‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 101 sur 278 · FAU · texte numérisé non relu

FAU

Facjns (T.)

Fctgiis sijlvaiica (L.)

Le hêtre, connu de tout le monde, est un des plus beaux arbres de nos forêts; il se plaît particulièrement sur les coteaux et au pied des montagnes. L'écorce et les fruits (faînes) sont usités.

Préparations et doses.

A L'iNTÉniEun : BécocHon de Vècorce , de 50 à 80 grammes pour \m kilogramme cFeaii.

llmle de faines, employée comme celle d'olive, d'oeillette, etc.

Propriétés*

L'écorce de hêtre, d'une saveur austère, est astringente;

elle a été placée parmi les fébrifuges indigènes. Le docteur Fuhrmaiin. de Sclioenfeld, dit l'avoir employée en celte qualité avec succès. « L'écorce, destinée h l'emploi médical, doit' être récoltée sur des individus d'un ou deux ans au plus. On la donne sous forme de décoction, que l'on prépare avec 30 grammes (une once) d'écorcc fraîche, ou 15 oram. (4 gros) d'écorcc. sèche, pour 180 gram. (six onces) d'eau commune, que l'on fait réduire des deux tiers par l'ébaUition. Ledécoctum, passé avec soin et edulcore a volonté, est administré liède, en une seule prise, une heure avant l'invasion présumée de l'accès. Quelques observations, recueillies par l'auteur, confirment l'efficacité de ce remède, et M. Fuhrmann ajoute qu'il considère celte écorce comme élant douée d'une propriété anti-pyréliquc aussi prononcée que l'est celle du quinquina : il la regarde comme méritant la préférence sur ce dernier agent, en raison de la modicité de son prix. Du reste, dans l'emploi de ce nouveau fébrifuge, les indications et les contre-indications sont; les mêmes que pour l'écorce du Pérou [Journ. des Comm., méd., prat. et de pharmacol., mai, 1842). »

Desbois de Rochefort dit que l'écorce de hêtre, outre sa qualité astringente, recèle des propriétés apériiives et purgatives; donnée à haute dose, elle peut môme, suivant cet auteur, provoquer le vomissement. A cause de cette diversité d'action on pourrait l'employer avec avantage dans des circonstancesoùd'autresfébrifuges seraient restés inefficaces. L'expérience prouve journellement que tel médicament de ce genre (sans en excepter le quinquina) est infructueusement employé quand tel autre, en apparence moins énergique, répond complètement à l'attente du médecin. L'ecurcc de hêtre peut donc trouver sa place. La matière médicale n'est jamais trop riche pour lepraticien qui, sachant y puiser avec discernement, en fait une judicieuse application.

Les fruits ou faînes offrent, après l'enlèvement de leur épiderme, un parenchyme blanc, consistant, d'une saveurdoucc et analogue à celle des noisettes. Ils fournissent de l'huile jouissant de toutes les qualités des huiles grasses, et pouvent être employée aux mêmes usages économiques et médicinaux. Cette huile, qui no se coagule point par le froid, est un peu moins agréable ou goût que l'huile d'olives ; mais elle a l'avantage, au lieu de rancir comme cette dernière, de s'améliorer avec le temps.

Les faînes, mangées en trop grande quantilé, causent l'ivresse. Le principe qui produit cet effet, que j'ai été à même d'observer plusieurs fois, est peu connu.

HÏÈBLE,

SUREAU IIliiULE, PETIT SUREAU.

Sambhcus hiimilior frutescens (T.) Samhucus ebulus (L.)

Celte plante croît dans les champs et sur le bord des chemins, dans toute la France. Les feuilles, les fruits, les graines, et surtout l'écorce intérieure de la racine, sont usités.

Prcparalions et doses.

A l'intérif-Ur : Infusion vineuse oudécooiion aquevse de la racine ou de l'écorce, (12 à 50 g;vam. par kilog.), 30 à -100 grain.

Suc exprimé des racines, de C â 12 grammes, et plus, selon l'effet qu'on veut produire.

Roh préparé aiwc les haies, de 43 à 60 grammes.

Semences contuses, de 4 à 12 grammes, en infusion dans du vin blanc ou dans un autre véhicule, ou en élecluaire.

Infusion des [leurs dans Veau, de 4 à 8 grara. par kilog. d'eau.

A l'extérieijR : Fleurs et feuilles, en décoction, cataplasme, etc.

Propriclési.

L'hièble, exhalant une odeur vireuse analogue à celle du sureau, mais plus forte, dont les feuilles ont une saveur amère, irès-nauséeuse et teignant la salive en rouge, est un purgatif drastique. Cette plante est en ouire diurétique, sudorifique. On en obtient d'heureux résultais dans la leucophlegmatie, et, en général, dans les hydropisies passives, La racine, l'écorce et la semence, sont plus particulièrement employées comme purgatives ; les fleurs, comme celles de sureau, sont anodines et diaphorétiquf;s à petites doses; les feuilles jouissent à peu près des mêmes propriétés que l'écorce; maison les emploie le plus souvent à l'exlérieur en forme de cataplasme contre les engorgements articulaires, lymphatiques, glanduleux, œdémateux.

