OISEAUX
Palmipèdes longipennes. .
Orfraie .
Faucon .
Paon .
Chat-Huant .
Gypaète .
Perroquet .
Corneille .
Alouette .
Tiercelet .
Moineau .
Bouvreuil .
Perdrix .
Poule .
Canard .
Choucas .
Palmipèdes lamellirostres
Faisan .
Grive .
Corbeau .
Gélinotte .
Lagopède .
Pintade .
Pigeon .
La température moyenne et normale du corps des Mammifères et des Oiseaux, ne vàrie donc que de 36o à 44°, c’est-à-dire de S® pour l’étendue entière de ces deux classes; la variation est même limitée 4 4° pour chacune d’elles.
Chez un même individu la température intérieure peut osciller entre certaines limites sans que l’état de santé cesse d’être normal. Chez l’Homme dont la température moyenne, remarquablement basse, est, dans l’àge adulte, de 37°, on peut constater des variations de 35°, 7 à 38°,2, sans qu’il y ait nullement maladie, et la température interne varie même quotidiennement de 36o,6, durant la nuit, à 37°,8, à la fin de la journée.
En raison de la faiblesse de ces variations, les éléments anatomiques des Mammifères- et des Oiseaux sont, en quelque sorte, perpétuellement en étuve, et leur fonctionnement s’accomplit dans des conditions d'étonnante égalité de température. On s’explique ainsi que ces animaux soient plus sensibles au refroidissement, et meurent dès que la température interne descend aux environs de 20° (24° chez l’Homme). La limite supérieure de température à laquelle ils puissent résister n’est pas pour cela très reculée : tandis que dans nos pays tempérés, les Sangsues, les Limaces, les Poissons, les Grenouilles, etc., sont tués par une température d’environ 40° et qui peut même descendre à 31° (Poissons), chez l’Homme, la mort survient d’habitude dès que la température interne atteint 42°; toutefois, dans la fièvre intermittente, on a pu, dit-on, observer des cas de température de 45° non suivis de mort.
On ne saurait conclure de ces chiffres que les températures extrêmes de 20° et de 42° marquent les limites au delà desquelles tous les éléments anatomiques de l’Homme sont frappés de mort. Les faits de retour à la vie de parties du corps soumises à la congélation montrent qu’il n’en est pas ainsi; on sait, d’autre part, que les globules blancs du sang exécutent leurs mouvements amiboïdes les plus actifs à une température de 45 à 46°. Il faut distinguer, en effet, entre la mort des éléments anatomiques et celle de l’organisme dont ils font partie. En particulier, chez les animaux supérieurs, le fonctionnement de tous les organes est lié à l’intégrité du système nerveux, et il suffit que les éléments de ce système cessent de fonctionner pour que la mort de l’organisme survienne, sans entraîner cependant la mort immédiate de tous les éléments qui le constituent.
C’est au ralentissement de l’activité nerveuse qu’il faut attribuer le sommeil qui envahit les Reptiles des pays chauds lorsque la température s’élève au delà d’une certaine limite, comme celui qui, sous l’influence du froid, s’empare des animaux hibernants. En revanche, c’est à l’intervention des centres nerveux que les animaux à température constante doivent de pouvoir lutter contre les variations de la température extérieure. L’Homme peut, dans des conditions déterminées, supporter un froid de — 60°, ou résister pendant une quinzaine de minutes à une température supérieure à 100° et s’élevant même à 160°. Dans ces cas extrêmes la température de la surface même de la peau reste voisine de 36°. Les animaux à sang froid peuvent, dans des conditions analogues, régler dans une certaine mesure leur température. C’est ainsi que chez une Grenouille qui était demeurée pendant deux heures dans une étuve dont la température varia de 56°,23 à 65°, la température interne ne s’éleva qu’à 33°,75.
Il est bien évident qu’un animal à température constante, placé successivement dans des milieux d’abord plus chauds que lui, mais dont la température s’abaisse peu à peu au-dessous de la sienne, commencera à lutter contre le froid par une augmentation de son activité interne se traduisant par une production de chaleur;
ACTION DE LA TEMPÉRATURE SUR LES PHÉNOMÈNES VITAUX
mais son activité finira elle-même par diminuer avec la température jusqu’à s’éteindre. Il y a donc une température externe qui met l’organisme dans des conditions d’activité maximum. L’activité peut être mesurée chez les animaux à température constante, dont la puissance musculaire varie peu, par la quantité de chaleur produite dans un temps donné; il est donc possible de déterminer cette température optimum-, elle est d’environ 14° pour les Lapins, de 16“ à 18“ pour les enfants. Il est clair que, pour les animaux à température variable, il doit exister non seulement une température extérieure, mais aussi une température intérieure plus favorable que toute autre au développement de l’activité vitale ; mais l’activité vitale a des manifestations multiples qui rendent très difficile sa définition chez les animaux à température variable, dont la puissance musculaire et l’activité sécrétrice varient simultanément, et dont la production calorifique est faible. On peut admettre que la température optimum est, chez ces animaux, celle où l’excès de la température du corps sur la température ambiante est maximum. Mais cet excès est toujours peu considérable: à la température ordinaire, il serait, suivant Valentin :
Pour les Polypes .
— Méduses .
— Échinodermes — Gastéropodes .
— Céphalopodes .
— Crustacés
— Insectes .
— Poissons . . .-. .
— Tortues .
