ANTENNES
et des PuRONiMiDÆ, et sont fortement renflées chez celui des Platyscelidæ.
La hampe des antennules des Leptostracés est toujours divisée en quatre articles; elle n’en a que trois chez les Tiioracostracés ; elle est surmontée de fouets plus ou moins longs, au nombre de deux et plus rarement de trois (Stomatopodes^ Palæmon, Athanas). Lorsqu’il n’existe que deux fouets, la hampe porte quelquefois, en outre, un bouquet de poils olfactifs (Cumacea, Schizopoda). L’un des fouets est remplacé par une écaille garnie de soie chez les Nebalia (fig. 727, A!, p. 898).
Antennes. — Les antennes proprement dites, antennes externes ou antennes postérieures, ont toujours, chez les Entomostracés, leur hampe réduite au sympodite. Il en 'est encore ainsi parmi les Malacostracés chez certains Hemioniscus {H. Balani) et chez les Apseudcs (tig. 718, n° 6). Mais, en général, dans cette sous-classe, il se constitue une hampe de quatre ou cinq articles, suivie d’un long fouet multiarliculé.
Les antennes manquent chez les Apus, les Cirripèdes, les femelles des Hyperidæ ; elles sont représentées chez celles des Peronimidæ (fig. 733, A"), par un tubercule qui porte l’orifice rénal et correspond à leur article basilaire ; elles sont rudimentaires chez les fe in elles des Bopyridæ et dans les deux sexes des Entoniscidæ.
Chez les Branchipus femelles, elles ont la forme de petites lamelles recourbées; celle de crochets pouvant saisir la femelle chez le mâle. Ce sontchez les Estheridæ et les Clado- CÈRES de longues rames bifurquées, à branches divisées en deux, trois ou quatre articles, munies de longues soies plumeuses et servant à la natation (fig. 738), Chez les Ostracodes ces antennes sont également locomotrices; ce sont de vraies pattes terminées par des soies en crochets, chez les Cypridæ où un faisceau de soies remplace l'exopodite (fig. 7.37, A", p. 909); un fouet biarliculé, en forme de faux, dans lequel aboutit une glande à venin est porté par l’article basilaire chez les Cytiieridæ; le propodite est une large lame triangulaire chez les Halogyprid.e et les Cypridinidæ; son exopodite est rudimentaire et transformé en organe préhensile chez les mâles de la première famille; il est biarliculé chez les femelles de la seconde. Inarticulé et transformé en crochet préhenseur chez les mâles. L’endopodite est pluriarticulé et sert de rame dans les deux familles.
Les antennes des Copépodes sont plus courtes que des antennules et très souvent simples (fig. 711); mais la bifurcation persiste chez les Harpactid.e , Peltidæ, Calanidæ et PoNTELLiD-E. Elle manque chez les Copépodes parasites où ces antennes sont généralement terminées par un fort crochet fixateur; elles sont, au contraire,
Fig. "/IS. — Principau.'i; appendices de VApseudes spiiiosus. — /, mandibule ; st, lame tranchante ; kt, lame molaire ou broyeuse ; a, processus accessoire de la lame tranchante; D, rangée de soies entre la lame tranchante et la lame molaire. — 2, mâchoire droite vue en dessous; e, lacinie externe; i, lacinie interne ;p, palpe. — 3, maxille droite vue en dessous, mêmes lettres. — 4, 1”'' kormopode droit. — 5,2® péréiopode. — 5, antenne. — /, coxopodite ; 2, basipodite portant un court exopodite; S, ischiopodite ; 4, méropodite; S, carpopodite; 6, propodite; 7, dactylapodite; d, griffe. Dans l’antenne les articles 6 et 7 sont subdivisés et transformés en un fouet multiarticulé, fl.
CRUSTACÉS
filiformes chez les Argulidæ (fig. 741, p. 914), où les antennules dont l’article basilaire est armé d’un fort crochet contribuent à la fixation du parasite.
Les antennes des Ampiiipodes présentent encore une assez grande variété d’adaptation. Nulles chez tes Phronima femelles, elles se transforment en pattes chez les CoROPHiiDÆ, et peuvent se replier de deux {Pronoè) à quatre fois en zigzag chez les Typuid-E mâles dont les femelles n’ont que de courtes antennes à quatre articles ou même en sont dépourvues (Oxycephalus); elles peuvent présenter une hampe de quatre à six articles {Asellus) et parfois un rudiment d’écaille (Janira).
Courtes ou longues, souvent divisées en une hampe et un fouet, les antennes sont généralement simples chez les Isopodes; leur hampe porte cependant chez les Apseudes une écaille (exopodite) et un fouet (endopodite). C’est une disposition qui devient très générale chez les Tiioracostracés.
Les Leptostracés et les Cumacés ont encore des antennes simples, courtes, ou même rudimentaires chez les femelles {DiasttjUs), aussi longues que le corps chez les mâles (fig. 716 et 728); mais celles des Schizopodes (fig. 717), Stomatopodes (fig. 736) et Décapodes nageurs (fig. 735), insérées un peu en dehors et en dessous des premières, sur une lamelle prébuccale plate, Vépistome, sont toujours formées d’une hampe de quatre, plus fréquemment de cinq articles, dont le dernier supporte un long fouet multiarticulé, tandis que le second porte un exopodite en forme d’écaille large, triangulaire, ne présentant de traces d’articles que dans les formes embryonnaires des Euphausia, des Peneidæ et des Palæmonid.e. Cette écaille présente en général, sur son bord externe, un aiguillon peu éloigné de sa pointe; son bord interne est frangé de soies qui se retrouvent sur le bord externe de la pointe jusqu’à l’aiguillon (fig. 731). Les Tualassinidæ forment un groupe de transition où l’écaille peut être présente ou absente {Gebia)- elle manque chez les Paguridæ qui leur font suite et de même chez les Galatueidæ. L’écaille, déjà petite chez les AstaciDÆ, se réduit encore ou manque chez les Palinuridæ et les Tryodinæ; elle disparait tout â fait chez les Hippidæ et tous les Drachyures. I! n’existe dans ce cas qu’un seul fouet qui est tout entier transformé en une large lamelle chez les Sgyllariens.
Appendices buccaux.. — Mandibules. — Chez le Nauplius (fig. 719), forme larvaire que présentent à leur sortie de l’œuf presque tous les Entomostracés et que l’on doit considérer comme représentant, dans l’ontogénie, la forme primitive des Crustacés, les, mandibules {Mdf) reproduisent â peu près exactement la forme des antennes externes qui les précèdent; ce sont des soies portées par la hampe de ces appendices qui introduisent les aliments dans la bouche. Les mandibules conservent cette forme d’appendices bifurqués chez un certain nombre de Copépodes (Calanidæ, Pontellidæ, Notodelphyidæ et quelques HARPACTiDiE) ; mais ici le premier article de la hampe s’est développé en une large plaque dentée qui devient la partie essentielle de l’organe; le second article et les deux branches qu’il porte paraissent alors des parties secondaires, souvent désignées sous le nom de palpe. La branche interne du palpe
antennules ; A", antennes ; Mdf, mandibule.
