‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 174 sur 278 · PLAWTAIN AQUATIQUE, FLUTEAU PLANTAGINÉ , PAIN DE CRAPAUD · texte numérisé non relu

PLAWTAIN AQUATIQUE, FLUTEAU PLANTAGINÉ , PAIN DE CRAPAUD

Plantacjo aqmiica {T) .— Alisma plantago (L.)

Le plantain d'eau , qui appartient au genre Flûteau (allsmacces), croît en abondance dans les lieux aquatiques. Cette plante était sans usage en médecine, lorsqu en 1817 une notice du savant Lewshin , annonça qu'un ancien soldat aurait non-seulement préservé de la rage des liommes et des animaux qui avaient été mordus par des chiens enragés, mais encore aurait guéri, au moyen de cette plante, l'hydrophobie déclarée. On fait manger au malade une tranche de pain couverte de beurre et saupoudrée avec la racine de plantain d'eau réduite en poudre. Il faut recueillir cette racine pendant l'été, la faire sécher à l'ombre, et la pulvériser. Deux ou trois doses suffisent pour guérir l'hydrophobie déjà déclarée. Depuis cinquante ans que l'on fait usage de ce remède dans le gouvernement de Tula, son efficacité ne s'est jamais démentie, au rapport de M. Lewshin, qui assure avoir été lui-même témoin d'une guérison chez un sujet auquel on n'administra que deux doses du médicament, et qui vécut dix-huit ans encore sans jamais éprouver de rechute.

Depuis lors, le docteur Burdach a publié des observations de guérison ; mais des praticiens français dignes de foi ont affirmé n'avoir obtenu aucun résultat positif de l'emploi du plantain d'eau comme antihydrophobique.

Les feuilles de celte plante, appliquées sur la peau, la rubéfient légèrement. Cependant les Kalmouks en mangent les tubercules, et Fée [Hist. natur.pharm., 1. 1, p. 311) en a ingéré une assez grande quantité sans en éprouver le momdre accident.

Dehaen parle du plantain d'eau comme d'un diurétique propre à remplacer ïuva ursi, soit en décoction à la dose d'une poignée, soit en poudre (les feuilles) à la dose de 4 grammes. Wauters {DisserL botanico-méd., pJ9) dit aussi avoir employé le plantain d'eau en poudre avec succès dans un cas de douleurs néphrétiques avec hématurie , einission difficile des urines , etc., et chez un tailleur atteint de irequentes rétentions d'urine avec douleur, rétraction du testicule, érection involontaire et sentiment de constriction au pénis Wauters prescrivit à ce dernier l'infusion aqueuse de plantain d'eau , et obtint dans l'espace de huit jours une grande amélioration.

POLIGALA VULGAIRE,

LAITIER, IlERCE AU LAIT, POLYGALON.

Volyqnla vukjaris (T.)-P«'j/y«'«

les prairies sèclies, le long des usieret, uut, pelouses des collines. On emploie les racines.

Préparalîons et doses.

A L'iNTUiEDR : comnie ionique, infusion, macération, de

Teiniure ( 1 sur 6 d'eau-de-vie) , de 10 a M grani.en polion. F'in, de 15 à 50 j^fammes. Extrait aqueux , de 1 à 2 ç:rammes.

Eocirait alcoolique, de 50 cent, à \ gramme , pilnles. Foudre, 50 cent. à 2 gram,comme purgatif , de 1 a 4 gram. en U

Le poligala vulgaire est ionique et diurétique à petite dose, purgatif et émôlique à haute dose. Son action stimulante sur les organes secrétoircs rend le poliga utile dans les affections rhumatismales , la dernière période des catarrhes pulmonaires, les bronchites chroniques , l'hydrolhorax , le croup , etc.

StoU et CoUin ont retiré le plus grand avantage dans les affections pulmonaires où il y a atonie et congestion de mucosités, de l'emploi du poligala amer (i). Ils le donnaient ainsi préparé : Racine de poligala , 90 gram.; faites bouillir dans un litre et demi d'eau réduit à moitié : ajoutez, après avoir passé, 30 grammes de sirop d'hyssope et autant de sirop de pavot blanc. On donne cette préparation à la dose de 120 gram., que Ton renouvelle trois fois par jour.

Coste cite, avec toute la candeur qui le caractérise, douze poitrinaines de 25 h 30 ans, du nombre desquels étaient quatre jeunes fdles, qui ont fait usage du poligala vul^^aire; l'auteur croit devoir lui attribuer le salut de dix

(I) Le poligala amer est une variété du poligala vulgaire ; il est plus petit, SCS tiges sont; plus étalées , ses feuilles radicales sont arronilies , celles de la lige sont linéaires ; il est plus rare que Ic^ poligala vulgaire. C'est surtout dans l'écorce de sa racine que paraît résider son principe actif.

