I LCÈRE DE LA CORNÉE
dans le stratiini épitliclial mùme ou dans lo tissu cicatriciel sous-jacciit 'vov. fig. 30). Ces espaces sont tapissés d'une substance reflétant la lumière avec intensité et (|ui |>arait être de nature colloïde.
La succession des trois phases de rulcéialioii est loin de toujours présenter la régularité que nous venons d'exposer, et cela à cause du terrniii pai liculicr (proiïre la cornée, membrane tendue au-devant d'un récc[)taculuni, de liquide et dont chaque élément doit supporter une fraction de pression de façon qu'à mesure de l'élimination d'une portion du tissu le poids à supinti tcr est en quehpie sorte transmis aux parties persistantes.
Fig. 30. — Cicatrice cornéenne avec niasses colloïdes.
a. Couche L'pilliélialc. — h. Tissu cicatriciel (la laine élaslique antérieure manque). — ce. Espaces ('■tendus situés dans lo stratum épithélial et tapissés de substance colloide. — (Ld. Masses colloïdes en forme de gouttelettes placées dans le tissu cicatriciel (Sseniiscli).
Il résulte de ces conditions que la première période progressive peut et doit parfois se prolonger au point de déterminer une destruction de la cornée de part en part. Une perforation en résulte qui peut retentir sensiblement sur la marche de la péiMode de réparation, quelquefois aussi celle-ci est facilitée et hâtée par la détente de Fœil qui suit inévitablement toute rupture de continuité de cet organe.
La seconde période, l'état stationnaire, est susceptible aussi d'être modifiée par la marche de l'ulcération en ce sens qu'elle peut se prolonger, s'éterniser en quelque sorte. Il arrive que lorsque la destruction du tissu cornéen a atteint la couche de ciment interne, la membrane de Desceinet, celle-ci résiste et soit poussée en avant sous forme de vésicule. L'ulcère se netlovant alors, on peut être induit en erreur et prendre la surface lisse de la membrane de Descemet portée en avant pour une couche épithéliale reconstituée et croire à une réparation parfaite.
Cependant le feuillet le plus interne de la cornée fait ordinairement en
IJi
pareil cas une saillie en avant pour constituer l'état connu sous le nom de kératocèle. La couche de ciment qui vient dans ces circonstances se mettre en rapport avec les parois de l'ulcère, refordée contre elles par la pression intra-oculaire, entrave la réparation régulière de la couche épithéliale et la production de couches de nouveau tissu qui s'opère, comme nous venons de le voir, directement sous l'épithélium. En d'autres termes, cette pression empêche, en repoussant la membrane de Descemet en avant, que la couche épithéliale réparatrice descende vers le fond de l'ulcère pour établir une continuité avec les parties voisines.
FiG. 37. — Cicatrice cornéenne après une perforation.
a. Épithélium. — b. Lame élastique antérieure. — c. Tissu cicatriciel qui se prolonge encore dans une certaine étendue au delà de la perte de substance qu'a subie la lame élastique antérieure. — d. Partie postérieure de la cicatrice avec la lame élastique i^epliée en ce point (Sseniisch).
Le passage à la troisième période peut ainsi être rendu impossible pour un temps indéterminé et même être définitivement supprimé par la rupture du kératocèle et la production d'un état de perforation permanente qu'on désigne sous ie nom de fistule cornéenne. La réparation est aussi absolument empêchée ici par l'absence d'un revêtement de la surface exulcérée au moyen d'une couche épithéliale réparatrice. Du reste, lors de la description clinique nous aurons occasion de revenir sur le mécanisme de rétablissement d'une fistule; il suffit de signaler ici que sa production rend Taccomplissement de la troisième phase impossible.
La troisième période, qui a lieu avec une régularité si parfaite, si elle