‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 250 sur 278 · AGARIC DE CHÊNE · texte numérisé non relu

AGARIC DE CHÊNE

AGARIC AMADOUVIER, AGARIC DES CHIRURGIENS, BOLET AMADOUVIER, POLYPORE AMADOUVIER.

Agaricus pedis eqiiini facie (T.) BoUlus icjniarius (L.)

Ce champignon croît sur les troncs des vieux chênes, des pommiers et d'autres arbres.

C'est ce bolet, dépouillé de son écorce et des autres parties dures, et ensuite battu jusqu'à ce qu'il devienne spongieux, flexible, doux au toucher et facile à déchirer, qui forme l'amadoux employé pour arrêter les légères hémorrhagies dans les coupures, les piqûres de sangsues. C'est par la compression eten s'adaptant àlasurface de la plaie, en bouchant les petits vaisseaux, qu'il agit. Aussi un bandage compressif est-il nécessaire pour en favoriser l'action.

On a proposé cet amadou contre le rhumatisme chronique et la goutte. Appliqué sur la partie malade et recouvert d'une flanelle, il excite une douce transpiration qui calme la douleur.

AIL [voyez l'art. Ail, p. 10). Dans une lettre adressée par M. Michel , médecin à Avignon , au Bulletin de thérapeutique, et reproduite dans V Abeille médicale (année 1849, p. 147 ) nous trouvons les passages suivants relatifs à l'emploi de l'ail dans le choléra épidémique. « Assurément ce n'est point par amour d'innovation que nous exhumons de l'oubli un médicament aussi prosaïque que l'ail, mais parce que, en vérité, nous lui avons reconnu des propriétés que nul remède ne possède à un plus haut degré que lui. C'est ainsi que dans plusieurs afl'ections adynamiques , léthargiques, dans la paralysie, l'atrophie des membres, divers cas cacochymiques et comateux, il relève les forces contractiles, met en jeu la circulation, et excite cette fièvre salutaire, qui est souvent le sûr garant et le triomphe de la nature dans les crises qui vont s'efTectuer.

Dans la période algide du choléra, alors que tout l'organisme est stupéfié, et que la vie anéantie va s'éteindre, maintes fois, h notre grand étonnement , nous avons vu la réaction s'opérer , et le malade marcher sans entrave vers la guérison. Malgré la figure décomposée et livide, le pouls insensible, les ongles violets, les extrémités froides, le hoquet, les crampes, le vomissement, les déjections alvines , la prostration , la stupeur et l'asphyxie cholérique, présages

d'une mon, cerlaiiie, nous avons vu, sous l'influence de l'ail , les ressorts de la vie se remettre en mouvement sur des cholériques pour ainsi dire agonisants.

Pour produire cet heureux phénomène, il ne faut que piler quelques bulbes d'ail dans un mortier, avec addition de 50 ;\ 75 cent, d'encens, qui se réduisent facilement en pommade, et l'employer en frictions et en cataplasmes sur plusieurs parties du corps, principalement sur la région thoracique et abdominale, pendant que d'un autre côté on administre quelques tasses d'une infusion chaude préparée avec quelques gouttes de cet asphodèle. Bientôt un sentiment de chaleur suivie de sueur se déclare avec une forte odeur alliacée. C'est le prélude de la réaction qui doit sauver le malade.

Quelquefois nous avons administré la poudre de Dower avec une infusion de coquelicot et de bourrache, quand l'ail n'a pu être supporté à l'intérieur à cause de son goût et de son odeur désagréables , mais, dans ces circonstances , il faut insister jusqu'au bien-être sur l'usage extérieur.

Certainement nous ne voulons point signaler YalUum saiivum comme un spécifique contre le choléra ; mais, à l'aide de cet agent, nous avons obtenu , nous le répétons , de si beaux résultats , que nous croyons utile de l'indiquer à nos confrères, faute jusqu'ici de médicaments plus énergiques contre la maladie régnante. »

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