Proisriétés.

d'onir» eux. L'autopsie démontra riiicurabililé antérieure de plusi(?urs mois à l'usage de ce remède , chez ceux qui succombèrent. C'esl-à-dire que, pour tout médecin observateur , les dix malades guéris seraient probablement aujourd'hui , grâce aux moyens explorateurs que nous possédons, tout simplement considérés comme atteints de catarrhes pulmonaires chroniques.

[ Buriin {mc'm. cilé] a employé le poligala vulgaire et le poligala amer avec autant de succès que Coslc et Wilmet contre les affections chroniques des voies respiratoires. ]

Les médecins de Vienne administrent le poligala de la manière suivante : Poligala pulvérisé et sucre royal , de chaque 1 gram. 20 centigram. Après cette dose, qu'on administre tous les malins , on donne une tasse de la décoction suivante : Faites bouillir, dans une livre et demie d'eau , 8gram.de racine de poligala amer, coupée menu; après avoir passé , ajoutez partie égale de lait récent. On prend plusieurs tasses de ce mélange dans le courant de la journée.

Gessner a reconnu au poligala amer , qu'il appelle amarella, une propriété purgative ; l'infusion d'une poignée de ses parties herbacées, faite pendant une nuit dans un verre de vin, le purgea, dit-il, sans aucune espèce d'accident.

Je considère la racine de poligala comme un tonique fort utile et dont l'action se porte principalement sur les organes respiratoires. Je l'ai fréquemment employée dans les catarrhes chroniques accompagnés d'expectoration plus ou moins abondante, dans l'asthme humide, dans l'hydrothorax ,• mais je dois avouer qu'elle n'a jamais produit un bon effet quand la toux était sèche et que l'irritation fébrile existait. C'est presque toujours coupée avec le lait que je donne la décoction de poligala. J'ai guéri, par le seul usage de ce mélange, un jeune homme du village de Carly, qui, arrivé à une extrême maigreur, éprouvait une toux avec expecloraiion abondante d'apparence mucoso-purulente, jaunâtre, épaisse. Le rétablissement de ce malade était complet après six semaines de l'emploi journalierde la décoctioTi de poligala.

J'ai souvent associé au poligala, selon l'état des malades, le lichen pulmonaire ou d'Islande, les sommités d'hyssope, de lierre terrestre ou d'hypéricum, et plus souvent encore, pour en modérer l'activité, la racine de guimauve, les fleurs de bouillon blanc ou celles de tassilage.

Le poligala vulgaire , quoiqu'un peu moins actif que le poligala de Virginie , peut remplacer ce dernier dans la pharmacie du médecin de campagne. « Pourquoi, ditBodart, aller chercher le poligala en Virgifxie, tandis que la nature a placé son congénèreauprès de nous dans le;w/ti'a/ar«/(/flm/

POLYPODE,

rOLVPODE DE CHÊNE.

Pohjpodium vuhjare (L.) Pobjpodixm vuUjare (T),

Celte phmle se renconire partout, principalement sur le pied des vieux chênes. Sa souche est usitée.

Préparations et doses*

A L'iNTÉRiEDU : DécocUon , de CO à 400 gram. par kilog. d'eau. Poudre , de 2 à 4 gram. en potion.

Propriétés.

La souche de polypode est expectorante , faiblement astringente , ou léger purgatif selon la dose à laquelle on l'administre.

Le polypode , après avoir joui d'une grande réputation , est tombé dans l'oubli. Il n'a pas plus mérité les éloges qu'en lui a prodigués que le dédain dont il est aujourd'hui l'objet en matière médicale. J'ai reconnu que celte racine ne lâche le ventre que fort doucement , même élant administrée à grande dose ; mais comme elle est d'une saveur sucrée , je l'ai donnée aux enfants. Ils la prennent avec plaisir; et à une dose élevée, en décoction, soit seule, soit mêlée avec un peu de lait , elle les purge suffisamment. La thérapeutique des enfants est très-difficile; il faut autant que possible, pour eux, user du précepte d'Horace : Utile dulci.

La décoction de racines ( ou plutôt de souches ) de polypode m'a paru n'être pas inutile dans les affections catarrhales pulmonaires. Les paysans lui reconnaissent cette propriété par tradition , et l'emploient avec succès pour se débarrasser des toux chroniques, des vieux rhumes.

POLYTRIC ,*

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