NIELLE
NIELLE DES JARDINS , NIELLE DE CRÈTE , NIELLE DE l'aRCHIPEL, NIELLE ROMAINE , NIELLE DOMESTIQUE, MILLE-EPICES , TOUTE ÉPICE, CUMIN NOIR , FAUX CUMIN, NIGELLE CULTIVÉE.
NigcUa, flore simpUci minore cwxdido (T.) Nigella saliva (L.)
Cette plante, qui vient spontanément en Egypte, dans l'île de Crète , en Espagne , est cultivée dans nos jardins. C'est le mélanthion des anciens. La semence est usitée. ,
Propriétés.
La nielle cultivée est d'une odeur aromatique et d'une saveur acre et piquante. L'arôme existe dans l'écorce de la semence. L'alcool s'empare de la saveur et de l'odeur de cette semence. L'extrait alcoolique est amer et un peu astringent. Carlhenser dit que l'extrait aqueux est insipide.
Les semences de Nigelle cultivées sont en usage comme assaisonnement dans l'Orient et ailleurs depuis un temps immémorial. Les anciens les considéraient comme incisives, apériiives, diurétiques, atténuantes. On les regarde comme avant fait partie de la matière médicale d'Hipprocrate {StèriL, 673 ). On les employait surtout dans les affections catarrhales pulmonaires et pour provoquer les règles,
Arnaud de Villeneuve , qui , malgré ses erreurs théoriques
et le farrago de sa polyphannacie galénique, s'est montré dans la pratique judicieux observateur et a recueilli un grand nombre de faits intéressants, employait la formule suivante comme un puissant emménagogue : « Succi mercurial.,meU. despumali an. une. i farinœ niyellm une. 1.1/2 vel q. s. ut possint confici pihil(B. Da mulieri 2vel 3 singUr- Us nocUOus, quando mmslrua debent venire , et tune rncnsirua ventent copiosè. Non solum provocant liœe pilulœ menstrua , sed etiam prœparant ad conceptum et matncem mandificant {De Stérilit. , cap. 8). » Varandal (Varendœus) au rapport de J. Dolœus [Encyelop. med. de ehlorosi, lib. 5, 'p.im, Amstelod. 1688), employait cette formule avec un succès constant ; il en divisait un gros en six pilules, et en faisait prendre deux chaque soir pendant trois jours.
D'après ces témoignages , la semence de nielle aurait sur l'utérus une action spéciale qui mérite toute l'attention des Ihérapeutisies, et que je me propose de vérifier. <( Notre propre expérience, dit Bodart [ouv.cité), nous a prouvé qu'elle est susceptible de provoquer et d'augmenter la sécrétion du lait. » Le docteur Peyrilhe lui accorde la faculté anthelmintique. La tonicité dont elle est pourvue, en augmentant la force péristallique du tube intestinal, peut être ' favorable à l'expulsion des vers ; mais nous ignorons ,sur quel fondement ce savant praticien la considère comme utile dans l'hydrophobie. Wauters a proposé de substituer la semence de nielle cultivée aux aromates exotiques et surtout à la noix muscade , au macis , aux clous de girofle.
La Nielle des Champs [nigella arvensis), qu'on ne doit pas confondf-e avec Vagrostema gilhago (L.) que l'on nomme aussi vulgairement nielle, participe aux qualités de la nielle cultivée. Ses semences sont acres et brûlantes. Prises à l'intérieur à forte dose , elles peuvent , suivant Dioscoride , donner la mort. Tragus et Hofi'man les regardent aussi comme suspectes. J'ai vu, dit Bulliard [ouv. cit.), un bomme sujet aux maux de dents employer avec succès la graine de nielle pour se procurer du soulagement ; presque toutes ses dents étaient gâtées, et, dès qu'il ressentait des douleurs, il faisait entrer dans la cavité de la dent qui lui faisait mal une ou deux o-raines de cette plante; ce qui causait un petit ulcère et détruisait la sensibilité. Ces semences, réduites en poudre, sont un sternulatoire violent. Les caractères botaniques de toutes les nigelles doivent les faire considérer comme plus ou moins suspectes et nécessitent de la prudence dans leur emploi à l'intérieur.