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DÉTERMINATION EXPÉRIMENTALE DU GROSSISSEMENT OPHTHALMOSCOPIQUE

§ 133. On peut essayer de déterminer le grossissement sous lequel apparaît le fond de l'œil dans l'examen direct (image droite) à l'aide d'une des méthodes qui servent à la détermination du grossissement des microscopes, c'est-à-dire à l'aide de la méthode à double vue et de la méthode par la chambre claire (1).

Dans le premier cas, on place à 30 centimètres derrière la personne examinée un écran divisé en millimètres, et tandis qu'avec un œil on examine le fond de l'œil, l'autre sera dirigé sur ce plan de projection. On pourra ainsi mesurer directement les diamètres d'un objet du fond de l'œil. Le rapport de cette grandeur à la grandeur réelle de l'objet donnerait directement le grossissement. Mais cette méthode ne donne pas des résultats rigoureusement exacts, attendu que le fond de l'œil ne possède pas d'objet d'une grandeur

(1) Landolt, Le grossissement, etc., p. 75.

OPHTHALMOSGOPIE.

constante ou connue. La papille, qui, sans contredit, se prête le mieux à cette observation, présente des différences individuelles assez notables (voy. p. 620).

Mais la mensuration de la projection de l'image ophthalmoscopique, combinée avec nos formules, peut servir à déterminer la grandeur réelle d'un objet du fond de l'œil. Pour cela nous n'avons pas besoin de nous tenir à une distance de projection de 30 centimètres; on choisira, au contraire, de préférence une distance plus grande qui permettra de mesurer plus facilement cette projection. Pour trouver la grandeur de l'objet, on suivra une marche inverse à celle que nous avons suivie dans nos calculs précédents, c'est-à-dire que de la formule de la projection B on déduira d'abord la grandeur de j3. De j3, à l'aide de la formule 6, la valeur de X; et de X, à l'aide de la formule 2% la grandeur de l'objet b. En un mot, tandis que dans les calculs précédents, la valeur b étant connue, nous cherchions la grandeur de B, ici, on connaîtra B, et l'on en déduira b. Si l'on a affaire à des amétropies axiles, ce qui sera le plus souvent le cas, et que l'on puisse se rapprocher assez près de l'œil examiné pour pouvoir considérer comme coïncidant le foyer antérieur de cet œil et celui de l'observateur, on se servira simplement de la formule 1\ d'où l'on tire :

où B = la grandeur de la projection de l'image; P = la distance de projection.

G"= 15 millimètres pour l'œil réduit.

Dans notre cas, on prendra pour G" plutôt lô^'^jô, qui correspondent mieux à l'œil réel (p. 619).

Supposons, par exemple, que nous ayons placé notre écran divisé à 3 mètres, et que nous ayons trouvé le diamètre de la papille = 27 centimètres; nous mettrons :

^ ^ QAnn = ^'^^ millimètres.

Pour pouvoir exécuter la mensuration à l'aide d'un seul œil, j'ai ajouté à l'ophthalmoscope la disposition suivante :

J'ai fait adapter derrière le miroir percé de l'ophthalmoscope une petite lame de verre mince, étamée, dont l'étamage est en partie enlevé. On peut avantageusement employer à cet usage un verre doré (fig. 214).

Ce petit miroir se trouve placé exactement derrière l'ouverture du miroir ophthalmoscopique. Il est maintenu au manche de l'ophthalmoscope par une petite tige coudée à sa partie inférieure. Cette extrémité se trouve juste sous le pouce de l'observateur, qui, à l'aide de légères pressions, peut incliner ce petit miroir sur l'axe optique.

DE WECKEp ET LANDOLT. I. — 53

SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.

Pendant l'examen ophthalmoscopique, je place à une assez grande distance (4 ou 5 mètres) derrière moi, et un peu sur le côté, un écran divisé par des lignes horizontales et verticales P (fig. 215), et, en observant le fond de l'œil à l'aide de cet ophthalmoscope, je puis donner facilement au second miroir mm une inclinaison telle qu'il réfléchisse dans mon œil l'image de l'écran. De cette façon, je vois le fond de l'œ^il divisé en un système de coordonnées sur lesquelles il est facile de juger de la grandeur des objets qui s'y trouvent (fig. 215)(1).

FiG. 2U.

