ARISTOLOCHE CLÉMATITE
Arislolochia demaiilis recta (T.) Arisiolochia clematiiis (L.)
Cette espèce d'aristoloche croît spontanément en Italie , en Espagne , dans le midi de la France, et même dans les environs de Paris ; elle préfère les terrains pierreux, les haies et les vignes. La racine seule est employée.
Préparations et doses.
A l'intérieur : Décoction ou infusion des racines., ^2 à \5 grampour un kilog. d'eaii. . , . ,
Poudre , 4 à8 gram. , avec du -vin ou dn miel , ou en piiul., bols, etc. Extrait alcoolique (\ de racine sur 6 d'alcool), 2 à 4 gram,, selon
l'âge et les forces.
Teinture (4 de racine sur S d'alcool), i à 2 gram., en potion.
Propriétés.
Douée,comme les xiristoloches longues et rondes qui nous viennent des pays méridionaux , d'une saveur acre , amère, d'une odeur forte, pénétrante, elle paraît jouir des mêmes propriétés que ces dernières , et a, pour nous, le précieux avantage d'être indigène.
N'ayant sur les effets de cette plante aucune observation
(1) Cet article n'était pas dans le mémoire couronné.
qui me soit propre, je ne puis mieux faire que de citer 1 opinion de Gilibert. Voici comme il s'exprime :
« Toutes les aristoloches , même notre aristoloche clématite, cachent un principe médicamenteux très-pénétrant, répendanl une odeur forte, d une saveur vive , amère , aromatique , qui laisse une longue impression sur la langue. L'infusion des racines, édulcorée avec du miel, est un remède énergique qui augmente le flux des urines, détermine plus abondamment les menstrues. On en donne aussi la poudre dans du vin. Ce remède a réussi dans les pâles couleurs , la bouffissure, les fièvres intermittentes, l'asthme humide , l'anorexie dépendante d'une atonie avec glaires ; c'est un puissant adjuvant dans la paralysie, la goutte sereine ; appliqué extérieurement, il déterge les ulcères sordides. Toutes ces propriétés , ajoute le même auteur , sont constatées par des observations spéciales : aussi doit-on être étonné, dit-il , qu'une plante aussi énergique soit presque abandonnée. Nous nous sommes toujours servi de l'aristoloche clématite; d'après notre principe, ajoute-t-il, que l'on doit préférer les plantes indigènes lorsqu'elles offrent les mêmes principes médicamenteux que les exotiques. »
Alston rapporte qu'en Écosse on emploie l'aristoloche clématite de préférence aux autres espèces, surtout comme antigoutteuse. Selon Helde, administrée en poudre ou en extrait, et principalement en essence simple ou teinture alcoolique, elle a prévenu les accès de la goutte ; on lui attribue même la faculté de calmer les spasmes que les goutteux éprouvent fréquemment dans les jambes avant le paroxysme; mais n'est-il pas à craindre que ce prétendu spécifique ne produise des rétrocessions funestes , ainsi qu'on l'a observé par l'administration de la fameuse poudre de Portland , dont la racine d'aristoloche ronde fait la base , et que je l'ai vu moimême par l'usage des préparations de colchique ?
Toutes les espèces d'aristoloche, et particulièrement l'aristoloche clématite , peuvent, à une dose trop forte, causer des crampes d'estomac , de vives douleurs intestinales, des vomissements , des superpurgations, et même , si l'on en croit quelques auteurs, occasionner des pertes et des avortements. Ces divers accidents , résultant de l'administration imprudente d'un médicament , loin de démontrer le danger de son emploi thérapeutique , prouvent , au contraire, son énergie. D'un autre côté, des médecins dignes de foi ont regardé l'aristoloche clématite comme une plante faible et douteuse, malgré les éloges que lui ont accordé les anciens. Ces diverses opinions viennent sans doute du lieiL
où a été récollée la plante , de la saison où elle a éie recueillie , et surtout de son degré d'ancienneté. Il ne faut l)oint oublier que Gilibert l'a employée dans les environs de Lyon , et que la même plante , croissant dans les déparlements du nord de la France , est souvent beaucoup moins active. Il suffirait peut-être , dans ces derniers cas , d'augmenter les doses.