DÉTERMINATION DE LA DISTANCE FOCALE DES LENTILLES
§ 114. Donders emploie aussi l'ophthalmomètre pour la détermination de la distance focale des verres convexes. Il mesure d'abord la grandeur d'un objet, et recherche ensuite, dans la même situation des lames de l'ophthalmomètre, quelle doit être la distance de la lentille à l'objet, pour que l'image fournie par elle soit de la même grandeur que l'objet. Cette distance correspond alors au double de la distance focale de la lentille.
OPHTHALMOMETRIE. 705
Ou bien encore, il mesure la grandeur de l'image fournie par la lentille à une distance déterminée de l'objet, et il calcule la distance focale F de cette lentille de la manière suivante :
Soit
B= grandeur de l'objet, 6 = grandeur de l'image,
On obtient
f = distance de l'objet à la lentille, distance de l'image à la lentille.
et F =
Ces mensurations sont laites avec l'appareil, lig. 181. A l'une des exlré-
FiG. 181
mités de l'échelle horizontale A A se trouve un diaphragme 1^, muni de trois ouvertures disposées de la façon que nous avons plusieurs fois déjà indiquée. Ces ouvertures sont éclairées par derrière, et représentent l'objet. Sur l'échelle glissent : un support de lentille /, dont un vernier n indique la position, et un anneau r, ce dernier sert à contrôler si la lentille est exactement centrée, auquel cas l'image produite apparaît au centre de l'anneau. Du côté opposé à l'écran se trouve l'ophlbalmomètre. L'ol)jpt,
SNELLEN ET LANDOÏ/F. — MÉTROLOGIE.
la lentille, l'anneau et roplithalmomètre doivent se tn^uver sur le même axe. On dispose d'abord les lames de roplithalmomètre de façon que, vu à travers ces lames, l'objet soit exactement dédoublé, et on les laisse dans cette position. Alors on introduit la lentille dans la monture /, et on la place à une distance de P deux fois plus grande que sa distance focale présumée.
On recule ensuite l'anneau r de la lentille, de telle sorte que devienne =r/. Puis on ajuste la lunette de rophthalmoniètre à l'anneau r; l'image de la lentille apparaît au centre de celui-ci. Si VI et rl correspondent réellement au double de la distance focale de la lentille, l'image doit avoir rigoureusement la même grandeur que l'objet, c'est-à-dire que, vus à travers l'ophthalmomètre, les points de l'image formée par la lentille doivent présenter exactement la même disposition que les points de l'objet. Si ce n'est pas le cas, on fait mouvoir la lentille l jusqu'à ce qu'on obtienne cette égalité, et l'on peut lire alors sur le vernier la double distance focale de la lentille.
DÉTERMINATION DE l'iNDICE DE RÉFRACTION DES LENTILLES.
§ 115. Donders s'est servi, pour évaluer l'indice de réfraction des lentilles du même appareil qui lui avait servi à la détermination des distances focales.
Il détermine d'abord, à l'aide des images réfléchies, exactement comme pour la cornée (§ 103), les rayons de courbure R et r des deux faces de la lentille. On trouve sa distance focale F de la façon indiquée au paragraphe précédent.
Or, on a :
d'où, .
nn + '-)
et, si
on obtient
OPHTHALMOMÈTRE DE COCCIUS (1).
§ 116. Le but de cet ophthalmomètre est le même que celui de l'ophthalmomètre de Helmholtz; le principe de sa disposition est analogue au précédent, mais son application est différente.
(1) Coccius, Ueber den Mechanismus der Accommodation des menschlichen Auges. Leipzig, 1867. — Ileilanstalt fur arme Augenhranke. Leipzig, 1872. — Ophthalmometrie und Spannungsmessung am kranken Auge. Leipzig, 1872.
OP11THALM0MÉTJ5IE. 767
C'est également le principe du dédoublement des images que Coccius applique à la détermination du rayon de courbure des surfaces dioptriques, à l'aide de la grandeur de leurs images réfléchies.
Mais, taudis que, dans l'ophthalmomètre de Helmholtz, TobjeL, c'est-à-dire î'inlervalle qui sépare les lumières, reste constant, et que c'est la grandeur de l'image qu'on mesure, Coccius adopte pour l'image une grandeur constante et recherche la grandeur correspondante de l'objet, c'est-à-dire i'écartement des lumières. La distance de l'objet à la surface examinée reste constante dans les deux méthodes.
La partie principale de l'ophthalmomètre de Coccius consiste en un cristal biréfringent, et en un dichroiscope aussi délicat que possible, dont l'angle de déviation est déterminé avec une grande exactitude. Il est désirable que les angles de double réfraction de ces instruments correspondent à des millimètres ou à des demi-millimètres, mais non à des fractions compliquées de millimètres.
L'objet est représenté par deux petites lampes mobiles sur une échelle graduée, dont on observe les images réfléchies sur la cornée à travers le spath d'Islande. On cherche ensuite, par le déplacement des lumières sur l'échelle, le point où I'écartement des deux reflets des lumières paraît exactement dédoublé; c'est-à-dire que, si nous figurons une des lumières par un rercle et l'autre lumière par une croix, la figure 182 nous représente In disposition qu'on observe.
FiG. m.
Si, par exemple, le dédoublement produit par le cristal correspond, pour îa distance adoptée, à ;3 millimètres, la grandeur de l'image est, dans celte disposition, égale à 3 millimètres. Pour contrôler la première mensuration, on diminue I'écartement des lumières jusqu'à ce que l'image réfléchie n'ait plus que la moitié de la valeur précédente; c'est la dis})Osition qui répond à la figure 183.
FiG. 183.
Pour l'exemple que nous avons choisi, la grandeur de l'image (f^) est égale à 1"''",5. On doit naturellement connaître une fois pour toutes, pour chaque ophthalmomètre, les grandeurs linéaires qui correspondent aux groupements des reflets que nous venons de signaler. On n'a plus qu'à lire alors, surl'échelle de l'instrument, I'écartement des lumières correspondantes et à
SNELLEN ET Ï.ANDOLT. — MÉTROLOGIE.
introduire dans la formule la distance a des lumières à la surface réH6chissante, qui est constante, et l'on aura pour le rayon de courbure .
Afin de voir plus distinctement les images réfléchies à une certaine distance, on les regarde à travers une lunette combinée avec le spath d'Islande. Cette lunette se compose d'un objectif plan-convexe de 16 centimètres de distance focale, et d'un oculaire de Campani.
Pour la mensuration on assujettit la tête du patient à l'aide d'un appui pour le menton et pour l'occiput, et on immobilise l'œil dans la situation que l'on désire par un point de fixation. On place les deux lumières à 54 centimètres do l'œil qu'on examine et à la même hauteur, de manière que l'ophthalmomètre se trouve exactement sur le milieu de la ligne qui les réunit.