APPENDICES BUCCAUX
est en réalité l’endopodite qui continue la hampe, formant avec elle le palpe dont l’exopodite ne semble plus qu’une ramification accessoire.
La ramification du palpe disparait chez le plus grand nombre de Crustacés. Le nombre de ses articles s’élève encore à cinq chez les Gypridinidæ, à quatre chez les Cypridæ. Mais il est généralement triarticulé (Isopodes, Amphipodes, Leptoslracés, Schizopodes, la plupart des Décapodes); il est biarticulé chez les Palæmonclla, lamelliforme chez les Penæinæ et manque enfin chez les Phyllopodes, les Cumacés et dans quelques groupes isolés des autres ordres {Caprella, Orguestiidæ, Dexamine, la plupart des Piironimidæ, Platyscelidæ femelles, Bopyridæ, Oniscidæ, PraniziDÆ, Anchislia, Pontonia^ Atyinæ, Lucifer, Pasyphæinæ, Gnathophyllinæ, etc.).
Les mandibules ont une forme très variable suivant le régime alimentaire de l’animal. Elles conservent chez les Cypridinid.e (flg. 720, Mdf) la forme de pattes dont l’article masticatoire est peu différencié. Très souvent elles sont dentées; mais les dents d’un côté ne correspondent pas à celles de l’autre, de sorte que les deux mandibules sont dissymétriques.
Chez la plupart des Malacostracés la mandibule se divise en une partie tranchante, située en avant, et une partie broyeuse, postérieure. Chez les Nebalia, les Eupuausidæ, les Décapodes et les Slomatopodes, la partie tranchante est simple, habituellement divisée en un certain nombre de courtes dents et continue en arrière avec la partie broyeuse. Chez les Mysid.e, les Cumacés (fig.720), les Isopodes (fig. 724) et les Amphipodes (fig. 731), ces deux parties sont séparées par une échancrure ; la partie tranchante, légèrement dentée, présente à quelque distance, un processus accessoire, denticulé (n° 1, a), au-dessous duquel commence, se continuant jusqu’à la partie broyeuse, une bordure de soies dirigées vers l’intérieur et en arrière; la partie broyeuse ou lame molaire a la forme d’une lame saillante dirigée en dedans et en arrière, à bord lisse [Diastylis, Asellus), strié {Gammnrus) ou denté (Mysis). La lame molaire est toujours plus développée sur la mandibule gauche que sur la droite.
Dans les formes parasites, les mandibules se transforment d’ordinaire soit en deux lames falciformes nues, situées au-devant de la bouche, soit en deux stylets propres à percer les téguments, enfermés dans une sorte de trompe conique constituée par la lèvre supérieure et les paragnathes, lorsqu’ils existent (p. 909). Celle disposition peut se rencontrer chez des Ostracodes (Paracloxostoma), des Copépodes (tous les SiPHONOSTOMEs), des Isopodes (Antiiürid.e) ; on n’en connaît pas d’exemples chez les Thoracostracés.
Mâchoires. — De même que pour les mandibules, la forme des mâchoires la plus
Fig. 720. — Appendices buccaux droits, vus en dessous, de Diastylis Rathkii. — /, mandibule; st, lame tranchante; a, son appendice accessoire; k, lame molaire; B, rangée de soies entre et deux lames. — 2, mâchoire ; e, lacinie externe ; i, lacinie interne ; p, palpe. — 5, maxille, mêmes lettres. — 4. !'*■ kormopode {maxillipède). /, coxopodite; k, lame masticatrice du basipodite; ep, exopodite; 7, dactylopodite (d’après Boas).
CRUSTACÉS
rapprochée du type primitif se trouve chez les Calanidæ et les Pontellidæ. Ce sont, dans ces deux familles, des pattes naupliennes modifiées par la transformation de leur article basilaire en une plaque masticatrice et par le développement de deux lobes sur le second article de leur sympodite. Mais cet état primitif diparait déjà chez la plupart des Copépodes nageurs; les palpes maxillaires sont même réduits à un prolongement sétigère chez les Cyclops (fig. 721, Mx). Chez les Copépodes parasites dépourvus de trompe, les mâchoires sont, en général, en forme de palpes (Ergasilidæ), parfois terminées en pointe (Corycæidæ), réduites à de simples stylets {Argulus), ou même rudimentaires (Gondragantiiidæ) ; parmi les Copépodes parasites à trompe, elles sont bilobées chez les Ascomyzon.
Chez tous les Ostracodes la partie masticatrice de la mâchoire est bien caractérisée ; le palpe est rudimentaire. Chez les Cladocères et les Phyllopodes, les mâchoires sont toujours peu développées, non segmentées et en forme de simples lamelles. Ces organes portent cependant chacun un appendice que l’on peut considérer comme un petit palpe lobé.
L’exopodite est peu développé ou nul chez les Malacostracés (fig. 720, n“ 3, ex). Le deuxième article du sympodite se prolonge intérieurement en un processus aplati, tronqué, la lanière interne {lacinia interna) et il en est de même du premier article de l’endopodite qui forme la lanière externe {Incinia externa). Toutes deux sont simples. Le bord tronqué de ces deux lanières porte des soies plus fortes sur la lanière externe que sur la lanière interne où elles sont d’ordinaire grêles et pointues. Outre la lanière interne, le deuxième article du sympodite porte un exopodite peu développé chez S Thysanopus, les Mysis et quelques Décapodes. Chez mâchoire; A'f , patte-mâchoire les EupiiAusiDÆ , les Gnathophaiisia , les Décapodes èïterne (rattî maSiairT"^”*'^ (‘îg- '722), les Squillidæ, les Cumacés (fig. 720) et les
Tanaïs parmi les Isopodes, l’endopodite se continue en une partie plus grêle, pluriarticulée, qui constitue un palpe; ce palpe, dirigé en dehors et en arrière, porte des soies à son extrémité. La mâchoire des Amphipodes (fig. 731, p. 901) parait, elle aussi, au premier abord, surmontée d’un palpe biarticulé; mais cet appendice est, contrairement au palpe ordinaire, dirigé en avant et en dedans; il rappelle exactement, sauf sa division en deux articles, la lanière externe des Apseudes (fig. 718, p. 889) qui possèdent un palpe normal; la lame masticatrice qui lui fait suite est armée de soies bifurquées, rappelant celles de la lanière interne des mêmes Apseudes-, il est difficile de décider si ces ressemblances sont de simples analogies d’adaptation ou de véritables homologies L Les mâchoires des Isopodes, à l’exception des Tanaidæ, sont dépourvues de palpes.