0",21 0“,27 0“,40 0“,46 00,57 0“,60 de 3“ à 10“ de 2“ à 7“ 1“
Dans quelques cas, l’excès est cependant beaucoup plus considérable, c’est ainsi que, dans une chambre maintenue à 20°, la température d’un Boa en incubation peut atteindre 41°, 5 et que la température s’élève à 40° au centre d’un essaim d’ Abeilles.
L’action de la température sur les phénomènes vitaux se manifeste d’une manière particulièrement remarquable dans les phénomènes de développement. Les œufs de la plupart des animaux passent, .dans nos climats, l’hiver sans éclore; ils éclosent dès que la température s’élève; ceux des Reptiles et des Oiseaux ont besoin pour se développer d’être soumis soit à la chaleur solaire, soit à l’incubation. M. Duclaux a constaté sur les œufs de Vers à soie un phénomène plus remarquable. Ils doivent, avant d’éclore, traverser une phase de basse température. Des œufs maintenus à partir du moment de la ponte à une température de 20° n’éclosent pas. Au contraire des œufs placés peu de temps après la ponte dans une glacière, puis portés dans une chambre modérément chaude, au lieu de demeurer en repos durant tout l’hiver comme d’habitude, éclosent immédiatement. Le refroidissement artificiel a remplacé pour eux le froid hivernal. L’action de la température peut ' même être localisée, comme cela résulte du fait qu’on peut provoquer des monstruosités en chauffant inégalement un œuf d’Oiseau en voie de développement.
L’influence de la température sur le développement post-embryonnaire n’est pas moins marquée. Les chrysalides du Bombyx du mûrier ne se métamorphosent qu’en 15 jours à une température de 19°; il leur suffit de 11 jours à une température de 22 ou 23 degrés. Cette influence se fait encore autrement sentir sur les animaux.
Les variations régulières des saisons ont déterminé chez beaucoup d’entre eux la succession régulière, synchronique avec les saisons, d’actes dont la répétition, pour la plupart des individus d’une espèce, constitue les mœurs de cette espèce. Nous verrons un peu plus tard que ces actes peuvent être produits, même en dehors de l’action actuelle du stimulant qui paraît avoir déterminé leur première exécution. Ils deviennent ainsi simplement périodiques et leur période ne coïncidant plus d’une manière rigoureuse avec les variations plus ou moins régulières de la température moyenne de chaque saison, ils semblent commandés par une faculté particulière, se rattachant à celles qu’on a groupées sous le nom d’instinct.
Action de la lumière. — Il est extrêmement difficile d’apprécier l’action directe de la lumière sur les Animaux et de la séparer de celle de la chaleur. Cette action est cependant incontestable. Les Infusoires, les Hydres se dirigent vers les parties éclairées du vase qui les contient; la lumière parait agir avec une intensité particulière sur les Paramécies dans l’eau pauvre en oxygène (Engelmann) ; les Actinies s’épanouissent sous l’action d’un rayon de soleil ou même d’un rayon de lumière électrique. La lumière intervient aussi dans la production du pigment chez les animaux supérieurs et chez l’Homme. Les larves d’Axolotl, pâles au sortir de l’œuf, noircissent peu à peu en grandissant; le noircissement est fortement retardé quand on les garde à l’obscurité ou qu’on ne laisse arriver sur elles que des rayons rouges.
Mais on n’a réuni que bien peu de faits précis relativement à l'action directe de l’agent lumineux, et, d’autre part, l’existence dans les grandes profondeurs de la mer d’une faune extrêmement riche montre qu’il n’est pas indispensable à la vie animale. Son action la plus nette s’exerce, comme tant d’autres, par l’intermédiaire et sous le contrôle du système nerveux qui, au contraire de ce qui a lieu chez les Plantes, toujours soumises à l’action directe du milieu, semble, chez les Animaux, tendre à s’interposer partout entre le reste de l’organisme qu’il dirige et le milieu extérieur. Par cet intermédiaire la lumière peut agir même sur les phénomènes de nutrition. C’est une pratique bien connue des éleveurs de volaille que de maintenir dans l’obscurité ou même de priver de leurs yeux les animaux qu’ils veulent engraisser; ils évitent ainsi la dépense de force produite par l’animal sous l’influence des excitations visuelles. Il faut certainenient donner à la lumière une place parmi les causes qui déterminent l’oscillation quotidienne de la température du corps. Cette température arrive à son maximum, 3"/°,07, chez l'Homme, vers six heures du soir, alors que le système nerveux a éprouvé toutes les excitations du monde extérieur; elle passe au contraire par un minimum, 36®,7, lorsque, dans l'obscurité de la nuit, toutes les activités mises enjeu pendant le jour se sont apaisées.
Quoique s’exerçant par l’intermédiaire de l’œil et du système nerveux, la lumière peut produire des effets inconscients. Les plus remarquables sont les contractions des muscles lisses des chromatophores de la peau, chez les Poissons susceptibles de changer de teinte. Ces chromatophores sont de diverses couleurs; leurs dimensions varient avec l’état de contraction ou de relâchement des muscles qui agissent sur eux, de sorte que la couleur totale se modifie suivant que telle ou telle catégorie de chromatophores est contractée ou dilatée. Par ce mécanisme fort simple, divers Poissons, la Sole notamment, adaptent involontairement leur couleur â celle du fond sur lequel ils vivent, de manière â se dissimuler assez bien pour échapper â la vue (G. Pouchet). Un assez grand nombre de Crustacés, les Crangons, les