Si l'on veut faire une mensuration sur un autre méridien, on fait tourner l'ophthalmomètre et l'échelle qui porte les lumières d'autant de degrés que l'exige la direction désirée.
Il faut, pour une distance de 5i centimètres des lumières à l'œil observé, un cristal dont la déviation soit de 3 millimètres, et pour un rayon cornéen de 7""", 5, l'écartement des deux lumières doit être de 216 millimètres, si l'on veut obtenir une image de 2 x l'""',5, comme dans la figure 183. Si l'on donne, au contraire, à la distance des lumières un écartement de 202 millimètres, le rayon doit avoir 8 millimètres pour que le méridien correspondant donne une image de grandeur égale. Suivant Coccius, l'instrument donnerai!
des résultats d'une exactitude très-suffisante, c'est-à-dire une approximation
de — de millimètre (1).
L'ophthalmomètre dé Helmholtz permet des mensurations à — de millimètre, et offre en outre des applications plus variées que celui de Coccius.
OPHTHALMOMÈTRE DE MANDELSTAMM ET SCHŒLER.
§ il 7. MM. Mandelstamm et Schœler ont employé, pour les mensurations ophthalmométriques, un petit microscope muni d'un micromètre.
Voici la description de leur appareil, qui, dans son ensemble, se rapproche assez du microscope cornéen de Liebreich :
Un pied vertical B (fig. 184), est fixé à une table, à l'aide de la vis de pression g, supporte le tube A d'un microscope placé horizontalement, et dont le grossissement est de 15 diamètres. Un anneau a, situé à l'extrémité supérieure du pied, embrasse deux autres bagues concentriques,
(1) Woiiiow, Ophthalmoméirie, p, 126.
OPHTHALMOMÉTRIE. 769
b et c, dont la dernière fait corps avec le tube du microscope. La bague b est mobile autour d'un axe vertical, la bague c autour d'un axe horizontal, de telle sorte que le microscope peut être déplacé dans ces deux sens.
FiG. 184.
La partie supérieure de l'anneau a supporte une tige d d, garnie de deux coussinets... destinés à servir de point d'appui au front de la personne que l'on observe; dans l'encoche e, on peut implanter une branche métallique, mobile dans différents sens, dont le but est de porter l'objet de fixation.
Les auteurs ont fait adapter, à la partie du microscope où se place l'œil de l'observateur, un micromètre i i i, et un anneau de cuivre auquel est vissée une branche métallique l, portant une division en demi-millimètres,
DE WECKKR ET L.\NDOLT. — '^'^
SNELLEN ET LANDOLT. - MÉTROLOGIE.
le long- de laquelle glisse une plaque de verre rectangulaire m m, et sur laquelle cette plaque peut être inclinée jusque sous un angle de 45 degrés.
Au foyer de la lentille du microscope se trouve un micromètre en verre, divisé en 1/20^ de millimètre, et sur lequel chaque cinquième trait de la division est un peu plus long que les autres, afin d'être plus visible sur un fond obscur, comme celui de la pupille par exemple.
Du côté de l'oculaire, est pratiquée dans le tube une ouverture n, sur le bord de laquelle un bras articulé supporte une lentille o o, d'une courte distance focale.
A l'aide de cette lentille on peut donner à la lumière une direction telle, qu'elle soit réfléchie totalement par les traits de la division qui apparaissent ainsi blancs sur fond noir. Il faut pour cela que les traits du micromètre soient tournés du côté de l'objectif; une partie de la lumière est alors réfractée sur les traits de la division, et cette lumière, qui tombe sur les entailles de la gravure sous un angle plus grand que 38 ou 42 degrés, est réfléchie en totalité par les surfaces des hachures, et tombe ainsi dans l'œil de l'observateur.
Pour pouvoir juger de la netteté d'un objet observé, un réticule, dont les fils doivent être vus nettement, en même temps que l'objet, est tendu devant le micromètre.
Pour la production des reflets sur les surfaces réfringentes de l'œil, les auteurs ont utilisé la lumière d'une lampe ou la lumière solaire réfléchie par un héliostat; la source lumineuse fut dédoublée à l'aide d'un prisme à sommet dirigé en bas.
Cet instrument permet des mensurations jusqu'à 1/20^ de milUmètre. Ses auteurs l'ont construit et expérimenté dans le laboratoire de Helmholtz, où il leur a servi à déterminer les constantes optiques de l'œil, à l'état d'accommodation et à l'état de repos, pour deux yeux, l'un hypermétrope, l'autre myope : la distance qui sépare le plan pupillaire du sommet de la cornée, le rayon de courbure de la cornée, de la surface antérieure et postérieure du cristallin.
OPHTIIALMOMÈTRE DE LANDOLT
§ 118. La partie essentielle de mon ophthalmomètre est formée par la même combinaison de prismes que notre diplomètre (1). Voici en quoi elle consiste : Je coupe en deux, suivant une section principale, un verre prismatique et je superpose les deux moitiés en sens contraire par leurs surfaces de section, comme l'indique la fig. 185, où les deux prismes sont représentés vus d'en haut. PPS est le prisme supérieur, P'P' S' le prisme inférieur.
Un œil A qui regarde à travers la ligne de contact des deux prismes voit
(1) Landolt. Le diplomètre, présenté à l'Académie des sciences dans la séance dn V février 1876, et in Gracie et Saemisch, Uandbuch der ges. Aiigenheilkunde, III, 1874, I, p 2^6.
OPHTHALMOMÉTRIE. 771
double. Les rayons lumineux qui proviennent d'un point 0 de l'objet ab sont déviés par le prisme P P S vers sa base et forment sur la rétine une image en d. Les rayons qui rencontrent le prisme P' P' S' sont déviés dans la direction opposée et forment leur image en d' . De cette façon l'oeil A, au lieu d'un seul objet en 0, en verra deux, ^ et
La distance , owx, entre les doubles images dépend de l'indice de réfraction et de l'angle des prismes, d'une part, d'autre part de la distance A qui sépare les prismes de l'objet observé. Cette distance entre les deux images est égale au double produit de la distance A par la tangente de l'angle de déviation <p de l'un des prismes :
X = 1 \. tang. cp.
Lorsque les deux images d'un objet se touchent par leurs bords opposés (o, fig. 185), le dédoublement {a! b') produit par les prismes est égal au diamètre de l'objet, puisque, pour occuper cette position, l'une des images a dû être déplacée de sa moitié à droite, l'autre de sa moitié à gauche.
