe coloré en rouge vif par du pigment et qui est considéré comme un œil. L’œil est porté par une sorte de mamelon que forme le tégument de la gouttière ambulacraire, immédiatement au-dessous du tentacule impair. Il est entouré de nombreux petits tentacules, dépourvus de ventouse, couverts de cils vibratiles. Le tégument du mamelon est creusé de chambres profondes, en forme de pyramide ou de cône, s’ouvrant à sa surface par un orifice circulaire, rétréci par une sorte d’iris membraneux. Les parois de la chambre sont formées par la surface libre de longues cellules coniques qui se prolongent en libres grêles aboutissant vraisemblablement à des cellules ganglionnaires. Le corps de la cellule se divise en un plateau articulaire, transparent, assez épais, un cône rempli de granulations pigmentaires, rouges, auquel fait suite le noyau lui-même, suivi du prolongement flbrillaire, parfois muni de granulations protoplasmiques et ramifié.
Les yeux qu’on attribue souvent aux plaques intergénitales des Oursins n'existent pas. En revanche, le tégument des Asteropyga et des Diadema présente dans les interambulacres, dans la région du périprocte, etc., un grand nombre de taches bleu saphir qui ont été récemment considérées comme des yeux L II est certain que ces animaux possèdent une sensibilité spéciale à la lumière et dirigent leurs piquants vers les objets qui font ombre à leur surface.
Pédiceiiaîres. — Les Etoiles de mer et les Oursins présentent, outre leurs piquants, des organes de préhension spéciaux, les pédicellaires, dont on a quelquefois rapproché les ancres des Synaptes et des Anhyroderma ou les crochets que portent vers leur extrémité les bras des Ophiothrix, des Ophiogymna et surtout des Euruya- LiDÆ. La signification morphologique de ces organes est évidente quand on les étudie dans les ordres des Spinulosa, des Paxillosa et des V'alvulata chez les Étoiles de mer; elle est moins nette chez les Forcipulata et chez les Oursins. Dans les ordres des Spinulosa et des Paxillosa ce sont manifestement les piquants qui se transforment en pédicellaires. Deux piquants légèrement courbés en arc, rapprochés l’un de l’autre par leurs deux extrémités, reliés à leur base par un faisceau musculaire transversal, suffisent à constituer un pédicellaire chez VAsterina gihbosa et probablement chez les espèces analogues. Les pédicellaires des Acanthaster atteignent à peine une complication plus grande; on peut désigner ces pédicellaires sous le nom de pédicellaires en pince. Les piquants des plaques ventro-latérales, ceux des plaques adambulacraires et marginales peuvent s’incurver les uns vers les autres, en convergeant vers le même sommet, chez les Pectinaster , qu’ils permettent de
1 P. et F. Sarrazin, Die Augen iind das Integnment der Diadematiden. Wiesbaden, 1887.
ÉCHINODERMES
caractériser; ils constituent ainsi des pédicellaires fasdculés; le Dytaster insignis en présente d’analogues, mais à branches plus larges et plus nettement différenciées des piquants, il y en a 3 ou 4 divergentes dans un même pédicellaire. Chez les Cheiraster les piquants marginaux de deux plaques voisines s’allongent, de manière à former sur le bord de chaque plaque une sorte de peigne; les piquants de chaque peigne se courbent vers ceux de l’autre, dont ils peuvent se rapprocher ou s’écarter et il se constitue un organe de préhension, un pédicellaire pectiné, qui atteint son maximum de développement lorsque les deux plaques qui supportent ses piquants constitutifs se courbent l’un vers l’autre, en figurant une parenthèse. On peut considérer comme une variété des pédicellaires fasciculés les pédicellaires paxillaires des Luidia, constitués aux dépens d’une paxille dont les piquants rayonnants se sont adaptés à la préhension en se courbant les uns vers les autres.
Une autre forme des pédicellaires, celle des pédicellaires fasciolaîres, est obtenue par une simple élongation des granules bordant deux plaques voisines, ordinairement deux marginales. Ces pédicellaires caractérisent le genre Nymphaster-, ils rappellent ceux des Cheiraster; des rangées de piquants grêles et serrés forment aussi sur le bord des plaques marginales des Astropectinidæ des organes spéciaux qu’on a comparés aux fascioles des Oursins. Dans l’ordre des Valvulata, les épines éparses ou serrées des Spinulosa et des Paxillosa sont remplacées par , un revêtement régulier de granules calcaires qui recouvrent toutes les plaques profondes du squelette. La transition de ces granules aux pédicellaires n’est pas ici aussi graduelle, mais s’accuse encore par ce fait que, lorsque les pédicellaires occupent sur les plaques une position déterminée, ils sont souvent remplacés par un groupe de granules plus gros que les autres. Les pédicellaires typiques des Valvulata sont encastrés dans un enfoncement des plaques squelettiques qui les supportent et sont parfois désignés, par cette raison, sous le nom de pédicellaires alvéolés. Chez les Linckiidæ les deux valves en forme de cuilleron denté du pédicellaire se rabattent dans deux cavités qui sont en quelque sorte moulées sur eux; quand ces valves se redressent, les cavités sont vides et figurent les deux coupes d’une salière dont les valves formeraient le manche; ces pédicellaires en salière sont propres aux Ophidiaster. On trouve des formes de pédicellaires plus ou moins , voisines, à valves allongées verticalement chez divers Pentagonasteridæ, mais d’ordinaire les valves sont allongées horizontalement, peu élevées, étroitement encastrées dans l’alvéole et ne s’écartent que fort peu l’une de l’autre ; ce sont ces pédicellaires très développés dans les genres Anthenea, Hippasterias et autres qui ont reçu le nom de pédicellaires valvulaires; ils sont surtout fréquents sur les plaques adambulacraires. Les pédicellaires des Forcipulata sont des organes beaucoup plus compliqués, occupant très souvent une place déterminée et qu’il est d’autant plus difficile de faire dériver d’épines ou de granules modifiés qu’ils sont eux-mêmes souvent portés par les piquants et que les épines et les granules ne l se trouvent que dans un très petit nombre de genres. Ils sont constitués par une ]
sorte de papille tégumentaire, au sommet de laquelle sont disposées les pièces j
calcaires qui constituent la pince. Ces pièces sont au nombre de trois, une pièce basilaire et deux mâchoires. Les mâchoires sont simplement supportées par la pièce basilaire dans les pédicellaires droits. Dans les pédicellaires croisés, elles se prolongent inférieurement l’une d’un côté, l’autre du côté opposé de la pièce basilaire,