‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 325 sur 347 · APPENDICES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

APPENDICES ABDOMINAUX

dents puissantes; elle peut dès lors agir comme une pelle ou comme une scie. Enfin le tarse, articulé sur la face externe de la jambe, a un article basilaire large et aplati, et peut former avec ta jambe un nouvel instrument coupant.

Les pattes antérieures des Mantidæ (flg. 900, a), des Mantispa (fig. 971, p. 1220), des Nepidæ (fig. 904) sont des pattes préhensiles ou pattes ravisseuses. Chez les premières et les secondes, le tarse reste normal; la jambe armée d’épines et terminée en crochet se rabat contre la cuisse, également épineuse; chez les dernières (fig. 904), le tarse est en forme de crochet et se rabat avec la jambe contre la cuisse. Tous les Insectes munis de telles pattes ravisseuses sont carnassiers.

Les modifications adaptatrices des pattes postérieures sont moins profondes. Le renflement de la partie basilaire de la cuisse, l’élongationde lacuisseet de la jambe caractérisent les Insectes sauteurs (fig. 900, c) ; chez les plus perfectionnés d’entre eux, les Locustidæ et les Acrididæ, la cuisse est, en outre, articulée de manière à se mouvoir, comme la jambe, dans un plan vertical. Un renflement ? pareil de la cuisse, combiné avec un raccourcissement de ; la jambe qui est très arquée, caractérise les grands et I remarquables longicornes fouisseurs du genre Hypocephalus: ces pattes postérieures robustes ne sont plus des soî.— Nèpe cendrée {Nepa

cinerea), hémiptère aquatique

organes de saut, mais de propulsion, qui permettent à à pattes antérieures ravisseul’animal de s’enfoncer comme un coin dans la terre qu’il (Régné ammai.) creuse. La transformation des pattes postérieures en organes de natation est obtenue à moins de frais encore. Les articles du tarse s’aplatissent et se frangent de longs poils (Dytiscidæ, fig. 900, e; Hydrophilidæ, fig. 962, p. 1216; Notonectidæ).

Appendices abdominaux. — Les appendices que portent les segments abdominaux présentent un haut intérêt parce qu’ils rapprochent les Insectes des Crustacés et des Myriapodes dont tous tes mérides peuvent porter des membres. A ce point de vue le plus remarquable de tous les Insectes est le Machilis maritima précédemment cité (p. 1148). Ses pattes abdominales présentent deux articles très mobiles fun sur l’autre, et l’animal, lorsqu’il marche, les appuie toutes sur le sol et les utilise soit comme des organes de propulsion, soit comme des organes de tact. La dernière paire est plus grande que les autres, ses deux pièces, repliées au repos l’une contre l’autre, projettent l’animal en un saut brusque, lorsqu’elles se détendent subitement. Au lieu de pattes, le 10® article du corps porte deux longs filets multiarticulés, que remplace un filet unique sur le H® segment. Chez les Lepisma (fig. 887) il ne reste plus, avec les filaments caudaux, que les deux dernières paires de pattes; elles sont conformées comme celles des Machilis; au contraire, ce sont les trois premières paires d’appendices qui subsistent chez les Campodeidæ; la première est formée de deux articles (fig. 889); la seconde est bifurquée, la 3® est simple et uniarticulée. Il faut, sans doute, considérer comme une paire d’appendices modifiés l’appareil saltatoire bifurqué que porte à la face ventrale l’un des derniers J anneaux de l’abdomen des Poduridæ (fig. 903) et des Sminthuridæ. A la même 1 catégorie de formations se rattachent encore les appendices diversement adaptés ^ que présentent, à l’extrémité postérieure de leur corps, la plupart des Orthoptères,

INSECTES

des Névroptères et des Hyménoptères ainsi que quelques Insectes des autres groupes. Chez les Blattidæ (lîg. 895) et les Mantidæ (fig. 900, a), il existe deux paires de ces appendices terminaux désignés sous le nom de styles et de cerqucs (cerci) qui ont la forme de filets pluriarticulés; ces appendices sont courts, résistants et uniarticulés

chez les Locustidæ. Sans doute, par suite de la fusion en un seul des deux appendices de la dernière paire, il n’y a plus que trois filets extrêmement longs à l’extrémité du corps des Lepis- MiDÆ et des Ephemerid.e ; les PUASMIDÆ, GrYLLIDÆ (fig. 912), Acrididæ, Perlid-e n’ont plus qu’une seule paire de ces appen-

Fig. 906. — Forficu a auricularia (Règne animal).

Fig. 905. — Podura viUosa.

dices, foliacés et inarticulés dans la première famille, filiformes dans les trois dernières, courts chez les Acrididæ, longs chez les Gryllid.e et Perlidæ. Dans toutes les familles que nous venons d’énumérer, les appendices terminaux de l’abdomen sont simplement des organes tactiles; ils deviennent des organes de défense chez les Forficulidæ (fig. 906) où ils ont la forme de longues pinces plus développées chez les mâles, et chez les Vanorpa (fig. 909) où elles sont propres à ce sexe; ils forment chez les Libellulidæ une courte tenaille à l'aide de laquelle l’animal saisit la femelle par le cou, et l’entraîne dans son vol jusqu’au moment où elle se prêle à l’accouplement. Dans un assez grand nombre de familles (Gryllidæ, Locüstid.e, ; Hémiptères homoplères, tous les Hyménoptères), ils se combinent avec les épimères | des trois derniers segments abdominaux (9®, 10® et 11®) pour constituer un organe de ponte, Yomscapte, propre à porter les œufs à une certaine profondeur dans le sol (GRYLLID.E, Locustid.e), OU SOUS fécorce des végétaux (Hémiptères homoplères, j Hyménoptères térébrants et gallicoles), ou sous la peau de certains animaux aux j dépens desquels ils doivent se développer (Hyménoptères pupivores). Cet oviscapte j peut se transformer en un aiguillon propre à tuer ou à paralyser les proies dont : les jeunes doivent se nourrir, ce qui n’est qu’une modification légère de son rôle ■) d’organe de ponte (Hyménoptères fouisseurs, Vespidæ); il se réduit enfin à n’être iî plus qu’un simple organe de défense lorsqu’il a atteint le dernier terme de ses | transformations (Hyménoptères mellifères et hétérogynes).

L’oviscapte des Locustid.e est tantôt court et en forme de faucille, tantôt allongé | [Phaneroptera) et légèrement courbé en forme de sabre [Ephippigera, Dolichopoda, j Decticus) ou droit comme une épée (Locusta, Conocephaliis) . Il est formé par deux î paires d’appendices en forme de lame, dépendant du 9® segment de l’abdomen et ; qui sont compris entre les appendices aplatis et fortement chitinisés du 8® segment, i comme entre deux valves (fig. 907). }

Les oviscaptes des Hyménoptères, qu’ils servent de tarière, de lancette ou d’aiguil- j Ion, présentent un même mode de constitution (fig. 931, p. 1183). L’antépénultième j segment du corps leur fournit deux pièces latérales en forme de demi-cercle, à con- | cavité tournée en dedans et en arrière qui supportent chacune un appendice ou stylet, ' denticulé à son extrémité libre {Stb', Stb"). Les deux stylets peuvent se rejoindre à leur j extrémité libre sur la ligne médiane du corps. Ils sont placés dans une rainure pra- >

AILES

Fig. 907. — a, extrémité postérieure de l'abdomen d’un jeune Locusta femelle avec les mamelons de l’oviscapte et les cerques : C', et C", mamelons interne et externe de 1 avantdernier anneau; C"', mamelon de l’aiitépcnultième anneau. — b, jeune femelle un pru plus âgée. — c, Nymphe; A, anus flanqué des cerques (d'après Dewitz).

tiquée à la face inférieure d’un organe en forme de gouttière, le gorgeret (Ba), soutenu par deux supports semblables à ceux qui soutiennent les stylets et formé luimême de deux appendices correspondant morphologiquement aux stylets, mais dépendant de l’avant-dernier segment du corps. Le gorgeret est enfin recouvert par un fourreau bivalve formé de chaque côté par deux écailles qui correspondent, elles aussi, aux stylets et à leurs supports, mais dépendent du dernier segment du corps.

L’armure génitale femelle des Insectes est donc composée des trois derniers mérides de l’abdomen et des appendices qui en dépendent. Ces mérides sont, à l’état de repos, rétractés à l’intérieur de l’abdomen, difficilement reconnaissables même lorsqu’ils sont à l’état de protrusion, de sorte que le nombre des segments de l’abdomen parait souvent bien inférieur à onze, qui est le nombre le plus fréquent dans les formes où les derniers segments ne sont pas modifiés L Ce chiffre peut d’ailleurs tomber à dix par l’avortement d’un segment (Ephe- MERiDÆ) ou très rarement s’élève à douze.

Ailes. — Les ailes des insectes sont des lames membraneuses, sèches, plus ou moins étendues, portées par le mésothorax et le métathorax, sauf les très rares exceptions précédemment indiquées. Dans leur forme primilive (Neurorthoptères), ces lames sont nues, transparentes, presque exactement semblable entre elles, soutenues par des cordons chitineux, creux, simples ou ramifiés et qu’on nomme les nervures. On dit alors que les ailes sont membraneuses. Il existe en général six nervures principales; toutefois chez les Ephemeridæ (fig. 908), Libellulidæ, Myr- MELEONiDÆ (fig. 961, p. 1215), Hemerobiidæ, les nervures sont si fines et forment un réseau si serré et si variable dans le détail qu’on ne saurait décrire avec précision ses mailles innombrables. Les nervures quoique ramifiées et anastomosées demeurent moins nombreuses, plus fixes et découpent l’aile en plages plus étendues chez un assez grand nombre de Pseudo-Névropfères (Termitidæ, Perlidæ) et de Névroptères (Semblidæ, Panorpidæ, fig. 909; Phryganidæ, fig. 910); la réticulation s’achemine ainsi vers celle qu’on observe chez les Hyménoptères et les Lépidoptères (fig. 911). Ces insectes ont aussi quatre ailes membraneuses, semblables entre elles, mais ces ailes sont découpées par un nombre déterminé d’assez grosses nervures en cellules dont la configuration et les rapports, aisément déterminables, fournissent à la nomenclature d’excellents caractères. Les Diptères ont des ailes antérieures construites sur le même type; mais leurs ailes postérieures sont avortées et réduites à de simples stylets terminés par un bouton élargi, qu’on nomme les balanciers.

