f- 2 = 20 centimètres: la myopie est donc de ^= 5D
Lorsque l'ophthalmoscope se trouve aussi près de l'œil examiné que le verre correcteur avec lequel nous déterminons l'amétropie, d'après la méthode usuelle, dite de Donders {détermination simultanée de Vacuité visuelle et de la réfraction), on peut négliger la distance qui sépare l'ophthalmoscope de l'œil, et le numéro du verre correcteur peut être considéré comme indiquant directement le degré de l'amétropie. Ainsi, un emmétrope qui voit net-
OPHTHALMOSCOPIE.
tement le fond de l'œil examiné avec le concave 2 D, admettra que cet œil a une myopie de 2 D. Nous ferons dans ce cas le raisonnement suivant : Pour qu'un emmétrope voie nettement le fond d'un autre œil, celui-ci doit être également emmétrope. L'œil examiné est donc devenu emmétrope par l'addition d'une lentille concave de 2 D ; cette lentille diminue la force réfringente de l'œil examiné; elle est donc de 2D plus forte que l'emmétropie; en d'autres termes, l'œil a une M de 2 D.
Lorsque Y œil examinateur est hypermétrope, il doit corriger par une lentille positive le degré de son amétropie, s'il veut réunir sur la rétine des rayons parallèles, de même s'il veut voir nettement le fond d'un œil emmétrope. Ainsi, un hypermétrope de 2 D saura qu'un œil examiné est emmétrope chaque fois qu'il voit le fond d'un œil à l'aide de son verre correcteur de2D.
Si l'hypermétrope, pour examiner le fond d'un autre œil, a besoin d'une lentille convexe plus forte que ne l'exige son hypermétropie, l'œil examiné est également hypermétrope, car, dans ce cas, l'examinateur est vis-à-vis de l'examiné dans les mêmes conditions qu'un emmétrope qui emploie un verre convexe. Aussi trouve-t-on le degré de l'hypermétropie de la même façon dans les deux cas. En soustrayant de la lentille correctrice la partie qui sert à la correction de l'hypermétropie de l'examinateur, c'est-à-dire à le rendre emmétrope, la distance focale de la lentille convexe qui reste indique l'endroit où se trouve le puncturn remotum de l'œil examiné.
Supposons qu'un examinateur hypermétrope de 2 D ait besoin d'une lentille convexe de 5 D pour voir nettement le fond d'un autre œil. De ces 5 D, 2 servent à corriger l'hypermétropie de l'examinateur, 5 — 2 = 3 D l'hypermétropie de l'examiné. Le puncturn remotum de ce dernier est donc
situé à ^ = 333 millimètres derrière la lentille correctrice, et si celle-ci se
trouve à 20 millimètres en avant de l'œil examiné, le punctum remotum est à 333 — 20 =313 millimètres en arrière de cet œil; son hypermétropie
réelle serait donc de 3,19 D.
Il est d'ailleurs plus simple de considérer le nombre des dioptries qui ne servent pas à corriger l'hypermétropie de l'examinateur comme indiquant directement le degré de l'hypermétropie de l'examiné.
Si l'examinateur hypermétrope a besoin d'une lentille convexe plus faible que son amétropie, l'œil examiné est myope, car si l'hypermétrope corrige seulement une partie de son amétropie, il lui reste un certain degré d'hypermétropie, et, s'il voit néanmoins nettement, cela prouve que les rayons provenant de l'œil examiné convergent, c'est-à-dire qu'ils émanent d'un œil myope. L'excès de l'hypermétropie de l'examinateur peut alors être considéré comme égal au degré de la myopie de l'œil examiné.
Si notre hypermétrope de 2 D voit déjà nettement avec le verre convexe 1 D, il lui reste 2 — 1=:1D d'hypermétropie. La myopie de l'œil examiné est donc de 1 D. En effet, un hypermétrope de 1 D a besoin de rayons conver-
844 SNELLEN ET LANDOLT. - MÉTROLOGIE.
géant à une distance de 100 millimètres en arrière de son œil; mais des rayons de cette nature ne peuvent provenir que d'un œil myope dont le punctum remotum est situé à 1 mètre en avant de lui.
