‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 188 sur 278 · RENONCULE · texte numérisé non relu

RENONCULE

1* Renoncule acre. — Renoncule des prés , grenouilletle, bouton d'or, patte de loup , jauneau , herbe à la tâche. ( Ranunculus pratensis erectus acris T. ■ — Ranunculus acris L.)

2* Renoncule Bulbeuse. — Rave de Saint-Antoine, pied-decoq, pied-de-poule, pied-de-corbin, clair-bassin, bassinet, f Ranunculus tuberosus major Harm. — Ranunculus bulbosus L.)

3«* Renoncule scélér.4te. — Herbe sardonique , herbe de feu , mort aux vaches , herbe scélérate. ( Ranunculus palustris apii folio T. — Ranunculus sceleratus L.)

Toutes les renoncules croissent en France, dans les prairies, les lieux humides, surtout dans les déparlements du Nord. La racine, les feuilles et les fleurs sont usités.

Propriétés.

Les renoncules doivent être rangées dans la classe des poisons acres : leur ingestion peut causer la mort. On les a employées à l'extérieur contre la teigne, les ulcères atoniques etscrophuleux ; mais le plus ordinairement on ne s'en sert que comme rubéfiantes et vésicantes. Elles peuvent remplacer les cantharides lorsque l'on craint l'action de celles-ci sur la vessie, ou que certains cas d'urgence se présentent où l'on est forcé de se servir du moyen qui se trouve sous la main.

[L'action rubéfiante et vésicante des renoncules a lieu assez promptement : quelques minutes suflisent quelquefois pour produire une inflammation suivie de vésicules conte-

. - ♦ T ne ninîps; nui en résultent guéris nant une sérosité ftcre ^e places qji»^^^^ feuilles broyées sent assez promptement pa^^ ^^^^^.^^^^^ de cynoglosse ou de bo ullon^^^^^^

rapport de Linnee et de baspaia x scélérate venir des ulcères par » ^PP^ se servàicni de feuilles de afni d'exciter la commiserat.o , s^^v^ .^,re a été

bouillon-blanc pour les g^enr. La renonc ^^^^^^ employée comme vesjcato.re dan a g^^^^^^^ ^

léle, par Chesneau. Il a ^^ZZ^lusuvl^^^^^^

trois mois par la S^u tte, en açp bqjant su^^^^^^^^^ ,néMM hbri

feuilles de cette plante sur le siège

qxLinque, l^J^). Ba^l.yi app^^^^^^ exlernarum partmm n

des douleurs f^.^^^f rm//4î*m (iei)mia5 ; ipse uti soleo aUanon profitant, ad c^^^^^ ^^/J, ^^3).

fohis f Se d^^^^ rhumatisme articulaire

culepdee. „„p nos navsans nomment /lerôe à ?a

Sro^ïr neuvTin^^^ o^n attend patiemment la gué-

"'T. lenoncule bulbeuse est si active que sa pulpe pilée La renoncule u phlictaines dans

1-Lrceïrne d m -S/Ce^^ promptitude d'action peut être^îrès uuîe dans certains cas : mais, comme la renoncule acre la renoncule scélérale, elle peut causer du gonflement, des douleurs vives , des ulcérations rebelles la gangrené, etc Pour prévenir ces inconvénients , on ne doit en apphnuer q'"une petite quantité à la fois, sur une petite eleridue, et reSlever au bou de quelques heures. Avec ces precaii- • ti^3ns on peut se servir des renoncules comme de pu.ssan s révulsifs dans tous les cas qui exigent une action prompte

«^LeTocteur PoUi vante l'efficacité de la renoncule bul- , beuse coSa sciatique ; il pile le bulbe et l'applique autour

On a écrit de gros volumes sur les prcingés populaires relatifs à (I un a ecr i b l'almanach de Mathieu Lcnsberg , consacrée ll^utrn^e'iTeuïïte; ..ferait beaucoup plu, <b bien que IW

tiicifiue •- .• ' „

vrage de Riclierand sur cette matière

tlu (alon ; de celle applicalion lésulle une vésicalion qui ne larde pas à devenir iiisiipporiablc ; alors on donne issue à la sérosiié accumulée sous l'épidcinie soulevé. M. Nardo faii réloge de celle niélliode, et M. Freschi assure qu'elle est suivie depuis plusieurs années avec succès dans l'hôpital de Crémone [Jonrn.des Conn.médico-chir 8' année, ^esxmest., pag. 257). Virey ( Traité de Phartn., 1. 1, ;).73) a retiré une fécule douce et nutritive de la l'acine de renoncule bulbeuse.

La renoncule scélérate est très-aclive. Orfda a fait périr des animaux en introduisant de l'extrait de celte renoncule dans leurs plaies. Cependant Rrapf affirme que la décoction des renoncules peut être ingérée sans inconvénient. L'ébullilion , en effet, enlève une grande partie de leur principe ; leur suc s'affaiblit aussi beaucoup à l'évaporation.