Dans les trois ordres des Orthoptères (fig. 912), des Coléoptères (fig. 962 et 963,

^ H. Lagaze Düthiers, Recherches sur Varmure génitale femelle des Insectes. des Sciences naturelles, 3® série, vol. XII, XIV et XIX.

Annales

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p. 1217) et des Hémiptères (fig. 904), les ailes antérieures quoique généralement bien développées deviennent très différentes des postérieures. Les quatre paires d’ailes gar-

Fig. 908. — Ephemera vulgata-, Af, ses trois filaments terminaux {Règne animal).

Fig. 910. — Phryganca striala (Règne animal).

Fig. 909. — Panorpa cotnmunis mâle (Règne animal).

dent chez les Orthoptères le même type général de réticulation que chez les Pseudo- Névroptères. Cependant quelques-unes des nervures des ailes antérieures prennent

une importance décidément plus grande, de sorte que l’aile, dans son ensemble, revêt l’aspect d’une feuille avec ses nervures principales et ses nervures secondaires ; en même temps elle s’épaissit et se colore d’une manière particulière , se différenciant ainsi de plus en plus des ailes inférieures qui demeurent minces, transparentes, finement et assez régulièrement réticulées. Les teintes vertes Fig. 911. — vauesse paon de jour {Vatiessa lo). OU bruues dominent chez les Orthoptères, de sorte que la coloration et le ! mode de nervation de leurs ailes concourent tout à la'fois à dissimuler ces animaux I dans le feuillage ; c’est là le point de départ des phénomènes de mimétisme parfois si complet que présentent ces animaux {Phyllium, Empusa gongyloïdes, etc.). Tandis que les ailes supérieures gardent leurs dimensions primitives et, en raison de leur plus grande lourdeur, deviennent moins propres au vol, les ailes inférieures s'étalent en une si large surface qu’elles doivent, lorsqu’elles sont au repos, se plier longitudinalement en éventail pour venir se cacher sous les ailes supérieures.

AILES. 1165

Celles-ci jouent désormais principalement le rôle d’organes de protection; on leur donne le nom à'élytres.

A part celles de quelques Fulgoridæ dont la réticulation est serrée comme celle des Libellulidæ, les ailes des Hémiptères ressemblent au contraire par leur mode de nervation aux ailes des Hyménoptères, des Lépidoptères et des Diptères. Les ailes supérieures, contrairement à ce qui a lieu chez les Orthoptères, sont ici plus développées qne les inférieures; elles sont transparentes comme elles chez la plupart des Cigales, mais sont plus épaisses et autrement colorées chez le plus grand nombre des Cicadellidæ. Tandis que chez les Fulgoridæ, Cicadellidæ,

CiCADiDÆ et Aphidæ, elles présentent la même consistance dans toute leur étendue, ce qui a valu à ces animaux le nom d’HoMOPTÈREs; elles se distinguent chez les Hétéroptères par l’épaississement de leur moitié basilaire [corie), l’extrémité libre demeurant plus ou moins membraneuse; aussi leur donne-t-on le nom d’Atfmdytres qui est lui-même devenu l’origine de celui assez impropre d’HÉMiPTÈRE. Au repos, les ailes postérieures des Hémiptères sont simplement ramenées sous les supérieures sans plissement ou seulement avec un petit nombre de plis longitudinaux; elles peuvent être épaissies et colorées comme les supérieures chez quelques Fulgoridæ; mais elles sont le plus souvent minces et incolores.

Au point de vue de la consistance, les ailes acquièrent leur maximum de dissemblance chez les Coléoptères. Dans cet ordre, les ailes antérieures sont tellement épaissies que leurs nervures réduites aux six principales cessent le plus souvent d’être apparentes et que la disposition fondamentale de l’aile peut être masquée par des ornementations secondaires de type tout différent, tels que côtes, stries, ponctuations, rides, etc. Ce sont là les élytres typiques, absolument impropres au vol, parfois incapables de s’ouvrir (Cetoninæ), simples organes de protection. Au-dessous des élytres sont repliées, au repos, à la fois en long et en travers, des ailes membraneuses dont la nervation à grandes mailles rappelle le type de celle des Hyménoptères. Comme chez les Orthoptères, les ailes postérieures sont beaucoup plus développées que les antérieures; mais, tandis que l’agrandissement se produit surtout en largeur chez ces derniers, il a lieu surtout en longueur chez les Coléoptères.

Dans les ordres où la nervation des ailes présente une certaine constance, elle a été décrite avec soin, les nervures et les cellules qu’elles délimitent ont reçu des noms qui se rencontrent fréquemment dans les caractéristiques (Voir pour les Pseudo-Névroptères, Orthoptères et Névroptères, p. 1278), surtout dans celles des insectes fossiles dont les ailes seules sont parfois conservées. Quatre nervures divergentes partent en général de la base de l’aile antérieure des Hyménoptères (fig. 913 et 914) : la l'‘= forme le bord même de l’aile, c’est la nervure eostale; la

Fig. 913. — ■ Aile antérieure de Crahro sfriatus (grossie). — a, plerostigma ; cl', première nervure cubitale transverse ; e’, première nervure récurrente ; 1 , cellule radiale ; 1', cellule accessoire; 2', première cellule cubitale; 3', première cellule discoïdale. Les cellules plus rapprochées du bord externe de l’aile sont toutes plus ou moins imparfaites (grossie).

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seconde marche parallèlement à la première, tout près du bord, c’est la nervure sous-costale. Ces deux nervures se terminent à une cellule allongée ou ovalaire, colorée ou sombre, que présente presque toujours le bord antérieur de l’aile et

qu'on nomme le stigma ou le pterostigma (a). Les deux nervures suivantes, dites nervure humérale {h) et nervure anale ou nervure médiane (k), sont largement espacées; l’anale se prolonge jusqu’au bord inférieur de l’aile où son extrémité est marquée par un léger sinus et la portion de la membrane alaire située au-dessous d’elle est la cellule anale. L’autre nervure s’arrête vers le milieu de l’aile; elle est reliée par deux nervures transversales {g,i') d’une part à la nervure sous-costale, d’autre part à la nervure anale. Ainsi sont formées deux cellides humérales. 11 y a donc en tout, à la base de l’aile, quatre cellules : t" une cellule humérale supérieure ou cellule costale très étroite, presque linéaire, comprise entre les nervures costales et sous-costales; 2° une cellule humérale moyenne ou cellule médiane comprise entre les nervures sous-costale et médiane ; 3° une cellule humérale inférieure ou cellule submédiane comprise entre les nervures médiane et anale ; 4° une cellule lancéolée ou cellule anale comprise entre la nervure anale et le bord de l’aile. Les nervures transversales, qui limitent ces cellules et celles qui limitent le ptérostigma, forment une ligne brisée des sommets de laquelle partent trois nervures principales; en haut le radius (6), au-dessous le cubitus (c), puis la nervure parallèle ou discoïdcUe (/’); cette dernière part de l’extrémité de la nervure humérale inférieure.

La cellule comprise entre le bord de l’aile et le radius est la cellule radiale-, entre le pleurostigma, le radius et le cubitus, des nervures transversales peuvent découper jusqu’à quatre cellules dites cubitales-, une de ces cellules, plus petite, située au milieu de la série, est dite cellule spéculaire ou aréole (2'j. Trois cellules, séparées par deux nervures transverses dites nervures récurrentes (e', e") occupent, en général, le centre de l’aile entre les cellules cubitales et la nervure disco'idale, ce senties cellules discoïdales; les plus intérieures d’entre elles sont séparées de la cellule anale par une grande cellule, la deuxième submédiane, au-dessous de laquelle, vers l’angle interne de l’aile, est la cellule apicale ou cellule acuminée. Ces cellules peuvent être divisées par des nervures accessoires ; inversement les nervures qui les séparent peuvent disparaître, de là de nombreux caractères. L’aile inférieure a une structure un peu plus simple, mais analogue. C’est chez les Hétérogynes et les Proctotrüpidæ

Fig. 914. — Aile antérieure d'Hyménoptère à nervation normale (Mellinus arvensis). — a, pterostigma ; b, nervure radiale ou radius; c, nervure cubitale ou cubitus; d', d" , d,"' , les trois nervures cubilales transverses; e', e" , les deux nervures récurrentes ;/■, nervure discoïdale; (}, nervure transverse médiane; h, nervure médiane; V , i" , les deux nervures submédlaires ; k, nervure anale. — 1, cellule radiale; 2', 2", 2'", 2"', les quatre cellules cubilales; 3', 3'', 3"', les trois cellules discoïdales; 4, cellule apicale; 5, cellule médiane; 6', 6", les deux cellules submédianes; 7, cellule angulaire; 8, cellule costale.

AILES

Fig. 915. — Aile d’une Noctuelle. — 1, la demibande transversc; 2, la bande transverse antérieure ; 3, la bande transverse postérieure ; 4, la plage annulaire; 5, la plage réniforme ; 6, la plage lancéolée; 7, la bande obscure médiane; 8, la ligne ondulée.

que la nervation des ailes présente son maximum de simplicité, tandis qu’on peut considérer comme typique l’aile des Hymé- ' noptères térébrants.