En tenant compte de la distance qui sépare le verre convexe des yeux examinateur et examiné, nous pourrions dire, avec plus d'exactitude, que les rayons lumineux qui quittent le verre convexe 1 D convergent vers un point situé à 100 centimètres en arrière de cette lentille. Si celle-ci se trouve à 1 centimètre de l'œil examinateur, son punctum remotum est situé à 100 — 1
= 99 centimètres de sa cornée ; son hypermétropie est donc de ^=1 ,01 D ; et,
si le verre convexe se trouve à 2 centimètres de l'œil examiné, les rayons convergent vers un point situé à 100 -)- 2 = 102 millimètres en avant de Ja cornée
de cet œil. La myopie est donc de ^ D = 0,98 D.
La myopie de l'œil examiné est donc en réalité un peu moins élevée que l'hypermétropie de l'œil examinateur. La différence est d'autant plus considérable que la distance qui sépare les deux yeux de la lentille convexe est plus grande et que le degré de l'amétropie est plus élevé.
Le raisonnement que nous venons de faire pour l'hypermétrope qui corrige seulement une partie de son amétropie à l'aide d'un verre convexe plus faible que ne comporte le degré de son amétropie, est directement applicable au cas où l'examinateur hypermétrope n'a pas besoin de lentille convexe pour voir le fond d'un autre œil.
En effet, s'il ne faut à l'hypermétrope ni verre convexe ni effort d'aôcommodation pour voir le fond d'un autre œil, cet œil est myope, et son punctum remotum doit coïncider avec le punctum remotum de l'œil hypermétrope examinateur.
Ainsi, soit le punctum remotum de l'hypermétrope situé à 40 centimètres en arrière de son œil (2,5 D), soit la distance qui sépare son œil de l'œil examiné 44 millimètres : le punctum remotum de l'œil examiné sera situé à 400
-(-44=444 millimètres en avant de l'œil myope. La myopie sera donc de
= 2,25 D. On voit que dans le cas d'amétropie faible, malgré une distance même très-considérable entre l'œil examinateur et l'œil examiné, la différence de réfraction entre l'un et l'autre n'est pas très-considérable.
Si l'examinateur hypermétrope a besoin d'an verre concave pour examiner le fond d'un autre œil, cet œil est nécessairement myope, et sa myopie est d'un degré plus élevée que l'hypermétropie de l'examinateur. En effet, l'examinateur augmente son hypermétropie par l'addition d'une lentille concave : donc les rayons lumineux, pour se réunir sur sa rétine, doivent converger plus que s'il n'y avait pas de lentille concave.
Supposons que l'examinateur hypermétrope de 2 D ait besoin d'une lentille concave de 3 D pour voir nettement le fond d'un autre œil. Son hypermétropie totale sera ainsi de 2 4-3 = 5 D. Il lui faut donc des rayons qui convergent vers ^-^= 20 centimètres. Si le verre convexe se trouve à
2 centimètres de l'œil examiné, nous conclurons que les rayons provenant de cet œil convergent vers un point situé à 22 centimètres en avant de lui.
Sa myopie sera donc de ^ = 4,5 D.
Admettons que Y examinateur soit mijope.
S'il voit nettement l'image droite, en corrigeant sa myopie, l'œil examiné doit être emmétrope, car le verre concave rend emmétrope l'œil de l'examinateur, c'est-à-dire il l'adapte à des rayons parallèles, et des rayons parallèles ne peuvent provenir que d'un œil emmétrope.
Si le myope a besoin d'un verre concave, inférieur à son degré de myopie, il lui reste toujours un certain degré de myopie, et s'il voit néanmoins nettement le fond d'un œil, cela prouve que les rayons émanent en divergeant de l'œil examiné, c'est-à-dire que cet œil est hypermétrope.
Le degré de l'hypermétropie résulte de la distoance focale antérieure de la myopie qui reste à l'examinateur. Il faut, en effet, comme dans le cas de l'examinateur hypermétrope, que le punctum remotum de l'un et de l'autre œil coïncident.
S'il faut à un myope de 12 D une lentille concave de 8 D, pour voir nettement l'image droite d'un autre œil, il lui restera 12 — 8 = 4Dde myopie. Les rayons lumineux provenant de l'œil examiné divergent donc, en rencontrant l'œil myope muni de sa lentille concave, comme s'ils provenaient
d'un point situé à ^-^=25 centimètres ; et si la lentille se trouve à 2 centimètres de l'œil examiné, le point de divergence est sitr.é à 25-2 = 23 centimètres en arrière de cet œil. C'est le punctum remotum de cette hypermétropie dont le degré est, par suite, de = 4,34 D.