J'ai trouvé avantageux, pour ce genre d'observations, amsi que pour toutes les observations dans lesquelles on projette une image rétinienne sur un écran, de faire la division en blanc sur fond noir, et non en noir sur fond blanc; la simple réflexion donnera l'explication de ce choix.

Dans toute mensuration à l'image droite, il est bon de choisir une distance

(1) Pour de plus amples explications consultez le Compte rendu de la Clinique du Landolt, p. 25 (année 1878).

OPHTHALMOSCOPIE.

<\e projection aussi grande que possible; il faut, en effet, aussi bien dans la méthode à double vue que dans la mensuration monoculaire, que l'état d'accommodation de l'œil observateur soit le même pour l'examen du fond de l'œil et pour celui du plan de projection. Sans cela, l'observation devient excessivement pénible et fatigante, à cause du changement incessant de l'accommodation, dont l'observateur a besoin pour comparer les deux images.

FiG. 215.

Or, si le plan de projection est très-éloigné, l'observateur peut relâcher presque entièrement son accommodation et examiner le fond de l'œil avec le verre correcteur de celui-ci; condition indispensable pour l'application de nos formules. Si le plan de projection est plus rapproché, l'observateur le verra avec un effort d'accommodation, et devra donc se considérer comme myope de courbure pour l'examen du fond de VœW.

836 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.

Pour que les résultats des calculs fussent rigoureusement exacts, il faudrait évidemment connaître, outre l'état de réfraction de l'œil examiné, la cause de l'amétropie, lorsqu'elle existe. Mais, dans la plupart des cas, si l'on considère l'amétropie comme produite par des différences de l'axe optique, les résultats obtenus seront suffisamment exacts. Dans tous les cas, ce procédé est applicable aux mensurations relatives. Il peut en cela rendre de véritables services, en permettant de contrôler d'une façon certaine l'accroissement ou la diminution des productions pathologiques du fond de l'œil. Il est évident que, pour des observations de ce genre, il suffit de mesurer et de comparer les images, sans calculer la grandeur réelle de leurs objets.

Pour la mensuration des objets du fond de l'œil, nous donnerons la description d'une méthode de Donders dans le chapitre qui traite des ophthalmoscopes en particulier. On y trouvera aussi une méthode due à M. Schneller, pour la mensuration de Vimage renversée. On pourrait également employer à cet usage l'ophthalmoscope de Liebreich, auquel on apporterait une petite modification (1). Une des extrémités de cet ophthalmoscope est disposée de manière à pouvoir s'appliquer sur l'orbite. Elle renfermerait une lentille de 15 D, par exemple, placée à une distance constante de l'œil. L'autre extrémité du tube, où l'observateur place son œil, présente une ouverture latérale destinée à faire tomber la lumière sur un miroir d'ophthalmoscope qui y est fixé. L'image renversée se produit entre la lentille et le miroir. On introduirait dans cette partie de l'instrument un diaphragme portant un réseau quadrillé et fixé par une vis mobile dans une rainure pratiquée sur la paroi du tube. Cette seule addition permettrait d'amener cet écran à l'endroit où se forme l'image renversée, et d'obtenir à la fois l'évaluation précise de la distance de l'image, indiquée par une échelle gravée sur la paroi du cylindre, et la grandeur de cette image directement déterminable parle quadrillage du réseau. Le calcul de la grandeur de l'objet, d'après celle de l'image, se ferait ensuite très-facilement, en appliquant les formules que nous avons données au paragraphe 131.

DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION A l'AIDE DE l'OPHTHALMOSCOPE.

§ 134. La marche des rayons incidents et celle des rayons émergents de l'œil dépendent de l'état de réfraction de ce dernier. Les rayons incidents éclairent l'œil; les rayons émergents produisent les images ophthalmoscopiques. Or, la réfraction de l'œil influe sur la marche de la lumière que nous projetons dans l'œil aussi bien que sur celle qui forme les images ophthalmoscopiques. L'ophthalmoscope doit, par conséquent, fournir plusieurs méthodes pour déterminer l'état de réfraction de l'œil.

(l) Yoy. Le grossissement des images ophthalmoscopiques (page 78), par E. Landolt, Paris, 1874.

OPHTHALMOSCOPIE.

Rappelons d'abord la marche de la lumière incidente à l'aide de laquelle nous éclairons l'œil.

