HÉMOGLOBINE ET MATIÈRES COLORANTES OXYDABLES
L'hémoglobine n’existe pas seulement dans le sang; on la trouve diffusée dans les muscles volontaires des Mammifères et probablement des Oiseaux, dans certains muscles striés à contraction involontaire, comme les muscles du cœur et du rectum de l’Homme. Dans les muscles des Vertébrés, elle présente souvent de remarquables localisations; chez les Requins du genre Carcharias, elle ne se trouve que dans une
mince couche de muscles rouges adhérents à la peau; chez l’Hippocampe dans la nageoire dorsale. On observe une localisation analogue dans certains Invertébrés : les muscles du pharynx et les ganglions de la chaîne nerveuse ventrale de l'Aphrodite aculeatu, qui n’en a pas dans le sang; les muscles pharyngiens et de la région odontophore des Oscabrions, Patelles, Paludines, Littorines, Planorbes, Lymnées, Aplysies ; elle se retrouve aussi dans le gésier de ces derniers Mollusqups.
Fig. 389. — Crislau.N. du sang de l’Homme et des Mammi- Fig. 390. — Cristaux d hématoïdine fères. — ■ a, cristaux du sang veineux de l'Homme; 6, de la (d après Frey).
veine splénique; c, cristaux du sang du cœur d’un Chat; d, d’une veine céphalique d’un Cochon d’Inde ; e, du Castor ; f, de la jugulaire d’un Écureuil (d’après Frey).
Elle colore en rouge les globules du sang des Glycera, Capitella, Phoronis, Solen legiimen, comme ceux des Vertébrés; elle est au contraire dissoute dans le liquide sanguin chez les Nereis, Eimice, Terehella, Nephelis, Hirudo, ainsi que chez les Némertiens, sauf les Folia; on la retrouve enfin dans le liquide cavitaire de divers Crustacés [Daphnia, Chirocephalus) , Insectes (C/uVonomws) et Mollusques (P/anor6is). Chez les Chlorémiens et diverses espèces de Sabelles elle est remplacée par une substance verte, la chlorochluorinc, qui parait jouer un rôle analogue C La chlorochluorine est bien différente de la Bonelléine qui donne aux Bonellies la teinte vert foncé qu elles communiquent à l’alcool dans lequel on les conserve.
L’hémoglobine est capable d’absorber directement l’oxygène; elle prend alors une teinte rouge vif. Avant son oxydation, son spectre d’absorption présentait deux bandes obscures, l’une commençant un peu au delà de la raie D et comprenant la ligne a, l’autre présentant son maximum d’intensité à la ligne P et se terminant à
1 Ray Lankester, Proceedings of the Royal Society. N» 140, 1873,
la raie E; après l’oxydation, ces deux bandes séparées par une bande brillante sont remplacées par une bande d’absorption continue, commençant en deçà de la raie D, se terminant à peu près vers la p, et dont le maximum d’obscurité correspond à la bande brillante, intercalée entre les bandes obscures de l’hémoglobine non oxydée (fig. 391). L’hémoglobine se combine aussi avec le bioxyde d’azote, l’acide
a, licmoglobine oxygénée et combinée au jirotoxyde d’azote.
b, hémoglobine oxycarbonée.
c, hémoglobine réduite.
cl, hématine acide.
e, hématine alcaline.
f. hématine réduite.
Spectre solaire avec les lignes de Frannhofer.
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Fig. 391. Analyse spectrale des solutions d’hémoglobine et d’hématine (d’après Frey).
carbonique, l’oxyde de carbone. L’oxygène peut déplacer le second de ces gaz; il ne peut se substituer ni au premier, ni au dernier; d’où la gravité des asphyxies produites par l’oxyde de carbone. En perdant 6 équivalents de charbon et en échangeant son fer contre de l’hydrogène, l’Aéma^me devient de Vhématoldine (fig. 390) toujours colorée en rouge. La bilirubine, l’une des matières colorantes de la bile, n est que de 1 hématine dont tout le fer a été remplacé par de l’hydrogène; par addition de deux équivalents d’eau, la bilirubine se transforme en bilifuscine -, ce corps, en fixant 2 équivalents d oxygène, devient de la biliverdine. A son tour, la biliverdine unie à 2 équivalents d’eau devient la biliprasine. Toutes les substances colorantes, naturelles ou dérivées, signalées dans la bile, peuvent donc être consi-