La combinaison des prismes est mobile sur une tige graduée. La graduation a été faite empiriquement. Son point ^éro correspond à l'endroit où se trouve l'objet à observer. Dans ce point a été placé d'abord une règle portant des divisions millimétriques que l'on observait à travers les prismes. Alors on rapprochait peu à peu les prismes en marquant sur la tige la valeur du dédoublement produit par eux. Pour les prismes dont nous nous servons habituellement, une excursion de 40 millim. correspond à un diamètre de l'objet de 1 millim., de telle sorte qu'il devient facile de mesurer jusqu'à 1/20^ de millimètre. Pour obtenir une exactitude plus grande, on choisira des prismes plus faibles. Ainsi, pour doubler la sensibilité de
rinstrument nous n'avons qu'àôter un des deux prismes, et une division de la graduation correspond à l/W de millimètre au lieu de l/20^
L'ophthalmomètre se compose d'un disque M (fig. 186 et 187), gradué el fixé au mur à la hauteur de la tête d'une personne assise. Autour du centre de ce disque tourne une tige à laquelle sont suspendues trois petites lampes B, (y et C, disposées comme les lumières de l'ophthalmomètre de Helmholtz. Elles
Fig. 185.
772 , SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
forment l'objet dont on observe le reflet sur la surface à déterminer. La distance MB = MB' est chacune = 50 centim., donc l'objet entier BB' = 1 m.
FiG. 186.
Du centre de M part une tige en métal qui porte un appui (F) (fig, 187) pour le front et un autre (z) pour la joue de la personne examinée.
FiG. 187.
Ces appuis peuvent être réglés de manière que la partie à observer de l'œil A. se trouve juste à 1 mètre de M, ce que l'on vérifie à l'aide de deux mires v et v'.
OPHTHALMOMÉTRIE.
Si l'on veut déterminer la courbure de la cornée, on place le sommet de celle-ci au niveau des mires et l'on observe les reflets cornéens dédoublés, comme dans l'ophthalmomètre de Helmholtz. Pour que l'observateur n'intercepte pas la lumière venant des lampes, la tige Mm est coupée sous un angle de 45 degrés et porte un miroir métallique m, en sorte que les reflets peuvent être observés latéralement. C'est dans ce but que j'ai fait placer la tige qui porte le diplomètre D à angle droit avec la tige Mm.
On trouve très-facilement la position du diplomètre dans laquelle l'image réfléchie est juste dédoublée, et on lit sur la division la grandeur correspondante. Pour mesurer le rayon de courbure dans différents méridiens, il suffit de donner à la tige des lumières, de même qu'aux prismes du diplomètre, la direction du méridien en question.
Gomme on le voit, j'ai choisi la grandeur de l'objet égale à la distance qui le sépare de la surface à déterminer. De cette façon on simplifie beaucoup le calcul du rayon de courbure correspondant, attendu que celui-ci devient dans ce cas égal au double de la grandeur de Vimage. Qu'on se rappelle la formule (p. 74G) pour le rayon de courbure
OÙ a — distance de l'objet à la surface convexe, b= objet, ^— image de réflexion. Lorsque la distance est égale à l'objet, d= h, la formule devient simplement :
Les mensurations qui s'effectuent par le dédoublement de l'objet ont le grand avantage de permettre ces mensurations à distance et de les rendre indépendantes des mouvements de l'objet à mesurer.
Le dédoublement s'obtient, comme nous l'avons vu, à l'aide des deux lames planes parallèles de l'ophthalmomètre de Helmholtz, du cristal biréfringent de Coccius, enfin à l'aide des deux prismes de mon diplomètre. Mais ce dédoublement peut encore être réalisé à l'aide du procédé suivant que j'ai imaginé :
Je prends deux prismes, d'égale force, exactement appliqués l'un sur l'autre, et mobiles, en sens inverse, autour d'un même axe, dans le genre des doubles prismes de Herschell. Ces deux prismes sont percés d'une ouverture centrale, à travers laquelle passe l'axe de rotation. Cette ouverture a une surface égale à la moitié de la surface du faisceau de rayons lumineux qui pénètre dans la pupille ; de cette façon, l'observateur qui regarde à travers le centre de l'instrument, voit à la fois à travers les prismes et à travers l'ouverture centrale.
Lorsque les sommets des prismes sont dirigés en sens inverse, leur effet (1) Hirschberg-, Opldli. Beobachlimgen.
SiNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
se neutralise, et l'objet est vu simple; mais si l'on fait, au contraire, mouvoir les prismes l'un sur l'autre, l'objet observé se dédouble et les deux images s'écartent de plus en plus, jusqu'à ce qu'elles aient atteint leur maximum d'écartement, c'est-à-dire lorsque les sommets des prismes sont arrivés dans la même direction.
Il est très-facile d'amener les doubles images dans une position telle, qu'elles se touchent par leurs bords opposés.
Or, étant connue la distance qui sépare l'instrument de l'objet, on mesure le diamètre de celui-ci plus facilement encore qu'à l'aide des ophthalmomètres que nous avons décrits. Inversement, notre instrument peut servir à déterminer la distance à laquelle se trouve un objet de grandeur connue. Dans le premier cas, l'index, qui est entraîné sur la monture par le mouvement des prismes, indique la grandeur de l'objet; dans le deuxième cas, il indique la distance.
Comme il est facile de le voir, mon principe se rapproche le plus de celui sur lequel repose l'ophthalmomètre de Helmholtz, attendu que le dédoublement produit par l'instrument est variable et non constant, comme avec le spath d'Islande ou dans le diplomètre. Mais mes prismes perforés sont plus maniables que les lames de l'ophthalmomètre Helmholtz et s'adaptent plus facilement à une lunette, comme cela est indispensable pour de grandes distances.
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optischen Constanten des Au^es {Arch. f. Ophth., t. XYIIl, 1, p. 155, 1872).
— Mauthner. Yorlesungen iiber die optischen Fehler des Auges, Abth. I, p. 43 et sq. 1872. Coccius. Ophthalmometrie und Spannungsmessung am kranken Auge. Leipzig, 1872. 1874. Snellen et Landolt. Ophthalmometrie in Graefe u. Saemisch {Handhuch der Ge-
sammten Augenheilkunde, t. 111, p. 204). 1876. Mauthner. Die optischen Fehler des Auges, p. 564. Yienne.
- — Landolt. Le diplomètre. Communication faite à l'Académie des sciences le 7 février.
— — L'ophthalmomètre, présenté au congrès international des sciences médicales,
congres de Genève.