Appliquée aux poignets , la renoncule scélérate peut produire, comme les renoncules acre et bulbeuse, une révulsion salutaire dans les fièvres intermittentes. Elle est vulgairement employée pour cela. Giliberl a proposé de délayer le suc de renoncule scélérate dans une grande quantité d'eau (2 gram. de suc sur 1 kil. d'eau), pour l'administrer comme apéritif, désobstruant el Ionique énergique. Il dit que ce dilutum a été usiié dans l'asthme , les gonorrhées et les ulcères de la vessie. Grapf [Experim. de nonnuL ranuncuL venen. qualit. horumque extern, et intern. usu. vienn. 1766) le recommande dans les mêmes cas et dans la phlhisie, les scrofules, l'iclère, etc. On manque de données positives sur la nature des effets consécutifs de celle plante dans ces divers cas, et si son àcreié surpasse celle des autres renoncules , avec quelles précautions et quelle prudence ne doit-on pas l'employer.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire, que les effets des renoncules acre , bulbeuse et scélérate , employées à l'extérieur, se réduisent à la rubéfaction el à la vésicalion à un degré plus ou moins prononcé. J'ai employé trois fois ce vésicatoire végétal. Il est douloureux quand l'application en est trop prolongée. On doit s'en abstenir chez les femmes et les enfants qui ont la peau délicate. J'ai toujours présent à la mémoire le fait rapporté par Murray, d'un enfant de huit ans qui, ayant été délivré d'une fièvre intermittente par l'application en épicarpe de la renoncule acre , fut immédiatement alteint, outre l'hydropisie ascile et l'hydrocèle qui survinrent bientôt , d'un profond ulcère au poignet qui altéra les tendons des muscles fléchisseurs cl le ligament annulaire dés doigts , au point de gêner considérablement, par l'adhérence de la cicatrice , les mouvements de ces organes.

Suivant le doclcnr PoUi [Anmli ^mwers. di Med.) \a re- .;.!^nir> Ulériic est la plus active ; vicmicut ensuite les

cS e Ui i^•c et les feuilles sont les parues les plus eneit'cues dm^^^^ renoncule bulbeuse, c'est la i.ge ellabu be. S imues , la fleur est la partie la P'^-/^^;?,' ^j;^^-;^^-^^ T •dcoûlioue préparée à froid est tres-active ; elle pioduit sui ia neiii a^ dix à douze heures d'application , de la clia- .He la^î;:;.geur. avec tumélacUon F^nu Ces ef^^ne dismraissenl qu'au bout de cinq a six jours. L huile picpa ^^^p î ^a^rationde la plante pendaru s.x join^ dans ^ l'huile d'olive, et chauffée ensuite jusqu a 60 degi es , pio-. d i douze, vingt-quatre ou quaranta-huit heures après son npplica on surla peau, une rubéfaction accompagnée d une élnangeaison très -vive qui dure trois à quatre jours L'alcool distillé au bain-marie, sur la renoncule p.lee, cause inrès six à huit heures d'application, une chaleur intense, Iwec gonflement et formation d'une vésicule. L eau distillée de refioncule fraîche est, de toutes les préparations , la plus active Elle peut donner lieu à une gangrené superhcielle après 'avoir produit des phlyctaines. Le docteur Jiovani PoUi conseille ces diverses préparations dans la sciatique chronique, la gastralgie, la dyspepsie, es afl-ections chroniaues du larynx et de la irachée-artere, 1 aphonie, les toux. Ce médecin affirme que dans trente cas de sciatiques chroniaues, il n'en a pas vu un seul qui ait résiste a 1 application sur le talon de la teinture ou de l'eau distillée de renoncule.

^activité des renoncules difl-ère selon la nature du sol , l'exposition, la saison, etc. ; elles perdent leur acrete par la dessiccation et peuvent Llors être mangées sans danger par les bestiaux.

La renoncule flammule ou flammette, petite flamme, petite douve [Ranunculus flammulah.)—L^ renoncule des champs [Ranunculus arvensis L.]— La renoncule graminee iRammculus gramineus) .—La renoncule rampante [Rmunculus repens L.)^\.2i renoncule aquatique [Ranunm us aquaUlis L.), etc., jouissentdes mêmes propriétés que celles doni nous venons de parler.

RENOUEE,

ÏIENOUÉE DES OISEAUX, AVICULAIRE , CENÏINODE , TRAÎNASSE, HERBE DES SAINTS INNOCENTS, HERBE A CENT NOEUDS, LANGUE DE PASSEREAU, FAUSSE SENILE, SANGUINAIRE, TRAME.

Polygonum lalifoUum { T.) l'ohjgoinini aviculare (L.)

Cette plante estlrès-commiinc -, on la trouve partout, dans les champs, sur le bord des chemins, dans les lieux incultes et môme dans les places peu fréquentées des villes, où elle pousse entre les pavés.