Si l'examinateur myope n'a pas besoin de verre correcteur pour voir le fond de l'œil qu'il examine à l'image droite, cet œil est hypermétrope, et le degré de l'hypermétropie est un peu plus élevé que celui de la myopie de l'examinateur; car la distance du point d'où divergent les rayons provenant de l'œil hypermétrope examiné à la cornée de celui-ci, est nécessairement plus petite que celle qui sépare ce même point de la cornée de l'œil examinateur. La différence dépend de la distance qui sépare les deux yeux.
Soit la myopie de l'examinateur == 8 D, la distance qui sépare les deux yeux = 2 centimètres : le punctum remotum de l'examinateur est situé à ^-^ = 12 centimètres en avant de lui; donc ce punctum remotum de l'œil
examinateur se trouvera à 12 — 2 = 10 centimètres en arrière de la cornée de l'œil examiné, et l'hypermétropie sera = 10 D.
11 peut arriver aussi que l'examinateur myope ait besoin d'une lentille convexe pour voir l'image droite de l'œil examiné. Dans ce cas il augmente sa myopie de la force du verre convexe. L'œil examiné est donc encore hypermétrope, et son punctum remotum négatif coïncide avec le punctum remotum positif de l'œil examinateur muni de son verre convexe.
Si l'examinateur a une myopie de 3 D et qu'il emploie, pour voir nettement,
SNELLEN ET LANDOLT. - MÉTROLOGIE.
le convexe 1,5 D, sa myopie sera devenue 3 + 1,5 = 4,5 D ; son punctum remotum se trouvera donc à 22 centimètres en avant de sa cornée, et si la distance de l'œil examiné au verre convexe est =2 centimètres, le punctum remotum de ce dernier est situé à 22 — 2=20 centimètres en arrière de lui. Son hypermétropie est donc de 5 D.
Enfin, si l'examinateur myope a besoin d'une lentille concave plus forte que n'exige sa myopie, pour voir l'image droite, l'œil examiné est également myope. L'examinateur, par l'excès de correction de sa myopie, s'est rendu hypermétrope, c'est-à-dire qu'il s'est adapté à des rayons convergents qui ne peuvent provenir que d'un œil myope.
Si la myopie de l'examinateur est de 5 D, et s'il se sert d'une lentille concave de 8 D,il se donne une hypermétropie de 8 — 5 = 3D. Par conséquent, les rayons qui proviennent de l'œil examiné convergent vers un point situé à 33 centimètres en deçà du verre correcteur, et si celui-ci se trouve à 2 centimètres de l'œil examiné, \e punctum remotum, est situé à 33 — 2 = 31
centimètres en avant de cet œil. La myopie est donc de = 3,2 D.
En pratique, et dans les degrés faibles d'amétropie, on n'a d'ailleurs pas besoin de tenir compte de la distance qui sépare l'œil examiné de l'œil examinateur, surtout si les deux sont aussi rapprochés que possible, comme cela est indiqué dans l'intérêt de l'éclairage et du champ de l'observation.
Dans ce cas, l'emmétrope prendra les numéros du verre correcteur comme expression du degré de l'amétropie de l'œil qu'il examine. L'examinateur hypermétrope aura à soustraire du verre correcteur le nombre de dioptries positives dont il a besoin pour corriger son hypermétropie; le reste représentera le degré d'amétropie de l'œil examiné. L'examinateur myope, au contraire, ajoutera au numéro du verre correcteur le nombre des dioptries que représente son excès de réfraction ; la somme sera considérée comme représentant le degré de l'amétropie de l'œil examiné.
DÉTERMINATION DE l'ASTIGMATISME A l'aIDE DE l'oPHTHALMOSCOPE.
Lorsque deux méridiens de l'œil ont une réfraction différente, chacun des deux méridiens donne lieu aux mêmes phénomènes ophthalmoscopiques qu'un œil doué d'un état correspondant de réfraction. L'image ophthalmoscopique diffère donc, sous plusieurs rapports, dans les deux méridiens inégaux. Si, par exemple, la réfraction de l'œil est plus forte dans le méridien vertical que dans le méridien horizontal, l'examinateur aura besoin d'une force réfringente positive moins forte, pour voir les bords supérieur et inférieur de la papille, à l'image droite, que pour voir les bords latéraux.