1 Bo.xs, Studien über die Verwandtucliaftbeziehunf/en der Malakostraken. Morpholog. Jahrbuch, t. VIII, 1883, p. 496.
APPENDICES BUCCAUX
Maxilles. — La cinquième paire d’appendices à laquelle nous limitons la dénomination de maxilles présente des dispositions plus variées encore que celles des mâchoires. Nous avons déjà dit (p. 885) que ses deux rames {endopodite et exopodite) sont indépendantes chez les Copépodes et souvent conformées de manière à figurer des pattes {pattes-mâchoires internes et externes des auteurs, fig. 721, Kf',Kf"). Ces
Fig. 722. — Appendices d'iin très jeune Homard. — b, man- Fig. 723. — Achtheres percarum. Femelle vue dibule avec son palpe. — c, mâchoire avec ses deux lobes par la face ventrale. — Mxf et Mxf ,
et son palpe. — d, maxille avec sa lamelle oscillante. — première et deuxième paires de pattes-mà-
e et /■, première et deuxième pattes-mâchoires (d’après G.- choires; D, tube digestif; Ou, ovaire ; KD, O. Sars). glande cémenlaire.
appendices servent à saisir les aliments chez les Copépodes libres; l’endopodite est dirigée vers le bas et munie de crochets chez les Harpagtidæ; il est, ainsi que fexopodite, armé de fortes soies chez les Notodelpiiyidæ. Chez les Copépodes parasites, les deux branches ont souvent une constitution différente, et peuvent fournir des caractères sexuels. L’exopodite (branche inférieure) est réduit chez les Coryc.eid.e femelles; il manque dans ce sexe chez les Ergasilidæ où l’endopodite (branche supérieure) est subulé et chez les Lernæidæ où les deux rames sont rapprochées de l’puverture buccale, tandis qu’elles sont rejetées en dehors chez les Bomolochidæ où la branche inférieure est, chez le mâle, très longue et préhensile. Les deux branches sont courtes et ont leurs extrémités aciculées chez les Ciiondracantuidæ ; elles constituent, au contraire, de puissants organes de préhension chez les Asco- MYZONTiDÆ, Dichelestiidæ, OU de forts crochets chez les Argulidæ (fig. 741, Kf). Les deux appendices formant la branche externe s’unissent à leur extrémité chez les Lernæopodidæ femelles et la partie commune se termine par un bouton corné qui prend part à la constitution d'un organe d’adhérences (fig. 723, Mxf"). Chez tous les autres Crustacés, l'endopodite et l’exopodite de la maxille sont réunis à leur base, quand ils existent simultanément. Dans l'ordre des Oslracodes, les modifications de ces deux parties se laissent sérier d’une manière remarquable. Chez les Cytheridæ, l’extrémité de l’endopodite fonctionne comme une véritable patte; cette patte se raccourcit et la portion masticatrice est peu développée chez les Halocypridæ ; la partie locomotrice n’existe que chez le mâle des Cypridæ et
CRUSTACES.
devient un court palpe chez la femelle; il n’existe plus enfin que la partie masticatrice chez les Cypridinidæ. L’exopodite est cependant bien développé chez ces deux familles, et transformé en une lamelle peclinée, garnie de soies dont les mouvements alternatifs favorisent le tourhillonnement de l'eau autour de l’animal, et, par conséquent, la respiration (fig. 713, Mx", p. 884). Cette disposition est fréquente sur l’une ou l’autre des paires d’appendices des Crustacés et souvent sur plusieurs à la fois comme c’est justement le cas chez divers Ostracodes.
Les maxilles des Branchiopodes sont de simples lamelles garnies de soies sur lesquelles s’ouvre, en général, la glande du test (flg. 726, Sd, p. 897); elles manquent chez les Limnetis et tous les Cladocères adultes. Celles des Cirripèdes sont soudées de manière à constituer une sorte de lèvre inférieure. Celles des Malacostracés présentent très généralement, comme leurs mâchoires, deux lames masticatrices; nous les désignerons sous les noms de lame externe et de lame interne-, elles ne correspondent pas morphologiquement aux deux lanières des mâchoires, caria lame interne est développée sur le premier article des maxilles et la lame externe sur le second ; elles sont par conséquent toutes deux portées par le sympodite, au lieu de correspondre au dernier article du sympodite et au premier article de l'endopo- . dite; les articles qui suivent constituent un palpe correspondant â l’endopodite i tout entier.
La maxille est formée de quatre articles chez les Nebalia (fig. 729, n" 3, p. 899).
Le premier porte une lame interne divisée en deux lobes arrondis, normaux â l’axe de l’appendice; le deuxième porte une lame externe également bilobée, mais â lobes inégaux et un exopodite très long, étroit, inarticulé, dirigé en avant et extérieurement garni de soies; les deux autres articles constituent un palpe assez allongé, garni de soies, et dirigé en avant. Cette structure est sensiblement conservée chez les ; Euphausia, les Thysanopus, sauf que les articles de l’endopodite diffèrent moins de ; ceux du propodite et que l'exopodite est toujours rudimentaire; en outre, l’endopo- j dite ou palpe ne comprend qu’un seul article. Chez les autres Schizopodes {Lopho- \ gaster, Siriella, Mysis) la maxille se modifie dans une autre direction. La lame externe 1 et la lame interne s’allongent beaucoup; elles sont étroites et dirigées obliquement : en dedans et en avant; la lame externe seule est bilobée, faiblement chez les Lophogaster, profondément chez les Mysis et les Siriella où les deux lobes chevauchent 1 ' l’un sur l’autre; l’exopodite est bien développé, mais large et court; l’endopodite est 1 ; palpiforme; il est formé chez les Lophogastcr de trois articles dont le premier porte ;[ un lobe externe {métapodite) ressemblant â une répétition réduite de l’exopodite; le ' palpe des Mysis n’a plus que deux gros articles. Les Cumacés, les Isopodes et les ■ Amphipodes présentent des modifications de la maxille qui semblent faire suite à ' celle qui s’accuse déjà chez les Mysis. Le palpe disparait; l’exopodite, encore indiqué chez les Diastylis (fig. 720, p. 891), est â peine reconnaissable ou manque chez les Isopodes et les Amphipodes; les lames externe et interne, bien développées, sont dirigées en avant et chevauchent plus ou moins l’une sur l’autre; la première seule est bilobée, longue chez les Diastylis, courte chez les Isopodes [Apseudes, fig. 718, p. 889; Ase/his, fig. 724) ; elle demeure simple chez les Amphipodes {Gammarus,üg. 731, p. 901).
La réduction est en général poussée plus loin encore chez les Isopodes terrestres ou ■ parasites. Tandis que les Stomatopodes ont conservé la forme primitive de maxilles des Nebalia, en la simplifiant par une extrême réduction de l’exopodite et de la lame '
ais
externe, les Décapodes ont, an contraire, compliqué leur maxille : leur exopodite, très développé en avant, produit un prolongement postérieur, considérable, et tout son bord externe est garni de soies : leur lame externe et leur lame interne sont l’une et l’autre grandes et bilobées; le palpe seul, quoique bien net, est réduit à un seul article représentant tout l’endopodite.
