ORGANES PROBLÉMATIQUES
de manière à se croiser comme des branches de ciseaux. Des muscles spéciaux à fibres souvent striées déterminent le mouvements de ces branches presque toujours armées de dents. Les pédicellaires croisés sont très nombreux, ils recouvrent littéralement la gaine des piquants, les rides transversales des bras et la plaque terminale des Brisingidæ; ils forment des anneaux à la base des piquants des Coronaster et de la plupart des Asteridæ; rarement ils sont épars. Cette dernière disposition est au contraire la règle pour les pédicellaires droits.
Les pédicellaires des Oursins présentent une constitution générale qui est constante, mais une grande variété de détails. Ils sont constitués par une hampe qui soutient une baguette calcaire et par une tête généralement à trois branches, ayant pour parties squelettiques trois valves calcaires de forme très variable. Chez les Cidaridæ, la tête repose directement sur un prolongement de la hampe (fig. 672); partout ailleurs, la hampe et la tête sont indépendantes. Les pédicellaires atteignent leur plus grande variété de sorte chez les Echinidæ où une même espèce présente jusqu’à quatre formes différentes de ces organes ayant une distribution déterminée L Entre le squelette calcaire et l’épithélium de certains de ces organes {pédicellaires gemmiformes des Echinidæ, etc.) se trouvent souvent des glandes venimeuses qui en font des organes de défense d’une assez grande puissance.
Ces glandes peuvent se trouver aussi bien dans la tête que le long de la tige
Il n’est pas impossible que les pédicellaires des Oursins soient des radioles modifiées; mais les formes de passage font défaut, bien qu’on ait signalé chez quelques espèces {Asthenosoma urens) ^ig. 672. — pédicei-
, . . . „ laire deCiDARiDiEN.
des piquants venimeux
Organes glandulaires on respiratoires de fonction problématique. — En
dehors des organes que nous venons de décrire, divers Échinodermes possèdent des organes remplissant des rôles très divers et souvent peu connus, qui se rattachent aux systèmes organiques les plus variés; tels sont: 1° les papilles respiratoires des Étoiles de mer; 2° les branchies externes des Oursins réguliers à péristome échancré; 3° les organes de Stewart des Cidaridæ et des Eghinothuridæ ; 4° les organes de Cuvier de divers Holothurides; 5° les corps sphériques des Crinoïdes.
Les papilles respiratoires des Stellérides sont de simples diverticules tubulaires, coniques, clos à leur extrémité libre de la paroi très amincie du corps (fig. 666, KBe, fig. 669, T). Leur cavité interne est en libre communication avec la cavité générale; elles manquent aux Brisinga et Freyella] elles sont limitées à la base des bras chez les Pontaster; uniformément réparties, soit isolément, soit par petits groupes sur toute la surface du corps chez les Étoiles de mer à plaques marginales petites et à face ventrale non différenciée ; limitées à la face dorsale du corps chez les autres.
1 E. Perrier, Les pédicellaires et les ambulacres des Astéries et des Oursins, Annales des Sciences naturelles, 1879.
2 Foettinger, Sur la structure des pédicellaires gemmiformes du Sphærechinus granularis et d'autres ’Échinides. Archives de Biologie, t. II, 1881. Voir aussi les mémoires déjà cités de pROüHo, CuÉNOT, etc.
3 P. et F. Sarrazin, Ueber die Anatomie der Echinothuriden und die Phylogénie der Echinodermen. 1888.
ÉCHINODERMES
Les branchies externes des Oursins sont aussi des diverticules de la paroi du corps, mais elles sont limitées au pourtour de la bouche, au nombre de dix et ramifiées. Des échancrures spéciales du péristome calcaire leur correspondent; elles manquent aux CiDARiDÆ et aux Oursins bilatéraux.
Les organes de Stewart sont constants, au contraire chez les Cidaridæ, mais on ne saurait les considérer comme une contre-partie des branchies externes, car il en existe chez les Diadema et ils atteignent leur maximum de développement chez les Eciiinothuridæ qui sont pourvues de branchies. Ce sont des diverticules internes et radiaux de la cavité péripliaryngienne ; leurs deux surfaces interne et externe sont vibratiles. Il paraît en exister des rudiments chez le Toxopneiistes püeolus et ils sont remplacés par une paire de vésicules interradiales chez les Echinodiscus biforis et Peronella orbicularis.
Les tubes de Cuvier des Sporadipus impatiens^ S. Poli, etc., sont des diverticules blanchâtres de la paroi du cloaque, que l’animal peut, à volonté, rejeter au dehors. Ils sont formés d’une vésicule basilaire et d’un tube glandulaire enroulé en hélice. Ce dernier est constitué par deux couches épithéliales, comprenant entre elles une couche conjonctive à fibres héliçoïdales, associée à des fibres musculaires, les unes longitudinales, les autres transversales. Les tubes sont projetés, sans retournement, au travers de leur vésicule basilaire dont ils se détachent et du cloaque; ils se détachent, déroulent alors, tandis que leur épithélium externe se transforme en un mucus gluant qui adhère à tout.
Les corps sphériques ou saccules des Crinoïdes (fig. 661, Kp, 808; et fig. 678, o)sont des formations d’un tout autre ordre. Ün les trouve répandues en grand nombre dans les téguments et dans les parois du tube digestif; il en existe presque toujours un entre deux triades consécutives de tentacules. Ce sont des vésicules sphéroïdales, remplies par des corpuscules pyriformes, à surface mamelonnée, dont l’extrémité amincie se prolonge en un long filament replié sur lui-même, tandis que l’ex- j trémité large est en continuité avec un corps protoplasmique nucléé, appliqué contre ! la paroi de la vésicule. Le corps mamelonné se détache du corpuscule protoplasmique comme la portion externe contenant la matière excrétée des cellules d’une glande mérocrine se détache du reste de la cellule. Ces corps mamelonnés sont, j sous les influences les plus légères, très avides de matières colorantes, projetés au, dehors. Les bosselures de leur surface sont, en réalité, produites par l’accumulation de sphérules qui ne sont sans doute que des produits de sécrétion, comparables à ceux qui remplissent une foule d’amibocytes épars chez les Étoiles de mer et i beaucoup d’autres Échinodermes. On a quelquefois considéré les saccules comme, j des amas de parasites (Zooxanthelles) ; mais leur mode de développement aujour-j | d’hui bien connu est peu favorable à cette manière de voir. , !
tiianiies génitales. — Les sexes sont séparés chez les Échinodermes, sauf quel-] j ques rares exceptions (Amphiura squamata, diverses Chîrodota, peut-être Haplodac- | tyla molpadioïdes et Caudina arenata, la plupart des Synapta et Anapta). Il y a * hermaphrodisme protandrique chez VAsterina gibbosa. Les glandes génitales des ! Brisingidæ sont des cæcums qui se groupent autour d’un même tube contenu ® dans la partie renflée des bras; les orifices de sortie sont situés sur cette partie renflée elle-même. Les glandes génitales des Asteriidæ, Echinasteridæ, Linckiidæ sont également contenues dans les bras et ont la forme de grappes volumineuses