OPHTHALMOSCOPIE
§ 119. Lorsqu'on aborde l'étude de l'exploration de l'intérieur de l'œil, le premier nom qui vienne à la pensée est celui de Helmholtz, l'illustre inventeur de l'oplithalmoscope. Avant 1851, l'ophtlialmologie, bien que comptant parmi ses adeptes des hommes du plus haut mérite, n'était qu'une dépendance de la chirurgie. Mais depuis que Helmholtz a rendu possible l'accès des parties les plus profondes de l'œil vivant, l'étude physiologique et pathologique de cet organe est devenue un champ d'observation si vaste et si fertile, qu'elle a attiré à elle une foule d'hommes éminents, qui ont produit un ensemble de travaux extrêmement remarquables : et l'on peut dire que, si l'ophthalmologie s'est constituée aujourd'hui à l'état de science indépendante, c'est, en grande partie, à l'oplithalmoscope qu'elle le doit.
Nous conseillons vivement la lecture du mémoire dans lequel Helmholtz publia son admirable découverte. Il est curieux de voir comment ce grand physiologiste, parmi trait de génie, se rendit compte d'emblée de toute la portée de son invention, et exposa, avec une clarté parfaite, dans 40 pages à jamais mémorables, la solution de toutes les grandes questions que soulève sa découverte: la théorie de l'ophtlialmoscope, l'emploi de la lumière solaire et de la lumière artificielle, l'influence réfringente et réfléchissante des surfaces de l'œil, du diamètre de la pupille, celle de l'éblouissement par rapport à l'éclairage du fond de l'œil, la production de l'image droite et de l'image renversée, les dimensions du champ d'observation, le grossissement, l'étude des objets du fond de l'œil (nerf optique, vaisseaux, macula, rétine, choroïde), la détermination de la réfraction à l'aide de l'ophthalmoscope, et enfin la description d'un instrument qui, malgré le nombre immense des ophthalmoscopes construits depuis, reste toujours un des meilleurs.
On trouve même, dans ce mémoire, la relation d'une expérience de physiologie très-curieuse, donnant directement la preuve de l'absence de perception lumineuse au niveau de la papille. Quand on regarde le fond de l'œil à l'aide de l'ophthalmoscope, on peut diriger l'image de la flamme sur le point d'entrée du nerf optique dans le globe oculaire. Qu'on interroge alors la personne examinée, elle répondra toujours qu'elle n'éprouve aucune sensation lumineuse.
SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
On voit que Helmholtz ne se bornait pas à la description pure et simple d'un instrument nouveau. C'était une méthode- qu'il fournissait à la science, méthode qu'il appliquait avec rigueur à tous les cas normaux ou pathologiques, et qu'il poursuivait dans toutes ses conséquences. Il ne limitait pas d'ailleurs l'application de son instrument à l'étude de l'œil ; il montrait l'emploi qu'on en pouvait faire pour l'exploration des autres cavités de l'organisme.
On peut donc dire que l'exploration de l'intérieur de l'œil n'existait pas avant la découverte de Helmholtz, et qu'elle fut créée de toutes pièces par lui.
On sait, depuis l'exposé de cet illustre auteur, que si l'on ne peut ordinairement voir le fond d'un œil sans instrument, c'est que les rayons lumineux qui y pénètrent et ceux qui en sortent suivent le même chemin.
Si, par exemple, une source lumineuse éclaire fortement le fond d'un œil en y formant une image nette, les rayons lumineux qui proviennent de la partie ainsi éclairée n'entreront jamais dans l'œil de l'observateur, mais iront se réunir dans la source lumineuse. En effet, pour voir le fond de l'œil éclairé, l'observateur devrait se placer sur le parcours des rayons qui proviennent du fond de cet œil, ce qui n'est pas réalisable en Tétat ordinaire des choses, car l'observateur intercepterait nécessairement la lumière qui éclaire le fond de Tœil. Mais Helmholtz nous a donné un moyen aussi simple qu'ingénieux de tourner cette difficulté, en nous dotant du miroir ophthalmoscopique qui permet de projeter, dans l'œil examiné, la lumière provenant d'une source placée à côté.
La lumière incidente est ainsi déviée de sa direction primitive et l'œil de l'observateur peut se placer sur le trajet suivi par les rayons émergents, sans intercepter en aucune façon la lumière éclairante.
Nous jugeons inutile de développer ici la théorie de l'éclairage du fond de l'œil, que nous avons déjà amplement développée dans notre Manuel iV ophthalmos copie auquel nous renvoyons nos lecteurs.
Comme source lumineuse, on peut se servir de la lumière solaire, directe ou indirecte, ou bien encore d'une lumière artificielle. La première a l'avantage de ne pas être colorée; mais elle a le défaut, au point de vue pratique, de ne pouvoir permettre de compter sur elle. C'est donc en général une lampe qu'on emploie pour l'examen ophthalmoscopique. La lumière est, comme nous l'avons dit, projetée dans l'œil à l'aide d'un miroir qui forme la partie fondamentale de l'ophthalmoscope. .
Si nous considérons d'abord la forme des miroirs, nous avons : 1° les miroirs plans; S'' les miroirs concaves; 3° les miroirs convexes; 4** les miroirs hétérocentriques.
Rappelons, en quelques mots, les lois de la réflexion. On sait que dans tous les miroirs l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflexion.
1 120. Miroirs plans. — Les miroirs plans réfléchissent parallèlement les rayons incidents parallèles (fig. 188).
OPIITHALMOSCOPIE. 779 Quand les rayons incidents sont divergents, les rayons réfléchis le sont
également, de telle sorte qu'ils semblent provenir d'un point L' (fig. 189),
FiG. 189.
situé derrière le miroir -s.s, à la même dislance que la source lumineuse L.
Fig.
Les rayons convergents (Ls Ls, tig. 490) sont réfléchis de façon à se
SNELLEN ET LANDOLT.
— MÉTROLOGIE.
couper en un point L' situé devant le miroir, à la même distance que leur entre-croisement virtuel (A) derrière le miroir.
L'image virtuelle des rayons divergents et l'image réelle des rayons convergents, réfléchies par un miroir plan, sont toujours de la même grandeur que l'objet.
L'ophthalmoscope le plus simple serait certainement une lame de verre incolore à faces planes parallèles; on l'inclinerait de manière à réfléchir la lumière dans l'œil examiné. D'autre part on pourrait voir au travers la partie éclairée du fond de l'œil. Mais, par ce procédé, on perd une quantité de lumière considérable; un certain nombre de rayons provenant de la source lumineuse traversent le verre sans réflexion, et parmi ceux qui reviennent de l'œil, une grande partie est réfléchie sur le verre. Enfin, l'œil de l'observateur n'est pas suffisamment protégé contre la lumière étrangère.
Si, au contraire, pour augmenter l'intensité de la réflexion, on emploie plusieurs lames de verre au lieu d'une, et qu'on les enferme dans une boîte noircie qui protège l'œil de l'observateur contre toute lumière qui ne provient pas de l'œil observé, on aura un très-bon ophthalmoscope. Tel est, en effet, le premier ophthalmoscope de Helmholtz.
