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TISSUS GLANDULAIRES

Tissus producteurs ou giauduiaires. — On trouve fréquemment disséminées parmi les cellules des épithéliums cylindriques, des cellules de forme différente (fig. 140 a, p. 97) chez qui l’activité excrétrice est beaucoup plus grande que chez leurs voisines et qu’on peut en conséquence distinguer soit sous le nom de cellules glandulaires, soit sous celui de glandes unicellulaires, plus usité, mais moins apporprié à la signification qu’on lui donne. Les cellules glandulaires isolées sont très répandues et peuvent dépendre soit de l’exoderme, soit de l’entoderme, soit même du mésoderme. Il y a des cellules glandulaires bien caractérisées dans l’exoderme et dans l’entoderme des Polypes (fig. 311), et l’on peut considérer comme se rattachant à cette formation les nématocystes ou cnidoblastes surtout fréquents dans fexoderme des Polypes et des Méduses (voir p. 67, flg. 93). Il existe également dans la couche chitinogène des Arthropodes des cellules glandulaires présentant une moindre complication ; elles sont cependant munies d’un long canal excréteur {Argulus,Caligus,Doridicola et un assez grand nombre d’insectes, fig. 140, p. 97, b, c).

On retrouve des cellules glandulaires analogues dans les téguments de beaucoup de Vers annelés (Lombriciens, Géphyriens) et de Mollusques.

Les glandes salivaires des Hirudinées, des TurbellariéSjles glandes coquilléres de l’appareil génital des Vers plats, les glandes chloragogènes si fréquentes sur le tube digestif et les vaisseaux des Vers annelés appartiennent au type des glandes unicellulaires {Nephelis, Clepsine, Piscicola). Chez les Turbellariés, des glandes unicellulaires cutanées, pourvues d’un canal excréteur momentané, semblent être le résultat d’une transformation de cellules migratrices {Mesostomum). Quelques-unes de ces cellules {cellules nématogènes) produisent dans leur intérieur des bâtonnets qui ne sont pas sans quelque analogie avec les nématocystes des Polypes ou plutôt les trichocystes des Infusoires.

Chez les Vertébrés c’est surtout dans l’épithélium du tube digestif que les cellules glandulaires sont nombreuses. Ces cellules sont dites caliciformes (fig. 312) à cause de la ressemblance de leur forme avec celle d’une coupe à bords tantôt resserrés, tantôt évasés; elles présentent fréquemment une ouverture, et sécrètent un mucus qui s’échappe par cette ouverture en petites masses arrondies.

Les glandes proprement dites sont des organes complexes dont l’épithélium ou le parenchyme appartiennent seuls à la catégorie des tissus excréteurs. Elles apparaissent, en général, sous forme d’un bourgeon plein produit par l’épithélium de la surface du corps ou par celui du tube digestif; il y a donc des glandes exodermiques et des glandes entodermiques. Le bourgeon peut demeurer plein (fig. 313) ou se creuser d’une lumière par laquelle la glande déverse au dehors ses produits. Dans ce cas, il se fait d’ordinaire une différenciation entre les éléments du tube glandulaire ainsi constitué; les éléments les plus rapprochés de

Fig. 311. — Coupe transversale à travers le tube œsophagien de la Sagartia parasitiea. ek, ectoderme ; s, lamelle de soutien ; en, entoderme; cellules glandulaires homogènes ; rf*, cellules glandulaires granuleuses; n, couche nerveuse; g, cellules ganglionnaires; ?n, fibres musculaires (d’après O. et R. Hertwig).

LES TISSUS

l’orifice du tube constituent un épithélium cylindrique ordinaire, souvent vibratile ; les éléments plus profonds ont des dimensions et une configuration toute autre: ils sont seuls véritablement sécréteurs (fig. 314). Le tube glandulaire est ainsi divisé en deux parties, le cul-de-sac ou acinus sécréteur et le canal excréteur (fig. 314, 1). La configuration des éléments sécréteurs est extrêmement variable. Ce sont tantôt de petites cellules peu différentes des cellules épithéliales ordinaires (rein), tantôt de volumineux éléments granuleux, contenant de nombreux produits de sécrétion, tantôt des corps sphériques, comme turgescents, qui font paraître bosselée la surface de la glande (fig. 315). Les cellules glandulaires peuvent d’ailleurs, nous

Fig. 312. — Cellules caliciformes de l’estomac de la Grenouille, isolées après macération dans l’alcool au tiers. — h, cellules droites; (/, cellules couchées sur les parties latérales des papilles de l’estomac. De l’ouverture de ces cellules se dégage un bouchon muqueux. — 320 diam. (d’après Ranvier).

Fig. 313. — Estomac de la Grenouille verte. Coupe transversale après durcissement par injection d’alcool absolu, coloration au picrocarminate. A la surface, papilles revêtues de cellules caliciformes a ; m, cellules caliciformes à l’embouchure des glandes ; g, épithélium glandulaire ; V, vaisseau sanguin; l et T, muscles lisses de la muqueuse coupés en long et en travers. — 260 diam. (d’après Ranvier).

l’avons vu, avoir une certaine permanence (glandes à mucus, glandes sous-maxillaires et sublinguales des Vertébrés, rein des Mollusques), éliminer de diverses façons, sans disparaître pour cela, les produits qu’elles sécrètent; dans ce cas, les sécrétions se rassemblent souvent dans une partie de la cellule qui tombe spontanément {glandes mérocrines, Ranvier). D’autres fois, la cellule se fond pour produire la matière sécrétée (glandes parotides, glandes à pepsine des Mammifères, glandes sébacées, glandes de Meibomius, mamelles de ces animaux, etc.); la glande contient alors le plus souvent des cellules de différents âges, plus ou moins dissemblables, et que l’on pourrait prendre pour des éléments de nature différente {glandes holocrines, Ranvier). Ces éléments sont d’ailleurs juxtaposés dans certaines glandes, les glandes du suc gastrique par exemple.

Classiflcation des tissus conjonctifs. — On réunit SOUS cette dénomination un grand nombre de tissus qui ont pour caractère commun : 1° d’être dérivés du mésoderme; 2° d’être dépourvus de contractilité; 3° de présenter, en général, une plus ou moins abondante substance interstitielle, séparant des éléments anatomiques de forme très variable; 4° de servir de trait d’union ou de soutien aux

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