Pattes thoraciques on kormopodes. — Copépodes. — Les appendices thoraciques ou kormopodes, comprenant les maxillipèdes (gnathopodes) et les péréiopodes ou pattes ambulatoires ou péréiopodes, sont normalement au nombre de cinq paires chez les Copépodes ; mais la cinquième paire de membres est fréquemment rudimentaire ou absente. Le sympodite biarliculé est suivi, chez les Copépodes nageurs, d’un endopodite et d’un exopodite, l’un et l’autre triarticulés et transformés en rames natatoires par des soies longues et aplaties. Les cinq paires de pattes sont semblables entre elles dans les deux sexes chez les Cetochüiis; la branche interne de la cinquième paire devient rudimentaire chez le mcâle des Diaptomus] la cinquième paire de pattes est simple dans les deux sexes et peu modifiée chez le mâle des Calanus \ la cinquième patte droite devient préhensile
rbP7 le mîle des PoNTELLID^^- elle est '^2 i. - Appendices buccaux droits de VAsellusaquatnez le maie ues , eue tbl dessous. — /, mandibule; s, mâchoire;
foliacée chez les PELTIDÆ; rudimen- 5, maxllle; 4,1“'- maxillipède. — Lettres de la figure 720
(d’après Boas).
taire et semblable dans les deux sexes
chez les Cyclopidæ, les Corvcæidæ et les Ascomyzontidæ; elle manque chez la plupart des Copépodes parasites et chez les Argulidæ.
Les quatre premières paires de pattes thoraciques ne sont pas nécessairement semblables entre elles. Les deux branches de la première paire sont préhensiles chez les Harpacticus et les Peltidæ; elles sont aplaties et munies de soies natatoires profondément pinnées chez les Bomolochidæ. La première paire de pattes a, chez les Dinematura, des rames biarticulées, tandis que celles des deuxième et troisième paires sont triarticulées et que les pattes de la quatrième paire sont transformées en grosses lamelles membraneuses; les rames des deux premières paires de pattes sont de même biarticulées chez les Pandarus et les deux dernières paires sont en lames membraneuses chez les Læmargus. Il n’y a plus qu’une rame à la patte antérieure des Ccdigus, Trebiiis, etc.
On trouve de nombreuses gradations parmi les Dichelestiidæ : les quatre paires de pattes sont semblables, biramées et munies de crochets préhensiles, chez les Eudactylina; ces pattes sont très courtes et simplement fendues chez les Lamproglena; les deux paires antérieures ont deux rames à un seul article chez les Dichelestium où la troisième paire est lobée, la quatrième absente; les deux paires de pattes antérieures ont une portion basilaire lamelleuse et deux branches rudimentaires, dont l’interne terminée en crochet chez les Lernanthropus ■, dans le même genre, les deux paires de pattes postérieures sont transformées en longs tubes laciniés. Les deux premières paires de pattes sont rudimentaires chez les
CRUSTACÉS
Chondracanthidæ, de sorte qu’il ne reste plus au mâle que deux paires de pattes à l’aide desquelles il se fixe sur la femelle; enfin les rames manquent complètement aux Lernæopodidæ.
Ostracodes. — Dans l’ordre des Ostracodes, il n’y a que deux paires de pattes thoraciques qui ont, en général, la forme d’appendices allongés et multiarticulés, mais peuvent présenter quelques modifications de détail. La première paire ressemble à la maxille chez les Cypridinidæ, et porte, comme elle, une grande lame respiratoire, peclinée; la deuxième se recourbe vers le haut et présente une courte griffe chez les Cypridæ; elle se transforme en un très long appendice multiarticulé et capable de se contourner très diversement chez les Cypridinidæ (fig. 712 et 713, F") et devient rudimentaire chez les Halocypridæ.
Branchiures et Cirripèdes. — La transformation des rames pédieuses (endopodite et exopodite) en longs fouets multiarticulés, garnis de soies, servant à agiter
l'eau autour de l'animal pour servir à la respiration, est un fait assez fréquent. Ce qui arrive pour le septième appendice uniramé des Cypridines, a lieu pour les quatre paires d’appendices thoraciques biramés des Argulus (fig. 741 , p. 914), parasites des Poissons d’eau douce, et pour les six paires d’appendices également bifurqués des Cirripèdes (fig. 723) qui sont fixés et ne sauraient avoir, en conséquence, d’organes servant à leur déplacement. Les appendices thoraciques, habituellement désignés sous le nom de cirrhes, sont généralement recourbés et forment un panache que l’animal fait saillir hors de ses valves, ou retire entre elles rythmiquement, de, manière à produire dans l’eau ambiante un mouvement favorable au renouvellement de l'air.
Phyllopodes et Cladocères. — La forme lamellaire domine dans les appendices thoraciques des Phyllopodes (fig. 726) et des Cladocères, chez qui ces appendices jouent également un grand rôle dans la respiration. Leur structure présente une frappante ressemblance avec celle de la mâchoire des Décapodes : le sympodite est court, et présente, sur son bord interne, deux lobes arrondis, garnis de soies; il se continue avec un endopodite en forme de lame quadriarticulée dont les trois premiers articles se prolongent intérieurement en lobes sétigères, semblables â ceux du sympodite. Le deuxième article du sympodite supporte un exopodile également en forme de lame, et près de sa base se développe un appendice respiratoire, ou sac branchial, cylindrique. Cette forme fondamentale est d’ailleurs susceptible de modifications. La patte antérieure des Apus se termine par trois longs fouets;. sur la onzième paire, dans les femelles de ce genre, l’appendice branchial et la rame externe se transforment en un sac ovigère. Chez les Estheridæ la première paire de membres {Limnetis, etc.) ou les deux premières paires {Estheria, etc.)
Fig. 725. — Lepas, dont la valve droite du test a été enlevée. — A', antennule adhésive à l’extrémité du pédoncule ; C, carina ; Te, lergum ; Sc, scutum; Mk, cône buccal; F, força ; P, pénis ; M, muscle.
sont munies de crochets chez les mâles ; les œufs sont portés chez les femelles par les neuvième et dixième paires de pattes (Limnetis, Estheria) ou par les neuvième, dixième, onzième et douzième {Limnadia).
Dans l’ordre des Cladocères, où les pattes sont construites comme celles des Phyllopodes, la première paire est aussi armée, soit d’un long fouet {Cerioda-phnia), soit, chez les mâles, de puissants crochets préhenseurs (Moina , Baphnia , Lynceus et genres voisins) ; elle manque d’appendices branchiaux.
Ces appendices manquent â toutes les pattes des PoLYPHEMiDÆ ; l’exopodite est même rudimentaire chez les Bythotrephes , et les Leptodora possèdent enfin six paires de pattes simples, cylindriques, préhensiles. C’est dans la série formée par les Phyllopodes et les Cladocères que les pattes sont â la fois le plus nombreuses et le plus variables eu nombre (voir classification). 11 n’y a pas ici de vraies pattes abdominales).