En même temps, le grossissement de l'image droite sera plus considérable dans le sens vertical que dans le sens horizontal ; la papille paraîtra, par exemple, relativement plus haute que large.
OPHTHALMOSCOPIE. 847
Le contraire a lieu pour l'image renversée, et, de même que le grossissement de l'image renversée est moins considérable pour la myopie que pour l'hypermétropie, et moins considérable pour une hypermétropie faible que pour une hypermétropie forte, de même les objets vus à travers un méridien plus réfringent, fournissent une image renversée plus petite que celle formée par un méridien moins réfringent. De plus, la grandeur de l'image renversée varie inégalement dans différents diamètres, suivant l'éloignement ou le rapprochement de la lentille convexe. Lorsqu'on éloigne ou qu'on rapproche successivement la lentille convexe, la dimension de l'image renversée augmente et diminue plus rapidement dans le méridien le plus réfringent et vice versa.
De plus, la distance qui sépare l'image renversée de la lentille sera plus grande pour l'image formée par le méridien le moins réfringent que pour celle du méridien le plus réfringent.
Enfin, c'est encore un fait caractéristique de l'œil astigmate que les objets extérieurs forment sur la rétine des images plus ou moins nettes suivant les différents méridiens. On peut s'en assurer directement par l'examen ophthalmoscopique, et diagnostiquer ainsi l'astigmatisme.
Tous ces symptômes ophthalmoscopiques ont leur importance dans la détermination de l'astigmatisme.
La présence de cette anomalie de la réfraction se révèle déjà, lorsque l'on considère seulement la netteté des différentes parties de l'image droite : si l'on voit, par exemple, nettement à la fois les bords supérieur et inférieur de la papille, ainsi que les vaisseaux rétiniens horizontaux, tandis que les bords latéraux et les vaisseaux verticaux paraissent confus, on peut admettre avec certitude la présence de l'astigmatisme. Lorsque ce phénomène change, c'est-à-dire que les contours verticaux deviennent nets, tandis que les horizontaux se confondent à la suite d'un effort d'accommodation ou par l'emploi d'un verre correcteur plus convexe ou moins concave, on sait que le méridien vertical possède un degré de réfraction plus fort que le méridien horizontal.
En effet, en observant les vaisseaux rétiniens d'un œil astigmate, vaisseaux qui se dirigent dans différentes directions, on se trouve dans les mêmes conditions qu'en regardant, à travers un verre cylindrique, une figure composée de lignes radiées. Les lignes perpendiculaires au méridien pour lequel on est adapté, paraissent nettes, les autres indistinctes, surtout celles qui sont parallèles au méridien corrigé. Quand on change d'adaptation, le phénomène change également.
Si une partie quelconque du fond de l'œil avait une forme constante, si, par exemple, la papille était circulaire, la forme seule de l'image droite suffirait pour faire le diagnostic de l'astigmatisme. La papille paraîtrait ovale, à grand axe parallèle au méridien de la plus forte courbure.
Mais, puisque la papille est souvent déjà ovale à l'état normal, et qu'aucune partie du fond de l'œil ne possède une forme constante, le diagnostic de
848 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
l'astigmatisme n'est pas possible à Taide du seul grossissement de l'image droite. Il en est autrement lorsque l'on compare le grossissement de l'image droite à celui de l'image renversée.
C'est ce principe qui nous fournit la méthode la plus sûre pour le diagnostic de l'astigmatisme. Si l'on trouve, par exemple, que la forme de la .papille, allongée verticalement dans l'image droite, devient plus arrondie ou même ovale, à grand axe horizontal, dans l'image renversée, on sait que la réfraction est plus forte dans le méridien vertical que dans le méridien horizontal. En effet, une réfraction plus forte donne un grossissement plus considérable à l'image droite, et un grossissement plus faible à l'image renversée. On peut également se servir, comme point de repère, d'autres objets du fond de l'œil, par exemple, des vaisseaux rétiniens, conformément au principe que nous avons exposé plus haut.
M. Javal a proposé, pour diagnostiquer l'astigmatisme, de se servir uniquement de l'image renversée, en faisant varier la distance de la lentille à l'œil, autant que cela peut se faire sans que le champ qu'on domine devienne plus petit que la papille. S'il y a astigmatisme, l'image de la papille se déforme pendant ce mouvement, et affecte un allongement en sens inverse aux deux extrémités de la course de la lentille.