Propriétés»

La renouée est sans odeur et d'une saveur légèrement astringente. Elle était tombée dans l'oubli comme tant d'autres plantes utiles dont on avait exagéré les propriétés, lorsque des praticiens l'ayant de nouveau soumise à l'expérimentation, l'ont trouvée digne de figurer avec avantage dans la matière médicale indigène. Les anciens employaient la centinode dans le crachement de sang, les flux de ventre, le vomissement , etc. Camérarius la recommande contre l'hémalenièse ; Scopoli et Chomel assurent l'avoir employée avec succès dans les diarrhées et lesdyssenteries chroniques. Wilmet [Flore écom.) dit que les vétérinaires font un secret de l'emploi de cette plante contre l'hématurie des vaches. Je l'ai vu mettre en usage avec succès dans ce dernier cas par les habitants de la campagne. Poiret [Hist. des plantes de l'Europe ) dit que la renouée traînasse, quoique dédaignée, foulée aux pieds, assez souvent couverte de poussière et de boue , n'en est pas moins une plante des plus intéressantes, et qui mérite, par ses grands services, une place honorable parmi les végétaux utiles.

Dans une note lue à la Société de médecine de Lyon , et consignée dans le journal de cette Société (1843), M. Levral- Perrolon cite trois cas de diarrhée qui , après avoir résisté à l'eau de riz , aux fécules et au laudanum , cédèrent à une forte décoction de renouée sucrée. Le même succès a été obtenu par ce médecin dans beaucoup de flux diarrhéïques qui se sont présentés à son observation pendant les chaleurs de l'été de 1842.

J'ai employé ce remède , en 1846 , chez une femme qui , atteinte de diarrhée depuis près de deux mois, avait inutile-

ment employé les opiacés, la rhubarbe, le cachou, le dîascordium, l'exlraii de ratanhia ; une foric décoction de cenlinodc, prise pendant huit à dix jours, arrêta graduellement ce flux. Je ferai remarquer, à celle occasion, que les aslringenls les plus énergiques, en supprimant trop prompteuient la supersécrétion de la muqueuse intestinale, n ont qu un ciret momentané et ne sont pas toujours employés sans inconvénients, tandis que des astringents plus doux, mais dont l'action est continuée, soutenue pendant huit a quinze jours, ramenant peu à peu à leur état normal les fonctions sécrétqires altérées, ont un résuliat plus certain et peuvent toujours être administrés sans danger.

Les semences de la renouée, réduites en poudre, ont une odeur nauséeuse et sont, dit-on, fortement éméliques et purgatives; mais on manque, dit Loiseleur-Deslongchamps, d'observations positives pour apprécier celte propriété à sa juste valeur. ^

RHAPONTIC,

RHUBARBE DES MOINES, RHUBARBE A MAQUEREAUX, RHUBARBE A POUDINGS, RHUBARBE A TARTES.

Hhapouiicum, folio lapathi majoris rjlabro (Bauh.) Rheum rhaponiicxm (L).

Le rhapontic, que quelques auteurs soupçonnent être le rheum des anciens, croît spontanément sur les bords du Volga et dans .plusieurs parties de la Scythie, le long' du Bosphore, et sur le mont Rhodope ; on l'a, dit-on, trouvé en France dans les montagnes d'Auvergne, au Mont-d'Or. Celle plante est d'ailleurs si communément cultivée dans nos jardins pour Tusage culinaire, que nous la considérons comme indigène. La raeine elles liges sont usitées.

Préparaiions et doses.

A l'intérieur : infusion ou décociion de la racine, l]q 13 ù 30

gram- par kil. d'eau.

Vowire de la racine, de 4 à ^3 gram. en électualre, ou dans un

véhicule approprié.

Extrait de la racine, de 2 à 8 gram.

A L'EXTÉiviEun : décoction dej liges, cataplasmes, etc.

Propriétés.

La racine de rhapontic est d'une saveur plus astringente qu'amère. -Quand on la mâche, elle laisse dans la bouche une viscosité douce et gluante qui suiïirail seule pour la dis-

liijgiirr (Ir la rliubarlje piopi'Cinoiit dilf. Elle présenlc h peu près la inêinc composition chimique cl a les mêmes propi iélés médicales, mais à un pins faible degré. Comme ionique et aslringenle, elle a été préconisée dans l'aionie des premières voies, dans la diarrhée el la dysenterie, dans les flux muqueux, tels que Ja blcnnorrhée, la leucorrhée ; elle facilite la digestion et convient dans la gastralgie, l'hypochondrie, lachlorose ; elle remédie surtout à l'état de torpeur qui, dans ces affections, se traduit par la constipation. On la mâche souvent comme stomachique.

A haute dose, la racine de rhapontic détermine la purgalion ; torréfiée, elle devient plus astringente. J'ai etnployé cette racine avec autant d'avantages que celle de rhubarbe, seulement la dose doit en être plus élevée ; son effet, comme astringent, est beaucoup plus constant que comme purgatif.

Dans plusieurs contrées, cette plante est employée dans les cuisines comme la chicorée, les épinards, etc. En Angleterre, on se sert de ses tiges, coupées par morceaux et cuites, pour remplacer les groseilles à maquereaux ; elles sont d'une acidité agréable ; on en fait aussi des poudings.

Ces mêmes tiges, cuites et réduites en pulpe, sont résolutives et maturatives. Je les ai employées en cataplasme sur les engorgements lymphatiques et les abcès froids, pour en activer la résolution ou en hâter la terminaison par suppuration.

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