Schizopodes. — Dans la sous-classe des Malacostracés , la partie principale des pattes thoraciques, formée par le sympodite etl’endopodite, estpresque toujours composée de sept articles qui, en s’éloignant de la base â l’extrémité libre de la patte, ont reçu les noms suivants: I, coxopodite; 2, basipodite-,
3, ischiopodite] 4, méropodite; 5, carpopodite;
propodite; 7, dactylopodite. Le coxopodite porte souvent un épipodite ; le basipodite, un exopodite qui peut coexister ou non avec
Fig. 726. — Mâle de Branchipus stagnalis. — Rg, cœur ou vaisseau dorsal présentant une paire d’orifices au niveau de chaque segment ; D, tube digestif ; M, mandibules ; Sd, glande maxillaire ; Br, appendice branchial de la onzième paire de pattes ; T, testicule (d'après Claus).
l’épipodite. Le nombre des pattes thoraciques est lui-même, comme on l’a vu, constamment égal à huit. Ces pattes sont toutes semblables entre elles chez les Nebalia (fig. 727), et leur apparence rappelle celle des pattes de Phyllopodes; elles en difl’èrent (fig. 729, n'’ 2) par leur sympodite et leur endopodite allongés, nettement articulés et dépourvus de lobes externes; seuls l’épipodite et l’exopodite sont en forme de larges lamelles, et doivent servir â la respiration ; l’épipodite est dépourvu de soies et prolongé aussi bien en arrière qu’en avant; l’exopodite est elliptique pourvu de soies sur son bord externe; les cinq articles de l’endopodite vont en diminuant, de l’ischiopodite au dactylopodite; tous ces articles, aussi bien que ceux du sympodite, sont garnis de soies sur leur bord interne; le dactylopodite en présente sur tout son pourtour et ne se termine pas en crochet.
Les huit paires de pattes thoraciques des Schizopodes (fig. 717) sont aussi fort peu différentes les unes des autres. Le minimum de différenciation est présenté par les Thysanopoda. Chaque patte porte ici un exopodite et un épipodite ; l’exopodite est mulliarticulé ; son article basilaire forme une hampe, et les autres articles un fouet.
CRUSTACÉS
Les principales différences entre les pattes résident dans la conformation de l’épipodite : l’épipodite de la première paire de pattes ou premier épipodite est une simple lame ovale se dirigeant surtout en avant, pointue à ses deux extrémités de ; la
deuxième à la septième paire de pattes, l’épipodite se prolonge également en arrière
Fig. 727. — Nebalia Geoffroyi femelle, fortement grossie. — A', antenne antérieure; A", antenne postérieure; B, rostre; O, œil pédicule; M, gésier; D, intestin.
Fig. 728. — Nebalia Geoffroyi mâle, fortement grossi. — A', antenne antérieure ; A", antenne postérieure ; JR, rostre ; M, jabot ; Z>, intestin ; G, canal déférent ; S, test.
en une lame contournée en arc en dedans; tout son bord interne est frangé de longs filaments qui prennent leur développement maximum sur le huitième épipodite. En revanche, l’endopodite de celte huitième paire de membres a avorté ; celui de la septième paire est déjà plus court que les autres. Il est clair que les singuliers épipodites des Thysanopoda jouent le rôle de branchies et que leur exopodite ne peut fonctionner que comme organe de natation. Les pattes thoraciques des Euphausia sont à peu près conformées de la même façon; mais l’avortement de l’endopodite
se produit sur les deux dernières paires; les deux articles du sympodite sont soudés en un seul, l’exopodite est très réduit et l’on n’y distingue plus la hampe du fouet. Chez les Lophogaster la première paire de kormopodes se modifie assez profondément pour se mettre au service de la mastication; nous retrouvons les pattes de cette paire, plus profondément modifiées que les suivantes, chez tous les autres Malacostracés ; on leur réserve quelquefois le nom de maxillipèdes, et l’on appelle alors gnathopodes les paires suivantes"de kormopodes qui se modifient dans le même sens, mais d’une manière moins profonde (Gumacés, Amphipodes, Tanaïdæ, etc.). Les sept dernières paires de pattes sont chez les Lophogaster toutes semblables, pourvues d’un endopodite de cinq articles, terminé par'une griffe, d’un exopodite formé d’une hampe et d’un fouet multiarticulé ; l’épipodite est absent : ce sont des péréiopodes. La première paire de pattes, devenue le premier gnathopode, a un endopodite plus court et plus robuste que les autres; un exopodite petit, non divisé “en fouet et hampe ; un épipodite grand, en forme de langue; il n’existe pas encore de lame masticatrice. Le dernier article de la seconde paire de pattes thoraciques est également un peu modifié dans son revêtement sétigère.
Chez la femelle apparait une disposition du plus haut intérêt; l’article basilaire des six dernières paires de pattes porte une lame concave, dirigée vers l’intérieur, et l’ensemble de ces lames constitue une cavité incubatrice dans laquelle les œufs accomplissent leur développement. Cette disposition se retrou-
. - - .J. . ^29. — Principaux appendices droits de la
vera a des degres divers chez les Mysidæ, Nebaiia bipes, vus en dessous. — /, mâchoire, les Cumacés, les Isopodes et les Amphipodes. ~ maxiiiipède — s maxiiie; l’articie s
^ ^ porte un exopodite lamellaire. — 4, pleo-
(Voir la classification.) La différenciation de pode : S, basipodite; ai, rétinacle. (Lettres de la première paire de pattes en maxillipède se
poursuit chez les Mysidæ par l’apparition sur te basipodite d’une lame masticatrice ovale, dirigée vers le haut; la deuxième paire de pattes est de même un peu plus différenciée. Il n’existe d’épipodite que sur la première paire de pattes.
Cumacés. — Les pattes thoraciques des Cumacés (fig. 720) ont toujours sept articles, comme celles des formes précédentes, mais les coxopodites et, sur la première paire de pattes, le méropodite sont très courts. Il n’y a d’épipodite que sur le maxillipède qui présente, comme celui des Mysis, une lame masticatrice sur son basipodite; cette lame est dentée; l’épipodite est grand; un peu prolongé en avant, il s’étend en arrière en une sorte de lame dont le bord inférieur, diversement replié en dedans, porte des digitations constituant manifestement un appareil branchial. L’exopodite du maxillipède est également une lame dirigée en avant, d’abord large-, mais se rétrécissant [ensuite en un pédoncule qui sert de support à une lame dont la forme et la consistance fournissent de bons caractères de classification (p. 1022). Les gnathopodes et la dernière paire de pattes thoraciques man-
CRUSTACÉS
quent toujours d’exopodile; il en est de môme de l’avant-dernière paire de pattes et assez souvent de l’antépénultième, voire même de celle qui précède chez les femelles. L’exopodite des premiers péréiopodes est terminé par un fouet multiarliculé, portant des soies plumeuses qui en font une puissante nageoire (fig. 716, p. 886); leur endopodite et la rame simple des derniers péréiopodes sont ambulatoires; ces péréiopodes postérieurs sont, en général, terminés par une épine branchue.