La plupart des auteurs ont avancé que dans l'hièble chaque partie de la plante jouit de venus différentes. C'est là une de ces erreurs, comme tant d'autres, que l'observation et l'expérience détruisent chaque jour. Chaque partie de la plante a une activité plus ou moins grande selon que les principes qu'elle contient sont plus ou moins rapprochés , mais louies exercent sur l'organisme des effets analogues, et qui se réduisent à une excitation plus ou moins remarquable, se manifestant, dans l'appareil digestif par le vomissement et la purgation, sur les voies urinaires, par la sécrétion

aivniKMilée de rurine , sur le système exlmlaiil par 1 auginenuuioii de la lianspiraiion. Les faits viennent à l'appui de celle opinion : les tlcurs , en infusion dans l'eau , sont béchiques, diaphoréiiques, expectorantes, et le suc de ces mêmes fleurs, à la dose de 4 à 8 grammes, offre un purgatif analoeue aux follicules de séné par son aclion sur le tube intestinal. Le rob de baies d'hièble. étendu dans une grande quanlilé d'eau chaude, produit l'effet diaplioretique, tandis que, administré d'une manière plus concentrée, il agit sur les intestins et provoque la purgaiion.

L'hièble est une de ces plantes dont on n a pas assez étudié l'action au lit des malades. Chaque auteur a répété ce que ses prédécesseurs avaient eux-mêmes copié. Cependant cette plante mérite tonte l'attention des praticiens, et peut, ainsi que le sureau, avec lequel elle a la plus grande analogie, être d'une grande utilité dans la médecine rurale. J'emploie fréquemment les fleurs en infusion Ihéïforme, avec du miel, dans le catarrhe pulmonaire ; elles sont légèrement stupéfiantes, excitentla transpiration et l'expectoralion d'une manière secondaire, c'est-à-dire, après avoir agi sur le système nerveux comme sédatives.

Les semences et l'écorce intérieure agissent avec d'autant plus d'efficacité comme purgatives, qu'elles sont plus récentes. C'est dans l'écorce (surtout celle de la racine) que cette propriété est le plus énergique, bien que la racine ait été spécialement vantée comme hydragogue. Les feuilles jouissent à peu près des mêmes vertus que les autres parties de la plante; mais, comme nous l'avons dit plus haut, on les a particulièrement recommandées comme résolutives, sous forme de cataplasme, sur les contusions, les entorses et les engorgements lymphatiques et œdémateux. Cuites dans du vin, suivant Vermale [observât, etrecherch. de Chirurg., pag. 81), elles dissipent les tumeurs des articulations provenantes de contusion, surtout 5i /'ort ij joint un bandage compressif. Dans ce cas, le bandage n'a-l-il pas, ainsi que Vaidy. le fait observer [dict. des Scienc.méd.), autant de part à la guérison que le remède ?

J'ai plusieurs fois employé la racine et l'écorce d'hièble infusées dans le vin blanc à des doses plus ou moins élevées, selon l'effet que je désirais produire. J'ai eu h me louer de leur usage dans l'anasarque. Ce purgatif ne laisse pas à sa suite ce sentiment de chaleur et d'érosion que l'on observe souvent après l'administration de la plupart des drastiques résineux. La semence, pilée et mêlée avec du miel, m'a fourni un éleetuaire dont l'emploi m'a réussi à la dose

de 4 grammes prise en deux fois, ù une heure de dislance, le malin ^»jeun. Donnée en une seule fois, celle dose jjrovoquc quelquefois le vomissemeni.

Chesneau [observât, médical., pag. 227) recommande l'emploi, dans les liydropisies, d'une huile mucilagineuse fournie par la semence d'hièble bouillie dans l'eau. La dose de celle huile, que je n'ai jamais adminislrée, est de 15 grammes. Haller en a consiaié l'effel énergique.

Le rob d'hièble esl une préparalion infidèle; il perd la propriété purgative par la vétusté. Quand Haller lui refusait celle propriété que Scopoli lui attribuait, on peut croire que tous les deux avaient raison.

Les feuilles d'hièble et celles d'absynthe, cuites ensemble et appliquées sur le bas-ventre d'un enfant de dix-sept mois, ont procuré quatre évacuations alvines abondantes, avec expulsion de six lombrics vivants. J'ai employé la semence verte d'hièble, pilée et mêlée de la même manière, avec de l'absynlhe et un peu d'ail, chez un peiil garçon de l'âge de deux ans. Ce topique a déterminé trois selles copieuses et la sortie de Irois ascarides lombricoïdes, et d'une grande quantité d'ascarides vermiculaires.

Je crois inutile de donner ici la longue énuméraiion des maladies contre lesquellps on a recommandé l'hièbîe et ses diverses préparations. Les eCfels physiologiques de cette plante vraiment utile, étant bien connus, il est facile, sans lui assigner une action imaginaire et spécialement adaptée à lel ou tel cas, d'apprécier les circonstances où elle convient. Signaler l'hydropisie, les dartres, l'épilepsie, le rhumatisme, l'arthrite chroni^iue, les obstructions des viscères et beaucoup d'autres maladies dissemblables, comme pouvant être traitées avec succès par l'hièbîe, c'est dire d'une manière moins simple qu'on doit l'employer, avec les modifications convenables, dans toutes les affections qui réclament l'administration des purgatifs drastiques, des diurétiques ou des diaphoréliques.

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