Chez les Lépidoptères (fig. 915 et 916), quatre nervures partent de même de la base de l’aile, le plus souvent bordée par une nervure tout à fait marginale, la costale externe (a'); ce sont : 1° la costale (a); 2° la nervure sous-costale ou médiane antérieure qui atteint le bord intérieur de l’aile à peu de distance de son sommet; la nervure médiane postérieure ou sous-dorsale (c), qui s’infléchit vers le milieu de son trajet et devient alors la première nervule. Du point d’inflexion de la sous-dorsale, part une nervure en forme d’arc brisé, concave vers la base de l’aile qui va rejoindre la médiane antérieure; c’est la transversale (g). Les deux médianes et la transversale comprennent entre elles une très grande cellule, caractéristique de l’aile des Lépidoptères, la cellule discoïdale (h). Des sommets de la transversale, entre la sous-costale et la sous-dorsale, partent cinq nervures qui se dirigent en divergeant vers les bords de l’aile et dont les deux premières, à partir du bord antérieur, se ramifient une ou deux fois, de sorte que le nombre total des nervures peut s’élever à douze dans l’aile supérieure, et celui des cellules qui atteignent le bord de l’aile à onze, abstraction faite de la discoïdale et d’une petite cellule accessoire qui en est souvent voisine. La structure de l’aile inférieure est analogue, quoique un peu plus simple (fig.

916, n° 2). Chez quelques Lépidoptères la nervation semble déterminer la position des bandes colorées ou nuancées de l’aile (fig. 915).

L’aile des Diptères est remarquable par la grande prédominance des nervures longitudinales. Deux nervures principales partent de la base de l’aile et se dirigent vers son bord en se ramifiant. La première est la nervure costale (fig. 917, n° 1), dont la principale ra-

Fig. 916. — N“ 1. Schéma do l’aile antérieure d’un Lépidoptère. — a, nervure costale ; a',nervure costale externe (souvent absente) ;

b, nervure sous-costale ou médiane externe;

c, nervure médiane ou sous-dorsale; d, nervure dorsale à racine parfois double; /', pli de l’ailé où peut se développer une deuxième nervure dorsale; ff, nervure transversale en arc brisé; A, cellule discoïdale. 1 à 12, les numéros d’ordre des nervules ; I a IX, les numéros d’ordre des cellules marginales. — N® 2. Schéma do l’aile postérieure d’un Lépidoptère. — a, b, c, d, f, comme dans la figure précédente; e, deuxième nervure dorsale; /".pli de l’aile où peut se développer une troisième nervure dorsale; h', h', subdivisions de la cellule discoïdale ; A", cellule accessoire ; k, frein. 1-8, numéros d’ordre de nervures; I à YIll, nu-

, , , - méros d’ordre des cellules marginales.

mitication dirigée vers le bas porte le nom de

radius (n° 2); la deuxième se divise en deux branches principales dont l’une est le cubitus (n° 4) ou nervure discoïdale, l’autre la nervure anale (n° 6), située dans la

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moitié inférieure de l’aile. Chacune de ces nervures se ramifie à son tour. Toutes les nervures longitudinales de l’aile se répartissent donc en deux groupes, faciles à

distinguer. La partie de l’aile comprise entre ces deux groupes forme une grande cellule, la cellule basilaire an<énei4re (VB), qu’une nervure transversale divise en deux autres, l’une proximale, l’autre distale. Au-dessous de cette cellule, entre la partie proximale du cubitus (cubitus anticus) et le premier rameau issu de la nervure anale, est une cellule presque aussi grande, la cellule basilaire postérieure (HB). Ces deux cellules n’atteignent pas le bord de l’aile, et sont limitées, du côté distal, par des lignes polygonales à concavité tournée vers la base de l’aile. Au-dessus de la cellule basilaire antérieure et des nervures costale médiane et radiale est une cellule allongée qui n’atteint pas le bord de l’aile, la cellule radiale (R). Une autre cellule polygonale (D) n’atteignant pas non plus le bord de l’aile, est contiguë du côté distal aux deux cellules basilaires, c’est la cellule discoïdale (D). Toutes les autres cellules arrivent jusqu’au bord de l’aile ; immédiatement au-dessous de la nervure radiale est la cellule cubitale (u) ; les suivantes, au nombre de cinq chez les Tipula, sont les celhdes postérieures (l à V) ; après lesquelles vient la cellule anale (AZ) qui longe dans toute son étendue la basilaire postérieure, mais atteint le bord distal de Taile; la partie restante de celle-ci est souvent divisée en deux aires triangulaires par une dernière nervure, la nervure axillaire (n° 7),

Entre la disposition des nervures des ailes chez les Hyménoptères, les Lépidoptères et les Diptères, il y a évidemment une certaine conformité que l’on pourrait poursuivre dans les autres types, sans qu’il soit encore possible d’énoncer une règle très précise reliant ensemble les modifications actuellement connues.

Chez les Gryllidæ mâles, la deuxième nervure transversale de l’élytre droite fait saillie en dessous, et porte une série de dents chitineuses qui, en frottant contre une nervure voisine du bord de l’élytre gauche, la mettent en vibration et produisent un son bien connu. Cet appareil sMdulant simple se perfectionne chez les Locüstidæ mâles. Dans cette famille des nervures très saillantes de la base de l’élytre droite forment une sorte de cadre circulaire sur lequel est tendue une mince membrane translucide, constituant le miroir, souvent accompagné d’un miroir plus petit. La base de l’élytre gauche recouvre le miroir et porte un groupe de grosses nervures transversales en forme de §, et marquées de nombreuses encoches transversales. Ces nervures constituent une sorte d’archet qui en raclant le cadre du miroir font vibrer le cadre et la membrane qu’il supporte et produisent une stridulation très bruyante chez la Locusta viridissimu, beaucoup moins chez les autres espèces de nos pays. La faculté de produire un son s’étend aux deux sexes chez les Ephippigera dont les élytres sont réduites â leur appareil musical.

Les ailes sont généralement nues ou ne présentent qu’un petit nombre de poils largement espacés qui laissent nettement apparaître leur membrane constitutive;

Fig. 917. — Aile de Tipula. — H, suboosta; 1, première nervure longitudinale (costa mediana); Hjiievvure radiale [radius ou sector) ; 3, nervure cubitale; 4, nervure discoïdale [cubitus anticus) ; 5, nervure submcdiane [cubitus posticus) ; 6, nervure anale [postcosta) ; 7, nervure axillaire : li, cellule radiale ; U, cellule cubitale;/), cellule discoïdale; I à V, cellules postérieures; VU, cellule basilaire antérieure; ////, cellule basilaire postérieure; AZ, cellule anale (d’après Fr. Brauer).

AILES

tout au plus les élytres sont-elles couvertes chez quelques Coléoptères d’une fine pubescence. Il n’en est plus ainsi chez les Phryganidæ dont les ailes supérieures sont revêtues de poils fins et serrés, auxquels elles doivent à la fois leur opacité et leur vive coloration. Ce mode de revêtement des ailes atteint son plus haut degré de développement chez les Lépidoptères qui lui doivent leur dénomination ordinale. Les poils ont ici, en général, une petite base discoïdale qui adhère à la surface de l’aile, un pétiole très rétréci et une sorte de limbe souvent dentelé cà son bord supérieur et de forme d'ailleurs très variable. Ces poils sont implantés sur l’aile avec une grande régularité; mais ils peuvent, sur une même aile, présenter des formes très différentes. De la forme à'écaüle que nous venons de décrire, ils passent graduellement vers la base et vers le bord de l’aile à la forme ordinaire des poils ou des soies. Cette transformation rend possible la singulière modification que présentent les ailes des Pteropiioridæ et des Alucitidæ; les nervures transversales de ces ailes sont limitées tout au plus à leur base; la membrane tendue entre les nervures longitudinales disparaît presque entièrement, mais chacune des nervures ainsi isolées est régulièrement frangée de soies serrées, de manière à ressembler à une plume. L’aile antérieure des Pterophorus est divisée en deux plumes, l’aile postérieure en trois, et l’ensemble de ces deux ailes chez les Alucita forme, de chaque côté du corps, un éventail de douze plumes. Les Lépidoptères nocturnes présentent souvent une disposition intéressante de leurs ailes ; l’aile postérieure porte une longue soie, le crin ou frein (fig. 916, n° 2, k) qui s’engage dans des poils plus ou moins modifiés de la base de la face inférieure de l’aile antérieure; par ce dispositif les ailes sont liées l’une à l’autre de manière à assurer leur synergie. Les ailes des Hyménoptères sont de même attachées l’une à l’autre par de petits crochets ou hamules.

Les balanciers qui remplacent les ailes postérieures chez les Diptères ont la forme d’un stylet légèrement dilaté à sa base, renflé en bouton irrégulier à son extrémité libre; ils contiennent à leur base de remarquables organes sensitifs qui seront décrits un peu plus loin (p. 1187).

Apparition tardive des ailes; les trois états de l’insecte: avortement des

ailes. — Aucun insecte n’est pourvu d’ailes au moment de son éclosion. C’est seulement après un certain nombre de mues, que des rudiments d’ailes se montrent ; une dernière mue laisse apparaître ces organes dans tout leur développement. L’insecte sans ailes est dit à l’état de larve-, avec des rudiments d’ailes, c’est une nymphe ou pupe) quand les ailes ont acquis leur dimension définitive, c’est un

insecte parfait ou imago.

Cette succession de phénomènes autorise à penser que les plus anciens des Insectes n’étaient pas ailés

comme les Blattidæ siluriens {Palæoblattina Douvillei) , mais aptères, et on t pour représentants les plus rapprochés, dans la nature actuelle, les Thysanoures dont quelques-uns présentent des caractères archaïques si tranchés. Cependant chez plusieurs de ces Insectes les pattes thoraciques portent un épipodite, et entre l’épipodite des kormopodes

Fig. 918. — Melophagus ovinus (d’après Packard).

