‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 259 sur 278 · CITRONNIER · texte numérisé non relu

CITRONNIER

Ciireum viilgare (T.) Citrus medica (L.)

Cet arbre, qui paraît être originaire de la Médie et de l'Assyrie, est cultivé partout en Europe. On utilise ses fruits (citrons), ses grains, les écorces ou zestes de citron.

PrëparationiB et doses.

A l'intéiîteur. Suc, de 50 à 60 grammes comme ^ ermiftige (mêlé à rhiiile de ricin ou à 1 huile douce de moutarde), de oO a SOU gram. par kil. d'eau (limonade).

Inhision nu (lècocHon du fruit (limonade), dans 1 eau.

Huile vokilile, de 40 à 25 cent, en potion ou sous forme d oleosaccharum. , . , ,.

Teinture alcoolkiue de l'ècorce du fruit, 1 a4 gram. dans un liquide approprié. , ,

Sirop de suc ( I de suc sur 2 de sucre) , de oO a 100 gram. en potion. ,^ , , ,

Sirop d'écorce aqueux [i de zeste sur 5 d eau et 10 de sucre,, (le 50 à 100 gram, en potion. ^ i

Sirop vineux (I de zesle sur S de vin blanc et o de sucre), de oU à 100 gram. en potion.

Sirop (dcoolique {i d'esprit de citron, 2 de sirop de sucre), de oO à 100 gram. en potion.

ScmcHce, de iO à 13 en émulsion.

A i/iîXTÉRUîUR. Smc, 50 à 60 grarn. par kil. d'eau ou de vin en gargarisme, collutoire, etc. ' Suc pur, sur les plaies gangréneuses, la pourriture d'hôpital, etc.

Proprlélés.

Oïl emploie le citron entier pour la préparation delà limonade commune. Quand on enlève l'écorce, quand on coupe sa partie succulente et qu'on la laisse en contact avec l'eau froide ou chaude , on obtient une simple dissolution dans l'eau. La manière la plus simple de faire cette boisson consiste à exprimer dans l'eau , jusqu'à acidité convenable, un ciiron coupé par le milieu. On y ajoute une sulïisanie quaruite de sucre. Si l'on soumet à l'ébullition les tranches de citron, on obtient une limonade cuite qui est moins acide et d'une consistance plus mucilagineuse. En laissant tremper dans l'eau le citron coupé et muni de son écorce, on fait une limonade tonique par le principe amer, et excitante par l'huile volatile qu'elle contient. Ainsi préparée, elle convient mieux chez les personnes qui ont l'estomac faible , qui digèrent mal, ainsi que dans les fièvres muqueuses, putrides ou typhoïdes, etc.

La limonade est rafraîchissante, délayante, diurétique. Elle convient dans les embarras gastriques de caractère bilieux, les nausées, les dégoûts, les vomissements, l'iclère, les calculs biliaires , les irritations hépatiques, les inflammations des organes de la tête et de l'abdomen , les fièvres inflammatoires, bilieuses, putrides, la fièvre jaune, le typhus , la peste du Levant. Mais comme les acides excitent ordinairement la toux, on doit s'en abstenir dans les inllammalions des organes respiratoires.

Le suc de citron est vermifuge, antiseptique, rafraîchissant, diurétique, astringent, etc. On le prescrit contre le vomissement, la putridité, le scorbut, etc. Mêlé avec la solution aqueuse de bicarbonate de potasse, il forme la potion anti-émélique de Rivière. Whylt [Flor. méd.) a vu des palpitations nerveuses , rebelles à tous les autres moyens , céder comme[par enchantement à quelques cuillerées de suc de citron , ce qui suppose une action hyposlhénisante. Mêlé au muriaie de soude (sel commun), Wright (Coxe, americ. dispensai., p. 200) le vante comme un moyen Irès-efiîcacc dans la dyssenteric, les fièvres rémittentes, les angines gangréneuses, et presque comme un spécifique dans lediabélès et la lientérie. Le suc de citron, administré à la dose de 60 à 100 gram. dansTlnlervalle apyrclique, a quelquefois guéri

des fièvres intermiitenles rebelles. J ai vu plusieurs fois eiii; nlover avec succès contre ces fièvres le suc d un citron mêle nvec une tasse de café très-chaud. Ce moyen popu aire administré avant de se mellre au lit, provoque une abondante