Dans un œil normal, l'image renversée conservera sa forme, bien que sa grandeur varie avec la distance de la lentille qui produit cette image. Au contraire, lorsque l'œil est astigmate, la forme de la papille change en même temps que sa grandeur, lorsqu'on écarte ou qu'on rapproche la lentille positive.
M. Giraud-Teulon, en calculant l'influence de la distance de la lentille positive sur la grandeur de l'image renversée, arrive aux conclusions suivantes :
Lorsque la lentille est très-rapprochée de l'œil examiné, le maximum de grossissement de l'image renversée correspond au méridien dont la réfraction est la plus faible.
Si l'on éloigne la lentille de l'œil, le grossissement augmente dans le méridien myope, et diminue dans le méridien hypermétrope. Quand le grossissement augmente ou diminue dans les deux méridiens principaux, la direction, dans laquelle l'augmentation ou la diminution s'effectue le plus rapidement, correspond au méridien de l'amétropie la plus forte. Dans un méridien emmétrope, l'image renversée conserve sa grandeur pour chaque écartement de la lentille.
Dans toutes ces expériences, il est indispensable de tenir la lentille convexe exactement perpendiculaire à l*axe de l'œil observé, parce que la moindre inclinaison peut donner lieu à une difformité de l'image ophthalmoscopique, et par conséquent à un astigmatisme apparent.
La détermination du degré de r astigmatisme à l'aide de l'ophthalmoscope présente des difficultés beaucoup plus grandes que son diagnostic et que la détermination des méridiens principaux. Lorsque Ton connaît ces derniers, on
OPHTHALMOSCOPIE. 849
peut trouver la réfraction qui leur correspond à l'aide d'une fente sténopéique, qu'on place successivement dans l'une et dans Tautre direction devant l'oplithalmoscope. De cette façon, on peut déterminer la réfraction des deux méridiens avec les verres sphériques.
Ou encore, lorsqu'il existe au fond de l'œil des vaisseaux parallèles aux méridiens principaux, on cherchera les lentilles correctrices qui les rendront les plus nets possible. La différence entre les deux numéros donnera le degré de l'astigmatisme. C'est, à notre avis, la méthode la plus simple.
M. Schweigger, le premier, a employé pour la détermination ophthalmoscopique de l'astigmatisme la lentille de Stokes, qur'il combine avec l'ophlhalmoscope. M. L. Purves a utilisé, dans le même but, la lentille de Stokes à axe constant, décrite page 688. On place cette lentille derrière le miroir ophthalmoscopique, en donnant à son axe d'abord la direction de l'un, ensuite celle de l'autre des méridiens principaux, et on détermine la réfraction à l'aide de la variation de force réfringente, dont l'instrument est susceptible.
M. Schœler(l) a apporté à l'ophthalmoscope la modification suivante, pour mesurer les différents degrés de l'astigmatisme. Au disque de Recoss qui se trouve au-dessous du miroir de l'ophthalmoscope, et qui contient des verres sphériques, il a ajouté, au-dessus du miroir, un second disque contenant des verres cylindriques. De cette façon il peut faire passer devant le trou ophthalmoscopique, tantôt des verres sphériques, tantôt des verres cylindriques, ou bien les deux à la fois. De plus, par un mécanisme approprié, on peut donner à l'axe des cylindres toutes les inclinaisons voulues. Pour obtenir le degré de l'astigmatisme, on corrige d'abord, à l'aide du premier disque, la réfraction dans un des méridiens, puis on donne aux verres cylindriques du second disque la direction nécessaire pour corriger la réfraction dans l'autre méridien.
§ 135. — DES OPHTHALMOSCOPES EN PARTICULIER, niiroirs plans.
I. Ophthalmoscope de Helmholtz. — Helmholtz (2) a combiné plusieurs lames de verre à faces planes parallèles, à l'aide desquelles il réfléchit la lumière dans l'œil examiné, sous un angle de 56 degrés. Par cette disposition, la lumière est polarisée, et l'image réfléchie par la cornée est peu gênante, car elle est moins intense que la lumière fournie par la rétine. La lumière, polarisée au moment de son incidence, est dépolarisée par sa réflexion diff'use
(1) Jahresbericht der Augen-Klinik, 1875, p. 55.