Amphisopodes. — Les Apseudes qui sont, à tant d’égards, intermédiaires entre les Isopodes et les groupes les plus divers de Malacoslracés ressemblent aux Cumacés parla brièveté de leur coxopodite et de leur ischiopodite (fig. 718, p. 889). La première paire de kormopodes, plus courte que les autres, porte sur son basipodite une lame masticatrice garnie d’épines; son ischiopodite a disparu; elle est munie d’un épipodite membraneux, pédonculé et portant lui-même un appendice filiforme, c’est un maxillipède (n“ 4). Les autres pattes sont au contraire sans épipodite, comme chez les Cumacés; mais portent un court exopodite filiforme, biarticulé (n° 5). Le premier péréiopode, plus robuste que les autres, se termine par une pince didactyle, formée comme cela arrive chez tant d’Arthropodes, par le dactylopodite et une apophyse en forme de crochet du propodite. Cette disposition commune aux Tanaïdæ, aux Anthuridæ et à un assez grand nombre d’Amphipodes ne se retrouve pas chez les Isopodes proprement dits.
Isopodes. — Chez les Euisopodes (fig. 730) les trois premiers péréiopodes sont, en général, dirigés en avant, les quatre suivants en arrière ; ces deux groupes d’appendices sont souvent différemment conformés; les trois paires de pattes antérieures sont plus courtes et se terminent par une main préhensile chez les Æginæ, par exemple; mais la différenciation des appendices n’est pas nécessairement délimitée de la sorte : chez les Arcturus, la première paire de kormopodes est courte, large, foliacée, les trois suivantes sont filiformes, mais frangées de longs poils et propres à exciter dans l’eau un mouvement de tourbillon; les trois dernières, dénuées de soies et terminées par un double crochet, sont essentiellement ambulatoires; le premier groupe d’appendices comprend donc quatre pattes; le second, trois; ce mode de division du corps se généralise chez les Amphi- Fig. 730. — Cymoihoa podes. La constituUon des péréiopodes est assez caractéristique, Sous^^^^ÏTameiies l’îschiopodite est aussi long que le méropodite ; le dactylopodite incubatrices (d’après porte uue griffe. Seule la première paire de pattes porte un éoi-
H. Milne-Edwards). . ,, j ... .
podite solide, chitineux, qui concourt avec l endopodite a recouvrir les pièces buccales (fig. 724, ep); le nombre des articles de son endopodite peut être de cinq (Arcturus, Sphæroma, Olga., Cirolana, Ligia, etc.), de quatre (Idothea) ou de deux seulement (Oniscus, Phüoscia) ; le coxopodite est court, le basipodite pourvu d’une lame masticatrice, née comme dans les genres précédents de son bord antérieur et munie de crochets {h). Le coxopodite des pattes suivantes a une tendance manifeste à se fusionner avec la paroi du segment qui le porte. Cette fusion s’indique déjà pour la troisième patte thoracique chez les Asellus et les Janira; elle est achevée pour cette patte et indiquée pour les six suivantes chez les Idothea, Æga, Sphæroma, etc.; elle est complète pour les sept paires de pattes chez les
des Amphipodes; — 3, maxille; — 4, 1®” maxillipèdes soudés pour constituer une lèvre inférieure ; — S, pléopode. (Lettres et numéros de la figure 720; d’après Boas.)
Oniscus et la plupart des Isopodes terrestres dont les pattes paraissent ainsi n’avoir que six articles. La septième paire de pattes avorte chez les Serolis. Un certain nombre de pattes sont munies de lamelles incubatrices chez les femelles : ce sont ies six premiers péréiopodes chez les Cymothoa (fig. 730, Bpr), les cinq premiers chez les Oniscus, Porcellio, Idothea et chez les Bopybidæ, les quatre premiers chez les Asellus, Jæra, Arcturus ; les deuxième, troisième et quatrième chez les Sphæroma. Cette lame étant portée par le coxopodite,on est conduit à considérer comme un épipodite la singulière pelote que porte le premier article visible des membres chez les Ce-
pon femelles. Les pattes thoraciques ~ appendices droits du Gammarus
^ 1 '1 loeusta, vus en dessous. — /, mandibule — 2, mâchoire ;
SOntrudimentaireS ChezlesENTONISCIDÆ e, laclnie externe; i, lacinie interne; f, fausse lacinie
femelles dont les énormes lames incu- Latrices prennent une conformation et un développement tout particuliers.
Amphipodes. — Dans les maxillipèdes des Amphipodes une modification nouvelle intervient : les deux coxopodites se soudent en une seule pièce impaire (fig. 731); les six autres articles demeurent libres; le basipodite et l’ischiopodite portent chacun une lame masticatrice A et k' semblable à celle des Isopodes. Chez les Hyperinidæ, la soudure gagne les basipodites qui ne constituent avec les coxopodites qu’une seule pièce impaire, portant de chaque côté d’un processus médian une lamelle ovoïde, dentée sur son bord interne; c'est tout ce qui reste de l’endopodite.
Les kormopodes ont un ischiopodite très court, comme celui des Cumacés; ils manquent d'épipodite et d’exopodite; mais leur coxopodite porte, sur sa face interne, dans une position toute différente, par conséquent, de celle de l’épipodite, un sac respiratoire, à parois minces, ordinairement tubuleux (fig. 733, jK), quelquefois ramifié {Anchylomera, Phrosina, etc.). Chez les femelles, le premier péréiopode manque toujours de lame incubatrice ainsi que les deux derniers; le nombre de ces lames est donc réduit à quatre; il n’y en a même plus que deux chez les Caprella où elles correspondent aux troisième et quatrième péréiopodes. Le coxopodite est toujours soudé avec les téguments quoique nettement délimité par une suture; lorsqu’il est bien développé, il constitue une grande^lamelle dite à tort lamelle épimérienne, qui recouvre extérieurement et intérieurement le basipodite dans les quatre premières paires de kormopodes (fig. 714, p. 885) ; dans les trois paires suivantes, il s’unit au basipodite de ■manière à recouvrir extérieurement l’angle supérieur et antérieur de cet article et à être recouvert intérieurement par son angle supérieur et postérieur. Il en résulte que
Fig. 732. — Phronima sedentaria, mâle. — O, yeux ; A, antennules; A", antennes; D, intestin; ff, cœur avec l’aorte; K, branchies; G, orifice sexuel.
902 CRUSTACÉS
les mouvements dont les deux groupes de membres sont susceptibles ne sont pas les mêmes et qu’ils présentent le plus souvent une orientation différente, permettant de les distinguer au premier coup d’œil. Les péréiopodes présentent encore des
différences d’aspect dont la
plus frappante consiste en ce que le dactylopodite devient opposable soit au propoditc élargi, soit à un processus de celui-ci parallèle à la direction du membre; il se constitue, dans le premier cas, une main •préhensile, (fig. 732), dans le second une pince clidactyle (fig. 733). Le processus immobile est porté par le carpopodite chez les Leucothoè, de sorte que le doigt mobile est ici biarticulé. Le
fedentaria femelle. - O yeux ; A', antennules ; , sOUVeut, Une OU plusiours
A", antennes ; Af, mâchoire; Z), tube digestif ; AT, cœur avec 1 aorte ; ^ .
