‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 17 sur 278 · BÉTOINE DES MONTAGNES , TABAC DES VOSGES , DORONIQUE D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

BÉTOINE DES MONTAGNES , TABAC DES VOSGES , DORONIQUE D'ALLEMAGNE

Domiiciim plautaginis foliis alterum (T.) Arnica mouiana {L.)

Celle plante, qui aime les lieux élevés, fi-oids el ombragés, croîl abondamment sur les montagnes du centre et du midi de la France , dans le Lyonnais , sur les Alpes , etc. Les racines, les feuilles et les fleurs sont usitées.

Préparalfons et cIo«eis.

A l'intériehr : Infusion et décociion , 8 à 50 gram. par kilog.

d'eau bouillante.

Racine, en poudre , 60 cent, à 42 gram. progressivement, en élec-

tuaire , opiat, bols, etc.

Fleurs en poudre., 30 cent, à 2 gram, progressivement , en Lois ,

pilules , etc.

Eau distillée, 30 à \00 gram., en potion. Teinture alcoolique {i de racines sur 8 d'alcool), -1 à 20 gram., en

potion.

Teinture éthérée ( i de fleurs sur A d'élher ) , 1 à 40 gram. , en potion.

Extrait aqueux ( \ sur S d'eau) , 50 cent, à 4 gram. , en potion, pilules, etc.

Extrait alcoolique {\ de fleurs sur 8 d'alcool et i d'eau), 50 cent, à 4 gram., en potion, etc.

A l'extérieur : Feuilles et peurs ,.en cataplasmes. En poudre , comme sternutaloire.

Propriétés.

Les racines elles fleurs d'arnica, d'une odeur balsamique, d'une saveur acre, piquante , décèlent leurs vertus stimulantes, toniques, légèrement émétiques et slernutaloires.

Les efl'els primitifs de celte plante ont lieu sur les voies digeslives, qu'elle irrite plus ou moins; l'action secondaire se produit par une excitation sur le cerveau et le système nerveux. Les effets de son administration se manifestent assez promptement par des démangeaisons à la peau , des nausées , des vomissements , des anxiétés , des élourdissements, quelquefois même par des tremblements, des secousses nerveuses , des spasmes , etc.

L'arnica a été préconisée contre les fièvres thvphoïdesadynamiques , les catarrhes chroniques , l'asthme humide, l'œdématie, certaines paralysies, l'amaurose , la danse de Saint-Guy alonique , les rhumatismes chroniques, les chûtes

(Ij Cet article n'était pas dans le mémoire couronné.

el coiilusions avec ecchymoses, les (iôvres inienuillenies.elc.

On doil considérer l'arnique, dilGiliberl, comme tonique et apéritive, donnée à petite dose, et comme cmétique, purgative, diurétique, sudorifique et emménagogue , donnée à

plus grande dose. , . .

Dans les fièvres adinamiques ou putrides, on administre l'infusion ou la décoction de fleurs d'arnica édulcorée avec un sirop convenable ou avec addition d'un peu de racines de réglisse , à la dose d'une tasse , de deux heures en deux heures. C'est surtout dans cette forme de fièvre typhoïde caractérisée par l'enduit fuligineux de la langue, la prostration des forces, le délire obscur , le pouls faible , petit, accélère, que ce médicament convient. Je l'ai vu employer avec succès dans les hôpitaux de l'armée , pendant la campagne de 1809 , en Allemagne , contre la fièvre putride qui sévissait alors d'une manière générale. Depuis , je l'ai souvent mis en usage moi-même dans les mêmes cas, en l'associant le plus souvent à la racine de valériane et à celle d'angélique. Je fais verser la décoction bouillante de fleurs d'arnica el de racine de valériane , faite à vase clos , sur la racine d'angélique Le malade prend cette tisane à doses modérées , mais fréquemment répétées. Administrée de cette manière , l'arnica détermine rarement le vomissement el la douleur gastrique , et elle n'en est pas moins efficace , quoi qu'en disent les médecins qui regardent ces manifestations comme favorables à l'excitation générale que l'on veut produire. Celle excitation est même plus durable quand elle est obtenue plus graduellement et sans douleur ; car il est bien évident que la douleur, surtout quand elle a son siège dans les organes digestifs , épuise les forces au lieu de les relever. Je pense néanmoins que l'arnica réussit moins en infusion légère, comme le recommande Stoll, que lorsqu'elle est administrée en décoction rapprochée; mais c'est toujours progressivement et à petites doses fréquemment répétées que cette décoction doit être mise en contacl avec la muqueuse gastrique : il faut toujours en surveiller l'efl'et.