Les rayons se réunissent sur la rétine, ou en arrière, ou en avant, on aura ainsi une image nette ou diffuse de la flamme sur le fond de l'œil examiné, suivant son état de réfraction. Nous avons vu que nous devons rendre îa lumière incidente, parallèle, convergente ou divergente, selon la nature de la réfraction de l'œil examiné, pour obtenir une image nette ou diffuse de la source lumineuse, et qu'il faut varier le degré de convergence et de divergence, d'après le degré de l'amétropie de l'œil examiné.

Pour ce qui est des images du fond de l'œil, l'influence de l'état de réfraction se fait sentir de plusieurs manières dans la production de son image ophthalmoscopique, aussi bien pour l'image droite que pour l'image renversée.

Pour voir l'image droite, nous avons besoin de lentilles correctrices de différentes forces, suivant le degré de réfraction de l'œil examiné. Ces lentilles peuvent donc nous servir à déterminer la réfraction de cet œil.

Nous avons aussi trouvé des différences dans le grossissement de l'image droite selon la nature et le degré de l'amétropie de l'œil examiné. La grandeur de l'image droite est donc un troisième moyen qui permet de déterminer la réfraction de l'œil.

L'image renversée obtenue à l'aide de la même lentille convexe placée à la même distance de l'œil examiné, se produit, comme nous l'avons prouvé, à des distances qui varient avec la réfraction de celui-ci, plus près de la lentille dans la myopie, dans son foyer dans l'emmétropie, et au delà de son foyer dans l'hypermétropie. Cette distance est encore proportionnelle au degré de l'amétropie. La distance de l'image renversée nous donne donc un quatrième moyen de détermination de la réfraction.

Enfin, la grandeur de l'image renversée change avec l'état de réfraction, •et, par cela même, fournit une cinquième méthode pour résoudre notre problème.

Nous avons donc pour déterminer la réfraction d'un œil à l'aide de l'oph- Ihalmoscope :

L Lumière incidente :

1" Netteté de l'image de la source lumineuse sur le fond de l'œil examiné.

ÎI. Lumière émergente :

A. Image droite :

■ 2° Lentille correctrice nécessaire pour voir l'image droite ; 3" Grossissement de l'image droite.

B. Image renversée :

4° Endroit où se forme l'image renversée;

5° Grandeur de l'image renversée.

Laquelle de ces méthodes choisirons-nous pour déterminer la réfraclion de l'œil? Celle évidemment qui, pour les divers degrés de réfraction, donne les différences les plus grandes et les plus faciles à apprécier.

838 SNELLEN ET l.ANDOLT. — MÉTROLOGIE.

Passons successivement en revue ces méthodes pour nous rendre compte de celle qui remplit le mieux ces conditions.

I. Lumière incidente. — 1° Si les rayons lumineux à l'aide desquels nous éclairons l'œil sont parallèles, soit que nous nous servions d'un miroir plan et de la lumière solaire, soit que la lampe qui nous fournit la lumière se trouve au foyer d'une lentille convexe ou d'un miroir concave, et si nous obtenons une image nette de la source lumineuse sur le fond de l'œil, ce dernier est emmétrope. Au contraire, nous aurons une image diffuse dans l'amétropie.

Si les rayons incidents sont divergents, c'est-à-dire si nous nous servons d'un simple miroir plan et d'une lampe placée à une distance voulue, et que l'image de la flamme qui se produit soit nette, nous conclurons que nous avons affaire à une myopie, et la distance qui sépare l'œil de la flamme ou plutôt de son image réfléchie par le miroir, nous indiquera directement le degré de la myopie. En effet, la source lumineuse coïncide dans ce cas avec le pu7ictum remotuni de l'œil myope.

Soit, par exemple, la distance de la lampe au miroir = 40 centimètres, celle du miroir à l'œ/il examiné ^ 10 centimètres; la myopie sera de 2 D, parce que les rayons paraissent provenir d'un point situé à 40 -|- 10 = 50 centimètres en avant de l'œil, et qu'un œil dont lepunctum remotum est situé à 50 centimètres a une myopie de 2D.

Lorsque ni les rayons parallèles, ni les rayons divergents ne donnent une image nette de la source lumineuse, nous avons la certitude que l'œil examiné est hypermétrope; nous déterminerons alors le degré de l'hypermétropie en donnant à la lumière incidente une convergence telle, que l'image de la source lumineuse se dessine nettement au fond de l'œil examiné.

