‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 145 sur 278 · OLIVIER · texte numérisé non relu

OLIVIER

OUva saiiva (T.) — Olea europea (L.)

L'olivier, dont l'origine se perd dans la plus haute antiquité, croît aujourd'hui spontanément dans les montagnes de l'Atlas, et est cultivé en Italie , en Espagne, en Languedoc , en Provence. On se sert de ses feuilles, de ses écorces et de ses fruits ou olives.

Prcparafioiis et doses.

A i-'iNTÉRiKUR : Dêcociion de feuilles , écorces, olives vertes, ù 60 , grammes par kilog. d'eau.

Écorce ou feuilles pulvérisées , de 4 à 24 gram. dans un véhicule approprié.

Teinture alcoolique d' écorces (I sur 8 d'alcool à 52°), de 2 à 4 grara. en potion.

Exirtiiî d'ècorres (1 sur 5 d'alcool à 52°), 2 à 4 grara. en pilules

ou dans un liquide.

Sirop d' écorces M sur 1G d'eau eH2 de suci'e), de 50 à 00 gram,

seul ou en potion.

Huile d'olives, de 16 à 60 grammes et plus, pure ou mêlée à l'eau

par un mucilage.

A l'extépxiel'U : 50 à 120 grammes en lavement; frictions, liaiment , etc. ; le maïc en topique.

Propriétés^

L'écorce et les feuilles d'olivier sont amères, toniques, astringentes et fébrifuges. On les a considérées comme propres à remplacer le quinquina , non-seulement dans les fièvres intermittentes, mais aussi dans les fièvres typhoïdes et dans les maladies atoniques où l'usage de l'écorce du Pérou est indiqué.

M. le docteur Bonnet, ex -président de la Société royale de médecine de Bordeaux, a publié sur les fièvres intermittentes un ouvrage (1835) dont le Journal de médecine et de chinirgie pratiques a extrait les passages suivants concernant l'emploi , comme fébiifuge, des feuilles et de l'écorce d'olivier : u Les officiers de santé français, pendant les « guerres d'Espagne , n'ayant pas une quantité sutïisanKî de <( quinquina, employèrent avec le plus grand succès les a feuilles et l'écorce d'olivier, qui paraît être un des meil- <( leurs succédanées du quinquina. On donne la poudre à la « dose de 1, 2 , 3 , 4 et 6 gros. L'infusion se prépare de la « manière suivante : Poudre de feuilles ou d'écorce d'oli-

« vior, 1 once; eau ou bon vin vieux, 2 livres. Laissez « infuser pendant deux fois vingt-qualre heures.

(( L'extrait amer de l'écorce se donne à la dose de 12 à (( 36 grains. Le sirop de la même substance, préparé de la « manière suivante , est beaucoup vanté par M. Pallas , surit tout contre les fièvres intermittentes qui se développent a chez les enfants : Prenez une livre d'écorce sèche d'oli- (( vier, concassez et faites bouillir dans huit pintes d'eau de « fontaine ; passez au travers d'un blanchet, et ensuite faites « évaporer pour réduire à moitié. La liqueur étant refroidie, <( on la décante pour en séparer la matière résineuse qui se « précipite par le refroidissement. On ajoute à celte décoc- « tion douze livres de sucre terré, puis on clarifie avec des « blancs d'œufs, et l'on fait cuire jusqu'à consistance de (( sirop. On conserve pour l'usage dans des bouteilles exacte tement fermées. La dose est d'une once, fractionnée en (( trois ou quatre prises données pendant l'apyrexie.

« La teinture d'olivier a été également recommandée par « M. Pallas : Prenez écorce d'olivier, 200 grammes ; eau-deu vie ordinaire, 1 litre. Laissez digérer pendant cinq jours, « et filtrez. La dose est d'une demi-once, qu'on étend dans <( deux onces d'eau, et qu'on donne en deux fois. »

Plus tard, M. Pallas eut occasion d'administrer l'écorce d'olivier aux soldats de l'expédition de Morée. Vingt malades atteints de fièvres tierces et quotidiennes guérirent tous. Ce médecin administrait trois ou quatre fois la teinture en potion , comme on vient de l'indiquer, ou bien , l'extrait amer à la dose de 6 à 18 décigrammes. M. Giardoron, médecin à Sebenico, a préconisé les feuilles en décoction et en poudre à la dose d'une once et demie ( poids d'Autriche) en six parties. Ce fébrifuge indigène, qui était connu de quelques médecins espagnols , et dont M Bidot , en France, a le premier fait mention , paraît le plus digne de suppléer au quinquina dans les départements du midi, où l'on peut se le procurer facilement.