K, branchies; iV, système nerveux; Ov, ovaire; Z)r, glandes dans la dOS paireS de péréiOpodeS qui plnoe de 1. emq.Léme p.ire de pelle., ' maxillipèdeS sont
ainsi modifiées et on les désigne, suivant la règle précédemment indiquée, sous le nom de gnathopodes. (Voir classification.) Un avortement des troisième, quatrième et cinquième paires de pattes dont les degrés fournissent des caractères génériques peut être suivi dans le sous-ordre des Lémodipodes (p. 1015).
Décapodes. — Les trois premières pattes thoraciques des Décapodes ont une conformation toute différente des autres et peuvent être considérées comme trois paires de maxillipèdes. Il existe cependant des gradations très marquées à cet égard; les deux dernières paires de maxillipèdes des Sergestes ressemblent aux deux paires de pattes suivantes; cette ressemblance se réduit à la dernière paire chez les Palæmonid.e. D’une manière générale les maxillipèdes de la dernière paire ressemblent plus aux péréiopodes que ceux de la seconde, ceux de la seconde que ceux de la première, de sorte qu’on pourrait réserver à ces derniers, comme chez les Ampbipodes, le nom de maxillipèdes et attribuer aux pattes suivantes la dénomination de gnathopodes. Dans la première paire, le bord du coxopodite et le basipodite se prolongent horizontalement vers l’intérieur en une lame masticatrice très développée; rarement {Denthesicymus) cette lame est verticale comme chez les Mysis; les articles de l’endopodite sont plus ou moins fusionnés et ne forment qu’un court appendice; ils ne conservent leur nombre normal de cinq que chez quelques Penæid.e {Penæus, Cerataspis) ; l’exopodite, dirigé en avant, est formé d’une hampe et d’un court fouet multiarticulé ; l’épipodite, dirigé eu arrière et en dessus, a la forme d’une lame foliacée. Dans le second maxillipède les deux lames masticatrices du sympodite sont, en général, peu développées; les cinq articles de l’eudopodite sont distincts et les deux derniers sont recourbés en dedans, toutefois le basipodite et l’ischiopodite sont toujours soudés; l’exopodite, assez court, est aussi formé d’une hampe et d’un fouet de plusieurs articles; l’épipodite très élargi porte des filaments branchiaux. Enfin
l’endopodite du troisième maxillipède est beaucoup plus développé que l’exopodite qui garde la même forme que dans les maxillipèdes précédents; l’épipodite a pris de même un plus grand développement et de plus nombreux filaments branchiaux.
Fig. 734. — Astacus fluviatilis mâle et femelle, vus par la fane ventrale. — Chez le mâle on a supprimé les patles ambulatoires et les pattes abdominales du côté gauche; chez la femelle les pattes ambulatoires du côté droit, ainsi que toutes les pattes-mâchoires. — A', antenne interne ; A", antenne externe avec son écaille (PI) ; Md, mandibule avec son palpe ; Mx', première mâchoire ; Mx", deuxième mâchoire ; Alxf à Mxp, les trois pattes-mâchoires; Goe, orifice sexuel; Doe, orifice de la glande rénale; F' et F", première et deuxième pattes abdominales ; Ov, œufs; A, anus.
Même lorsqu’il présente, comme chez les Penæus, une grande ressemblance apparente avec les péréiopodes et dépasse leur longueur, le troisième maxillipède garde des caractères bien nets : il se dirige en avant, présente un revêtement particulier de soies, un grand exopodite, et son troisième article, contrairement à ce qui a lieu pour les péréiopodes, est très long et pourvu d’une crête dentée. La troisième paire de maxillipèdes constitue toujours un appareil de protection pour les autres pièces buccales; cet appareil atteint son maximum de perfection chez les Brachyures où les ischiopodites des troisièmes maxillipèdes se dilatent en plaques carrées, contiguës sur la ligne médiane quand l’animal est au repos, et masquent ainsi d’une manière complète les autres organes masticatoires.
CRUSTACÉS
Sauf chez les Penæiis et quelques Palæmonidæ {Acanthephyra, Meningodora, Pasiphaë), il n'y a pas d’exopodite sur les péréiopodes des Décapodes adultes bien que nombre d’entre eux traversent dans leur développement un stade mysidien où ils en sont pourvus. L’exopodite des Penæus est très petit, celui des Pasiphaë, des Acanthephxjra et des genres voisins est flagelliforme, multiarticulé, frangé de soies et dressé obliquement à l’extérieur de la carapace; il a la même forme sur le dernier maxillipède et sur les cinq péréiopodes. Il existe souvent un épipodite sur les quatre premiers péréiopodes; ces processus ne manquent à toutes les paires de pattes ambulatoires que chez les Lucifer. Ce sont toujours de simples lamelles ne jouant qu’un rôle très secondaire dans la respiration.
Les sept articles des péréiopodes sont également mobiles chez les Décapodes nageurs; chez les Décapodes marcheurs, le basipodite et l’ischiopodite sont toujours soudés entre eux; chez les Homards seuls, cette soudure n’a lieu que pour la première paire de péréiopodes; en revanche, il s’en établit une nouvelle entre l’ischiopodite et le méropodite sur le premier péréiopode de quelques Crabes de la section des Oxystomata. Le dactylopodite ne porte pas de griffe proprement dite, mais se termine en pointe plus ou moins aiguë. Fréquemment il peut se rabattre sur le propodite dilaté de manière à former une main ravisseuse (fig. 73o, /), ou s’opposer à un prolongement de cet article en formant avec lui une pince didactyle {U). La première disposition est offerte par la première paire de péréiopodes des Pontophilus, des Ceraphilus, des Glyphocranyon, des Crangon et à un degré moindre des Langoustes.
La deuxième est beaucoup plus répandue; elle est présentée par les cinq paires de péréiopodes chez les Pentacheles, et dans les autres groupes par un nombre de paires de pattes qui est variable et peut servir à les caractériser (p. 1033). Chez les Hippolytinæ, Alpheinæ, Pandalinæ, et quelques Crangoninæ {Glyphocranyon), le carpopodite et même le méropodite {Pandalus, Nika, etc.) de la deuxième paire de péréiopodes sont divisés en petits articles dont le nombre peut s’élever à quinze ou vingt; ce carpe extrêmement ténu est suivi d’une petite pince (fig. 735, m). Le même phénomène se produit, chez les Penæidæ, pour les deux pattes postérieures des Stenopus] il est poussé bien plus loin chez les Hapalopoda dont les quatrième et cinquième paires de péréiopodes, dépourvues de pinces, s’allongent comme des fouets antennaires, et démontrent ainsi que les antennes ont pu provenir d’organes ayant la constitution ordinaire de pattes.
Outre ces différences dans leur mode de terminaison chez un même individu, les péréiopodes peuvent encore en présenter d’autres relativement à leurs dimensions.
