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ACTION DE LA LUMIÈRE

Palémons, les Homards, les Écrevisses et probablement quelques Lézards, le Lacerta muralis, entre autres, jouissent de la même faculté. Or, cette faculté disparait entièrement si l’on prive de leurs yeux ces animaux; elle est donc sous l’influence de l’appareil visuel. 11 en est de même chez les Caméléons; mais ici chaque œil agit d’une façon spéciale sur les deux côtés du corps, de sorte que l’ablation d’un œil entraîne une coloration différente de ces deux côtés. En outre, la lumière excite directement les chromatophores des Caméléons, ou tout au moins les nerfs cutanés. Ces animaux continuent à changer de couleur pendant qu’ils dorment, lorsqu’ils sont chloroformés, et même, pendant quelques instants, après leur mort. Si l’on place sur leur dos un manteau de papier découpé, les parties correspondantes aux vides du papier changent seules de couleur sous l’action de la lumière (Paul Bert).

Des animaux dépourvus d’yeux (Vers de terre, Pholades) sont d’ailleurs sensibles à l’action de la lumière. Cette action n’agit sur les Vers de terre que si elle porte sur l’extrémité antérieure de leur corps; Hoffmeister et Darwin pensent que, dans ce cas, elle doit s’exercer directement sur le cerveau.

L’action directe de la lumière sur la peau a été constatée depuis assez longtemps chez l’Homme. Un vif éclairement de la peau par de la lumière bleue ou violette qui contient fort peu de rayons calorifiques, ou par de la lumière blanche qui a été débarrassée de la plus grande partie de sa chaleur par son passage au travers une couche d’eau, suffit pour y déterminer de la rougeur et même, dans quelques cas, des phlyctènes (Bouchard). Les malades atteints de pellagre sont sous ce rapport d’une remarquable sensibilité. La lumière rouge paraît sans action. 11 semble d’autre part établi que, durant le sommeil hypnotique, la lumière peut déterminer aussi des contractions des muscles striés. Il n"est donc pas invraisemblable qu’à l’état normal la lumière puisse influencer notre organisme. Son action sur le développement de certains animaux n’est pas douteuse. Le développement des Batraciens est plus lent à l’obscurité qu’à la lumière. Les larves de Mouches {Musca carnaria), les œufs de Limnée, ceux de Calmar et de Seiche, les œufs de Truite, les œufs et les têtards de Grenouille se développent notablement moins vite dans la lumière rouge et la lumière verte que dans les lumières bleue et violette L 11 semble même que la croissance des Mammifères puisse être influencée d’une manière analogue par la lumière colorée. Mais il existe encore sur ces points beaucoup d’incertitudes et de données contradictoires.

L’action de la lumière se traduit, dans tous les cas, par une surexcitation des phénomènes respiratoires; de sorte que les animaux privés de nourriture meurent plus tôt dans la lumière violette que dans la rouge. Elle paraît s’exercer à la fois par l’intermédiaire de l’œil et par celle de la peau. Les quantités d’acide carbonique dégagées, dans le même temps, par des Grenouilles aveugles et des Grenouilles intactes sont dans le rapport de 100 à 114. Si l’on cherche à déterminer ce rapport en faisant agir la lumière colorée, on trouve les nombres suivants :

1 Yung, Archives de zoologie expérimentale, t. VII, 1878, p. 231, et Beviie scientifique, 1881, t. I, p. 523.

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