Au lieu d'une combinaison de plusieurs lamelles de verre transparentes qui, malgré tout, laissent perdre beaucoup de lumière, on peut employer une lame de verre étamée percée d'une ouverture, ou bien dont l'étamage manque en un point. On peut encore employer des plaques de métal poli percées d'une ouverture. Les lames de verre perforées sont préférables aux lames à étamage incomplet, parce que, dans le premier cas, la lumière passe directement de l'œil examiné dans l'œil de l'observateur; mais cet avantage est compensé par un inconvénient : les bords du trou réfléchissant la lumière peuvent devenir, pour l'observateur, de petites sources lumineuses et donner lieu à des phénomènes entoptiques qui gênent l'observation.
Les miroirs métalliques sont commodes parce qu'on peut leur donner l'épaisseur que l'on désire, de sorte que, même lorsqu'on incline fortement le miroir, les bords de l'orifice ne gênent pas autant la vision que dans les miroirs de verre. Mais ici encore des phénomènes entoptiques peuvent se produire; aussi faut-il rendre les bords de l'orifice aussi minces et aussi peu réfléchissants que possible.
Plaçons devant un miroir plan la lumière L (fig. 189), à une distance /; la hauteur du cône lumineux incident est alors r=/; si d est la distance du miroir à l'œil examiné, la hauteur totale du cône sera D = ^-|- d', le miroir agit donc comme une lumière égale à L placée à la distance D. Plus la lumière est rapprochée du miroir et plus le miroir l'est de l'œil, plus la hauteur du cône lumineux est faible.
Si l'on place entre la source lumineuse et le miroir une lentille convexe, dont la distance focale est plus petite que sa distance au point L (fig. 191),
OPHTHALMOSCOPIE. 781
ies rayons convergeront sur le miroir et convergeront encore après leur réflexion. Si la distance de la lumière à la lentille convexe est = /, la distance
FiG. 191.
focale de la lentille = f; la distance l' du miroir au point B, où convergent les rayons lumineux, se déduira de la formule :
d'où :
l' représente la hauteur du cône lumineux qui tombe sur le miroir ss. La hauteur du cône lumineux qui est réfléchi vers l'œil dépend évidemment encore de la distance du miroir à la lentille. Si cette distance est = c, la hauteur sera H = T — c. C'est sur ce principe que repose l'ophthalmoscope de Coccius.
§ 121. Miroirs concaves. — Le miroir concave réfléchit les rayons paral-
lèles vers son foyer F (fig. 192), qui se trouve en avant de la surface concave, à une distance égale environ à la moitié de son rayon.
782 SNELLEN ET LANDOLT. — METROLOGIE.
Les rayons qui rencontrent le miroir concave en divergeant d'un point L (fig. 193) situé au delà du foyer F, se réunissent en un point L', intermédiaire
Il s'ensuit que plus L se rapproche de s, plus L' s'en éloigne, c'est-à-dire que l' et l croissent en proportion inverse. Si L coïncide avec F, l' devient infini, c'est-à-dire que les rayons jro venant du foyer sont réfléchis parallèlement. Si L se trouve entre le foyer F et le miroir s (fig. 194), L's devient
Fig. 194.
négatif, c'est-à-dire que les rayons réfléchis divergent comme s'ils provenaient d'un point L' situé derrière le miroir et séparé de lui par la distance T.
Les rayons lumineux convergents qui se réunissent en L' suivent précisément un chemin inverse pour se réunir en L.
Si un objet, situé en L, a la grandeur B, on trouvera la grandeur de son image /3 d'après la formule :
d'où :
l désignant encore la distance de l'objet à la surface, du miroir, et par suite l — /"la distance de l'objet au foyer du miroir. — Si l'objet B est à l'infini,^ 8 se produit au foyer et est infiniment petit. — Si B se rapproche du miroir, [6 est d'abord positif, renversé et plus petit que B. — Si B est situé au centre de courbure du miroir, |3 et B coïncident et sont égales. — Si B est en F, l devient =/"; donc / — f= zéro et, S est infini. — SiB se rapproche encore davantage de la surface réfléchissante, l devient plus petit que f; d'où S est négatif, plus grand que B et droit jusqu'à ce que, sur la surface ellemême, l devienne = zéro, et ,6 = — B.
I 121. Miroirs convexes. — Le foyer des miroirs convexes est négatif et
FiG. 195.
situé derrière le miroir, environ au milieu du rayon de courbure ; la distance focale f est donc négative.
La formule déjà mentionnée, qui donne les foyers conjugués, devient donc,, pour les miroirs convexes :
Les rayons parallèles L et L'(fig. 195) sont rendus divergents par le miroir convexe, comme s'ils venaient de F.
Les rayons divergents (fig. 196) provenant de L sont rendus encore plus divergents, de façon que leurs prolongements s'entre-croiseraient derrière le miroir en L', intermédiaire à F et s. Si L se trouve en avant de s à la dis-
tance f, il devient — / et l' = 5.
Quant à la grandeur de lïmage réfléchie par le miroir convexe, on la calcule d'après la formule :
fi t
d'où :
B est virtuel, droit et plus petit que B, et minimum quand ^ = 00 ; il grandit quand B se rapproche du miroir, jusqu'à ce qu'il soit égal à B, quand B est sur le miroir même.
Si les rayons qui tombent sur le miroir convexe sont convergents (fig. 197), l devient négatif et l' positif. Le rapport entre les deux grandeurs est le même que dans le cas de rayons divergents; seulement il est inverse, c'est-à-dire que la source lumineuse imaginaire est en L', son image réfléchie en L.
Si, sur le miroir ss (fig. 198) tombent des rayons convergents tels qu'ils se coupent en L, au delà du centre de courbure e, ils divergent après leur réflexion comme s'ils provenaient de L' ; s'ils convergent encore plus, vers le centre e par exemple, ils suivent la même direction après leur réflexion ; s'ils convergent vers le foyer F, ils sont réfléchis parallèlement ; mais s'ils convergent vers des points intermédiaires au foyer et à la surface s du miti'oir, comme les rayons AL (fig. 198), ils convergent encore en quittant le miroir et forment une image réelle en L', qui est d'aytant plus près de s que
OPHTHALMOSGOPIE, 785
le point de convergence virtuelle L se rapproche de s. Quîuit au point L', on le trouve d'après la formule :
L i 1 parce que dans ce cas / est négatif.
FiG. 197.
€'est sur ce principe que repose l'ophtlialmoscope de Zeliender.
FiG. i98.