(2) H. Helmholtz , Beschreibung èines Augenspiegels zur Untersuchung der Netzhaut im kranken Auge. Berlin, 1851.
SNEI.LEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
sur la rétine, ce qui n'a pas lieu sur la cornée. L'observateur regarde obliquement à travers les lames de verre. Afin d'intercepter la lumière venant des parties latérales, les lames sont enfermées dans une boîte prismatique à forme de triangle rectangle, dont elles figurent la face hypoténuse. La petite surface latérale est percée d'un trou, auquel s'adapte un appendice, en forme d'entonnoir, destiné à recevoir l'œil de l'observateur. L'intérieur de cet appareil est recouvert de velours noir.
Pour corriger la réfraction, M. Rekoss, mécanicien, a fixé, près de l'axe de l'instrument, deux disques mobiles l'un sur l'autre, portant chacun cinq ouvertures, dont quatre reçoivent des verres concaves (1/13 à 1/6), et dont la cinquième est libre. On fait tourner les disques avec le doigt, de façon que les verres correspondent successivement à l'ouverture de l'instrument, et l'examen ophthalmoscopique peut se faire ainsi à travers l'un des verres ou bien à travers deux d'entre eux. L'instrument est monté sur un manche.
II. Ophthalmoscope cVEpkens-Donders. — Il se compose des pièces suivantes (voy. les figures 216 A et B). Une boîte cubique renferme un miroir plan EE percé en son milieu ; il est légèrement mobile autour de son axe vertical. Cette boîte présente une ouverture correspondant à la surface réfléchissante du miroir, et au niveau de cette ouverture est adapté un entonnoir N qui reçoit l'œil observé. Du côté opposé 0 se trouve une pièce semblable pour l'œil de l'observateur, pourvue d'un disque de Rekoss, avec ses verres correcteurs (lentilles positives de 20, 4, 3 centimètres de distance focale; lentilles négatives de 16, 10 et 6 centimètres de distance focale).
Sur un côté de la boîte s'adapte un tube B noirci intérieurement; une lampe brûle devant son extrémité M. Les rayons qui en proviennent peuvent, ou bien tomber directement sur le miroir plan, ou bien être d'abord rendus parallèles par une lentille convexe, qui en est distante d'une longueur égale à sa distance focale.
L'ensemble de l'appareil est porté sur un pied A qui peut être fixé à une table, et qui est relié au tube par l'anneau G. Cet instrument est spécialement destiné à la démonstration. Ce qui augmente sa valeur, c'est qu'il porte comme annexe un appareil spécial pour la mensuration des objets du fond de l'œil.
Cet appareil est représenté dans la figure 216 A, qui donne une vue latérale de l'ophthalmoscope de Donders (les lettres sont les mêmes dans les deux figures).
Devant l'extrémité du tube dirigé vers la lumière se trouvent deux aiguilles V, qu'on peut rapprocher ou écarter à l'aide d'une vis, et dont on peut lire l'écartement sur un vernier. Voici quel est leur usage. Placées entre la source lumineuse et le miroir, elles sont réfléchies sur la rétine de l'œil observé, et leur image s'y forme très nettement, lorsque l'œil est accommodé à leur distance. En les déplaçant, on déplace nécessairement aussi leur image sur
OPHTHALMOSGOPIE. 851
la rétine. Or, on peut rapprocher les deux pointes de telle façon qu'elles comprennent l'objet qu'on se propose de mesurer. Pour des mensurations dans différentes directions, on peut faire tourner autour de son axe l'anneau qui porte le micromètre.
FiG. 216.
Si Ton connaît la distance qui sépare des pointes le point nodal antérieur de l'œil examiné (distance que l'on peut considérer comme constante, puisque la position de Toeil est la même dans toutes les expériences), et l'écartement des deux pointes, qui est indiquée par le vernier; si, de plus, on connaît la distance du second point nodal à la rétine, le calcul de la grandeur réelle de l'objet rétinien est très simple. La grandeur x de cet objet est à la distance G" qui le sépare du point nodal, comme l'écartement des deux pointes q est à la distance E qui les sépare du point nodal.
852 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
Nous pouvons calculer G" pour tous les états de réfraction de l'œil ; les autres grandeurs se lisent sur l'instrument.
Cet appareil sert donc principalement à l'étude et à la mensuration de l'image droite.
