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LES GRAISSES

C8H9Âz30^ + H202 = C6HUz04 + C202Az2IIt Créatine. Sarcosine. Urée.

La créatine et la créatinine sont éliminées par le rein et se retrouvent dans l’urine.

La sarcine : est à l’acide pyruvique : C®H*(0^)(0'^) ce que l’allantoïne

est à l’acide -oxyglycolique : C^H^(0^)(0*); c’est un diuréide pyruvique, comme l’allantoïne est un diuréide oxyglycolique.

Les graisses. — Parmi les produits dérivés des substances albuminoïdes se trouvent la glycérine et toute la série des acides gras, jusques et y compris l’acide caprylique. Piien n’indique que la série ne puisse être continuée et ne fournisse des acides plus élevés, tels que les acides myristique palmitique

margarique stéarique ou même des acides de la série

tels que l’acide oléique Ces acides combinés avec la glycérine C®H®0®,

après élimination de 6 équivalents d’eau, forment toutes les graisses de l’organisme, dont les principales sont : la tributyrine la trimyristine

C®Ii^(G^®H^®0'‘)®, la tripalmitme C®H^.(G®^H®20'‘)®, la trimargarine la trisléarine C®IP.(C^®H®®0^)®, la trioléine C®H^.(C^®H®*0*)®. Diversement mélangées, ces graisses de consistance variable peuvent être mises en réserve sous forme de gouttelettes, ou envahir totalement le cytosarque des éléments anatomiques. C’est en grande partie sur elles que se fixe l’oxygène abandonné par les globules du sang; ce gaz finit par les brûler entièrement en dégageant simplement de l’acide carbonique et de l’eau éliminés par l’appareil respiratoire.

Mais la plus grande partie des graisses de l’organisme ne résulte pas d’une modification des substances albuminoïdes ; elles sont introduites avec les aliments et ont par conséquent pour origine directe ou indirecte des graisses végétales.

On doit rapprocher des graisses la cire des abeilles qui est un mélange fusible à 63° d’un acide gras, l'acide cérotiqiie : avec la myricine ou éther myricil-

palmitique G®®H®®(G®"H®^0''').

Les Lécithines. — La lécithine, qui prend une part des plus importantes à la constitution du tissu nerveux, est le type d’une catégorie de substances ayant avec les graisses une grande analogie de composition, mais d’une constitution plus complexe. Elle résulte de la combinaison avec la névrine : G‘^H‘®AzO* = G^H^(H'20^)(G^H2)3AzH*0.H0, d’un éther distéarophosphorique de la glycérine, c’està-dire d’une graisse phosphorée : C®H2(G®®H®®0^)^PbÜ®HL On peut, en effet, la décomposer, par l’action des alcalis, en névrine, acide stéarique et acide glycérophosphorique. La réaction de l’éther distéarophosphorique sur la névrine entraîne la perte de deux équivalents d’eau :

C®H2(C36H1604)2Ph08H'l + C4H2(H202)(C2lI2)3AzH40.H0.

Éther distéaro- Névrine.

phosphorique.

H202 -I- C4H2[C6H2(C36H360DPh08H3](C2H2)3AzH40.H0.

Lécithine stéarique.

On a obtenu diverses lécithines à l’aide de divers acides gras; la synthèse de la névrine a été réalisée par M. Wurtz, et les résultats de l’étude des substances albuminoïdes tendent à faire penser que la production artificielle de ces substances

qui ne sont pas beaucoup plus complexes que les lécithines n’est pas en dehors des moyens d’action de la chimie.

La lécithine stéarique est associée aux lécithines margarique et oléique dans la substance nerveuse, le jaune d’œuf, le sang, le lait, le sperme des Mammifères, la laitance des Poissons, etc. Le protagon qui a été considéré un moment comme la substance fondamentale des centres nerveux, n’est au fond qu’un mélange ou une combinaison de ces lécithines avec d’autres substances encore incomplètement connues.

On désigne enfin sous le nom de nucl&ine un groupe de substances assez mal définies qui existent surtout dans les noyaux des cellules et dont les unes sont riches en soufre et en phosphore, tandis que d’autres ne contiennent que du phosphore; la nucléine de la laitance du Saumon a pour formule, d’après Miescher, C®®H^^Az^Ph®ü^^.

