‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 190 sur 278 · ROMARIN · texte numérisé non relu

ROMARIN

ENCENSIER.

Hosmartiitts hortensis augusllore foUo (T.) IXosmannus officinaUsiL )

Le romarin croît en abondance sur les rochers et les plages maritimes des contrées méridionales de l'Europe ; il croit également dans nos départements maritimes du Midi; il est cultivé dans nos jardins. Les feuilles et les sommités sont usitées»

Préparations et doses*

A l'intérieur : îu fusion thèïforme, de 3 à 43 et même 60 gram. par kil. d'eau.

Eau distillée {\ sur 4 d'eau), de 30 à 100 gram. en potion.

Alcoolat, (1 frais sur 3 d'alcool à 3lo eH d'eau de romarin) ; 4 à ^3 gram, en potion.

Huile essentielle (I sur 5 d'huile d'olive), de 3 à 23 cent, en potion.

A l'extérieur: infusion, de »3 à 60 gram. par kil. d'eau en lor lions, fomentation, gargarisme, bains, fumigations. Propriétés»

Le romarin, d'une odeur forte, ^d'une saveur amère, est aromatique et stimulant; sa diffusibilité agit surtout le système nerveux d'une manière énergique. On l'a vanté contre la paralysie, la dyspepsie, l'asthme, les catarrhes chroniques, les vomissements spasmodiques, les affections hystériques, l'aménorrhée, la leucorrrhée, les engorgements des viscères abdominaux, les scrophules, etc.

A l'extérieur, on l'emploi en gargarisme contre l'angine chronique, et en bains contre le rhumatisme chronique, l«s scrofules, la chlorose.

Le romarin sauvage convient plus spécialement comme léger narcotique dans quelques maladies convulsives et spasmodiques (asthme, coqueluche.)

[Campegius (Charopier) pensait que le romarin pouvait très bien remplacer la canelle. Voici ce qu'il écrivait à ce sujet en 1533 :

« Habent indi suum cinnamomum, liabent et Galli suum rosmarinum. Valet cinnamomum contra debilitatemstomachi et novas fissuras labionm, contra corrupiionem gingivarum, contra syncopeni ac cardiacum passionem ; super fluilatem oculorum siccat, obstructio7ies aperit. — Valet etRosmarinus Galliens contra syncopem ac cardiacam passionem cum vino potus. Contra frigiditatem ac delibitatem cerebri cjus cimmero deooctio. Contra stomachi delibitatem valet,

ac difjesUonem comforLat et procurai. Malricem mundifkat, et ad concipiendu7nmîUicrciit.prœparcU.)) (Hortus gallic) ]

J'emploie le romarin pour aromaliseï' les vins médicinaux ioniques. L'infusion de sommités fleuries de cette plante m'a été fort utile dans divers cas de fièvres mucoso-adynaniiqucs, que l'on désigne aujourd'hui parle nom assez vague de fièvre typhoïde, appliqué sans distinction à des variétés que l'on est ensuite obligé de distinguer par le mot forme. Selon que les symptômes muqueux, bilieux, adynamiques ou ataxiques prédominent, on dit fièvre typhoïde forme muqueuse, bilieuse, elc, ce qui charge la nomenclature sans rien ajouter à la science (i).

L'usage du romarin dans les fièvres adynamiques et ataxiques m'a été suggéré par une circonstance qui se rencontre souvent à la campagne, savoir, la pénurie des moyens ordinairement employés. J'étais au village de Verlincthun, on me prie de visiter un malheureux qui, me dit-on, est sur le point de mourir. Je trouve dans une chaumière, située sur le bord d'un marais, un homme de quarante ans environ, malade depuis huit heures, couché sur une paillasse,occupant une place éclairée par un carreau fixé à demeure, où l'air n'est jamais renouvelé, et dans laquelle deux personnes ne peuvent se mouvoir sans se coudoyer. Unélat complet d'immobilité, la face décolorée, les yeux à demi-ouverls, un