On produit des rayons convergents en plaçant la source lumineuse au delà du foyer d'un miroir concave ou au delà du foyer d'une lentille convexe, interposée entre la lumière et le miroir plan.

Ainsi, soit la dislance {]) de la lumière au miroir concave — 40 centimètres ; la distance focale (f) de celui-ci = 20 centimètres et la distance du miroir à l'œil examiné = 2 centimètres. Si l'image de la flamme apparaît nette au fond de ce dernier, nous dirons :

20 ~~ 40 40 // = 40 centimètres.

Ainsi les rayons lumineux réfléchis par le miroir concave convergent vers un point situé à 40 centimètres de celui-ci, et, si la distance du miroir à l'œil est de 2 centimètres, le punctum remotum doit se trouver à 40 — 2 = 38 centimètres en arrière de l'œil. Son hypermétropie sera donc :

OPHTHALMOSCOPIE

Pour mieux juger de la netteté de l'image rétinienne on choisira comme source lumineuse, non pas une simple flamme, mais un objet de contours plus nets, par exemple un verre dépoli, sur lequel on aura tracé des lignes noires, et qu'on placera devant une lampe.

Il n'est pas douteux que les différences dans la distance nécessaire à la lumière éclairante pour produire une image nette sur le fond de Tœil examiné, ne soient assez grandes pour permettre la détermination de la réfraction. Mais, pour juger de la netteté de l'image rétinienne, il faut que l'œil de l'observateur soit adapté pour le fond de l'œil qu'il examine. Pour cela nous avons besoin de lentilles correctrices qui, elles-mêmes, dépendent de la réfraction de l'œil examiné. 11 serait donc plus simple de se servir uniquement des lentilles correctrices, nécessaires pour voir nettement le fond de l'œil, que de l'image rétinienne de la lumière éclairante.

2° Lentilles correctrices nécessaires pour voir Vimage droite. — Si nous supposons emmétrope et dépourvu d'accommodation l'œil de l'examinateur, il lui faut, pour distinguer nettement le fond d'un autre œil à l'image droite,, une lentille correctrice qui corresponde à l'état de réfraction de l'œil examiné. Et, de même que dans la détermination simultanée de l'acuité visuelle et de la réfraction, nous cherchons la lentille qui permet à l'œil examiné de voir nettement à distance, de même nous cherchons, dans la détermination ophthalmoscopique de la réfraction, la lentille qui nous fournit l'image la plus nette du fond de l'œil examiné.

3° Grossissement de Vimage droite. — Nous avons obtenu des différences de grossissement de l'image droite pour les divers états de réfraction de l'œil, mais ces différences sont assez difficiles à apprécier lorsque les différences de réfraction sont peu notables. En tous les cas nous avons dans les lentilles correctrices, nécessaires pour voir l'image droite, un moyen plus simple et plus exact pour la détermination de la réfraction.

Enfin, le fond de l'œil ne possédant pas d'objets de grandeur constante, et le grossissement de l'image droite n'étant que le rapport de la grandeur de l'objet à celle de son image, le grossissement de l'image droite est un moyen qu'on ne peut employer avantageusement pour déterminer le degré de la réfraction d'un œil. Nous verrons cependant que, dans la détermination de l'astigmatisme, la grandeur de l'image droite, comparée à celle de l'image renversée, nous fournit des indications très-précieuses pour le diagnostic de cotte anomalie de la réfraction.

4° Image renversée. — L'endroit où se forme l'image renversée, en d'autres termes, la distance qui la sépare de la lentille à l'aide de laquelle on la produit, peut servir à déterminer la réfraction. Pour avoir des différences suffisamment appréciables, on pourrait prendre une lentille relativement faible, par exemple le n° 10 D, qu'on fixerait dans un tube semblable à celui de l'ophlbalmoscope de Liebreich. On donnerait à la lentille une distance constante de l'œil examiné, et dans l'intérieur du tube il y aurait un écran mobile.

SNEl.LEN ET LANDOLT.

- MÉTROLOGIE.

en verre dépoli, sur lequel se produirait l'image renversée. De la distance qui .sépare cet écran de la lentille convexe, on déduirait facilement le degré de réfraction de l'œil examiné.

