PRODUCTION DES IMAGES OPHTHALMOSCOPIQUES
§ 120. Nous venons d'étudier les méthodes par lesquelles on éclaire l'œil et qui permettent en même temps à l'œil de l'observateur de se placer dans la direction de la lumière incidente et émergente.
Les rayons provenant du fond de l'œil sont parallèles, divergents ou convergents, suivant son état de réfraction. Si l'observateur est adapté à ces rayons, ils se réuniront sur sa rétine et y formeront une image réelle et renversée du fond de l'œil examiné d'où ils proviennent. Celte image rétinienne est projetée en dehors droite, comme toutes les images rétiniennes. C'est pour cela que l'on appelle cette méthode d'exploration examen à Vimage droite.
Si, au contraire, l'œil examiné est adapté, soit par son état de réfraction ou son état d'accommodation ou par un verre convexe à un point rapproché, situé entre lui et l'œil de l'examinateur, l'image renversée se forme à ce point, et est vue comme telle par l'observateur. C'est V examen à Vimage renversée.
IMAGE DPvOITE.
Image droite de Vœil emmétrope. — Soit, C (tlg.199), un œil examiné emmétrope; A, l'œil examinateur également emmétrope ; soit, mno, un objet du fond de l'œil examiné; supposons cet œil C éclairé à l'aide du miroir opthalmoscopique : tous les rayons lumineux émanant des différents points de l'objet??io seront parallèles après leur sortie de l'œil, et leur direction sera indiquée par celui des rayons qui passe par le point nodal k de l'œil, parce qu'il n'est pas dévié.
FiG. 199.
Ces rayons étant parallèles, seront réunis en foyers sur la rétine de l'œil examinateur A, et ceux-ci se trouveront encore indiqués par celui des rayons qui passe sans déviation par le centre optique K de l'œil A. Ainsi (fig. 199) tous les rayons émanés de n seront parallèles à l'axe n k, après leur sortie de l'œil, et formeront leur image en n' sur la rétine de Tœil A, parce que le
SNELLEN ET LAXDOLT. —
MÉTROLOGIE.
rayon 7ik\in', passant à travers les points nodaux des deux yeux, n'est pas dévié. Les rayons provenant du point m seront également parallèles entre eux après avoir quitté l'œil C, et leur direction est indiquée par le rayon mk, qui passe à travers le centre optique sans déviation. Parmi ces rayons il y en a un, may qui passe à travers le point nodal K de l'œil A, et qui, par conséquent, n'est pas dévié; il rencontre la rétine de l'œil observateur en m'; et puisque tous les rayons émanés de m qui entrent dans la pupille de l'œil A forment un foyer au même endroit sur la rétine de cet œil, m' doit être le point de réunion de ces rayons; en d'autres termes, m' est l'image de m. La même chose a lieu pour les rayons émanés de o ; ils sont parallèles au rayon ok, et c'est au point d'intersection du rayon de direction K et de la rétine, c'est-à-dire en o', que doit se trouver l'image du point o. Il en est de même pour tous les points qui constituent l'objet mo; ils seront réunis sur la rétine entre m' et o'; m'o' représente donc l'image de l'objet mo. Cette image rétinienne, m'o', est renversée par rapport à l'objet, comme le sont toutes les images rétiniennes, et, comme elles, elle est projetée droite en dehors de l'œil. Si l'œil est adapté à la distance KN = P, il verra l'objet nio du fond de l'œil examiné comme un objet MO placé à cette distance.
FiG. m
Image droite de Vœil hypermétrope. — Soit l'œil examiné C hypermétrope, et nm un objet de sa rétine, par exemple la papille : les rayons qui partent des différents points de cet objet sortent de l'œil en divergeant, comme s'ils provenaient d'un objet situé en arrière de l'œil hypermétrope, à la distance de son punctum remotitm. Parmi les rayons qui émanent du point m de l'objet, l'un, mx, passe par le point nodal x, et n'est donc pas dévié; il coïncide avec l'axe optique de l'œil. Un rayon quelconque, m^, subit au contraire, au sortir de l'œil, une déviation telle qu'il semble provenir du point R {punctum remotum) situé en arrière du point nodal. C'est en ce point que se réuniraient tous les rayons partis du point m, prolongés en arrière de l'œil : R est donc l'image virtuelle du point m.