(I) Nous avons eu successivcmrnt, ])our designer une seule et même maladie, les dénominations de ficvrej^puti idc , fièvre putride maligne, fièvre adynamifjuc, fièvre alaxico adynamiqiie, fièvre entcro-mésenlcrique, gastro-eiiléritc, dothinentdrite, dothinenlcritie, ilèo dicliodite, elc. C'est surtout, relativement à la médecine qu'on peut dire que l'histoire d'une science est tout entière dans l'histoire de sa langue. Chaque dénomination , en clict, est le résumé d'une llic'orie qui a pour conséquence les indications cnratives cl; les déicrminalions thérapeutiques. On a traité la fièvre putride par les purgatifs, les acides, les antiseptiques; !a fièvre adynamique par les boissons vineuses , le vin pur, Jcs toniques , les stimulants. Quand la doctrine de l'irritation remplaça les fièvres essentielles par la gastro-entérite, les sangsues furent appliquées en abondance sur toutes les régions de l'abdomen , et les anliphlogisliqucs si rigoureusement recommandés qu'on alla même jusqu'à ne presctire la gomme qu'après l'avoir privée de ce qu'elle pouvait contenir de trop

ifiitant ! Broussais et ses sectateurs enthousiastes ne voyaient dans

l'asthénie pathologique qu'un symptôme de l'irritation locale , qu'ime concentration ties forces. Pour eux , l'aslhénie réelle, cssinlielle , ne se rencontiait pas trois fois siu- cent , tandis que les Brovrnicns abusaient des stimulants dans la persuasion que sur cent maladies quatre-vingt-dixsept étaient asihéniques. Toujours on a invoqué l'observation et l'cxpcriencc , et les succès sont venus en foule justifier les systèmes les ))lus opposés : «Hlnc concliido naliirnm esso optimam morborinn mcdiaifnrcin, i imi iniiilis r/ii(D à mcdiro objiciciuniur impcdimcnlls , œgrtiin tamcn à viorl/o II lierai,') (Sauvages, Nosot, mclh.)

.Ulirr ticitunie, un pouls faible, ixilil.concemrc, mais peu (îehiG taci ui e i i i ^^^^^^^^ j.^ respiration

X m SUu fgône soiuauiant de symptômes qui me f^t croir i^^^ ma heureux, h l'existence d un accès de

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sur lesîïenoux, aller dans \ejardmet'^ '^a! !^?înmariii en

que plante excitante, cueillir des ^0^' -.frpHmShte

nrén^rer une infusion concentrée,enadmmis rer minediate

SeESade.toutcelanef^

Sà^"rfn-»am invenit, experientta perfecit (Baglivi.)

j4vai que si l'on parvenait par ces moyens a se

rendre mahre de l'accès, le malade serait beaucoup mieux; S qu'il sa^ accès,beaucoup plus dangereux,aura,i heu sTon ne se hâtait de le prévenir par le moyen du sulfate de quinine, que je promis de remettre à la personne qui devait S^lê lendemain de bonne heure, me donner conna. sance de l'état du malade. N'ayant vu P«^' 3^,.^,^ ^^^.^fl mort. Cependant, quatre ours après on Yintme dnc qu l allait beaucoup mieux ; mais que rintcrvalle que j avais annoncé n'ayant pas eu lieu, on s'était contente de continuer l'usage de l'infusion de romarin. Je me transportai de S près de ce malade, que je trouvai dans un eta satisfaisann II avait recouvré son intelligence, le pouls était mou, développé ; une chaleur halitueuse de la peau, que ques instants de sommeil, une soif modérée, le jeu naturol et aciive de toutes les sécrétions, annonçaient le resu lal d une reaction salutaire et le rétablissement prochain de la sante.^

L'ail avait produit une rubéfaction vive et quelques pb ictaincs. Cette révulsion avait ouvert îa marche vers 1 amélioration l'infusion stimulante l'a continuée. On n est pasetonnc de cet effet quand on réfléchit que le romarin contient un principe gommo-résineux, une huile volatile limpide iresodoranle, et du camphre en plus grande quantité que la plupart des autres labiées.

Je regarde donc le romarin comme un des meilleurs stimulants anti-spasmodiques que l'on puisse employer dans les fièvres typhoïdes. Je l'ai adopté définitivement dans le traitement de ces fièvres, surtout lorsque les symptômes aîaxiques dominent. Je le joints quelquefois à la racine d angéliquc et à l'écorce de saule dans les cas ou l'adynamie, fa piitridité, caractérisent la maladie.

Le romarin sauvage contient plus de principes actifs que celui que l'on cultive. Les feuilles de romarin, cuites dans du vin, conviennent comme résolutives dans les engorgemcnls pâteux et indolents. Je les ai employées ainsi sur les

îjoiifiemenis arliculaii-cs, à la siiiic; des cmorscs. lleisler asm ioul obtenu de bons cffeis de l'application des feuillef^ tte cette plante en topique sur des tumeurs scrofuleuses du cou. D'autres les ont employées en sachets contre l'œdcrne.

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