Fig. 919. — Hippobosca equina (d’après Packard).

des Crustacés supérieurs et l’aile des Insectes on pourrait signaler plus d’une ressemblance (p. I178j. A l’opposé de ces Insectes originairement aptères, d’autres Insectes appartenant à des séries où les ailes sont bien développées, que leurs autres caractères conduisent à placer aux rangs les plus variés dans ces séries, ne peuvent être considérés que comme des formes où les ailes ont disparu (p. 327 et classification).

Appareil digestif. — L’appareil digestif des Insectes a toujours la forme d’un tube ouvert aux deux extrémités du corps et est divisé en régions définies. Ces régions

sont ; 1° le pharynx-, 2° Vmophagc, ordinairement renflé en jabot dans une partie de son étendue ; 3° le gésier, court et de forme ovoïde; 4° V estomac, toujours tubulaire qui s’étend depuis le gésier jusqu’à la naissance d’un verticille de tubes en nombre variable, les tubes de Malpighi ; 5° l’mtestin, cylindrique et souvent très sinueux; 6“ le rectum, toujours plus large que l’intestin et de forme ovoïde (fig. 920 à 923).

Chez les Insectes suceurs L l’aspiration est produite par le mouvement de pièces chitineuses, pharyngiennes, ou par l’annexion au pharynx antérieur d’une sorte de ventouse à fond

Fig. 920. — Canal digestif formées en trompe palpes labiaux ; Al, jnQbÜB (HETEROPTERA). du Pontia brassicæ. — M, antennes ; Gs, cerveau ; Gi, ganglion sous-

trompe (maxilles);.^/), glande œsophagien ; jV, ganglions thoraciques et L’œSOphagO qui SO renfle

fusiforme, située dans l’ab¬

domen, le jabot des Orthoptères, de la plupart des Coléoptères carnassiers (fig. 922, Jn), des Hyménoptères (fig. 923). Quelquefois séparé de l’œsophage par un étranglement (Gryllotalpa), le jabot se transforme chez les Lépidoptères, en une poche distincte, reliée à l’œsophage par un court pédoncule (fig. 920, S, et 921, V); ce pédoncule s’allonge beaucoup chez quelques Hyménoptères (Crabro) et surtout chez les Muscidæ. Le jabot peut devenir double chez quelques Hyménoptères iChrysis) et Lépidoptères (Zygæna). Dans tous les cas, le jabot fonctionne comme une sorte de panse où l’animal met en réserve, durant les périodes de récolte, les

) N. Léon, Disposition anatomique des organes de succion chez les Hydrocores et les Geocores (Bulletin de la Société des médecins et naturalistes de Jassy, 1888), et recherches médités de M. Lefebvre.

APPAREIL DIGESTIF. 1171

aliments qui lui sont nécessaires pour les périodes où il lui est impossible de butiner; il manque chez les Coléoptères herbivores.

Le gésier n’est bien développé que chez les Coléoptères carnassiers, un certain nombre d’Orthoptères (Blattidæ, Forficülidæ, Gryllidæ, Locustidæ), de Névroptères (Panorpa) et d’Ilyménoptères {Cynips, Formica). C’est un renflement globuleux, à fortes parois musculaires, intérieurement garni d'une épaisse cuticule chitineuse armée de crêtes, de dents, de soies ou de crochets souvent fort régulièrement disposés, et qui fonctionne comme un appareil valvulaire destiné à empêcher le reflux des aliments vers le jabot une fois qu’ils ont passé dans l’estomac.

Chez les Coléoptères herbivores {Hydrophüus), les, Lépidoptères, les Diptères, il n’y a pas de séparation extérieure entre l’estomac et l’œsophage; une valvule chitineuse, plus ou moins complexe, subsiste cependant entre eux (Meloidæ) ; le plus souvent, un étranglement extérieur sépare ces deux régions l’une de l’autre chez les Hyménoptères: ailleurs, l’estomac fait suite à l’appareil valvulaire; dans tous les cas, la région stomacale est reconnaissable aux cæcums glandulaires qui se développent sur sa paroi. A sa naissance, l’estomac présente deux vastes culs-de-sac latéraux qui le font paraître cordiforme chez les Gryllotalpa, Gryllus, Locustu., etc. ; ces culs-de-sac sont remplacés par six tubes laciniés chez les Acridium, par huit tubes grêles chez les Blatta et les Mantis; ces appendices manquent chez les Forficiila et les Phasma; ils sont au nombre de quatre à huit chez les Perlides, et forment un revêtement continu de villosités à la surface externe de l’estomac des Coléoptères carnassiers (fig. 922, Chd). Le trajet de l’estomac est presque rectiligne chez les Orthoptères, les Lépidoptères; sinueux chez les Coléoptères carnassiers, il commence à décrire de véritables circonvolutions chez les Coléoptères herbivores (Scarabeid.e, Hydrophilidæ), les Hyménoptères, les Diptères.

Les orifices des tubes de Malpighi n’établissent souvent qu’une démarcation conventionnelle entre l’estomac et l’intestin. Ce dernier est, chez les Orthoptères et les Coléoptères, de même calibre que la partie terminale de l’estomac; il se rétrécit peu à peu chez certains d’entre eux (Carabidæ); il se caractérise au contraire par une brusque diminution de calibre chez les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Diptères; droit chez les Orthoptères, il décrit dans les autres ordres des circonvolutions qui paraissent d’autant plus nombreuses que le régime est plus exclusivement herbivore. Quelquefois on peut y distinguer deux régions.

L’intestin aboutit au rectum, qui est tantôt un simple renflement ovoïde et très musculaire de son extrémité postérieure [Flatta, Gryllus, Locusta, Musca, etc.), tantôt une poche différenciée dont la paroi latérale est perforée par l’intestin {Dytiscus, EydropMlus, Bombycidæ, Sphingidæ, etc.). Chez beaucoup de Coléoptères cette poche se prolonge à son pôle distal en une sorte de cæcum relativement grêle.

Fig. 922. — Appareil digestif d’un Coléoptère carnassier, le Carabus auratus. — Oe, œsophage- Jn, jabot; Pu, gésier; Chd, ventricule chyliüque ; Mg, tubes de Malpighi; B, intestin; Ad, glandes anales avec leur réservoir (d’après Léon Dufour).

un

INSECTES

La paroi interne du rectum peut être lisse ou présenter des bourrelets longitudinaux, fusiformes, régulièrement disposés suivant quatre, six, etc., méridiens. Dans le premier cas, son épithélium est continu; dans le second, l’épithélium se modifie à la surface des bourrelets par élongation des cellules. Dans l’épaisseur des parois des bourrelets abondent les nerfs et les trachées; si bien que ces singuliers organes, improprement appelés glandes rectales, dans leur état ordinaire de développement, deviennent, chez les larves de Libellules, de véritables branchies intestinales. Glandes digestives. — Dans les diverses régions de l’appareil digestif s’ouvrent

des glandes auxquelles on applique souvent la dénomination commune de glandes digestives et que l’on répartit en quatre groupes ; les glandes en rapport avec la bouche et l’œsophage et qu’on désigne sous le nom de glandes salivaires-, 2° les cæcums gastriques; 3° les tubes de Malpighi; 4“ les glandes anales qu’il ne faut pas confondre avec les bourrelets fusiformes du rectum ou prétendues glandes rectales.

Au point de vue morphologique, comme au [point de vue purement physiologique, ces glandes sont loin d’être strictement équivalentes. Si l’on se rappelle que dans les autres classes d’Arthropodes des glandes sont le plus ordinairement en rapport avec les appendices, et semblent d’autant plus développées que ces appendices sont plus courts, formés d’un moins grand nombre d’articles mobiles (moins riches en muscles par conséquent, comme si l’évolution des tissus embryonnaires pouvait se faire tantôt dans le sens musculaire, tantôt dans le sens glandulaire), on sera conduit à se demander si les glandes en rapport avec les deux extrémités du tube digestif, engagées au milieu d’appendices modifiés, ne dépendent pas en réalité de ces appendices, comme les glanlandé des situées au voisinage des orifices digestifs chez les]Arachnides et les Crustacés. Dans cette hypothèse, les glandes salivaires et les glandes anales seraient des glandes digestives accidentelles en quelque sorte, des glandes qui auraient été entrainées au service de l’appareil digestif par suite de l’adaptation à ce même service des appendices dont elles dépendent. Les glandes salivaires et les glandes anales ont d’ailleurs des fonctions variées qu’il y aura lieu d’examiner dans un paragraphe spécial.

De môme les tubes de Malpighi paraissent n'avoir aucun rôle à jouer dans la diges-

Fig. 923. — Appareil digestif de VApis mellifica. — Sp, glandes salivaires; Oe, œsophage et jabot; M, ventricule ehyliûque; 'lie, tubes de Malpighi; R, rectum avec les glandes rectales; G, vénéniflque (d’après Léon Dufour).

APPAREIL RESPIRATOIRE

tion. Le tube digestif est simplement la voie par laquelle ils éliminent les produits qu’ils ont sécrétés. 11 reste donc deux catégories de glandes essentiellement propres à l’appareil digestif : 1° les glandes qui forment une couche continue dans l’œsophage et le jabot et se montrent déjà sur le plafond de la cavité buccale des Coléoptères; 2“ les cæcums de l’estomac.

Les glandes buccales et œsophagiennes des Coléoptères ‘ sont essentiellement des glandes unicellulaires pourvues d’un long canal excréteur; mais les cellules glandulaires peuvent se grouper, leurs canaux excréteurs convergeant vers un même enfoncement chitineux; à cet enfoncement peut se substituer un véritable tube qui sert de canal excréteur commun à une grappe de cellules, qui finissent par constituer toutes ensemble une glande plus ou moins volumineuse.