Les rayons convergents s'obtiennent avec des verres convexes. Donc, si l'on fait converger des rayons lumineux à l'aide d'une lenlille positive inter-
DE WECKER ET LANOOLT. 1 50
78G SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
posée entre la source lumineuse elle miroir convexe, les lois que nous venons d'exposer signifieront que, si la convergence produite par un verre positif, évaluée à partir du miroir, est plus grande que le rayon de courbure de celuici, la divergence des rayons réfléchis est plus forte que la convergence des rayons incidents. Si elle est égale à la distance focale, les rayons seront réfléchis parallèlement; est-elle, au contraire, plus petite que la distance focale, les rayons réfléchis convergeront au-devant du miroir.
Il va sans dire que nous n'employons pas, pour obtenir des rayons divergents ou parallèles, le système compliqué d'une lentille posilive combinée à un miroir convexe, car les rayons fortement divergents, comme nous le verrons plus tard, ne conviennent nullement à l'examen ophthalmoscopique. Par contre, dans certains cas, la convergence obtenue de cette façon a une grande importance. Examinons donc les lois optiques qui régissent ce système.
Si la distance de la lampe à la lentille convexe est de 33 centimètres, par exemple, et la force de la lentille égale à 11 D (9 centimètres de distance focale), les rayons qui la traversent convergent à 12 centimètres de distance
^1 — i = ou en mettant les valeurs dioptriques correspondantes 11 — 3
=:8D, dont la distance focale =12 centimètres. Si la distance du verre convexe au miroir est de 5 centimètres, les rayons réfléchis convergent à une distance de 12 — 5 = 7 centimètres. Prenons la distance focale du mi roir = 10 centimètres, la convergence des rayons réfléchis sera :
donc l' =21 centimètres.
Si la distance de la lumière au verre convexe est plus petite, celui-ci, pour ](roduire le même effet, devrait être plus fort; sinon, les points L et L' seront phis éloignés de ss de sorte que l' deviendra plus grand. Si la source lumineuse reste à la même distance, la distance focale de la lentille diminuant, / et diminueront; il en sera de même si le verre convexe s'éloigne du miroir. Par contre, toutes choses égales d'ailleurs, si la distance focale du miroir convexe diminue, /' devient plus grand. Nous voyons donc que qui mesure la distance du miroir au point de convergence des rayons rendus convergents, c'est-à-dire la hauteur du cône lumineux réfléchi, diminue proportionnellement à la distance de la source lumineuse au miroir, à la force de la lentille, à son écartement du miroir et à l'augmentation de la distance focale de celui-ci; elle augmente au contraire dans les cas inverses.
§ 123. Miroirs Jiétérocentriques. — Nous appelons, avec M. Zehender, miroirs hétérocentriques les miroirs dont les deux surfaces sont décrites avec des rayons diff'ércnts. Lorsque les deux centres sont situés sur le même axe,
T "~ lô 2T
OPHTHALMOSCOPIE.
nous les appelons miroirs hétérocentriques centrés; dans le cas contraire, nous les appelons miroirs hétérocentriques prismatiques.
Nous comptons au nombre des miroirs hétérocentriques centrés les lentilles qui, par l'étamage d'une de leurs surfaces, ont été transformées en miroirs. Ce sont donc des lentilles convexes, des ménisques positifs, des lentilles et des ménisques négatifs, des lentilles plan-convexes et plan-concaves, qui ne sont, en somme, autre chose que des ménisques dont une des surfaces est décrite avec un rayon infiniment grand.
Dans cette sorte de miroirs, on peut donc utiliser à la fois le pouvoir réfringent et le pouvoir réfléchissant; c'est-à-dire qu'ils peuvent, d'une part, éclairer l'œil examiné, de l'autre, adapter l'œil de l'observateur.
M. Zehender a étudié les propriétés de ce genre de miroirs et en a exposé les principes d'une façon très-complète dans les Archives de de Graefe, t. II, fasc. 2, p. 103. Nous nous bornerons ici à donner le résultat de ses recherches.
Nous appellerons r° le rayon de courbure de la surface antérieure du miroir hétérocentrique ; r' le rayon de courbure de la surface postérieure du même miroir; nous leur donnerons le signe -[- quand la convexité de leur surface sera dirigée dans la direction dans laquelle la lumière est réfléchie.
a étant l'épaisseur du verre, n l'indice de réfraction, il résulte des travaux de M. Zehender :
1° Pour des rayons positifs, le pouvoir éclairant des miroirs s'accroît avec l'augmentation de r' et de a, et avec la diminution de r\
2'' Pour des rayons négatifs, le pouvoir éclairant des miroirs s'accroît avec l'augmentation de r° et de a et avec la diminution de r'.
S*" Les lentilles biconcaves sont donc impropres à servir de miroirs ophthalmoscopiques.
4° Les lentilles biconvexes peuvent servir à cet usage.
5" Pour les trois formes de miroirs, l'intensité du pouvoir éclairant augmente avec la diminution de la distance focale catoptrique du miroir hétérocentrique.
En général, on sait que la distance focale d'un miroir ophthalmoscopique ne doit pas être trop courte, c'est-à-dire pas au-dessous de 6 centimètres.
Pour ce qui est de l'effet dioptrique d'un miroir hétérocentrique, l'auteur trouve, pour des rayons positifs :
6° La distance focale dioptrique ne peut jamais avoir une valeur négative.
7" Pour des rayons positifs, la distance focale dioptrique est positive, et plus petite que le double de la distance focale catoptrique.
8° Pour des rayons négatifs, la force dioptrique du miroir hétérocentrique peut avoir une valeur négative quelconque.
9" Si r° est positif et r' négatif, la force dioptrique ne peut être que positive. De plus,
10'' Pour des lentilles biconvexes, la distance focale dioptrique positive
788 SNELLEN ET LANDOLÏ. — MÉTROLOGIE.
est plus grande que le double et plus petite que le sextuple de la distance
focale catoptrique.
Miroirs hétérocentriques prismatiques. — Les centres de courbure des surfaces de ces miroirs ne sont pas situés dans le même axe. Ce sont des prismes transformés en ophthalmoscopes. Lorsqu'ils ont des surfaces planes et qu'on se sert uniquement de la réflexion totale qui se produit à leur surface d'hypothénuse, leur action est presque identique à celle d'un miroir plan. Si, au contraire, une ou plusieurs surfaces du prisme sont courbes, ils peuvent être rapprochés du miroir plan combiné avec une lentille, ou des miroirs hétérocentriques centrés, parce qu'ils agissent à la fois comme réfracteurs et comme réflecteurs.
Éclairage de l'intérieur de l'œil.
§ 124. Commençons par poser quelques principes généraux. Toutes les sections d'un faisceau de rayons parallèles ont la même intensité lumineuse, et des parties égales de sections différentes sont aussi également lumineuses, parce que toutes les sections sont égales.
