VIOLETTE ODORANTE
Viola odorala (L.)
Viola martia purpurea, (lo)e simpaci odoro {T.)
La violette, aimable avant-courrière du printemps, croît dans les bois, le long des haies et dans les lieux un peu couverts. On emploie sa racine, ses feuilles, ses fleurs et ses fruits.
Préparsaiionst et closes.
A l'intérieur : dècociioa de la racine comme éniétiqiie, 12 gram.
pour 200 gram. d'eau réduits à 120 gram. Poudre^ de 1 à 4 gram-, comme émélique. Infusion ihèïforme des tleurs, de 2 à 10 gram.''
par kil. d'eau. ) Eau disiiUée, de 60 à 400 gram. en potion, f Sirop {\ sur 5 d'eau, 5 de sucre), de 15 à 60 /comme béchique.
gram. \ Conserve (I sur 3 de sucre) , de 45 à 50 gram. ; Miel violât (I sur 2 de miel), de 13 à 60 gram. ' A l'extérieur: décoclion des feuilles eu lavement, fomenlalions,
cataplasme, etc.
Proprictcsi.
La racine de violette, à haute dose, est vomitive. Les fleurs sont émollientes, pectorales, légèrement diaphorétiques ; on les prescrit contre les bronchites aiguës, les catarrhes chroniques, les angines, les affections exanthémateuses , etc. La semence est émétique , purgative , diurétique.
Coste et Wilmet ont administré la racine de violette odorante séchée, alcoolisée et pulvérisée comme vomitive. Mêlée à la dose de 2 gram. dans une tasse de décoction légère de feuilles de la même plante , édulcorée avec une cuillerée de sirop violât, elle a provoqué un vomissement et trois petites selles. A la dose de 2 gram. 60 cent, à 4 gram., cette racine a produit trois ou quatre vomissements et cinq selles copieuses. Quand on répugne à une aussi grande dose on
radminislrc ainsi : rxacinc sèche de violcUe, 8 à 12 gram., coupée menue, cuite légèrement et long-temps dans 300 o-ram. d'eau, réduits à 100 grammes et édulcorés comme cidessus, ou tout simplement avec du sucre blanc. C'est ainsi que je l'ai donnée dans trois cas où elle a produit quatre à six vomissements et autant de selles.
La racine sèche et alcoolisée peut être portée jusqu'à la dose de 5 gram., et en décoction jusqu'à celle de 12 gram. Sous celle forme, elle offre un purgatif doux.
[ La semence de violette est peu usitée. Linné la considérait comme émétique. Elle offre, en émulsion (1§ à 15 gram. pour 150 gram. d'eau édulcorée), un purgatif doux, facile à prendre, et convenable surtout pour les enfants. ]
Coste et Wilmet ont obtenu les mêmes effets vomitifs et purgatifs de la racine de violette de chien {violata canina). Niemeyer [Bissert. de violer caninee in medicinâ usu , 1785) dit qu'elle agit plutôt comme purgatif que comme émétique. Hanin {Cows de mat. méd., t. 2 , p. IS) a observé que la poudre de cette racine provoquait le vomissement à la dose de 1 gramme, et même à celle de 50 cent, quand elle était très-line et récemment préparée. Suivant cet auteur la poudre de violette est plus vomitive que purgative, l'infusion et la'tlécoction plus purgatives qu'émétiqucs.
JDans la plupart des maladies qui réclament l'emploi des vomfiTïs^ je mets en usage le larirate de potasse antimonié (émétique), que l'on manie avec précision et dont le prix est tellement bas qu'il n'y aurait aucun avantage à lui substituer d'autres substances moins certaines, d'ailleurs , dans leurs effets. Cependant, il est des cas où l'ipécacuanha est spécialement employé , et dans lesquels la racine de violette peut être administrée avec avantage comme succédané de la racine exotique. C'est surtout dans la dyssenterie qu'elle trouverait sa place pour cette substitution, en cas d'épidémie sévissant sur la classe indigente de nos campagnes. On pourrait aussi l'employer à dose nauséabonde comme l'arum, l'asarum et la bryone, dans la coqueluche, l'asthme humide, le catarrhe pulmonaire chronique. Lorsqu'un long emploi de l'ipécacuanha est nécessaire, il devient trop coûteux pour la thérapeutique du pauvre. Si la pratique urbaine donne au médecin la facilité de puiser à l'aide des bureaux de bienfaisance, dans l'officine du pharmacien, il n'en est pas ainsi de la pratique rurale; ici le praiicien emploie, le plus souvent, ce que la nature lui offre avec cette générosité et cette profusion émanée d'une bonté providentielle qui a voulu mettre à la portée de tout le monde ce qui est vraiment et généralement utile.
[La VioLiNE ou Émétine indigène, alcaloïde retiré de la yiolcilc et de la pensée sauvage , est blanche, d'une saveur acre ei nauséeuse, à peine soluble dans l'eau, soluble dans 1 alcool , insoluble dans l'élher ; elle est éméto-calhartique Chomel a constaté qu'à la <lose de 30 à 60 ceniig. elle provoque, dans la plupart des cas, le vomissement et quelqueifois des évacuations alvines.]