‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 98 sur 278 · GUI · texte numérisé non relu

GUI

VERQUET.

Viscum haccis albis (T.) Viscum album (L.)

Celte plante parasite et toujours verte, pour laquelle les anciens Gaulois avaient un respect superstitieux, croîtsurle Ironc et les branches du pommier, du chêne, de l'orme, du tilleul, du saule et de tous les arbres qui ne contiennent pas un suc laiteux ou caustique. Les tiges sont usitées.

Préparations et doses)*

A l'intéuieur : Dècociion, de 50 à 60 gram. par kilog. d'eau. Poudre , de 2 à 12 gram. en bols , pilules , ou dans un liquide ,

dans les vingt-qualre heures.

Extrait aqueux ou vineux, de 1 à 8 gram. en pilules, pelions, etc.

A l'extérieur : en cataplasmes.

Propriétés*

Les tiges de gui, inodores , d'une saveur visqueuse et un peu austère à leiat frais, d'une odeur désagréable et d'un goût amer et un peu acre quand elles sont sèches, ont été vantées comme antispasmodiques dans l'épilepsie et presque toutes les maladies convulsives. Pline, Malthiole, Paracelse ont préconisé son efficacité contre l'épilepsie. Dalechamp, Boyie, Roelderer, Colbalch, Cartheuser, Van Swieien, assurent en avoir obtenu de grands avantages contre cette redoutable maladie. Dehaen place le gui sur la môme ligne que la valériane, et Boerhaave dit que le gui lui a souvent réussi dans la mobilité des nerfs et dans les convulsions. Colbatch, outre les succès qu'il en a obtenu dans l'épilepsie, prétend l'avoir employé avec avantage contre la chorée. Koelderer dit s'en être bien trouvé dans l'asthme convulsif et dans un cas de hocquet ; Bradley en loue les bons effets dans la paralysie, l'hystérie et autres afieclions nerveuses. D'autres auteurs ont vanté les propriétés du gui contre la diarrhée et la dyssenterie, les perles utérines, les écoulements hémorrhoïdaux, la goutte, la coqueluche, les toux rebelles, nerveuses, etc. , . , -n 1 r ..

D'un autre côté, Tissot , Cullen , Desbois de Rochefort, Peyrilhe, disent n'avoir point obtenu de résultais avantageux fde l'emploi de cette plante. Ces faits contradictoires, rapportés par des auteurs 'également recommandables, sont une preuve de plus des ditricultés de l'observation et de l'incerlitude de l'expérience en thérapeutique. Toutefois, hâtons-nous de le dire, ces difficultés et cette incertitude

naissentbien pliilôl des préoccupalions de l'esprit que de la nature des choses soumises à nos investigations. Si l'on a trop Ico-èrement adopté les assertions des uns, peut-être le scepticisme des autres, qui a fait tomber celte plante dans l'oubli, n'est-il pas mieux fondé. Souvent les premiers ont attribué au gui des résultats obtenus par des vomitifs et des puroaiifs préalablement ou en même temps administrés, lesquels sufiisent quelquefois seuls pour guérir certaines épilepsies. Les seconds, déçus dans leurs espérances, ont refusé à ce médicament des propriétés qu'un examen attentif et des expérimentations cliniques bien faites eussent réduites à ce qu'elles ont de réel.

Le gui exerce une action excitante sur le tube digestif, et provoque même quelquefois des évacuations alvines. La manière dont on l'administre doit influer, suivant la remarque judicieuse de Guersent [Dict. des Scienc. méd., t. xïx), sur ses effets immédiats. Tous les principes actifs de la plante résident, dit cet auteur, dans l'écorce. Il faut, suivant Colbatcb, cueillir le gui entier à la fin de l'automne, le faire sécher avec soin, le pulvériser et le renfermer dans un vase de verre hermétiquement fermé et déposé dans un lieu sec. Cette poudre est légèrement amère, nauséeuse et astringente; elle produit, à la dose de 8 grammes par jour, des effets un peu toniques et exciiants, et provoque souvent quelques selles. La décoction et l'extrait alcoolique de gui ne paraissent pas être aussi laxatifs que la poudre, et jouissent de propriétés toniques moins prononcées. On croit généralement que les baies sont laxatives ; cependant j'en ai avalé quinze sans éprouver le moindre effet. A l'occasion, je soumettrai cette plante à de nouveaux essais.

A l'extérieur, on a employé les cataplasmes faits avec le gui ou ses semences pour calmer les douleurs de la goutte et comme résolutifs sur cerlaines tumeurs, l'œdème, etc.

Les expériences de Carlheuser et de Colbatch ont prouvé que le gui de chêne, qui était celui que les druides choisissaient, ne jouit pas de propriétés plus remarquables que les autres ; l'arbre sur lequel il prend naissance n'apporte aucune différence dans sa composition chimique.

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