En général, la première paire armée de pinces puissantes est beaucoup plus grande que les autres (fig. 733, k) ; mais c’est la seconde paire qui atteint le plus grand développement chez les Palæmoninæ, la troisième chez les Anchistia, la quatrième chez les Sergestes, les deux premières chez les Pasiphaë, etc. Les deux dernières paires de péréiopodes avortent chez les Lucifer. La réduction des péréiopodes postérieurs qui se manifeste déjà chez quelques Tualassinidæ {Laomedia) est caracté- j ristique des familles des Galatheidæ, des Paguridæ et des Dromiidæ. Dans cette dernière famille ces pattes tendent à s’insérer sur le dos, et l’atrophie gagne la quatrième paire de péréiopodes dans quelques-uns des genres qui en dépendent {Dromia, Dorippe, etc.) et chez la plupart des Paguridæ.
L’inégalité des deux péréiopodes appartenant à une même paire est encore un
phénomène fréquent (Anchistia, Heterocarpus carinatus, Homàrus, Alpheus), elle est pour ainsi dire la règle chez les Paguridæ, où le premier péréiopode gauche est ordinairement le plus développé et sert souvent à fermer l’orifice de la coquille
Fig. 735. — Figure théorique montrant les parties caractéristiques du corps d’un Décapode et les principales modifications dont les appendices sont susceptibles. — A-E, rostre et céphalomérides ; F-0, péréiomérides; P-V, pléomérides; Z, telson. — Fr, région frontale de la carapace; Gr, région gastrique; Cr, région cardiaque; Ggr, région rénale; Jïr, région hépatique; le reste constitue la région branchiale. — sod, dent surorbitaire; ad, dent antennulaire ; a, pédoncule oculaire; b, antennule comprenant ici une hampe de 3 articles et deux fouets ; c, antenne avec une hampe de 5 articles dont le troisième porte l’écaille antennaire Sc, et le premier, le tubercule Ph, sur lequel s’ouvre la glande rénale ; h, i, maxillipèdes; k a. o, péréiopodes, k est terminé par une pince diclactyle (Homaridæ, etc.), l par une main préhensile (Crangoninæ) et porte un exopodite, ec ; m présente un tarse multiarticulé et se termine par une petite pince (Alpheinæ, Pandalinæ) ; n est filiforme (Benthesicymus) et porte un métapodite ec ; o est terminé par une griffe simple; pat, pléopodes; p est simple, les autres biramés; les deux rames de s sont transformées en lamelles; celles de t en fouets multiarticulés ; ds, sillon divisant en deux articles la rame externe des uropodes; / à 7, les sept articles des appendices; mh, épipodite des kormopodes. portant la podobranchie, Pd, fixée à son extrémité inférieure; Ar, arthrobranchies disposées par couples, sur la membrane articulaire du coxopodite et du corps ; PI, pleurobranchies sur la paroi du corps (d’après Spence Bâtes).
habitée par le Crustacé. La disproportion est énorme chez les Thaumastocheles et les Callûmassa, où la plus grosse pince est tantôt la droite, tantôt la gauche. Il y a chez les Nika non seulement différence de taille, mais différence de conformation entre les extrémités des deux péréiopodes de la première paire : celui de gauche est terminé par un crochet, celui de droite par une pince didactyle.
Stomatopodes. — Les Stomatopodes présentent un mode de différenciation des pattes thoraciques tout différent de celui des Décapodes. Les cinq premières paires de ces appendices (fig. 736) ne présentent plus que six articles. Ces cinq paires sont inégales ; la paire (Kf) est grêle; et son méropodite allongé; la 2® paire est de beaucoup la puissante (Kf) et son basipodite est très court; les trois suivantes sont assez grêles et terminées comme la seconde par une main préhensile. Toutes cinq ont un épipodite lamellaire et manquent d’exopodite; on les considère comme des maxillipèdes. Les trois paires de péréiopodes qui suivent (B', B", B'")
CRUSTACÉS
manquent d’épipodite; elles sont grêles et composées seulement de cinq articles : leurs premier et troisième articles sont courts ; les trois autres assez longs; le troisième article porte une ramification latérale (métapodite).
Fig. 736. — Squilla mantis. — A', antennules; A", antennes; Kf, Kf", les deu.\ premiers maxillipèdes ;
B", B'", les trois péréiopodes de droite.
Pattes abdominales ou pléopodes. — Il n’y a pas de pattes abdominales nettement caractérisées chez les Entomostracés. La région abdominale ne présente quelque chose de comparable à des membres qu’à son extrémité postérieure. Son dernier anneau porte chez les Copépodes nageurs deux appendices pourvus de longues soies constituant une sorte de nageoire bifurquée [furca). Ces appendices i sont rudimentaires {Lernæa hranchialü^ mâle) ou manquent chez les Copépodes parasites. Des appendices analogues terminent le corps de certains Oslracodes (Cytheridæ, Cypridæ) et peuvent se transformer chacun en une lamelle verticale qui se soude parfois avec la lamelle symétrique (Cypridinæ, Halocypridæ, Cythe- j rellidæ). Deux soies dorsales marquent la naissance de ces appendices. \
L’abdomen des Cladocères, recourbé vers le bas, est formé de quatre mérides munies de rangées de crocbets articulés; à la naissance du dernier sont, comme chez tes Ostracodes, deux soies dorsales tactiles et à son extrémité libre deux grandes griffes. Le mode de terminaison de l'abdomen des Estheridæ rappelle ce que nous venons de décrire; le dernier segment porte aussi deux soies plumeuses, puis se divise de même que chez les Branchipodidæ (fig. 726, p. 897) en deux lamelles verticales. Ces lamelles sont remplacées chez les Apodidæ (fig. 711, p. 883) par deux filaments grêles qui seuls peuvent évoquer le souvenir d’appendices articulés.
11 y a, au contraire, dans la règle, chez les Malacostracés, six paires d’appendices abdominaux ou pléopodes correspondant aux six mérides qui précèdent le telson, i toujours dépourvu de membres. Assez souvent une ou plusieurs paires de ces ! membres abdominaux sont atrophiés ou font complètement défaut. Ils manquent j quelquefois dans les ordres des Cumacés et des Schizopodes; leur nombre varie : alors d’un genre à l’autre chez les mâles (p. 1022 et 1023). i
Chaque pléopode se compose d’un sympodite biarticulé, d’un endopodite et d’un i exopodite. Les articles de l’endopodite et de fexopodite sont, en général, respec- | tivement soudés ou confondus en une seule lamelle. Chez les Nebaliidæ (fig. 729, < n° 4, ai; p. 899), Euphausiidæ, Sqüillidæ, TnALASSiNiD.F, Palæmonidæ et un certain | nombre d’autres Décapodes nageurs, au moins à l’état de larves, l’endopodite porte | un processus interne ou rétinacle, garni de crochets à son extrémité, par lequel chaque j appendice peut se fixer à son symétrique, les deux pattes étant dès lors forcées d’agir i simultanément; ce processus est remplacés chez les Cumacés, et un certain nombre d’Arthrostracés, par un groupe de crochets qui jouent le même rôle. i