La paroi stomacale est formée, chez les Coléoptères herbivores, de cinq couches, à savoir, de dedans en dehors : une cuticule, une couche épithéliale, une couche folliculaire, une couche musculaire et une couche conjonctive. La cuticule*^t mince, surtout en avant et percée de nombreux pores. Les cellules épithéliales que recouvre cette cuticule sont mélangées de cellules à mucus ou de cellules caliciformes. L’épithélium repose sur une couche conjonctive qui contient de très nombreux follicules ovoïdes, formés de cellules polyédriques, et à la surface desquels courent de délicates fibrilles musculaires. La couche musculeuse est formée en dedans de fibres circulaires, en dehors de fibres longitudinales, contrairement à ce qui a lieu pour l’œsophage. Une valvule pylorique sépare l’estomac de l’intestin; les tubes de Malpighi s’ouvrent immédiatement au-dessus d’elle, dans l’estomac, par conséquent. Dans l’intestin, la cuticule s’épaissit; elle recouvre un épithélium à cellules cubiques ou sphéroïdales; les follicules font défaut dans la couche conjonctive sousjacente; la couche de fibres longitudinales redevient interne, la couche de libres transversales externe; quelquefois de nouvelles fibres longitudinales se superposent à ces dernières. Cette structure fondamentale peut présenter des modificationsjde détail qui caractérisent dans l’intestin des régions dont le nombre varie beaucoup suivant les types.

La digestion de matières amylacées s’effectue uniquement dans l’œsophage et le jabot l’absorption du glucose qui en résulte se produit et s’achève dans l’estomac. Les matières albuminoïdes sont digérées dans l’estomac, et transformées en peptones, qui sont absorbées sur place. Les graisses sont émulsionnées par tous les liquides de l’appareil digestif, mais l’action du liquide gastrique est particulièrement énergique; le liquide a donc des propriétés digestives analogues à celles du suc pancréatique Tous les sucs digestifs des Insectes sont alcalins (Plateau).

Appareil respiratoire — L’appareil respiratoire des Insectes est uniquement composé de trachées qui s’ouvrent à l’extérieur par des stigmates en forme de fente, situés sur les côtés des segments, entre les arceaux dorsal et ventral de chaque segment. La -répartition et le nombre des stigmates subissent des modifications

1 J. Gazagnaihe, Du siège de la gustation chez les Insectes coléoptères. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 15 mars 1886. — Idem, Des glandes scdivaires da7is l’ordre des Coléoptères. Ibid., 29 mars 1886.

- JoussET DE Beelesme, Recherches expérimentales sur la digestion des Insectes, 1875.

3 C. Emery, Ueher den sogenan7ien Kaumagen einiger Ameise7i. Zeitschrift f. w. Zoologie, t. XLVI, 1888, p. 378.

* Palmen, Zur Mo7’phologie der T7’acheensyste77is. Helsingfors, 1877.

INSECTES

intéressantes. Aucun segment ne porte plus de deux stigmates symétriquemen t placés ; on peut s’attendre à trouver le plus grand nombre de paires de stigmates chez les Insectes dont les segments sont plus semblables entre eux; mais le genre de vie de l’animal intervient fréquemment pour modifier cette règle. Au maximum, chez les Insectes adultes, il existe une paire de stigmates sur chacun des deux derniers segments thoraciques et huit paires de stigmates abdominaux : c’est le cas le plus général (Termitid.e, Perlidæ, Ephemerid-E, Libellulid.e) ; l’appareil trachéen est alors holopneiistique (lig. 924). D'autres fois (larves de Coléoptères, d’Hyménop-

tères, de Lépidoptères, de Bibionidæ, de Cecidomyia, de Stratiomys) il existe une paire de stigmates sur le prothorax, le mésotliorax et le métathorax en étant dépourvus, et l’on dit cet appareil trachéen péripneustiqiie; les Elateridæ avec un stigmate prothoracique, un stigmate mésothoracique et sept stigmates abdominaux présentent une disposition intermédiaire. L’appareil trachéen devient Mmipnerntique quand ce sont

Fig. 924. — Appareil trachéen holopneustique de Phthirins pubis. — St, stigmates; Tr, trachées (d’après Landois\

'ns les stigmates abdominaux qui man- *'■ quent (nymphes de Culicid.e) ; am-

phipneustique quand il existe une paire de stigmates prothoraciques et de une à trois paires de stigmates sur les derniers segments abdominaux (larves de Muscid.e, de Syrphibæ, d’CEsTRiDÆ, de Tipulidæ, etc.) ; métapneustique quand ces deux derniers stigmates existent seuls (Nepidæ, larves de Dytisciis, d’Hydrophilus, de Cideæ, A'Erystalis, etc.). Les Podura qui ont quatre paires de stigmates abdominaux sont un acheminement vers cette disposition. La tête est généralement dépourvue de stigmates; elle en présente cependant des rudiments chez les embryons des Lépidoptères, et, par une exception unique, les Smynthurus n’ont qu’une paire de stigmates qui s'ouvrent sur la tête, sous les antennes. Les stigmates font complètement défaut à un assez grand nombre de larves aquatiques dites apneustiqiies (larves de Pseudonévroptères, d'Elims, de Corethra); enfin, dans quelques Thysanoures les trachées elles-mêmes peuvent manquer (Papirius).

Tous les stigmates n’ont pas la même dimension, ni la même importance. Les stigmates thoraciques des Insectes aptes au vol sont, en général, beaucoup plus grands que les stigmates abdominaux, ce qui est sans donte en rapport avec la grande consommation d’oxygène que font, durant le vol, les muscles des ailes. Chez les Elateridæ le premier stigmate abdominal est beaucoup plus grand que les autres; ce sont au contraire ceux des septième et huitième segments- abdominaux chez les Dytiscidæ; ils constituent, en effet, la voie presque exclusive de l’introduction de l’air durant le séjonr de ces animaux dans l’eau; ils en deviennent la voie exclusive chez les Nepidæ où les autres stigmates demeurent clos. On peut constater l’existence de semblables stigmates avortés chez diverses larves aquatiques : tels sont les stigmates clos du méso- et du métathorax chez les larves des Libellulidæ.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Les stigmates sont entourés d’un cadre chitineux, le péritrême, qui porte fréquemment un appareil d’obturation destiné à empêcher l’introduction des corps étrangers dans les trachées. Ce sont tantôt deux clapets mobiles comme les battants d’une porte (Muscidæ), tantôt des lamelles courbes, ressemblant à des valves de Lamellibranches (Orthoptères, Névroptères), tantôt des poils simples ou plumeux (Coléoptères, Lépidoptères), protégeant l’entrée du stigmate, tandis que le tube trachéen est resserré à sa base par une lame courbe de chitine dont la position et les rapports avec le tube trachéen peuvent être modifiés par des muscles spéciaux. Il n’est pas rare que les stigmates soient portés par des prolongements des téguments. Chez les Nepa (fig. 904, p. 1161) et les Ranatra, hémiptères aquatiques, ils sont à la base de deux appendices creusés en gouttière, dont la surface concave est garnie de poils; ces appendices, en s’affrontant, forment un canal ouvert seulement à l'accès de l’air et que l’animal, lorsqu’il veut respirer, élève légèrement au-dessus de la surface des eaux. Les larves dites Ver à queue de rat, de VErystalis tenax se terminent postérieurement en un long tube rétractile qui peut dépasser deux fois la longueur du corps; c’est à l’extrémité de ce tube que sont les stigmates. Le corps des larves de Stratyomys chamæleo s’atténue de la sorte, mais à un degré moindre, et porte aussi les stigmates à son extrémité amincie. Ils sont à l’extrémité d’un tube fixé latéralement sur l’avant-dernier anneau du corps chez les larves de Culicidæ; tandis que chez leurs nymphes et chez celles de divers autres Diptères (Syrpoidæ, etc.) deux tubes trachéens émergent du prothorax.

Chaque stigmate donne naissance à un tronc trachéen qui, après un certain trajet, se ramifie à la surface des organes, pénètre dans leur épaisseur, en formant des ramifications de plus en plus grêles dont les dernières s’anastomosent fréquemment soit en forme d’anses, soit de manière à former un réseau terminal (glandes à soie des chenilles), ou se renflent en vésicule, ou enfin se divisent en ramuscules clos terminés en pointe. Souvent les anses terminales d’un tronc trachéen assez volumineux naissent brusquement en bouquet, cà la façon des vaisseaux d’un réseau admirable.

Les trachées présentent elles -mêmes une structure très uniforme (fig. 923). Elles sont formées d’un tube à parois cellulaires, souvent bosselées, dont les noyaux sont parfaitement distincts. Ce tube sécrète extérieurement une très mince membrane basilaire qui limite la trachée, et extérieurement un tube chitineux, présentant sur tout son trajet un épaisissement héliço'idal, en forme de fil, déroulable par dilacération. Le fil héliço'idal peut présenter par places des ramifications terminées en pointe; il disparaît généralement sur les vésicules et sur les fines rami- • fications; sur ces dernières il devient même difficile de distinguer la paroi cellulaire, formatrice de la trachée.

La disposition des trachées présente deux types principaux chez les Insectes :

Fig. 925. — Fragment de trachée. — Z, couche cellulaire externe; Sp, intima eu Oculaire avec l'épaississement spiroïde (d’après Leydig).

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1° Les arbres trachéens nés de chaque stigmate demeurent à peu près indépendants. Exemples : Meloïdæ, Pentatomidæ, etc.

2“ Les arbres trachéens nés des stigmates sont reliés entre eux par deux troncs longitudinaux (fig. 926) qui peuvent présenter eux-mêmes de nombreuses anastomoses transversales, une par exemple, dans chaque segment abdominal {Nepa). C’est le cas le plus général.