transpiration. , ^

Le suc de citron à la dose de 15 à 60 gram. , mêle avec autant d'huile de ricin , d'huile douce de moutarde ou de celle de noix, d'olives, de lin ou d'œillette, avec addition d'un peu d'eau-de-vie, forme une mixtiire vermifuge efficace On regarde aussi comme un vermifuge puissant 1 emulsion faite avec dix h douze pépins de citron et quelques cuillerées d'eau aromatisée avec l'eau de Heur d oranger ou de menthe. Cette émulsion convient, en outre,dans tous les cas ou les toniques amers et excitants sont indiqués; je l'ai employée avec avantage dans la leucorrhée atonique , dans l'anorexie par débilité gastrique, dans les fièvres intermittentes, et vers la fin des fièvres muqueuses. .

On se sert du suc de citron pour obtenir le sirop de limons. Etendu d'eau , ce sirop donne une limonade extemporanée. Ajouté en quantité suffisante à l'eau saturée d'acide carbonique, il forme la limonade gazeuse.

A l'extérieur, le suc de citron convient sur les ulcères sanieux, putrides, gangréneux, vermineux, dans la pourriture

d'hôpital, etc. .

On a aussi employé avec avantage le suc de citron en friction sur les dartres furfuracées. «Un enfant de douze ans, aux cheveux blonds, au teint pâle, était atteint depuis quelque temps d'un exanthème qui avait envahi la presque totalité du corps, et offrait des plaques irrégulièrement circulaires , s' élevant par petites écailles semblables au son de froment, plus rapprochées et plus nombreuses sur le pourtour du tronc et sur la plus grande partie des muscles abdominaux. Ces disques n'offraient aucune sécrétion, mais causaient une démangeaison continuelle et insupportable. Le front, les oreilles et le cuir chevelu étaient couverts d'une éruption de nature différente , qui laissait suinter une sérosité un peu épaisse et de couleur blanc-sale. M. Ardusset père, appelé pour donner des soins à cet enfant, prescrivit une saignée du bras, des bains tièdes avec addition de son de froment ou de feuilles de mauve, une tisane amère et des onctions avec le cérat soufré sur les parties dartreuses. L'enfant se refusa à prendre la tisane, et son éruption resta absolument la même. Les lotions de suie et la litharge incorporée dans l'huile d'olive n'eurent pas de meilleurs résultats. Ce fut alors que M. Ardusset prescrivit deux frictions par jour avec le jus de citron sur toute la surface des téguments

atleinls par l'exanthème. Quatre citrons furent employés dans l'inlervallede dix jours, et l'effet en fut si prompt, qu'à celte époque l'éruption avait entièrement disparu. L'enfant reprit sa gaîté, son appétit, et ce fut par précaution seulement qu'on le purgea de temps en temps avec le calomel, et qu'on continua quelques jours encore l'emploi des bains lièdes émollients. » [Journ. de méd. cl de chir.prat., t. 8, 21. 462, d'après le Journ. de méd. prat. de Bordeaux.)

Le docteur Evrat a proposé de répandre le suc d'un citron dans l'intérieur de la matrice chez les nouvelles accouchées atteintes d'hémorrhagie utérine, ce qui stimule cet organe, augmente ses contractions, fait revenir ce viscère sur lui-même et cesser l'écoulement sanguin (IWM. Mérat et Dolens, oiiv. cil , t. 2, p. 307).

h'acide citrique, d'une saveur excessivement aigre, est employé aux mêmes usages que le suc de citron ; mais son acidité est moins agréable et sujette à pincer l'estomac. On l'associe au sucre. Suivant Hallé {Cours d'hygiène, manusc. 1801), il tend à diminuer la sueur fébrile , landis que l'acide acétique l'augmente. Broussais a remarqué (Phlegm. chron., t. 3, p. 254) que cet acide était celui que l'estomac supportait le mieux dans la gastrite. Quelque concentré qu'il soit, même à l'état solide, il ne paraît pas susceptible de produire l'inflammation. Les pastilles connues sous le nom de pastilles de citron, qui conviennent pour calmer la soif dans les grandes chaleurs, se font ordinairement avec l'acide tarlarique. L'acide citrique s'administre à l'état liquide en en faisant fondre 1 gram. 20cenlig. dans 500 gram. d'eau qu'on édulcore avec 30 gram. de sucre On administre aussi cet acide sous forme de sirop.