C'est une expérience facile, et que j'ai souvent répétée dans mes cours d'ophthalmoscopie. Toutefois, cette méthode est encore moins simple que celle qui consiste à chercher les verres correcteurs nécessaires pour voir l'image droite.

5° Quant à la grandeur de V image renversée, elle aurait sur celle de l'image droite le grand avantage d'être directement mensurable.

A l'aide d'une lentille convexe faible, on pourrait rendre les différences des diamètres de l'image renversée assez grandes, pour être facilement appréciables dans les divers état de réfraction de l'œil examiné. Cependant nous rencontrons encore ici la difficulté qui résulte de l'absence d'un objet de grandeur constante au fond de l'œil.

En somme, après avoir passé en revue les méthodes qui pourraient servir à la détermination ophthalmoscopique de la réfraction de l'œil, la préférable, selon nous, est celle qui consiste à chercher le verre correcteur nécessaire pour voir le fond de l'œil examiné. Nous allons exposer cette méthode avec plus de détails :

Détermination de la réfraction à l'aide de verres correcteurs nécessaires pour voir Vimage droite. — Cette méthode consiste à chercher le degré de réfraction que l'on doit donner à son propre œil pour pouvoir examiner le fond d'un autre œil. Pour cela il faut que l'œil examinateur aussi bien que l'œil examiné soient dépourvus d'accommodation. Cette condition est du reste exigible pour l'œil examiné dans toutes déterminations de la réfraction; seulement elle n'est jamais aussi complètement remplie que dans l'examen ophthalmoscopique, à moins que l'accommodation ne soit paralysée par l'atropine.

En effet, une personne examinée à l'ophthalmoscope, dans une pièce obscure, relâche presque entièrement son accommodation, parce qu'elle ne trouve pas d'objet qui excite sa fixation. Quant à l'observateur, il parvient facilement à se rendre maître de son accommodation en s'exerçant, à l'aide de prismes, à diriger ses yeux parallèlement. Dans cette position l'accommodation se trouve habituellement relâchée. De plus, on fera bien de s'habituer à fixer des objets rapprochés sans mettre en jeu son accommodation, en les observant à travers une forte lentille convexe.

L'emmétrope les placera au foyer de la loupe; l'amétrope en fera autant s'il est muni de son verre correcteur. Dans le cas contraire, l'hypermétrope portera l'objet aussi loin que possible au delà du foyer de la loupe, le myope le placera en deçà du foyer, mais aussi près qu'il le pourra de celui-ci. Les rayons lumineux qui proviennent de l'objet rapproché ont alors la même direction que s'ils provenaient du punctum remotum de l'œil, et celui-ci, pour le voir nettement, doit donc relâcher entièrement son accommodation.

Si l'observateur ne parvenait pas à s'affranchir de son accommodation, il serait indispensable qu'il examinât, sur des yeux dont l'état de réfraction ait été préalablement déterminé par un autre procédé ou par un autre obser- » vateur, quel est le degré de réfraction qu'il donne à son œil dans l'examen ophthalmoscopique, et d'en tenir compte dans la détermination de la réfraclion.

Il est très-important de se rendre compte quelle est la partie du fond de l'œil que l'on doit choisir pour objet de la détermination de la réfraction. Dans la grande majorité des cas, il s'agit de la réfraclion dans la ligne visuelle; on aura donc comme objet d'observation la macula. Malheureusement, cette dernière ne se prête pas très-bien à ces sortes d'expériences, n'étant pas très-nettement circonscrite et ne présentant pas de forme bien définie, qui puisse permettre le contrôle de la plus ou moins grande netteté de l'image ophthalmoscopique. De plus, la lumière qui tombe sur la macula éblouit l'œil examiné, à tel point que la pupille se rétrécit considérablement. Enfin, les reflets cornéens, qui se produisent au sommet de la cornée, c'est-à-dire dans la ligne visuelle, sont extrêmement gênants.

La papille convient mieux à ce genre d'observations. Son bord parfaitement circonscrit, ses vaisseaux nettement dessinés, fournissent un objet très-propre à l'examen. La lumière, qui frappe la papille, n'est pas perçue; par conséquent, elle n'éblouit pas, et le reflet cornéen se trouve porté de côté, la papille étant observée sous un angle assez considérable avec l'axe optique. Seulement il faut se demander si la réfraction qui correspond à la papille, est la même que celle qui répond à la macula.