La présence de ces deux troncs trachéens permet évidemment la suppression des stigmates intermédiaires et la transformation d’un appareil respiratoire holopneustique ou péripneustique en un appareil amphipneustique ou métapneustique. Il peut exister d’ailleurs plus d’une paire de troncs longitudinaux; les Libellulidæ en ont jusqu’à trois; c’est la paire dorsale qui communique avec les stigmates.

Chez les larves, chez les Insectes aptères (Thysanoures, Pediculidæ), un assez grand nombre de Coléoptères (Elate- RiDÆ, Meloïdæ, etc.), les trachées sont simplement tubuleuses; chez les Insectes bons voiliers, elles présentent, au contraire, des renflements brusques, disposés d’une façon très variée. Ces poches aériennes sont, par exemple, limitées au thorax et au nombre de deux ou trois paires chez les Nepidæ; elles sont, au contraire, extrêmement nombreuses, petites, également présentes sur les grosses et les petites branches trachéennes, même snr les troncs longitudinaux, chez un certain nombre d’Ürthoptères, chez les Buprestidæ et les ScARABEiDÆ, parmi les Coléoptères. Chez les Hyménoptères, les Lépidoptères et les Diptères ce sont surtout les troncs — Tst, troncs trachéens longitudinaux qui se renflent; ils forment, par exemple, dans

latéraux ; lu, branchies °

trachéennes; Na, ocelles l’abdomen de l’Abeille, deux grands sacs en forme de cornue (d apres Leon Dufour). jgg p^nses Communiquent entre elles à la base de cette

région du corps, tandis qu’à l’autre extrémité du corps les cols se résolvent en un faisceau de trachées dont quelques-unes sont ampulliformes. Chacune des panses de ces cornues envoie dans le métathorax un prolongement fusiforme; ces deux prolongements sont unis par une anastomose transversale d’où partent les troncs, enx-mêmes bifurqués et anastomosés en avant, qui se rendent aux autres parties du thorax et à la tête. Chez les Syrphidæ (Voliicella), les troncs latéraux sont moins puissamment renflés, mais il s’en détache de grosses ampoules qui se rendent au labre, au front, s’intercalent entre les muscles du thorax, remplissent l’écusson et forment dans l’abdomen une rangée superposée aux troncs latéraux de laquelle se détachent encore, à la base de l’abdomen, deux volumineux sacs sphéroïdaux. 11 est évident que ces vastes ampoules jouent à la fois le rôle de réservoirs aériens et celui de ludions atmosphériques, propres à alléger le poids de l’animal relativement à son volume, snrtont lorsque l’air qu’ils contiennent est échauffé par le vol.

Des expansions des téguments concourent à la respiration chez certaines larves aquatiques (chenilles à'Hydrommpa) et peuvent se développer assez pour permettre la disparition des stigmates chez les larves aquatiques de certains Diptères (CuliciFORMEs) et Névroptères (Phryganidæ). Dans ce cas, l’air peut d’ailleurs arriver

Fig. 926. — Système trachéen d’une larve à'Agrion.

APPAREIL RESPIRATOIRE

dans les trachées au travers de l’une quelconque des surfaces habituellement en contact avec le milieu respirable, tantôt celle des téguments, tantôt celle du tube digestif. Les trachées présentent simplement une abondance exceptionnelle de ramifications tégumentaires chez les larves des Culiciformes; elles pénètrent dans les poils dont la peau est recouverte et qui deviennent ainsi des organes de respiration chez les larves de Phrv- GANID.E. Les organes de respiration aquatique cessent d’être des organes d’emprunt chez les larves d’EpuEMERiD.® et de Perlidæ. Ce sont chez les Leptophlebia, Ephemera, Polymitarcys des tiges bifurquées, aplaties et pennées, disposées par paires du côté dorsal des segments abdominaux. Ces tiges s’élargissent en lames foliacées simples chez les Cloeopsis (fig. 927), découpées en lobes frisés sur leur bord interne chez les Oniscigaster, finement laciniées sur leur pourtour chez les Tricorythus (fig. 928, nos 1 et 3), chargées à leur^ face inférieure de touffes de filaments respiratoires chez les Heptagenia, de lamelles disposées sur plusieurs rangées chez les Ephemerilla. Des houppessemblablessont portées chez les Oligoneuria et les Jolya (fig.

928, n® 2) par l’article basilaire des màchoi- ' res (b); le tégument du prothorax, à la base de la première paire de pattes, du côté interne, en porte une seconde paire (h) dans ce dernier genre.

Tous les segments abdominaux ne portent pas de branchies trachéennes; il n’en existe habituellement que six ou sept paires L Les Tricorythus n’en ont même que cinq, la première réduite à une courte tige filamenteuse oL la seconde en forme de large plaque portant à sa face inférieure un paquet de filaments et recouvrant comme un opercule les trois dernières paires oL II se constitue ainsi une sorte de chambre branchiale, beaucoup plus développée chez les Bœtisca et les Prosopisthoma, f où l’appareil protecteur est formé par les fourreaux des ailes antérieures, cachant

Fig. 927. — Larve de Cloeopsis grossie, pour montrer les sept paires de lames branchiales, — T/c, l’une des larves branchiales grossie et isolée.

* A. Vayssière, Organisation des larves des Ephémerines. Ann. des Sc. naturelles, 6* série, 1882.

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entièrement les fourreaux des ailes postérieures et cinq paires de branchies trachéennes dont les deux premières ont une forme tout à fait aberrante.

Chez les EpuEMERiDyE les branchies trachéennes disparaissent quand l’animal passe à l’état adulte; elles persistent au contraire, au moins à l’état rudimentaire,

chez beaucoup de Perlidæ où on les trouve à la face ventrale des téguments thoraciques de l’abdomen et sur les côtés des filaments caudaux (Ptcronarcys). 11 n’est pas établi que les branchies trachéennes soient des formations homologues, môme dans les familles voisines des Perlidæ et des Ephemeridæ; mais si cela était, le seul faitdeleur persistance fréquente, dans la première famille, chez l’adulte dont le système trachéen est holopneusti- (jue, suffirait à établir que l’on ne peut voir, d’une manière générale, dans les stigmates des cicatrices résultant delà chute des feuilles branchiales; les stigmates chez les Ephemeridæ se

forment d’ailleurs d’une façon tout à fait indépendante. Au contraire, les dispositions qu’on observe chez les Tricorythus, les Bœtisca, les Prosopisthoma indiquent une certaine ressem- Il A<ù i,- blance morphologique entre les ailes

mères. — 1. Larve de Tricorythus-, o', première bran- et leS lames branchiales de CCS InseCchio demeurée rudimentaire; o2, deuxième branchie , , ,

transformée en lame protectrice pour les paires sui- ^ autre part, leS rapports de CeS

vantes; o\ o5. lames branchiales; la lame o5 cache une lameS aveC leS appendices, l’identité

sixième lame analogue ; a, antennes ;!/, yeux composés ; . , ,,

e, écaille mésothoracique; /’, f", lilamcnts caudaux deS lllOdillCatiOnS qu elleS présentent

“ ^’'^6C celles qu’on observe chez les

de la Jolya liœselii; o, b , houppes respiratoires placées ^

sur le coxopodite des milchoires, dans la situation CrUStaCéS COllduit à Se demander Si

d'une podobranchie de Crustacé ; A, branchies prothora- . .. pUpc-mÔmeS SOllt bien chp7

ciques; Oj, 03, houppes de branchies abdominales (Gr UieUieb bOUl Uieil Uiez

= 6). — 3, lame branchiale de la quatrième paire d’un les InseCteS deS OrgaiICS aUSSi indéaccessoire fixée sur la face inférieure de la lame P^ïlCltllllS ÛGS pRllGS (JU OU iG CrOIl

(G = 20; d’après vayssière). d’iiabitudo. 11 Suffirait effectivement

que le premier segment du sympodite d’une patte de Crustacé fût soudé avec les téguments et dilaté de manière à écarter l’épipodite du reste du membre pour que ce dernier prit le caractère des lames branchiales des Ephemeridæ, et pût être considéré comme l’origine des ailes des Insectes qui seraient ainsi, en réalité, une dépendance des pattes thoraciques. Il est à remarquer d’ailleurs que les larves des Gyrinidæ utilisent pour la natation les filets respiratoires qu’elles portent au nombre de une ou deux paires, sur chacun des anneaux de l’abdomen.

La respiration aquatique est réalisée d’une tout autre façon chez les larves des Libellulidæ, par le grand développement des bourrelets longitudinaux ou glandes

APPAREIL CIRCULATOIRE

rectales. Ces bourrelets sont ici au nombre de six, et présentent chacun deux séries de lamelles transversales, imbriquées, dans lesquelles des trachées se ramifient abondamment, leurs plus délicates ramuscules se terminant en anses. Le nombre de ces lamelles peut dépasser 2400. L’animal utilise, pour se projeter en avant, le recul du jet d’eau qu’il peut brusquement chasser de son rectum.

mouvements respiratoires. — Les mouvements respiratoires des Insectes au repos sont, en général, limités à l’abdomen, et ne gagnent que rarement le métaet le mésothorax. Dans ces mouvements, le diamètre longitudinal de l’abdomen demeure constant, sauf quelques cas exceptionnels (Hyménoptères porte-aiguillon, Phryganinæ) ; les diamètres vertical et transversal diminuent périodiquement, par suite de la contraction des muscles abdominaux, pour reprendre leur valeur première lorsque les muscles se relâchent; l’expiration est donc active et l’inspiration passive, contrairement à ce qui a lieu chez les vertébrés aériens.

Les segments de l’abdomen présentent trois types de structure auxquels correspondent respectivement trois types de mouvements respiratoires.