L'écorce de citron, dépouillée de la partie blanche qui se trouve au-dessous , est chargée de glandes remplies d'huile volatile. A l'éiat frais, il suffit de presser celte écorce entre les doigts pour en faire jaillir ce liquide inflammable. Celte écorce a une saveur chaude et piquante. Appliquée sur la peau par sa partie extérieure , elle y produit la rubéfaction. Elle est tonique, excitante , et un peu diaphorétique. On la prescrit en poudre lorsqu'elle est desséchée, et en infusion ihéïforme lorsqu'elle est fraîche. On en prépare un sirop , une teinture et un alcoolat. ■■[•.'

L huile essentielle de citron, que l'on compose avec les zestes, se donne à l'intérieur comme slimulente dans une potion ou sous forme d'oleo-saccharum. Celte essence a encore été prescrite contre le ténia, à la dose de 4 à 8 gram.

Werlilz a proposé {observ. de olei cilri rec. exp. îisuin quibusdam acut. morb.) l'application de l'huile essentielle

de cilron dans différentes alîeciions des yeux. Diaprés 1^^ ae ciiruii ua , , j j,g peut spécialement être em-

S iSt chronique et qui ont leur siège dans les mem- Trane extérieures de l'olil, surtout dans les cas ou les Sfv'it eaai présentent des dilatations variqueuses, dans Fet o^Smies ihumatismales, blennorrhoïques et s^ iPimes dans le pannus et le pierygion , dans plusieurs cas de a es de là cornée transparente, enfin lorsque le i.ssu de

On aï.Dliaue cette essence de la manière suivante , on roune une tranche d ecorce de citron d'env.ron 3 cent.me- S^poucerde long sur 12 millimètres (6 lignes) de large et par une légère Pression, on fait jaill.r dans l'œil affecte fes petites goSttele les d huile volatile qui remplissent es iTanŒdont est parsemée cette écorce; ces gouttelettes l'en échappent sous forme d'un petit nuage, et 'impression moelles pïoduisent dans l'œil est quelquefois tres-v.ve. Dans le cas où la douleur produite serait trop forte, on pourrait recourir à des fomentations froides pour la calmer. Cette instillation d'essence peut être réitérée de cinq a dix fois dans les vinfft- quatre heures.

V écorce dé racine de citronnier n'est pas usitée en Europe ; mais, à la Guadeloupe, d'aprèsM. Lherminier (/otem. de pharm., t. 3, p. 46â), on l'emploie sous forme de poudre ou sous celle d'extrait pour combattre les fièvres qui sont si communes dans cette île.

CLÉMATITE DES HAIES (p. 96 ). La vertu antipsorique de la clématite était connue des anciens ; Pline, Dioscoride et Galien en ont parlé. Vicari. médecin d'Avignon [Mem. de la Soc, Royale deméd., t. 3, p. 186), guérissait promplement la gale au moyen de frictions faites avec la clemalite pilée, mêlée à un peu d'huile d'olive. Schwilgué {Trait de mat. méd., t. 2, p. 149), dit que dans les environs d Avignon on emploie, contre la gale, une huile dans laquelle Sn a fait infuser des feuilles de clématite fraîche. Cu rte! (Wauters, Trait, du choix des exutoires, t. i,p. 186) emplovait l'huile dans laquelle on avait fait bouillir un nouet d'écorce intérieure de cette plante; il faisait frictionner tout le corps avec le nouet près d'un feu clair ; après la deuxième, troisième ou quatrième friction, une éruption générale assez pénible était produite, mais en huit ou dix jours on était débarrassé de la gale, même la plus invétérée.

COLOQUINTE (p. 100). Fabre {Trait, des maladies véner., t. 2,p 368) préconisait particulièrement dans la ijonorrliee une teinture ainsi préparée: poudre grossière ^de coloquinte, 45 grani., clous de girofle n« 6, anis étoilé ^ou anis nidigène), 4 gram., safran, 60 cent., terre foliée de tartre, 30 gram ; faites digérer pendant un mois dans 600 gram. d'alcool. Le malade, pendant trois jonrs de suite, prend à jeun, 8 gram. de cette teinture dans 60 ou 90 gram. de vin d'Espagne ; il se repose le quatrième jour, recommence pendant trois jours encore, pour rester tranquille encore un jour, et ainsi de suite, jusqu'à vingt ou vingt-cinq doses. On boit, une heure après l'administration dii médicament, deux ou trois verres de tisane d'orge ou de chiendent; s'il survient des coliques, on donne des lavements émollients. Cette médication, irès-elïicace dans les blennorrhagies un peu anciennes, mérite d'être tirée de l'oubli dans lequel elle est tombée.