Matières amylacées. — Chitiue. — Comme les graisses, les matières amylacées sont, en partie, fournies à l’organisme animal par celui des végétaux, en partie directement élaborées par lui aux dépens des substances albuminoïdes. Chez les animaux, ces substances sont fort répandues à l’état de glycogène, colorable en brun acajou par l’iode, d’inosite ou de glucose dissous dans les liquides cellulaires ou les humeurs, mais elles se concrètent rarement en granules ou en parois solides, comme l’amidon ou la cellulose des végétaux. Les corpuscules souvent décrits comme des grains d’amidon dans diverses parties du corps des animaux ont été déterminés comme tels parce que, examinés à la lumière polarisée, ils présentent une croix noire, mais ce caractère appartient à diverses autres substances et notamment aux lécithines. C’est par suite d’une illusion d’optique que quelques autres granules paraissent se colorer en bleu par l’iode. La tunique des Tuniciers est cependant presque exclusivement constituée par de la tunicine, substance à peu près identique à la cellulose^ végétale. On isole la tunicine en traitant la tunique brute successivement par l’acide chlorhydrique, puis par la potasse bouillante. On obtient ainsi une masse blanche qui, en présence de l’acide sulfurique, est colorée en bleu par l’iode, et se convertit en glucose lorsqu’après l’avoir mise à digérer dans l’acide sulfurique concentré, on la porte à l’ébullition pendant une heure. Chauffée à 200° avec de la potasse, la tunicine reste inaltérée, tandis que la cellulose végétale est attaquée dans ces conditions.

D’autre part, certains chimistes rapprochent des substances ternaires, la chitine, à laquelle d’autres donnent pour formule C^sHiBoiaAz— C‘»H‘20i2 4- AzHL La faible quantité d’azote trouvée dans la chitine serait due à ce que les échantillons analysés n’étaient pas suffisamment purs. La chitine est remarquable par sa résistance à l’action des alcalis et des acides faibles ; elle est attaquée par les acides concentrés.

Les substances amylacées sont donc relativement moins abondantes chez les animaux que chez les végétaux. De plus les animaux ne peuvent les former directement à l’aide des éléments minéraux comme le font les végétaux; ils les empruntent à ces derniers ou les constituent par voie de décomposition des substances albuminoïdes.

Résumé. — En résumé la plus grande partie des substances qu’on observe dans le corps des animaux dérivent des substances albuminoïdes. Ces substances ellesmêmes peuvent être ramenées à de l’urée unie à de l’acide acétique, à un très grand nombre d’acides amidés se rattachant aux deux séries d’acides gras :

ACTION DE LA TEMPÉRATURE SUR LES PHÉNOMÈNES VITAUX. 289

ainsi qu’à la série benzoïque et à du soufre. L’eau et l’oxygène déterminent dans ces corps des modifications profondes, sous les moindres influences. Les plus remarquables de ces modifications sont celles qui se produisent sous l’action de divers ferments solubles ou figurés qui transforment les matières albuminoïdes en peptonës solubles et assimilables, et semblent agir en fixant sur elles une certaine quantité d’eau. Ces peptones subissent ensuite des transformations plus profondes. Aussi les' composés les plus variés peuvent-ils prendre naissance dans l’organisme, mais les seuls qui soient éliminés en quantité importante sont l’urée, l’ammoniaque, l’acide carbonique et l’eau. Cela indique que, l’urée mise à part, les substances albuminoïdes éprouvent dans le corps une combustion complète, et comme leurs éléments sont associés dans de telles proportions que l’urée, l’ammoniaque et l’eau une fois formés, il reste un excédent considérable de carbone, la combustion respiratoire se ramène, à peu de chose près, comme Lavoisier l’avait trouvé, à une combustion de charbon.

Ces réactions chimiques ne s’accomplissent avec toute leur intensité, dans les diverses espèces animales comme dans les laboratoires, que si des conditions physiques déterminées sont réalisées : elles prennent naissance entre certaines limites de température; les courants électriques qui jouent en chimie un rôle si important, sont indirectement suppléés chez les animaux par ce qu’on appelle Vinflux nerveux, et la lumière elle-même intervient parfois directement, comme elle semble le faire pour la production des pigments, plus souvent d’une manière indirecte en excitant te système nerveux.

Comme toutes les réactions chimiques, les réactions qui s’accomplissent dans l’organisme sont d’ailleurs accompagnées d’un dégagement de force vive; une partie de cette force est immédiatement utilisée à la production du mouvement; une autre apparait sous forme de chaleur, d’électricité, de lumière, et contribue à modifier le milieu intérieur dans lequel vivent les éléments anatomiques; une dernière, enfin, est en quelque sorte emmagasinée dans le système nerveux où elle est utilisée, à son heure, pour la production des phénomènes psychiques dont tout organisme animal est le siège.

Action de la température sur les phénomènes vitaux. — Les conditions de» température nécessaires à l’activité des éléments anatomiques sont extrêmement variables suivant les animaux que l’on considère; mais il faut, sous ce rapport, soigneusement distinguer la température extérieure de celle de l’organisme lui-même, qui sont souvent très différentes. C’est seulement de la température de l’organisme que nous avons d’abord à nous occuper.

