‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 249 sur 278 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

ACONIT ( Ce j^omplément devait être placé à t article'' Aconit, p. 8.) Il est reconnu aujourd'hui que Taction dél'aconit est essentiellement aslhénique et produit le mêmerésultat que les hémorrhagies abondantes. C'est donc à ion qu'on a regardé celte plante comme analogue à l'opium. L'action de ces deux substances est si différente que l'unepeut être détruite par l'autre. La première, en effet, est antiphlogislique-, tandis que l'autre est évidemment stimulantedu système sanguin.

Les symptômes propres à l'empoisomiement par l'aconit sont les suivants : pâleur, sueurs générales, dysphagie, céphalalgie compressive, vertiges, absence de la mémoire ,. froid le long de la^ moelle épinière, obcurcissement de la vue, salivation, urines abondantes, nausées, vomitiiritions, vomissements bilieux, diarrhée involontaire, ecchymoses par tout le corps, resserrement aux hypocondres, fixité des yeux, évanouissements,- débilité, pouls filiforme, vacillation des genoux , convulsions , paralysie aux bras , somnolence , sueurs froides au front, yeux vitrés, intelligence et parole libres , quelquefois délire , lèvres violacées , enfin mort par asphixie. (Stoerk, Hahneman, Albano, Giacomini, etc.)

Les mêmes accidents surviennent lorsqu'on met le suc ou l'extrait de la plante en contact soit avec la membrane interne du rectum , soit avec le tissu cellulaire , ou quand on en injecte le suc dans les veines.

Le traitement antiphlogistique est ici essentiellement nuisible et précipite les malades au tombeau. « Le véritable antidote de l'aconit a été, dit Giacomini, indiqué par Léméry. Ce grand observateur avait remarqué que l'aconit tue en produisant des phénomènes analogues à ceux de la vipère. Il a, en conséquence, proposé les remèdes opiacés et ammoniacaux, tels que la thériaque et le sel volatil de corne de cerf. Les anciens préconisaient le vin pour corriger les effets de l'aconit, ainsi que cela nous est laissé écrit par Mà-

ciobc, par Pline et par Celsc. Les iitiiiens ne se sont pas éloignés de ces préceptes en prescrivant les éthers, l'alcool et l'opium , d'après la connaissance de la vertu contro-stiniulanle de l'aconit. »

D'après les faits observés , l'aconit est un remède anliphlogistique puissant, et réussit dans les maladies à caractère liypersthénique, Fleming {IJoucfiarclat, 1847), a obtenu les résultats les plus salisfaisanls de l'emploi de cette plante dans le rhumatisme aigu ; sur ving-t-deux cas traités par ce médicament, tous ont guéri dans un intervalle moyen de cinq à six jours. Lombard , de Genève {Gaz. méd. de Paris, août 1834) regarde l'aconit comme une sorte de spécifique contre le rhumatisme articulaire aigu. Il doiîne l'extrait alcoolique h la dose de 1 cent, à 2 cent, et demi toutes les deux heures; il le porte progressivement à 30 et même à 45 cent, par jour. «Dans les rhumatismes bénins apyrétiques ou accompagnés seulement d'une fièvre légère, dit le docteur Tessier [Bull, de Hier ap.), l'alcoolaturc d'aconit , administré dès le début, peut supprimer complètement les douleurs en trois ou quatre jours, et abréger par conséquent la durée de la maladie. L'observation nous a appris, au contraire, que dans les rhumatismes intenses, accompagnés d'un mouvement fébrile très-prononcé, la même substance pouvait bien modérer les accidents, mais qu'il n'était pas susceptible d'arrêter brusquement la maladie dans sa marche. »

L'aconit agit moins efficacement dans le rhumatisme chronique. Cependant Barthez le considère comme un antigoutteux des plus puissants ; il a guéri , au moyen de son extrait , des affections goutteuses associées à la syphilis. Murray dit que l'aconit long-temps continué peut résoudre les lophus arthritiques. Colin , Rosen , Odhelius, Ludwig , Ribes, AndrcAV, Nyslen en font également l'éloge dans le traitement de ces affections. Bergius, Vogel, Wildberg, Hufeland , Prus , etc., ont employé avec succès l'aconit dans différentes espèces de névralgies, et notamment dans les névi-algies faciales. Burger {Bouchardat, ann. 1842) en a éprouvé de bons effets dans la céphalalgie nerveuse. Il prescrivait des pilules d'extrait frais, à la dose de 2 centigrammes toutes les deux heures. Fleming ( Bouchardat, ann. 1847) a traité quarante-quatre névralgies par la teinture d'aconit ; dix-sept ont guéri radicalement, treize n'ont obtenu qu'un soulagement momentané. Surquaraniedeux cas de douleurs dentaires traitées par le même médicament, soit en frictions sur les gencives, soit en l'introduisant dans la cavité de la dent malade , il y a eu vingt-sept

seulcmom la douleur. Eades Zvi'^Zl\cl7\Ll guéi i plusieurs névralgies en ?PP''n"f " P^g'^am. de

des linges imbibés d'un l.qu.de P'-''^,, dfrose ,eincu« d'aeont^ •'«Sif^lV^S?^- (D . « "r.oL, . 1, „ soir» s -.n "sasc pour ^.éîir l'épilepsie, les eonvu -