Dans les cônes lumineux, la somme de lumière est encore la même sur toutes les sections, mais des parties égales de sections différentes ont une intensité lumineuse qui croît en raison inverse du carré de leur distance au sommet, c'est-à-dire que plus une section est rapprochée du sommet, plus l'intensité lumineuse de l'unité de sa surface est considérable.
On a vu plus haut que nous nous servons toujours de miroirs pour l'éclairage de l'intérieur de l'œil. Par suite, quand nous parlerons de sources lumineuses, nous entendrons toujours l'image qu'en donne le miroir.
L'intensité de l'éclairage du fond de l'œil dépend, d'une part, de l'intensité de la source lumineuse, d'autre part, de la quantité de lumière qui pénètre dans l'œil. L'ouverture du diaphragme qui lui donne accès, la pupille, exerce sur elle la plus grande influence.
A l'aide de l'atropine on pourrait donner à la pupille un diamètre maximum assez constant dans tous les yeux. Mais nous préférons prendre, comme base des considérations suivantes, une pupille moyennement dilatée, parce que l'examen ophthalmoscopique doit, autant que possible, se faire sans avoir recours à un agent mydriatique.
Le diamètre de la pupille n'est donc pas constant; il est inversement proportionnel à l'intensité de la lumière. Les estimations n'auront donc qu'une valeur approximative. Cependant, les recherches empiriques ont prouvé que, dans leur ensemble, les considérations que nous allons exposer sur la marche des rayons lumineux et leur action éclairante sont exactes.
La chambre antérieure avec la cornée a, sur les rayons incidents, l'action d'un ménisque positif. Grâce à la convergence ainsi produite, un plus grand nombre de rayons lumineux pénètrent donc dans l'œil que s'il n'existait pas
OPHTHALMOSCOPIE.
de chambre antérieure. Pour simplifier les choses, on peut se représenter la pupille comme ayant un diamètre un peu plus grand et située sur la face antérieure de la cornée.
Il faut, dans tous les cas, exclure de l'ophthalmoscopie une lumière trop vive qui, outre qu'elle est mal supportée par la rétine, produit un rétrécissement considérable de la pupille.
Si un œil emmétrope, dépourvu d'accommodation, reçoit un faisceau de rayons parallèles, il sera pénétré par un cône lumineux dont la base est formée par la pupille et le sommet situé sur la rétine. Ce point lumineux, constituant l'image rétinienne, aura précisément la même intensité lumineuse que la surface pupillaire. Si le miroir plan qui réfléchit dans l'œil la lumière parallèle du soleil, ou bien le miroir convexe qui réfléchit parallèlement la lumière de la lampe, a une surface?, représentant une quantité de lumière J, et si nous nommons l'ouverture pupillaire p, la quantité de lumière J' introduite dans l'œil sera :
Nous voyons donc que, pour des rayons parallèles, le miroir ne concourt à l'éclairage de l'œil que proportionnellement à l'ouverture pupillaire. Dans ce cas, il n'y a qu'une partie du miroir égale à l'étendue pupillaire qui contribue à réclairage du fond de l'œil; le reste de la lumière réfléchie par le miroir tombe sur d'autres parties de l'œil et est perdu pour l'ophthalmoscopie.
Si l'œil est hypermétrope, les autres conditions restant les mêmes, l'appareil dioptrique de l'œil donne naissance à un cône semblable à celui de l'œil emmétrope, mais la rétine est située en avant de son sommet. Il se produit alors sur la rétine une section du cône lumineux d'autant plus grande que l'axe de l'œil est plus court, mais dont l'éclairage total est précisément égal à celui de la surface pupillaire ou du sommet du cône lumineux. Nous avons ici une même quantité de lumière répartie sur une plus grande surface que dans le premier cas.
Même résultat pour l'œil myope : les rayons lumineux se réunissent en avant de la rétine pour se dissocier après. Il se forme donc, derrière leur foyer, un cercle de diffusion sur la rétine, comme dans l'œil hypermétrope. Le calcul de son diamètre et de ses variations, suivant l'état de réfraction de l'œil, est analogue à celui qui sert à déterminer l'amétropie à l'aide de l'expérience de Scheiner.
Si des rayons divergents tombent sur un œil emmétrope, l'appareil dioptrique les rend moins divergents, mais non convergents. Nous avons un cône lumineux dont le sommet est hors de l'œil, et dans lequel une section correspond à la pupille, et une autre, plus grande, à la rétine.
L'éclairage de la surface pupillaire J' sera donc si nous désignons par
D la distance de la flamme à l'œil. L'éclairage s'accroît donc en raison inverse du carré de la distance de la flamme à l'œil. La surface de la rétine R
790 SNELLEN ET LODOLT. — MÉTROLOGIE.
reçoit la même quantité de lumière; mais chacune de ses parties est moins éclairée que dans la surface p, parce que R est plus grand que p.
Si un œil hîjpermétrope reçoit de la lumière divergente, les rayons lumineux peuvent encore moins se réunir sur la rétine que dans l'œil emmétrope ; la lumière qui pénètre à travers là pupille est donc répartie sur une plus grande surface: par conséquent, les différentes parties de cette surface sont moins éclairées que dans l'emmétropie.
Par contre, si l'œil est myope et la lumière divergente, il est possible que les rayons lumineux partent de son punctum remotum. Ils se réunissent, dans ce cas, en un foyer sur la rétine.
Nous avons alors cleux cônes lumineux, à base commune, la pupille. Le sommet de l'un est la flamme, celui de 'l'autre est son image. Si nous conservons les mêmes lettres, nous trouverons encore, pour l'intensité lumineuse de
la pupille, J' = — . La partie éclairée de la rétine est plus petite, mais bien
plus brillante que dans le cas précédent.
Nous voyons encore que l'intensité de l'éclairage croît à mesure que se rapproche le foyer lumineux ; en supposant que la source lumineuse coïncide avec le punctum remotum de l'œil myope, l'image formée au fond de cet œil sera d'autant plus éclairée que ce punctum remotum, sera plus rapproché, c'est-à-dire que le degré de myopie sera plus élevé.
La source lumineuse se trouve-t-elle en deçà du punctum remotum de l'œil myope, les rayons ne peuvent plus alors se réunir sur la rétine ; nous rencontrons donc ici les mêmes conditions que dans l'emmétropie : la quantité de lumière de la pupille se répartit sur une plus grande surface de la rétine.
De même, si la source lumineuse est située au delà du punctum remotum, les rayons se réuniront en avant de la rétine, et formeront sur elle un cercle de diffusion dont l'éclairage total sera égal à celui de la pupille, tandis que celui de ses différentes parties sera en raison inverse de la grandeur de la surface éclairée.