On peut ordinairement, sans grande erreur, admettre que la macula et le bord externe de la papille sont au même niveau. Si, au contraire, on a affaire à une excavation ou à une tuméfaction du nerf optique, et surtout à un staphylôme postérieur, il faut déterminer la réfraction sur la macula ellemême. Souvent il importe de déterminer la réfraction, non-seulement au niveau de la macula, mais aussi au niveau des parties périphériques de l'œil. Nous avons, en effet, remarqué que cette réfraction n'est pas la même dans les différentes parties de l'œil. Ainsi, dans la myopie axile, le degré en est beaucoup plus élevé pour le pôle postérieur que pour les parties équatoriaies et surtout pour les parties situées en deçà de l'équateur.

Supposons maintenant que : 1° l'examinateur et l'examiné soient emmétropes et dépourvus d'accommodation. Les rayons lumineux qui sortent de l'œil observé, étant parallèles, l'examinateur pourra les réunir sur sa rétine, quelle que soit la dislance qui sépare son œil de l'œil examiné, pourvu que ce dernier soit bien éclairé. Donc, lorsqu'un examinateur emmétrope voit nettement le fond d'un autre œil à l'image droite, et que ni verres convexes, ni verres concaves n'augmentent la netteté de cette image, il conclura que l'œil examiné est également emmétrope.

2° Si l'examinateur emmétrope obtient une image nette du fond d'un autre œil à l'aide d'un verre convexe, l'œil examiné doit être hypermétrope.

SNELLEN ET LANDOLT. - MÉTROLOGIE.

Son œil, en effet, exige des rayons parallèles; or, lorsque des rayons sont parallèles après avoir traversé un verre convexe, ils ont dû être divergents ; , et des rayons divergents ne peuvent provenir que d'un œil hypermétrope. Le degré d'hypermétropie peut être déduit de la distance focale du verre correcteur et de la distance qui le sépare de l'œil examiné. Le foyer du verre convexe et le punctum remotum de l'œil hypermétrope doivent nécessairement coïncider, si les rayons, émanant de l'œil, c'est-à-dire ayant la même direction que s'ils provenaient du punctum remotum, sont parallèles après avoir traversé la lentille convexe. Mais, comme la lentille correctrice se trouve toujours à une certaine distance de l'œil en observation, sa distance focale n'est pas exactement égale à celle qui sépare le punctum remotum de l'œil examiné; elle est plus longue que celle-ci de l'espace compris entre la lentille et l'œil examiné.

Ainsi, lorsqu'un emmétrope a besoin pour examiner le fond d'un autre œil d'une lentille convexe de 44 centimètres de distance focale (2,25 D), et que celle-ci se trouve à 4 centimètres de l'œil examiné, il déduira que le punctum remotum de cet œil est situé à 44— 4 = 40 centimètres derrière

l'œil examiné : son hypermétropie sera donc de ^ = 2,5 D.

Nous pouvons considérer la chose d'une autre façon encore : Pour qu'un emmétrope voie le fond d'un autre œil, il faut que cet œil soit emmétrope, et si, pour voir l'image droite, il est obligé d'augmenter la force réfringente de l'œil examiné au moyen d'un verre convexe, il saura que la réfraction de cet œil est plus faible que l'emmétropie, en un mot qu'il est hypermétrope.

3" Lorsque l'examinateur emmétrope a besoin d'un verre concave pour voir nettement le fond d'un autre œil, ce dernier doit être myope. En effet, les rayons lumineux qui, après avoir passé à travers une lentille concave, sont devenus parallèles, comme ils doivent l'être pour que l'œil emmétrope les réunisse sur sa rétine, ont été convergents avant d'entrer dans la lentille. Or, des rayons convergents ne peuvent provenir que d'un œil myope vers le punctum remotum duquel ils convergent. Ce punctum remotum est donc situé à une distance de l'œil examiné égale à la somme de la distance focale de la lentille concave et de celle qui la sépare de l'œil examiné.

Supposons que le verre correcteur concave ait 18 centimètres de distance focale (5,5 D), et qu'il soit à 2 centimètres de l'œil examiné; les rayons, en quittant l'œil, ont une convergence vers le punctum remotum, situé à

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