L'huile d'olive est adoucissante, émolliente, laxative, anthelminlique. On l'emploie cependant rarement pure à l'intérieur dans les maladies inflammatoires, parce que, séjournant dans les voies digestives, elle peut y acquérir des qualités irritantes en s'y rancissant. On l'emploie plus particulièrement dans les empoisonnements par les substances acres et corrosives, pour en diminuer l'activité et calmer en même temps l'irritation qu'elles ont produites. On peut l'employer en émulsion comme l'huile d'amandes douces , dans les toux sèches avec irritation, dans la slrangurie et

les douleurs iiéphiéiiques. Elle païaît, prise pure, comme la plupart des huiles fixes, exercer une action délétère sur les vers intestinaux, dont elle provoque souvent l'expulsion. Pour prévenir le vomissement, qu'elle occasionne quelquefois lorsqu'elle est prise à haute dose, on lui associe une certaine quantité d'un acide végétal comme le suc de citron, qui, lui-même, est vermicide, ou autant de vin. Les lavements d'huile d'olives conviennent dans les coliques qui suivent les accouchements laboi'ieux, dans celles qui accompagnent les hernies, ou qui sont produites par la rétention des matières stcrcorales durcies. Dans un cas de cette dernière espèce, chez un vieillard habituellement constipé, je ne suis parvenu à calmer les douleurs et à provoquer l'expulsion des fèces accumulées dans le gros intestin, qu'en injectant au-dessus, au moyen d'une longue canule dégomme élastique, 120 grammes d'huile d'olive d'heure en heure. L'expulsion des matières s'est opérée après la quatrième injection. J'ai pu prévenir de nouveaux accidents par l'usage, trois fois par semaine, de la décoction miellée de mercuriale annuelle à la dose d'une tasse.

Les anciens faisaient un grand usage des onctions d'huile d'olives ; ils s'en frottaient le corps en sortant du bain pour assouplir les muscles et les articulations, et rendre la peau moins sensible à l'impression subite d'un air frais. C'est en se frottant tout le corps d'huile que les athlètes se préparaient à la lutte. L'empereur Auguste demandait au centenaire Romulus PoUion comment il avait fait pour conserver jusque dans un âge avancé la vigueur de corps et d'esprit qu'il montrait : « C'est, dit le vieillard , en usant habituellement de vin miellé à l'intérieur et d'huile à l'extérieur : intus miilso, fores oleo. »

Les onctions d'huile étaient aussi fréquemment employées dans le traitement de plusieurs maladies. Dioscoride et Celse parlent de leur usage contre l'hydropisie. Foreslus, Olivier, Storck, Gardane, parmi les modernes, rapportent avoir vu plusieurs fois l'ascite et l'anasarque se dissiper par ces onctions répétées plusieurs fois par jour. Bien qu'elles n'aient pas eu le même succès entre les mains de Tissot et de plusieurs autres praticiens, au nombre desquels je puis me compter, on ne doit pas y renoncer avant de les avoir de nouveau essayées.

La réputation dont l'huile d'olive a joui, appliquée à l'extérieur comme antidote , est plus douteuse. De ce que les accidents produits par la morsure de la vipère se sont dissipées après l'usage des onctions d'huile , peut-on rai-

sonnablemenl atlribuer à ces onctions cctic heureuse solution quand on la voii frcquemmenl s'opérer par les seuls eflbrts de eei4e nature ?

Les onctions de celle huile, proposées par Delpech conire la g'ïle, n'ont pas non plus les bons efiels qu'on leur avait attribués. Je les ai employées deux fois sans succès.

Le marc ou magma, résidu des olives exprimées, paraît agir sur la peau comme irritant. On l'a recommandé conire le rhumatisme chronique, la goutte, la paralysie. Son application sur tout le corps à la fois n'est pas, dit-on, sans danger.

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