On obtient la lumière divergente à l'aide de miroirs plans, de miroirs concaves quand la source lumineuse est située en deçà de leur foyer, et à l'aide de miroirs convexes.
Dans le premier cas, la distance (D) de la source lumineuse à l'œil est égale à la distance de la lumière au miroir /, plus la distance du miroir à l'œil d.
D = / + rf.
L*éclairage augmente donc à mesure que la lumière, s'approche du miroir et celui-ci de l'œil. En modifiant ces distances, on peut à volonté obtenir toute espèce de divergence des rayons lumineux.
Dans le second cas, D diminue avec la distance focale du miroir concave,
avec la distance de la lumière au miroir, et avec la distance du miroir à l'œil. Cela résulte déjà de la formule :
dans laquelle l — la distance de l'image au miroir; car l'=J±-elJ):=d + l'.
Mais nous devons faire remarquer dès maintenant, que plus la distance focale, c'est-à-dire le rayon d'un miroir concave, est petite, plus est grande la diffusion des images réfléchies, ce qui exclut l'emploi de miroirs trop courbes. On a reconnu expérimentalement que le rayon d'un miroir concave ne devait pas descendre au-dessous de 12 centimètres. Il va sans dire aussi qu'on ne peut approcher à volonté la lumière d'un miroir concave, surtout quand celui-ci se trouve très-rapproclié de l'œil du malade et de celui du médecin, de sorte que, pour obtenir de la lumière divergente, on ne se servira jamais d'un miroir concave simple.
Dans le troisième cas, lumière divergente tombant sur un miroir convexe, nous trouvons également que la divergence des rayons réfléchis augmente avec le rapprochement de la lumière au miroir et avec la diminution de l,i distance focale, c'est-à-dire du rayon du miroir.
Mais comme nous avons rarement besoin d'une plus grande divergence que celle fournie par un miroir plan, nous n'emploierons jamais dans ce but les miroirs concaves ou convexes.
Par contre, ces miroirs nous serviront pour projeter de la lumière convergente dans l'œil. Si dans ce but nous employons un miroir concave pour projeter un cône lumineux ayant pour base sa surface réfléchissante, et dont la hauteur est de 32 centimètres, nous saurons que seuls les rayons traversant la pupille pénètrent dans l'œil. Si le miroir est placé près de l'œil, celui-ci ne recevra pas beaucoup plus de lumière qu'il n'en provient d'une surface du miroir ayant à peu près les dimensions de la pupille. Si l'on éloigne le miroir, son sommet se rapprochera de plus en plus de la pupille, et la section pupillaire de ce cône augmentera d'intensité lumineuse jusqu'au moment où, le sommet du cône étant voisin de la pupille, toute la lumière réfléchie par le miroir entrera dans l'orifice pupillaire. Dans le cas dont il s'agit, cela n'arriverait que si le miroir était à une distance d'environ 32 centimètres de l'œil. Pour que tous les rayons pénètrent dans l'œil, le miroir étant très-rapproché de lui, il faut que la hauteur du cône lumineux soit très-faible et que le miroir ait un très-petit rayon. Mais, comme nous l'avons déjà dit, les miroirs concaves qui ont moins de 12 centimètres de rayon ne peuvent guère être utilisés. Si la lampe est placée à une distance de 32 centimètres, la hauteur du cône serait de 10 centimètres. Il suit de là que les miroirs concaves ne donnent un éclairage intense que dans les cas d'examen à grande distance; 43ar contre, leur éclairage est faible dans l'examen rapproché (image droite).
SNELLEN ET LANDOLT. —
MÉTROLOGIE.
On les emploiera doue avec avantage dans les cas où l'on désire un éclairage peu intense.
M. Coccius a combiné, pour l'éclairage oplithalmoscopique, un verre convexe avec un miroir plan. De cette façon il est possible de produire, à volonté, un cône de rayons convergents de hauteur quelconque ; car, plus la lentille choisie est puissante, plus la réunion des rayons se rapproche, tandis que leur base reste constante. Ce cône lumineux peut être dévié à la hauteur que l'on veut par le miroir et projeté dans l'œil. Même en rapprochant le miroir très-près de l'œil, il est encore possible de rendre la surface éclairée du miroir égale à la pupille, par conséquent de réfléchir toute la lumière dans son intérieur. Il est vrai qu'alors la hauteur du cône lumineux devient très-petite, ce qui donne lieu à des inconvénients semblables à ceux produits par un miroir concave d'une distance focale faible.
Au contraire, la combinaison d'un verre convexe avec un miroir convexe, imaginée par M. Zohender, permet de donner à un cône lumineux de base égale la hauteur que Ton veut. Le miroir est en métal et a un rayon de 16 centimètres. Il est porté sur un manche et présente deux bras latéraux mobiles : sur l'un est fixée une lentille convexe (-f- 13 D); sur l'autre, le verre correcteur. Comme on peut visser le manche en deux points opposés du miroir, on a la faculté de placer la lentille d'éclairage d'un côté ou de l'autre. La distance de la lampe au miroir varie de 70 k 20 centimètres; celle de la lentille au miroir, de 27 à 80 millimètres; celle du miroir à l'œil examiné est de 54 millimètres.
EXAMEN DU POUVOIR ÉCLAIRANT d'uN OPIITHALMOSCOPE.
§ 125. La puissance éclairante d'un ophthalmoscope peut s'évaluer de la façon suivante : Pour que la pupille d'un œil examiné paraisse éclairée, il faut que, sur sa rétine, l'image de la source lumineuse soit recouverte en totalité ou en partie par l'image de la pupille de l'observateur. On peut donc essayer le pouvoir éclairant d'un miroir par le simple procédé empirique. On dispose d'abord la lumière et le miroir comme pour l'examen ophthalmoscopique; l'observateur se met à la place du malade de façon à recevoir la lumière dans son pi'opre œil. La partie du champ visuel qui parait lumineuse correspond à la partie éclairée de la rétine. Puis on place la lumière derrière le miroir^ à l'endroit où se trouve ordinairement l'œil de l'observateur, de telle sorte ({ue la lumière soit vue à travers le trou du miroir. La partie du champ visuel éclairée à ce moment correspond à la partie de la réline que l'observateur peut dominer; car, comme dans tous les systèmes optiques, nous pouvons intervertir l'objet et l'image, nous pouvons dire, dans ce cas, il passe autant de lumière de l'œil examiné dans l'œil examinant que du second dans le premier. Cette quantité est représentée par la lumière qui pénètre à travers le trou du miroir (1).
(1) Helmhollz, Optique phijsiolofjique, traduction par MM. Javal et Klein, p. 232.
OPIITIIALMOSCOPIE.