COQUELICOT {p. 105). D'après Boulduc (Hist. de Ucad. desscienc, ann. 1712, p. 66), l'extrait des capsules de coquelicot aurait les avantages de l'opium sans en avoir les inconvénients. Quatre onces de ces capsules vertes lui ont donné 5 gros d'extrait, qu'il prescrivait à la dose de 2 à 4 grains. Chomel (pl. lis.) employait, comme très-utile dans les afîectîons de poitrine, une décoction faite avec douze têtes de coquelicot, une poignée d'orge et 2 onces de réglisse pour 3 pintes d'eau. L'extrait qu'on en prépare, dit cet auteur, donné à la dose d'un demi-gros à un gros, est anodin et procure un sommeil assez doux. Loiseleur-Deslonchamps a préparé, par contusion et expression de toute la plante, un extrait qui lui a paru agir à peu près comme celui préparé par la décoction des têtes et aux mêmes doses.

Samuel Crumpe a extrait du coquelicot un opium semblable à celui d'Égypte. Galereau {Descript. des plant, qui croiss. aux environs de Montauban) le préfère à l'opium exotique.

MARONNIER D'INDE [p. 269) M. Jobert se sert, à l'hôpital Saint-Louis, d'une teinture d'écorce de cet arbre préparée de la manière suivante: écorce de marronnier d'Inde, 125 gram., alcool à 21°, 500 gram.; concassez l'écorce, mettez-la en contact avec le véhicule, agitez de temps en temps, et, après quinze jours de macération, filtrez. Dose : une cuillerée à bouche à jeun ou avant le principal repas, le plus ordinairement dans une tasse de tisîtneamère. M. Jo-

. . i .-nnf imi<; Ips iours les meillcHrs résultais de l'usage

de méd. et de chir. prat.,janv. 1849,)

MFNYANTHE Trèfle d'eau {p. 284). Cullen a conslalé

t 2, p. ; ^l,^^^^^ nui avaient résisté aux preparattoranSrales m et i, la douce-amère Double en a obîenu de boi^s résultats à la fin des rhumatismes a.gus pouî combattre la disposition des malades aux vecdives. .

MÏLLE-FEUILLE (p. 289). M. Zanon [Annal, mm. di mSa) chimiste imlien, a analysé celle plante et y a UotS principe nouveau qu'il nomme achilléïne. M. Puppi a fail sur lui-même, et sur quelques malades des expériences m i prouveraient que rachilléïne, à la dose de BO ceniig a î "ram par jour, en solution dans l'eau, serait un fébrifuge effiSce. Les paysans emploient dans ceriames contrées pour combattre les fièvres intermittentes, une forte decoc-

lion de mille-feuille.

Boerhaave, Rivière, et beaucoup d'autres auteurs, ont préconisé cette plante contre les hémorrhagies ; elle s est sur- ZJ montrée^ efficace, dit-on. contre les hémorrhagies du rpoium Trnka [Hist. Iiœmorrh. omnis œvi observ.,v. 2, ' »! 3) en a recueilli un grand nombre d'observations rapportées par différents auteurs.

MOUSSE COMMUNE (;?. 297). M. Domine r/ A6ct//e méd., fév. 1850, p. 52) a constaté que rien n'estp us propre que la mousse pour conserver les sangsues ; elle les débarrasse de la matière glutineuse qu'elles sécrètent abondam- » ment, et qui, s'attachant à leurs corps, les presse assez fortement pour les diviser en segments (sangsues nouées) , les rendre impropres à la succion et les faire périr. On choisit la mousse laplus verte qu'il soit possible de trouver, on la monde et on la lave parfaitement ; puis on remplit de celle mousse un verre de capacité variable (d'un litre de contenance pour 100 sangsues), et on le recouvre d'une toile. La

mousse bien éparpillée, et h>«5 «mo-uiiût. k-^ i -

En hiver, on peut se conlenler d iuuoduire la mTussé ei

me au fond du vase une peiiie quaniiié deau.

hhl en'^lié U îauf f ^,""9S<^'-,»"venl les sangsues en "ivei , en aie ii laut, au contraire, les renouvolpr -i non n,.^.e

a'sa son'Tff -v-à <» cave!tUaK

Ja saison, ou la lemperaiure miérieure de l'officine ne s'd-

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