1“ Les arceaux sternaux sont très développés, convexes et dépassent latéralement les arceaux tergaux; les mouvements respiratoires consistent en mouvements d’exhaussement et d’abaissement de ces derniers (tous les Coléoptères, Hémiptères hétéroptères, Blattidæ).

2“ Les arceaux tergaux, très développés, chevauchent latéralement sur les arceaux sternaux, en cachant la zone membraneuse qui les unit et qui fait un pli rentrant; les arceaux sternaux et tergaux s’éloignent et se rapprochent alternativement, les arceaux sternaux effectuant la plus grande partie du chemin (Odonata, Phryga- NID.E, Diptères, Hyménoptères porte-aiguillon, Acrididæ, peut-être Forfigulidæ).

3“ La zone membraneuse qui unit les arceaux tergaux et sternaux est à nu sur les flancs et très développée ; cette zone se déprime et devient même concave, puis reprend sa forme convexe, tandis que les arceaux quelle réunit se rapprochent, puis s’éloignent (Locustidæ, Lépidoptères, Névroptères, sauf les Phryganid-E).

Chacun de ces trois types principaux présente des modifications secondaires et il existe entre eux des transitions.

Les mouvements d’expiration et d’inspiration s’accomplissent d’ordinaire simultanément pour toutes les parties de l’abdomen; quelquefois cependant ils se propagent en onde de l’une des extrémités de l’abdomen à l’autre {Tenebrio molitor, Decticus, Nepa cinerea, Tipiila gigantea, Asilus, Sialis lutaria, Chrysopa viilgaris, Pieris napi, Sesia apiformis). Ils sont souvent séparés par des pauses qui succèdent à chaque période respiratoire et des arrêts qui ne se produisent qu’après un certain nombre de périodes. Les pauses et les arrêts ont toujours lieu en inspiration. Les mouvements respiratoires sont purement réflexes et réglés par les ganglions nerveux des segments abdominaux; mais ils peuvent être modifiés par l’action des centres cérébroïdes dont l’ablation les ralentit presque toujours ’.

Appareil circniaioire. — En raison de la généralisation de l’appareil de respiratoire, la portion de l’appareil vasculaire qui conduit le sang à cet appareil, lorsqu’il est localisé, peut être supprimée chez les Insectes. Il suffit, pour que toutes les conditions de la nutrition soient remplies, que le sang ne demeure pas stagnant

1 F. Plateau, Recherches sur les mouvements respiratoires des Insectes, Bruxelles, 1884.

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autour des organes. En fait, l’appareil circulatoire se réduit, chez ces animaux, cà un vaisseau dorsal et une courte aorte antérieure.

Le vaisseau dorsal est habituellement fermé en arrière, il peut cependant envoyer une branche dans chacun des appendices terminaux quand il en existe (larves d’EPHEMERiDÆ) ; il est divisé en chambres successives, dont le nombre égale au plus celui des segments abdominaux et du métathorax réunis (onze en tout). Chaque

chambre possède deux orifices latéraux et est séparée par une valvule de la chambre précédente. Le cœur est relié aux parois du corps : 1° par un ligament postérieur; 2° par un réseau de fibres musculaires, qui entoure les faces supérieure et latérale; 3“ par une série de muscles triangulaires, les ailes du cœur, qui partent de la face inférieure de chaque chambre branchiale et vont s’attacher aux parois du corps, en demeurant dans un plan presque horizontal. Ces muscles concourent, avec les trachées, à circonscrire tout autour du cœur un espace que l’on peut considérer Fig. 929. — Coupe transversale un peu Comme un sinus pédcardique incomplètement en-

schématique de l’abdomen de rAcî’irfîMni n. . ti ^ . j »,

tartariciL - b, vaisseau dorsal avec ^'g^e. Ils forment Une sorte de voute concave

son suspenseur a"; e, tissu adipeux yepg le bas, mais dont la concavité diminue, lors-

dans le sinus péricardique; d, cloison ,

dorsale à l’état de relâchement, et g, à qu ils se Contractent, de manière que la capa-

1 état de tension ;/■, chaîne ganglionnaire siuus péricardique augmente OU diminue

ventrale; corps adipeux, qui 1 en- ‘ ^ o

toure; i p 1, cloison ventrale à l’état alternativement (fig. 929). Du côté ventral, les

d’une voùte Symétrique, située au-

sion ; O A, processus latéraux costi- ^ ^ ’

formes des plaques ventrales; n o, mus- dessus de la Chaîne Ventrale, accélèrent le cours

des expirateurs; h m, muscles inspira- , ,, . .. ^ , i

leurs (d’après V. Grabèr). sang d avant en amere et le chassent dans le

sinus péricardique d’où il passe dans le cœur L

L’aorte s’applique contre le tube digestif dès le mésothorax; elle passe avec l’œsophage dans le collier œsophagien, au-devant duquel elle se termine, laissant tomber dans les espaces céphaliques le sang qui continue à cheminer dans le corps en suivant des voies déterminées, mais non endiguées.

Appareil sécréteur. — L’appareil sécréteur des Insectes comprend, outre les glandes digestives dont il a été précédemment question :

1° Des glandes excrétrices s’ouvrant à l’extrémité postérieure de l’intestin moyen, les tubes de Malpighi; — 2° de très nombreuses glandes tégumentaires réparties dans toutes les régions du corps; — 3o un ensemble de tissus diffus comprenant le corps adipeux, les cellules péricardiques et le tissu lumineux; — 4° des glandes appendicidaires qui semblent plus spécialement en rapport sur les appendices.

Tubes de Malpighi. — Dans leur forme la plus simple, les tubes de Malpighi sont des tubes délicats, grêles, assez longs, souvent repliés sur eux-mêmes et qui viennent s’ouvrir dans l’intestin moyen, au moment où il devient l’intestin terminal. Cinq ou six tubes sont supportés chez les Ephemeridæ par des ampoules dont le nombre varie de deux {Ephemera) à une trentaine (Heptagenia) ; ils sont par consé-

1 Graber, Lehei' den propidsatorische Apparat der Insekten. Archiv. f. mikrosk. Anatomie, Ueber den pulsirenden Baiichsinus der Insekten, ibid., t. XII.

APPAREIL SÉCRÉTEUR.

quent nombreux; leur nombre est également grand chez les Orthoptères et les Hyménoptères (fig. 923, p. 1172); le plus souvent, dans les autres ordres, on en compte quatre (la plupart des Coléoptères, Hémiptères, Diptères), plus rarement six (Vésicants, Lépidoptères) ou même huit (divers Névroptères). Ils sont formés d’une couche externe, riche en trachées, munie de fibres musculaires et de ramifications nerveuses et d’une couche moyenne, homogène, sur laquelle reposent de grosses cellules glandulaires à noyaux habituellement ramifiés. Ces cellules fonctionnent comme celies des glandes mérocrines (p. 210), et les produits qu’elles déversent dans la cavité des tubes puis dans l’intestin moyen sont riches en acide urique, urate de soude, oxalate de chaux, leucine, taurine. Les tubes de Malpighi jouent, par conséquent, avant tout, le rôle d’organes dépurateurs et peuvent être dans une certaine mesure assimilés à des tubes urinaires.

Glandes tégumcntaircs. — Les téguments des Insectes sont très riches en glandes, généralement unicellulaires, dont les produits se signalent parfois, soit par l’odeur qu’ils répandent, soit par leur utilité. Souvent ces glandes sécrètent simplement un liquide huileux, destiné à lubrifier la surface du corps, et s’ouvrent particulièrement sur les parties molles des téguments, intercalées entre les segments du corps ou les articles des membres. A cette catégorie appartiennent les glandes driùres ou cérogènes (p. 257) des Abeilles, des Fulgorides, des Pucerons. Les cellules cérogènes sont chez les Abeilles et les Bourdons des céllules cylindriques formant une couche sur la partie antérieure de la face ventrale des 2®, 3% 4®, 5® segments abdominaux; la cire apparaît sous forme de minces lamelles à la naissance de ces segments. Elle se dispose en longues houppes blanches sur l’abdomen des Fulgorides des genres Flata, Lustra^

Phænax, etc. Les cellules cérogènes s’accumulent chez beaucoup d’Aphides sur tout le pourtour de la région médiane des segments (fig. 930, a) , elles sont en forme de bouteille {a, WD), et leur sécrétion enveloppe l’animal d’une

Fig. 930. — Glandes cirières d’un Aphide {Schizoneura loniceræ). — a, Nymphe vue par la face dorsale. WA, mamelons sous lesquels sont situées les glandes. — b. glandes cirières isolées, fortement grossies. WD, glandes unicellulaires; Cf, peau.

manière complète. Diverses Cochenilles sont souvent enveloppées de même (Dacty lopins adonidum).

Certains Coléoptères présentent des glandes odorantes qui se répètent par paires sur les segments du corps. Celles des larves et des nymphes de la Chrysomela populi excrètent une humeur contenant de l’acide salycilique (C‘* H^ [H^O^] O*) qui est au phénol ce que l’acide acétique est à l’alcool. Les glandes odorantes des Punaises sont aussi des glandes tégumentaires, situées chez les larves et les nymphes dans les trois premiers segments de l’abdomen et s’ouvrant par deux orifices symétriques au bord antérieur de ces segments. Ces organes s’atrophient chez l’insecte parfait, mais sont remplacés par une paire de glandes situées à la face ventrale

INSECTES

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du métathorax et s’ouvrant dans une poche comprise entre les insertions des pattes de la troisième paire ^ Des glandes odorantes produisant, entre autres substances, de l’acide butyrique, se trouvent sur un appendice fourchu que les chenilles de Papilionidæ peuvent faire saillir entre leur tête et leur prothorax. Une paire de glandes situées de chaque côté du tergum du pro- et du mésothorax excrètent un liquide laiteux, fétide chez les Dytiscus et les Gyrinus. Les cocardes rouges ou orangées que les Malachius font saillir de la partie antérieure de leur prothorax et de leur abdomen sont probablement de nature glandulaire. Les Coccinelles ont des ! glandes odorantes sur les côtés de l’abdomen. Il en est de même des Papillons des genres Colænis, Dione, Æneides, Heliconiiis, etc. Les mâles de ces genres ont de plus, sur les ailes, des écailles odorantes.