En raison même de l’énorme quantité d’eau qui pénètre chaque corps vivant, il n’y a pas d’organisme dont l’activité subsiste à une température notablement inférieure à 0°. Certains animaux peuvent cependant résister sans mourir à de pareilles températures; leur activité est alors suspendue, mais non détruite sans retour. Des chrysalides de Papillon complètement congelées peuvent être ramenées à la vie ; les œufs des animaux qui meurent en automne résistent nécessairement aux hivers les plus rigoureux, sans quoi les grands froids dépeupleraient d’un ^eul coup toute une région. On peut exposer, sans les tuer, les œufs de Vers à soie, ceux de divers Bombyx à une température de — 25o, et même davantage. Quelques Insectes adultes présentent une résistance presque égale. Nombre de Poissons et de Batra-

ciens, les Axolotls, eux-mêmes, peuvent être pris momentanément dans la glace, s’y congeler complètement et revenir ensuite à la vie. Hunter a pu congeler les oreilles d’un lapin, la crête d’un coq vivant au point de rendre ces organes cassants, sans qu’ils perdissent leur vitalité ; la congélation du nez ou des oreilles de l’Homme n’est pas non plus nécessairement destructive de ces appendices.

Les animaux pénétrés d’eau de mer ne meurent pas de congélation à une température un peu plus basse que 0°; l’eau de mer ne se transforme effectivement en glace qu’à une température inférieure à — 2“.

Une température voisine de 0° ne s’oppose même pas au développement d’une grande activité. A partir de 1500 mètres, les animaux des grands fonds vivent, dans l’Atlantique, à des températures qui demeurent aux environs de 2° et descendent jusqu’à — 1°,5. Il est vraisemblable que la température interne de ces animaux ne s’élève guère au-dessus de celle du milieu dans lequel ils sont incessamment plongés. C’est donc à cette température que fonctionnent normalement leurs éléments anatomiques; or il y a parmi eux non seulement des Phytozoaires, mais encore des Crustacés, des Annélides et des Poissons aux mouvements rapides et énergiques. Cette résistance au froid est ici bien évidemment le résultat d’une longue adaptation à un genre de vie exceptionnel. Les animaux des rivages et surtout les animaux terrestres perdent toute leur activité et s’engourdissent bien avant que leur température interne descende aussi bas. Il semble d’ailleurs que moins l’organisme est compliqué, moins est grande sa sensibilité au froid. Beaucoup de Phytozoaires et de Mollusques passent l’hiver sans que leur activité diminue sensiblement. Mais il n’en est plus de même des Batraciens et des Reptiles qui s’engourdissent, et tombent dans un profond sommeil quand la température moyenne descend au-dessous de 10°. L’activité des Mammifères dits hibernants, tels que les Marmottes, les Loirs, les Chauves-Souris, les Hérissons, les Ours, s’arrête quand leur température interne s’abaisse aux environs de 20°; leur organisme, dont la température dépasse en temps d’activité 35°, résiste ainsi à une chute thermométrique de plus de 15°. H n’en est plus ainsi des Mammifères ordinaires et des Oiseaux; là ce n’est plus le sommeil, mais la mort, qui survient irrémédiablement quand la température interne descend aux environs de 20°.

La température interne de la plupart des animaux suit les variations de la température extérieure; l’activité des éléments anatomiques s’exerce donc chez eux dans des conditions thermoraétriques très variables. Au contraire, par des procédés que nous indiquerons tout à l’heure, la température interne des Mammifères et des Oiseaux n’oscille que dans d’étroites limites, malgré les variations du milieu extérieur. Aussi divise-t-on fréquemment les animaux en animaux à température variable ou animaux à sang froid et animaux à température constante ou animaux à sang chaud, expressions qui ne sont pas d’une rigoureuse exactitude. Le nombre moyen qui représente la température interne, constant pour chaque espèce, change d’une espèce à l’autre, ainsi que l’indique le tableau suivant,, emprunté à Ch. Richet i :

1 Ch. Richet, la Chaleur animale, p. 10 et suivantes.

ACTION DE LA TEMPÉRATURE SUR LES PHÉNOMÈNES VITAUX

3IAMMIFÈRES

Marsouin .

Homme .

Tigre .

Ane .

Cheval .

Souris . .

Singe .

Chacal .

Rat .

Chat d’un mois et demi .

Chat adulte .

Écureuil .

Coati .

Baleine .

Cobaye .

Chien . . .

Chèvre .

Elan .

Ichneumon .

Lapin domestique .

Veau .

Lièvre . . .

Bœuf .

Lamantin . . .

Lapin de garenne .

Loup .

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