‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 198 sur 278 · SAFRAN CULTIVE , INDIGÈNE , SAFRAN OFFICINAL · texte numérisé non relu

SAFRAN CULTIVE , INDIGÈNE , SAFRAN OFFICINAL

Crocxis sativxis (T.) Crocus sali^'us (L.)

Le safran, originaire de l'Asie, est cultivé en France , celui qui provient du Gatinois est préféré. Son introduction date du siècle. Les tygmates, seule partie usitée, sont désignées dans les pharmacies sous le nom de safran.

Préparations et doses.

4 l'intérieur : Infusion ( comme stomachique), 50 cent, à \ gram.

par kil. d'eau , (comme emménagogue) de \ a 2 gram. Voudra (comme emménagogue), SO cent, à 2 grammes; (comme

stomachique), de 20 à 50 cent.

Teiniure (\ sur 4 d'alcool à 52°), de \ A 8 gram. en potion. hxiraii alcoolique { \ sur 4 d'alcool à 22"), de 50 a (iO cent, en

E Kmiuiqncvx ( \ sur 46 d'eau ) , de 50 à GO cent, en pilules. Sim ( par infusion, 5 sur 60 d'eau houillante et 400 de sucre,

ou \ sur 5 de vin hlanc et 40 de sucre ) , de Vi à 50 grammes

en potion.

A l'extéuieur : en infusion pour lolions, fomenialion, collyre, etc. Teinture, en frictions, fomentations.

Poudre , en cataplasme , pommade , fumigations , etc.

Proprlcfés.

La safran est d'une saveur chaude, amère, aromatique, d'une odeur pénétrante, d'abord agréable, bientôt après fatigante. C'est à l'huile volatile qu'il contient qu'on rapporte ses propriétés.

Les émanations de cette substance agissent si énergiquement sur le système nerveux , qu'elles occasionnent des céphalalgies, des vertiges, des tremblements, de l'accablement, et une sorte d'ivresse à ceux qui la récollent. Borelli [observât., cent, m, p. 303) et d'autres observateurs rapportent des cas où elles ont occasionné le coma et même la mort, à des individus qui s'étaient livrés au sommeil dans des chambres où il y avait beaucoup de safran , ou sur des sacs qui en étaient remplis. Amatus Lusitanus et Rœnig ont vu ces émanations causer des ris immodérés et sardoniques. Aussi quelques médecins ont-ils rangé le safran parmi les poisons narcotiques Les expériences de M. Oriila , constatant qu'il n'est point délétère pour les chiens, ou du moins qu'il ne l'est qu'à un degré très-faible, ne prouvent rien quant à ses effets sur l'homme.

A petite dose, il excite l'estomac, augmente l'appétit et favorise la digestion. A la dose de 12 décig. et plus, il rend le pouls plus fréquent, la transpiration cutanée, la sécrétion urinaire et d'autres sécrétions plus abondantes ; on éprouve du malaise, de la chaleur à l'épigastre, des nausées, des coliques. Quelquefois il survient des liémorrhagies , les règles paraissent , et une métrorrhagie peut avoir lieu.

A haute dose, le safran porte à la tête et produit la gaîté, le développement des forces , des facultés morales, un sommeil inquiet, une sorte d'ivresse ; il peut causer du délire, des vertiges , la pesanteur de tête , la faiblesse musculaire, la somnolence , la pâleur de la face, le ralentissement du pouls, et même la mort. Ces derniers résultats, toutefois, ne s'accordent ni avec l'expérience d'Alexander [Expérimental Essays, etc.] qui dit en avoir avalé 4 scrupules sans en éprouver le plus léger effet, ni avec les essais de Cullen , dont le scepticisme refuse même à cette substance les propriétés qu'on lui attribue : (( Je l'ai donné à grandes doses, dit cet auteur , sans en éprouver d'effets sensibles ; à peine augmente-t-il la fréquence du pouls ; et je ne me suis guère aperçu qu'il agisse comme anodin ou anii-spasmodique. J'ai eu , dans un cas ou deux , quelques raisons de croire qu'il

iouissail d une puissance emménagogue ; mais, dans beaucoup d'autres, il a absolument trompe mes espérances, nuoinue réitéré à fortes doses. » .

Si des résultats aussi conti-adictoires portent h croire que l'on a beaucoup exagéré les vertus du safran, on peut aussi admettre qu'ils peuvent tenir au pays où celle plante a ete cultivée, à l'époque de sa récolle , aux procèdes employés pour la cueillir et la dessécher, et surtout a sa falsification par les étamines decarthame, les pétales de soucis des

champs, etc. ,

Quoi qu'il en soit, le safran passe avec raison pour stimulant, anti-spasmodique et surtout emmenagogue. Cette dernière propriété est la plus puissante. Son usage, pour rappeler les règles , est toul-à-fait populaire ; les femmes y ont recours sans consulter le médecin, bien que celle coutume puisse donner lieu à des inconvénients lorsque l'aménorrhée est due a rirriiation , à la phlegmasie ou à la pléthore, soit générale, soit locale. Quand l'absence des menstrues tient à l'atonie , l'usage du safran les fait souvent reparaître. Je l'ai employé avec succès dans ce cas. On s'en est servi aussi pour faire couler les lochies ; mais , comme le plus souvent la suppression de ce fiux est due a l'inflammation de l'utérus ou à un point inflammatoire quelconque, son usage, dans ce cas, devra être subordonné à l'examen sévère des causes efficientes de la maladie. Comme anti-spasmodique sédatif, le safran a été recommandé dans l'hypocondrie, la mélancolie, l'hystérie, les spasmes , l'asthme , la coqueluche, les névroses viscérales , les coliques nerveuses , l'ictère provenant de spasme , etc. Mais il n'est rationnellement indiqué qu'autant qu'il n'existe aucun caractère phlegmasique,et que ces diverses affections sont purement spasmodiques ou nerveuses.

L'infusion aqueuse est le mode d'administration le plus fréquemment employé ; c'est celui par lequel on obtient avec le plus de facilité les principes de cette substance. On l'emploie quelquefois en extrait ou en teinture, soit seul, soit associé h d'autres substances. Il entre dansune foule de médicaments officinaux.

A l'extérieur, il est employé comme résolutif et anodin ; on en met sur les cataplasmes pour dissiper les engorgements froids , les phlegmons , et pour hâter la disparition des ecchymoses. On le fait entrer dans les collyres calmants et résolutifs. Larrey faisait usage pour le pansement des brûlures du cérat safrané (2 à 4 gram. par 32 gram. de cérat) ; j'ai employé aussi cet onguent contre les gerçures du sein, les excoriations, les vésicatoires ulcérés, l'inler-

Irigo cl les exsudations eczéniuicuses des eiifarus ; il calme la douleur , dissipe rinflainmaiioii , modère la suppuration et amène une prompte cicatrisation.

Le safran de bonne qualité est en longs filaments, d'une belle couleur rouge-orangé, sans aucun mélange d'étainines (lesquelles sont jaunes) ; il doit avoir beaucoup d'odeur, bien colorer la salive, et n'être enfin ni trop humide ni iro{i, sec. Il perd beaucoup de son activité par la dessiccation.

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