L'arnica ne convient pas aux tempéraments nerveux. On doil s'abstenir de son emploi dans les fièvres caractérisées par l'excitation cérébrale et l'ataxie.

Dans les fièvres intermittentes , l'arnica diminue seulement l'iniensilé des accès et augmente les sueurs ; ce n'est point là un effet suffisant pour en recommander l'emploi dans le Irai lement de ces fièvres. Quoique StollTait décoré du nom de quinquina des pauvres, c'est, à mon avis, comme anti-périodique , un pauvre quinquina.

La propriété très-excilanle de l'arnica a déterminé quelques praticiens à l'employer contre certaines pai-alysies. Le docteur Rogcry cite, dans le Recueil périodique de la Société de médecine de Paris , le cas très-remarquable d'une jeune femme qui, à la suite d'une lièvre mal jugée, éprouvait une sorte d'engourdissement et un étal d'impuissance dans les membres inférieurs. Ce médecin lui prescrivit la décoction des fleurs d'arnica et l'extrait de ces mêmes fleurs, qu'on faisait dissoudre dans l'eau de menthe édulcorée avec le sucre. Comme il n'avait pas obtenu tout le succès désiré , il donna judicieusement les fleurs pulvérisées de cette plante dans suffisante quantité de miel, et bientôt la malade éprouva des fourmillements et des douleurs auxquelles succéda la restitution complète du mouvement et de la sensibilité.

Comment constatei- les effets de l'arnique dans les chûtes, les contusions avec ecchymoses, les collections de sang caillé?... Ne sait-on pas que la nature dissipe souvent les suites de ces accidents sans le secours de l'art ? Et d'ailleurs , dans ces cas, ne vaut-il pas mieux avoir recours à la saignée et aux antiphlogistiqnes qu'à ces prétendus vulnéraires, qui n'ont d'action que celle qu'ils exercent sur l'imagination des malades ?

Si CoUin, Stoll, Junkei", Fohr et autres auteurs ont exagéré les propriétés de l'arnica contre les engorgements du foie et delà rate, l'apoplexie, l'hémiplégie, l'épilepsie, l'amaurose, etc. Vacca-Berlinghiéri a fait connaître des essais négatifs qui réduisent ces propriétés à leur juste valeur, et les déprécient quelquefois même trop , sous Tautorité de faits isolés et insuflisanls : est modus in rébus... Une jeune dame était attaquée d'une maladie convulsive, à laquelle s'était jointe une fièvre inlei-mitlenie très-légère. On proposa les fleurs d'arnica ; Vacca-Berlinghiéri les accorda ; mais elles ne procurèrent aucun soulagement ; de plus, elles soulevaient l'estomac et causaient des désordres dans les viscères. Il ne faut pas plus ajouter foi , selon l'opinion du médecin que je viens de citer, à la faculté qu'on attribue à l'arnica de guérir la goutte-sereine. •

Les feuilles d'arnica, en infusion aqueuse ou vineuse, ont les mêmes propriétés médicales que la racine et les fleurs. Appliquées en cataplasmes sur les tumeurs douloureuses , elles en ont puissamment favorisé la résolution, au rapport de Scopoli. Les paysans des Vosges font dessécher les feuilles et les fleurs, et s'en servent en guise de tabac.

On préfère généralement l'arnica recueillie sur les montagnes de la Bohême, comme étant plus énei'giqiie.

AlVUÈTE-liOEUF,

IJOUGRANE, BUCRAN13.

Aiionis spinoaa {T.)—OitouU Sjùnosct (L )

L'aiTêie-bœuf est une plante vivace qui croît partout en France, siu'tout dans les lieux incultes, les pâturages médiocres. On emploie la racine en décoction (16 à 60 gram. par kilog. d'eau).

Proprâciés.

Les racines sont apéritives, diurétiques. Je les ai souvent mises en usage dans les tisanes diurétiques. Elles ne méritent pas l'oubli dans lequel elles sont tombées. Les gens de la campagne emploient les feuilles et les fleurs d'ai réte-bœuf en gargarisme, bouillies dans une certaine quantité d'eau, à laquelle ils ajoutent du miel et du vinaigre, contre l'angine tonsillaire.

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