POMMIER
Malus flore pleno (T.) Pynis malus (L.)
Le pommier est un arbre indigène, enlevé depuis longtemps à nos forêts et livré à la culture pour ses fruits ou pommes, que l'on mange crues ou cuites, -et avec lesquelles on fait le cidre.
Propriétés.
La pomme est acidulé, rafraîchissante, tempérante, fréquemment mise en usage dans les inflammations gastriques et pulmonaires, en décoction. On forme avec la pulpe cuile des cataplasmes employés contre certaines ophtalmies aiguës. On fait souvent usage d'une sorte de limonade avec \ii reinette blanclie, contre la toux, l'enrouement, les maux de gorge, les phlegmasies pulmonaires, vésicales, rénales, les fièvres bilieuses et putrides, etc. On fait aussi un sirop, une gelée et un sucre de pomme.
Dans les villages du Nord, où l'on n'a pour boisson ordinaire que le cidre, cette boisson est regardée comme préservatif de la pierre. Il est à remarquer, en effet, qu'il y a moins de calculeux en Normandie et en Picardie que dans les autres parties de la France, oii l'on use du vin ou de la bière. Le suc récent de pomme et le cidre sont utiles dans le scorbul. A défaut de vin on peut se servir du cidre de
première qualité pour composer les vms médicinaux. A lu campagne il faut, autant que possible, faire de la médecine à bon marché ; on ne pense pas au village, comme à la ville, qu'un rtiédicament est d'autant plus eificace qu'il vient de plus loin ou qu'il coûte plus cher.
Une personne digne de foi m'a assuré avoir vu une dame âgée de quaranic-huil ans , atteinte d'une ascilc contre laquelle on avait vainement employé tous les moyens connus, guérir dans l'espace de quinze jours par l'usage abondant du cidre doux. La malade en prenait deux à trois litres chaque jour. Ce moyen produisit d'abord des selles abondantes, et, ensuite , une augmentation considérable de la sécrétion urinaire. Il n'y eut point de rechute. Le cidre doux agit ici probablement comme la cassonnade prise à grande dose , et que l'on a vu réussir dans les engorgements abdominaux , les phlegmasies chroniques des intestins et du péritoine , l'ascite , etc,
L'écorce du pommier est tonique et astringente. J'ai employé, en 1847 , la décoction de l'écorce de racine fraîche de cet arbre (GOgram. jjour 500 gram d'eau) dans quatre cas de fièvres intermittentes, dont deux ayant le type tierce et deux le type quotidien. Les deux premiers cas ont cédé au troisième jour de l'emploi de ce moyen. Dans les deux autres, les accès ne se sont dissipés que graduellement dans l'espace de huit jours, de sorte que l'action du médicament est restée problématique en présence de la possibilité d'une guérison qui a souvent lieu spontanément.
PHLORIDZINE.
La phloridzine est une substance amère retirée de l'écorce fraîche du troue et surtout de celle des racines du pommier, du poiries", du cerisier et du prunier. Ce principe immédiat a été découvert par M. de Konnink. C'est une matière cristalline neutre, d'un blanc mât, à peine soluble dans l'eau froide et soluble en toute proportion dans l'eau bouillante , plus soluble dans l'alcool que dans l'eau à température égale, fort soluble dans l'éther. Les acides fovorisenl sa dissolution dans l'eau ; elle colore en brun le sulfate de de fer ; la colle animale est sans action sur elle.
Pour l'extraire, on met les écorces des racines fraîches en digestion à plusieurs reprises . pendant sept à huit heures, avec de l'alcool faible, à une température de 50 h 60 degrés. Les liqueurs réunies concentrées dans un appared distillatoire , la laissent déposer en cristaux grenus , qu'on purifie à l'aide du charbon animal et par plusieurs cnsialli- -aiions ''îliénard, Trailé de chimie , sixième édition.)
M do Ronnink a employé la phloridzine avec succè^ comme suceédanée du sulfate de quinine à la dose de 50 ^ 75 ceniiiîrammcs. Le docteur Hanegraeff, d Anvers, a mlblié S^^^^ observations de fièvres inlcnnaientes de Krs lyp?s.q"i ont été recueillies par lui-même, et ix mr SOI c^onf è -e le docteur Lutens, dans chacune desquelles a nSzine a été employée sans autre médicament. Ce '^éd c n a Tonclu de cei faits : 1» que la pblor.dz.ne jom de propriétés fébrifuges inconlestables dans les l.èvics quo diennes et les fièvres tierces; 2» que ce médicament est moins efficace contre les fièvres quartes; 3» qu 1 ne produit aucune irritation sensible sur les voies d.gest|ves ; lo enfin qu'il n'occasionne ni vertiges, m surdité , m tintement d'oreilles, symptômes qui apparaisseenl si soim^^^ après l'administration du sulfate de quinine , et que les malades supportent avec tant d'impatience. [BulleL de là Soc de Médec. de Gand. 1837. ) On administre la phloridzine en poudre , en pilules ou dans une pouon , du sirop , h. l'aide d'un intermède approprié.