Il en est de même pour les rayons qui émanent du point n de l'objet. L'un, passe sans déviation par le point nodal; un autre, ?iv, a subi une
OPHTHALMOSCOPIE.
déviation, après avoir traversé la cornée, comme s'il provenait d'un point N situé en arrière de Tœil, à la distance du punctum remotum de celui-ci. Tous les rayons émanés de n, et prolongés en arrière, iraient se réunir en N. Ce point est donc l'image virtuelle de de même pour tous les points situés entre m et n, leur image virtuelle se formerait entre NR, qui est l'image virtuelle de l'objet nm.
On peut, du reste, construire cette image d'une façon plus simple, lorsque l'on connaît la distance y', qui représente la distance R x du punctum remotum au point nodal. Étant donné ainsi le point R, il suffit, pour déterminer le point N, image de de tirer la ligne Wx, de la prolonger en arrière et d'élever au point R une perpendiculaire à l'axe. L'image de n se forme au point d'intersection de ces deux lignes. Nx est bien, dans ce cas, un peu plus grand que Rx, mais on sait que, pour des rayons rapprochés de l'axe, la différence entre l'arc et la tangente peut être négligée, et ce ne sont que ces rayons qui nous occupent.
Si cet œil hypermétrope est examiné par un œil emmétrope A, les rayons divergents sortis de l'œil G semblent donc, pour l'œil A, provenir d'un objetRN, situé à une distance KR du point nodal de l'œil A. Celui-ci ne les réunit pas sur sa rétine, à moins que les rayons ne soient rendus parallèles, ou que cet œil emmétrope ne devienne myope. C'est ce qu'on effectue en plaçant devant l'œil, au point L, une lentille convexe, dont la distance focale est LR. Cette lentille rend parallèles les rayons divergents sortant de C, ou, en la supposant réunie à l'œil A, elle rend myope cet œil emmétrope, en augmentant sa force réfringente.
Admettons la première interprétation. On voit que tous les rayons divergents venus de R deviennent parallèles entre eux, en traversant la lentille. Ils sont, de plus, parallèles à l'axe optique principal, puisque le rayon qui le représente traverse, sans être dévié, le centre optique de la lentille. Ces rayons parallèles sont réunis sur la rétine de l'œil A; et, ici encore, le rayon qui passe par le point nodal K nous permet de déterminer le point (p" de la rétine où se forme l'image de m.
Il en sera de même pour les rayons venant du point 7i. L'un d'eux, NL, passant sans être dévié par le centre optique de la lentille, indique la direction qu'auront, après avoir traversé cette dernière, tous les rayons provenant de N ou de n.
L'un de ceux-ci, v'Kv", passant par le point nodal deA, indique le point /' de la rétine où convergent les rayons venus de N, ou en réalité de n. Ainsi, <p"v" sera l'image rétinienne de l'objet m7i obtenue par le système G -|- L -f- A, ou l'image de RN, image virtuelle de m produite par le système A-|- L.
Cette image est encore projetée droite en dehors.
Image droite de Vœil myope. — Si l'œil C est myope, les rayons lumineux émanés d'un objet du fond de l'œil vont se réunir en une image renversée
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et réelle en avant de cet œil, à la distance du pimctum remotum, comme inversement un objet placé à la distance du punctum remotum de l'œil myope forme son image renversée sur la rétine de cet œil. Ainsi, les rayons émanés de 7)1 iraient se réunir en R, les rayons émanés de n en N (fig. 201).
Pour examiner l'œil C à l'image droite, l'examinateur A doit réunir sur sa rétine les rayons venus de l'œil C; et, puisqu'il est emmétrope, il faut qu'il les rende parallèles, ce qu'il produira à l'aide d'une lentille concave dont le foyer coïncidera avec le punctum remotum R de l'œil examiné. Les rayons émanés de l'œil C, au lieu de converc^er, seront parallèles à leur sortie de la lentille concave, et pourront être réunis sur sa rétine par l'œil A. Ainsi les rayons émanés de m seront réunis sur la rétine en m' , parce que le rayon m kh\i passe sans être dévié à travers les centres optiques de l'œil C, de la lentille $ et de l'œil A. Le rayon m^ij!, au lieu de se diriger vers R, sera parallèle à m m' (|:/'|7''0)6t, après être entré dans l'œil, sera également réfracté vers m' .
FiG. 201.
Des rayons provenant de il y en aura un, ?? v, qui passe à travers le centre optique L de la lentille et qui indique la direction que prendra, après sa sortie de la lentille, le faisceau de rayons émanés du point n. Un de ces rayons, -J' K, qui est dirigé vers le point nodal de l'œil A, n'est pas dévié parle système dioptrique de cet œil, et indique le point n' de la rétine où se réuniront les rayons provenant de 7i',m'n' est donc l'image rétinienne de l'objet mn, que l'œil A verra droite.