‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 176 sur 278 · POMME DE TERRE · texte numérisé non relu

POMME DE TERRE

PARMENTIÈRE.

Solanum tuherosum.

Solamm Uiberosim esculanhm (B.)

La pomme de terre, qui signale à notre reconnaissance les noms de Walter Raleigh et celui de Parmentier, le premier comme auteur de la découverte, le second comme propagateur de sa culture, est maintenant la ressource alimentaire de tous les peuples.

Préparallons et doses.

A L'iNTÉniEUR : décocUou de tiges et de feuilles, de 30 à iOO gram.

par kilog. d'eau.

A l'extérieur: tubfrculc cru, rapè ou cuit, ou farine, fécule en cataplasme.

Feuilles en décoction, pour fomentation, etc,

PropriétéSt

[Nous ne parlerons pas des ressources de la pomme de terre ni des divers produits qu'on en obtient comme substance alimentaire. Tout le monde sait que ce tubercule est un aliment abondant et salubre qui peut, dans les temps de disette, remplacer le blé, qu'il fournit de la fécule, de l'alcool, etc. (1). Nous nous occuperons seulement de son emploi thérapeutique.]

(1) La pomme de terre a été atleinic , depuis quelques nnnées , d'une maladie dont les progrès ont alarmé les populations et sollicité l'altcnlion et les recherches des agronomes. Cotte maladie , espèce de gangrène tantôt humide , tantôt s chc , suivant 1rs modifications apportées par les circonstances almosphériques , a été attribuée par les uns à des insectes ou à des cryptogames qui , comme on sait , s'emparent toujours des végétaux qui languissent ; par les autres , exclusivement à l'humidité insolite de l'année 1845, époque de son invasion, ou encore,

La pomme de terre est anii-scorbuiiquc. Son usage, dans les voyages de long-cours, préserve du scorbui el le combat quand il existe.Il est à remarquer que celle affection est devenue beaucoup plus rare depuis l'emploi général de ce précieux tubercule comme aliment.

Le tubercule de la pomme de terre est émollient et analeptique; rapé, on en fait des cataplasmes utiles contre les brûlures; c'est un remède populaire et qui convient dans les cas les plus simples. Le suc exprimé de ce tubercule, appliqué très-fréquemment avec une plume sur du papier brouillard recouvrant la brûlure, convient beaucoup niieux; je l'ai vu produire de bons effets. Chaque application appaise la douleur. Avec sa fécule sèche on saupoudre les excoriations, les phlogoses de la peau chez les enfants, l'interirigo, l'érysipèle; on en fait des cataplasmes. — La tige, les feuilles, les fleurs et les baies, sont sédatives et narcotiques, utiles dans les névralgies, les rhumatismes, les catarrhes pulmonaires chroniques. — J'ai fréquemment prescrit la décoction des tiges et feuilles de pomme de terre dans les toux sèches, la coqueluche, la diarrhée avec irritation. J'ajoute à cette décoction un peu de miel, de sucre ou d'extrait de réglisse ; elle calme la toux et facilite l'expectoration. Dans certains cas, qu'il est facile d'apprécier, j'ai coupé cette décoction avec celle de lierre terrestre, de marrube blanc, de bourgeons de peuplier baumier, etc.

D'après le docteur Nauche, des catarrhes pulmonaires, intestinaux, urétraux el surtout utérins, qui duraient depuis jïlusieurs années, ont cédé à de légères décoctions de pommes de terre rouges et de réglisse. Des injections avec le même liquide ont eu le même succès contre les fleurs blanches. Des scorbuts, des douleurs d'estomac, ont été avantageuse-

suivant queJqueï-uns, h un principe occulte, rc'pandu dans r.iîr et exerçant sur celle plante une action pestilentielle analogue à celle du ciioléra sur les hommes.

Dans un travail appuyd d'observations soigneusement recueillies pendant quatre annc.'es (2j , et qui a obtenu la grande médaille d'argent au concours ouvert en 1848 à la Société Nationale et Centrale d'Agriculture de Paris, nous avons démontré que la maladie de la pomme de terre, dont les ])rogrès furent accidentellement favoiiséspar Thumidilé de dS45 , i)rovenait de répuisement graduel , de la dégénérescence de la jilante par une série continuelle de mauvais traitements, et que pour ^a guérir il suffisait de revenir aux lois de la nature.

(2) 1. IDe la maladie Ac la pomme de terre et des moyens de la guérir, Boulognefliir-mer , i847 ; — 2. Sur les moyens de guérir la jionimc de terre par la plantation d'automne , et d'en olitenir des récoltes plus abondantes cl plus Ixàtiïcs ; lettres adressées 'n la Société Nationale et Centrale d'Ag.iculturc de Taris, par MM. Le Roy-Mabillc, Cazin et lirunct-Sirc , membres résidants de la Société d'Agriculture , des sciences et des arts de Boulogne dut mer; — Paris; citez Mme veuve Boucliard-fluxard , 1848.

mciil mitées par l'usage de celte décoction. C'est surloul contrôla gravclle que l'action de la pomme de terre en infusion a été efficace. Ce médicament a rendu les urines limpides, et a procuré un soulagement plus durable que les

autres diurétiques. .,, , ,r -j •

Un médecin allemand [annales de la Société de Médecine d'Anvers, 1845) a vanté les feuilles et liges delà pomme de terre, sous forme de cataplasme, de fomentations et de lavements dans les cas de phlegmasic avec douleur vive, d Hémorroïdes très-douloureuses, de spasmes de la vessie, etc. Pour faire ces cataplasmes, il suffit de réduire en pulpe les parties indiquées de la plante.

Les cataplasmes faits avec la pulpe de pomme de terre ct la décoction de graine de lin, de feuilles de mauve, etcpewvent remplir la môme indication que ceux de mie de pain, de farine de froment, etc.

En résumé, les tiges et les feuilles de pomme de terre jouissent, quoi qu'à un faible degré, des propriétés de la morelle noire, de la jusquiame et de la belladone.

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