Les glandes tégumentaires peuvent devenir également des glandes venimeuses. Sur la partie dorsale des neuvième et dixième segments des chenilles du genre Liparis on trouve deux taches capables de faire saillie au dehors sous forme de cône, et de se couvrir alors d’une humeur irritante même à l’état sec. Des glandes venimeuses analogues existent sur toute la surface dorsale des chenilles processionnaires {Ctenocampa). Ajoutons enfin que l’hypoderme des pelotes tarsiennes de beaucoup d’insectes, autres que les Coléoptères, fonctionne comme une sorte de glande fournissant un liquide adhésif

Corps adipeux; cellules péricardiques; tissu lumineux. — On doit rattacher à l’appareil sécréteur le tissu très répandu dans toutes les parties du corps, qui a été désigné sous le nom de corps adipeux, quoique son rôle soit beaucoup plus important que celui des tissus habituellement désignés sous ce nom. Le corps adipeux des 1 Insectes ne se borne pas, comme ceux-ci, à accumuler des aliments de réserve qui peuvent être utilisés à un moment déterminé; il prend une part active à l’excrétion, comme le démontrent les produits azotés de désassimilation et notamment l’acide urique qu’il contient. Les éléments du corps adipeux, abondants surtout chez les larves, sont répandus partout, sous les téguments, autour des organes; leur forme est irrégulière, mais ils se réunisent par places, en amas plus ou moins définis dans lesquels viennent se perdre, en abondantes et délicates ramifications, de nombreuses trachées. La richesse de ces ramifications témoigne de l’importance des échanges qui s’accomplissent au sein des cellules adipeuses; toutefois ces cellules n’excrètent ni l’indigo-carmin, comme le font les cellules des tubes de Malpighi, ni le carmin. Cette dernière substance se dépose, au contraire, à l’exclusion de la première, i dans les cellules péricardiques qui accompagnent le cœur des Insectes. Ce sont des , cellules, généralement à deux noyaux, qui affectent des dispositions assez variées. \ Chez les Diptères et notamment chez la Mouche commune, au-dessous du vaisseau dorsal, treize paires de grandes cellules aboutissent à une couche serrée de petites cellules formant une masse compacte autour de la partie antérieure du vaisseau; j les cellules glandulaires forment autour du cœur une masse compacte chez divers 1 Orthoptères {Truxalis, Locusta, etc.) ; il en part chez les Chenilles des troncs qui se | dirigent vers les parois latérales du corps en formant des réseaux serrés autour

1 J. Kunckel d’Herculais, Recherches sur les organes de sécrétion chez les Insectes de

l’ordre des Hémiptères^ Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1886, 2® semestre, * p. 483. — Id., la Punaise des lits et ses appareils odoriférants’, ibid., b juillet 1886. .

2 Dahl, Die Fussdrüsen der Insekten. Arch. f. mikroskopische Anatomie, t. XXIV, 1885. : ,

APPAREIL SÉCRÉTEUR.

des trachées, et descendent ensuite dans la cavité abdominale; ces troncs finissent même par former, chez quelques Hyménoptères, un réseau serré tapissant la paroi interne du corps ^

Les appareils lumineux des Insectes, décrits page 273, ne sont que des parties différenciées dans un sens spécial du système excréteur diffus dont le tissu adipeux et le tissu péricardial sont d’autres dépendances.

Glandes appendiculaires : 1° Glandes buccales. — Les glandes de fonctions si variées qui avoisinent l’orifice buccal et qu’on désigne le plus habituellement sous le nom de glandes salivaires paraissent plutôt liées au système appendiculaire qu’au tube digestif proprement dit. Leur produit de sécrétion est loin d’ailleurs de servir toujours à la digestion. Ces glandes semblent se rattacher, d’autre part, aux glandes tégumentaires des appendices. Chez beaucoup de Coléoptères (Carabidæ, Hali- PLiDÆ, Dytiscidæ, Gyrinidæ, Hydrophilidæ, etc.), sur la face postérieure du labre, il existe deux groupes de glandes qui lubrifient la base des poils gustatifs de cet organe. Des glandes analogues se développent dans les mandibules et les mâchoires des Hydrophilid.e on en peut suivre le groupement, dans les diverses espèces, depuis l’état de glandes unicellulaires (Hydrocharis) jusqu’à celui de glandes en grappes {Hydrophilus piceus). Les glandes buccales ne dépassent guère ce degré de développement chez la plupart des Coléoptères; au contraire, chez les CerambyciDÆ, chaque glande est formée par une touffe de tubes fixés sur un pédoncule commun. Les Carabidæ, Silphidæ, Chrysomelidæ dégorgent, lorsqu’on les saisit, un liquide fétide.

Dans tous les autres ordres, on trouve des glandes buccales. Ces glandes sont courtes, au nombre de trois paires, et ramifiées chez les Abeilles (fig. 923, p. 1172) et probablement beaucoup d’Hyménoptères. Il y en a également trois paires chez les Panorpa mâles, mais elles sont rudimentaires chez les femelles. Elles sont très développées et très différentes de forme chez les Orthoptères {Blatta, Locusta, etc.) qui en possèdent deux paires. Chacune des glandes de la première paire est formée de deux grappes d’acini suspendues à un canal excréteur commun; celles de la deuxième paire ont la forme d’un sac ovoïde. Sous ce rapport, les Hémiptères se rapprochent des Orthoptères, sauf qu’il peut exister deux paires de sacs glandulaires. Il y a une paire de glandes s’ouvrant sur la lèvre inférieure chez les Termitidæ. Les glandes buccales des Lépidoptères et des Diptères adultes sont représentées par une paire de tubes longs et grêles (fig. 920, p. H70; Sp) qui s’unissent pendant un certain trajet avant d’aboutir au sommet de l’hypopharynx où ils s’ouvrent; leur détermination morphologique est donc liée à celle de l’hypopharynx. Chez les Chenilles, elles constituent deux tubes extrêmement allongés, pelotonnés, terminés en cæcums, qui peuvent s’étendre sur toute la longueur du corps {Sericaria mori ou Ver à soie), et s’ouvrent par un canal commun sur la lèvre inférieure; une paire de glandes plus petites accompagne souvent les glandes accessoires, leur emprunte leur canal excréteur et sécrète le revêtement brillant du fil de soie ou grez. Les

1 Kovvalevsky, Sur les organes excréteurs chez les Arthropodes terrestres, Congrès international de Zoologie, 2“ session, Moscou, 1892; p. 187.

2 J. Gazagnaire, Siège de la gustation chez les Insectes Coléoptères’, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 15 mars 1886. — Des glandes salivaires dans l’ordre des Coléoptères-, Ibid., 29 mars 1886. — Des glandes chez les Insectes-, Ibid., 21 juin 1886.

INSECTES

larves des Phryganidæ, des Hyménoptères, des Tipulaires, les Psocus adultes ont aussi des glandes séricigènes péribuccales. Chez les Hémiptères et les Diptères adultes (Gulicidæ, Pulicidæ, etc.), ces glandes sont souvent des glandes à venin; elles sont susceptibles chez certains Pucerons [Tetraneura, Phylloxéra, Psillidæ) de déterminer sur les feuilles ou les racines des végétaux, la production de difformités variées, celle de galles, ou l’écoulement d’un abondant liquide qui constitue, suivant les cas, la manne {Pseudococcus manniparus, du tamarix; Cicada orni, de l’Orne), ou la gomme laque (Kermes lacca du Ficus religiosa).

Il existe dans les pattes des Meloidæ des glandes unicellulaires très abondantes au niveau des articulations et qui laissent suinter, surtout quand l’animal est inquiété, un liquide odorant, riche en cantharidine.

2° Glandes anales. — Les glandes anales n’ont avec l’anus qu’un rapport de voisinage, et peuvent être considérées comme les glandes appendiculaires des derniers segments du corps. Aussi, lorsque ces segments se modifient, de manière à constituer

l’armure génitale, peuvent-elles devenir des glandes annexes des organes génitaux externes. 11 n’est même pas improbable qu’on puisse rattacher à ce système glandulaire quelques-unes au moins des glandes annexes, des conduits excréteurs des glandes génitales, sinon une partie de ces conduits eux-mêmes. Les glandes anales s’ouvrent à l’extérieur chez les larves de Fourmilions et d'Hémérobes où elles produisent de la soie; elles se jettent dans le rectum tout près de l’anus chez les Carabidæ, Dytiscidæ, SiLPniDÆ, où elles produisent un liquide fétide, riche en acide butyrique ou un liquide qui se volatilise avec une petite explosion (Brachinus). Au nombre de deux, elles se réunissent

Fig. 931.— Appareil venimeux de l’Abeille. — 1. Appareil chez leS Hyménoptères femelles (fîg. vu par la face dorsale. GD, glande à venin; Gb, réservoir

du venin ; Z), glande sébacée ; .Sir, gorgeret avec les deux 931, Gd) en Un Canal COmmun qui

sécrété par ces glandes est l’acide formique. Leur produit, chez les Cynipidæ, détermine chez les végétaux la formation d’excroissances nommées galles.

Les Lépidoptères ont, en général, une paire de glandes anales, légèrement ramifiées, indépendantes des glandes génitales. Ces glandes débouchent près de l’extrémité du vagin chez les Diptères {Musca, fig. 948, p. 1202) et conduisent aux glandes annexes des conduits de l’appareil génital dont il sera traité p. 1197 et 1201.

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