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dans celle dernière circonslancc, et en a oblenu des su.ccs

^^Sm t ^ur Tessier, l'ai— e d;aconU ^ nn remède avaniagcux dans l'érysipèle de la face, 1 ang.nc, la

hrnncliile et la coauehiche. • v ,a

Zscl re-arde l'exlrait d'aconit comme un moyen jnd.que dans leVpa^sr^^^ exhalanls et absorbants des

voS aéd'ennes. Il dil qu'on peut arrêier l^j ph Un s,^^^^^^^^^ naire en combaitanl cet élat nerveux au début de la ma ad.^ Le docteur liarel du Tancrel a publie une série d obseï va t ons tendant à prouver l'utilité de l'acon.t associe a de faible' doses de sulfure de chaux, dans la V^^^r^'^^ mais Porlal n'en a oblenu dans celle maladie q"c de. es l tats peu satisfaisants, et des essais lentes par MM l.ousseau et Pidoux, dans des phthisies dont les signes n elaien t poTnt équivoques , ont convaincu ces praticiens de 1 inuti-

%fe'^, Tieu," Trousseau et Pidoux, Double et d'autres médecins onlassocié l'aconit au mercure et surtoutau protoiodure de mercure dans le traitement des ulcérations v;ene-

riennes de la peau. Mais, ainsi Çl"^l^f«^^'^^"^f^lTS^ Trousseau et Pidoux, il est difficile de décider si 1 amolioialion rapide que l'on a obtenue ne doit pas être exclusivement attribuée au mercure. ' . j

Enfin Bergius, Baldinger et Reinld ont guen des fièvres intermittentes rebelles par l'aconit. Fouquet l employait avec succès dans les obstructions des viscères abdominaux, les ulcères et les affections scrofulcuses. Greding 1 a trouve effîcace dans les gonfiemenis glandulaires. Fritze l a recommandé contre la syphilis constitutionnelle , et Bodart le considère comme un excellent succédané du gayac.

Il est important, dans l'emploi de l'aconit comme daii&

^cliii des médicaincms actifs en général , de saisir le de-^ré de tolérance de l'organisme, etde^ne cesser le r^ède qu'après avoir obse.-ve des signes de saturation, comme des nausées, des vomissements, des vertiges, etc.

Il est toujours prudent de ne commencer l'usage de celle plante que par des quantités très-faibles, suriom si on ne connaît pas le degré d'activité de la préparation. On neut arriver, pour 1 extrait, à la dose de 4 gram. par jour et même davantage. M. Quadri en a donné jusqu'à 15 gram. et J3orda jusqu a 30 gram. en vingt-quatre heures dans les maladies inflammatoires. La poudre de la racine se donne à la même dose que l'extrait. La teinture demande plus de circonspection, car elle est d'une plus grande éner-ie. On peut aussi, a 1 exemple de Sloerk, donner l'extrait en poudre en le triturant avec une grande quantité de sucre. L'extrait prépare a grand feu est souvent carboné, noir et peu actif ou même inerte. Préparé au bain de sable ou à la vapeur ii est moins noir et conserve une partie de son pi incipe actif Moerck se servait de l'extrait préparé avec le suc récent de la plante fraîche évaporé au soleil : cette préparation doit être préférée. Comme le principe actif de l'aconit se dissout dans 1 alcool , la teinture est la préparation la plus énero-ique. La partie la plus active de cette plante réside dans^Ia racine. Ainsi la diversité des opinions sur les effets de l'aconit napel vient sans doute de la préparation qu'on amis en usage. Elle peut tenir aussi aux conditions variables de la plante selon la nature du terrain où elle a été cultivée le temps de sa conservation , etc. '

L'AcoNiTiNE, alcaloïde de l'aconit, jouit des mêmes propriétés et s'emploie dans les mêmes cas. On l'a mise en usage avec succès dans l'amaurose récente, l'iritis, l'otite , l'otorrhie, l'otalgie, laparacousie et la surdité. La dose est de 2 a 5 cent, divisés en 12 à 16 pilules. On dépasse rarement 7 cent, par jour. La teinture d'aconitine (aconitine 5 cent, alcool 8 gram.) se donne à la dose de 20 cent, à 1 gram. 50 cent, en potion. A l'extérieur , on emploie l'aconiiine à la dose de 20 à 40 cent, en embrocation et de 20 cent, à 1 gram. en liniment, pommade, etc.

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