‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 189 sur 278 · RICIN · texte numérisé non relu

RICIN

l'ALME DE GIIRISTI, PALMA-CHRISTI, KIKI.

Ricimis vulgaris (C. Bauh).

Rifiiius commxinis (L).

Le ricin, originaire de l'Inde et de l'Afrique, où il s'élève à la hauteur de\ingt à quarante pieds, est cultivé en France dans les jardins; mais ce n'est plus qu'une plante annuelle qui, vers la fin de juillet, a atteint la hauteur de quatre à cinq pieds et est couverte de fleurs auxquelles succèdent des fruits dont on tire une huile très-usitée en médecine.

Les fruits du ricin sont d'une saveur oléagineuse, douceâtre , nauséeuse, acre et brûlante. Cinq ou six de ces fruits suflîsent pour produire des vomissements et quelques selles. On les a recommandés comme drastiques dans la goutte, lasciatique, l'hydropisic. On a prétendu aussi que, pris pendant dix à douze jours, à la dose d'un ou deux, ils

fiuérisseiula go.ioi rhée; mais leur usage exige ii.ic grande

?i"aioi?,eironcloiin.ôn.esuh^^^^^^^^^^^

s'en absienir. Ce n'est que vers 1767 que l on songea a u

Ltnil'e l'huile, emploi d'abord en Angleterre ^ us le

nom vuloaire d'huile de castor; mais elle ne lut Dien con

nue eVsSn usage ne fut bien répandu en France que par

les ouvrages d'Odier de Genève, en 1778.

Nous avons aujourd'hui deux espèciîs d huiles de r c.n l'.iie, colorée, légèrement rougeâtre, s; weur i es^^^^^^^^ venant d'Amérique, est trôs-active, m^.s elle a 1 inconve nient de causer souvent de violentes coliques (i) ; autie, hîd^^ène, qta est celle de nos pharmacies, est douce et moins

"^"On'la prescrit dans tous les cas où les laxatifs sont indinués C'est un purgatif doux qui convient surtout lorsqii il ixSe une irritaUon des voies digestives, comme dans les cas de colique, de péritonite, de dysenterie, de hernie etianfflée. d'engouement stercoral, d'inflammation sourde, obslure des Intestins, de rétention de calculs dans les canaux biliaires, etc. Elle fait cesser la constipation beaucoup mieux que les purgatifs les plus énergiques. Dans l Inde <Dn la donne aVant l'accouchement. Le docteur Gartner Bwj/. des Scienc. méd. de Ferussac, t. 22, p. 2i7) a conseille dans la fièvre puerpérale et la supppression des lochies, par ctiillerées avec le calomel, « On s'en serlavec avanlage.dit M. Martin-S&lon, à la suite des couches, dans quelques cas de péritonite, où l'on reconnaît l'indication d'évacuer le canal intestinal. Corvissart l'unissait au sirop de nerprun, et prescrivait ce mélange, un peu épais, à la fin des peripneumonies; il obtenait de celte médication de grands avantages que nous avons souvent observés dans le service de M. Husson, et que, depuis, nous avons nous-mêmes fréquemment constatés.» On l'emi)loie avec succès comme anlhelmintique, contre les lombrics. MM. Dunanl el Odier prétendent qu on peut également s'en servir pour l'expulsion du tœnia. M. Mérat n'est pas de cet avis ; il est certain que les faits n'ont que rarement répondu d'une manière affirmative a cette assertion. Cependant, employée conjointement avec la décoction de fougère màle etl cther, elle a quelquefois réussi au professeur Bourdier dans le traiiemcnt de ce parasite dan ""Creux.

«Tpison rapporte qu'au Brésil on applique de l'huile de ricin sur le nombril des enfants, pour leur faire rendre des

CD On peut, en cliaunTant celle huile, lui enlever une grande partie de son âcrcte el en obtenir ainsi l'Iinilc rioucc de ricin.

vers. Nous avons essayé de frictionner ainsi le von ire avec de l'huile de ricin, soil comme laxatif, soit comme anthelniiniique; nous avons raremcni obtenu le premier, jamais le second de ces effets. On a vanté aussi l'usage de celte huile, en lavement ou en potion, contre la colique saturnine. Il s'en faut, d'après nos essais du moins, que ce médicament procure de fréquentes et durables guérisons dans cette affection ; son action paraît le plus souvent insuffisante. Toutefois, on peut la prescrire avec avantage lorsque la maladie a peu d'intensité- [Dici. de méd. et de c/iir. prat.,t. 14, p. 388).

J'ai souvent employé avec avantage, dans les fièvres mucoso-vermineuses, surtout chez les enfants, l'huile de ricin mêlé avec le suc d'oseille, l'infusion de menthe et du sucre, unis au moyen d'un peu de jaune d'œuf. On donne cette huile, à la dose de 15 à 60 et même 100 grammes, seule, avec de l'eau sucrée, du bouillon gras, du lait chaud, etc., mélanges qu'il ne faut opérer qu'au moment de l'ingérer, car ils s'épaississent bientôt et forment une sorte de gelée désagréable à prendre La même coagulation a lieu avec les sirops de fleurs de pêcher, de chicorée, de limon, de pommes, etc. On la donne aussi sous forme d'émulsion ; dans ce cas, le jaune d'œuf est préférable à la gomme, qui augmente la consistance de la potion. Sous cette forme, l'huile de ricin semble perdre un peu de sa propriété purgative et se rapproche des médicaments simplement émollienls; aussi convient-elle alors particulièrement dans les bronchites aiguës, sur la fin des pneumonies, etc., surtout lorsqu'il existe en même temps une tendance à la constipalion.

Les semences de ricin rancissent en vieillissant et prennent alors un goût de chenevis L'huile elle-même devient, avec le temps, rance, irritante et drastique. Je lui ai souvent substitué, dans ma pratique rurale, le mélange extemporané d'huile d'œilletie et d'huile de croton (une goutte par once), ou de celle d'épurge ( quatre gouttes) .

Les feuilles du ricin, que certains auteurs ont à tort regardées comme acres etvénéneuses, ne sontqu'émollientes ; appliquées fraîches ou légèrement fanées, elles calment, dit-on, les douleurs de l'arthritis ; pilées et réduites en cataplasmes, on les applique sur les yeux, dans l'ophtalmie et sur les inflammations locales des autres parties du corps ; macérées dans le vinaigre, on leur a attribué, contre la gale, la teigne, les dartres, etc., une cflicacité que l'expérience n'a pas confirmée.

Page 1