III. Micromètre de Schneller. — Schneller a construit un micromètre analogue pour la mensuration de l'image renversée.
La lentille convexe, avec laquelle on produit l'image renversée, porte, sur sa monture, deux branches parallèles à son axe, et fixées aux deux extrémités d'un de ses diamètres. Ces branches ont 55 millimètres de long, et sont reliées par un anneau à leur extrémité libre. A 40 millimètres de la lentille, où se trouve ordinairement l'image renversée, les branches sont traversées par des pointes semblables à celles du micromètre de Donders. Elles peuvent être rapprochées l'une de l'autre à l'aide d'une vis, et l'image renversée, comme tout à l'heure l'image droite, peut être saisie entre les deux pointes.
La grandeur de l'image renversée se lit sur une règle. Quant à l'objet rétinien, nous avons indiqué, au chapitre du grossissement, la manière de déduire sa grandeur réelle de la grandeur de l'image renversée. Nous avons donné en même temps une nouvelle méthode destinée à mesurer les objets du fond de l'œil.
IV. Ophthalmoscope de Javal (1). — Comme réflecteur, M. Javal emploie une lamelle de verre, recouverte d'une feuille de platine, mince et transparente. Le disque correcteur de Rekoss est remplacé par une petite lunette de Galilée. De cette manière, on peut déterminer avec rapidité la réfraction de l'œil examiné. En outre, l'examen du fond de l'œil, à l'aide de la lunette de Galilée, donne le grossissement maximum de l'image droite.,
Combinaison du miroir plan avec une lentille convexe.
V. Ophthalmoscope de Coccius. — Il consiste en un miroir plan métallique, percé en son milieu et fixé sur un manche. Celui-ci porte un bras transversal sur lequel glisse une tige mobile portant, à son extrémité supérieure, une lentille d'éclairage de huit dioptries. L'inventeur a remplacé plus tard le bras qui supporte la lentille par une charnière, et fixe le verre convexe à un cadre de tôle noircie, présentant une ouverture circulaire. Ce cadre peut recouvrir le miroir et limiter la surface réfléchissante à l'ouverture du cadre. Quand la lentille d'éclairage ne sert pas, on peut l'éloigner et replier sa monture sur la surface antérieure de l'instrument, de façon à pouvoir la remplacer par des verres correcteurs.
On place la lumière à quelques centimètres au delà du double de la
(1) Gaz. hebdomadaire, 1870, n° 18, p. 278.
OPHTHALMOSCOPIE. 853
distance focale de la lentille. Celle-ci est placée obliquement par rapport au miroir, de telle sorte que l'image de la flamme est réfléchie sur l'œil examiné.
VI. Ophthalmoscope de Follin. — Il est analogue à celui de Coccius. Les rayons lumineux, provenant de la flamme, sont rendus parallèles ou convergents, avant de rencontrer le miroir, à l'aide d'un verre convexe. Le miroir porte une lentille concave servant d'oculaire, et est fixé sur un pied muni d'un bras horizontal. Ce bras est mobile, et supporte, à l'extrémité, une bougie ou une lampe. Sur ce bras, c'est-à-dire entre la lumière et le miroir, on peut faife mouvoir une lentille convexe, disposée de telle sorte que la flamme se trouve en son foyer et que, par suite, les rayons qui en proviennent tombent parallèlement sur le miroir.
VII. Ophthcdmoscope de Saemann. — Cet ophthalmoscope repose encore sur la combinaison d'un verre convexe avec un miroir plan. La monture de la lentille est fixée à un manche et s'adapte exactement à une boite cubique renfermant le miroir. Ce dernier est mobile autour de son axe vertical et présente en son milieu une ouverture de forme elliptique.
Du côté correspondant à la surface du miroir, la boîte est ouverte, afin de permettre l'éclairage de l'œil examiné; du côté opposé se trouve un petit ■orifice pour l'œil de l'observateur. Devant cet orifice est placé, en outre, un double cadre, qui reçoit les verres correcteurs introduits par son bord supérieur, ou rangés à l'avance en série sur une règle qu'on fait glisser derrière le miroir.
VIII. Ophthalmoscope de Meyerstein. — La partie essentielle de cet ophthalmoscope est une boîte cubique qui renferme un miroir plan, placé diagonalement et percé en son milieu. Le côté du cube, correspondant à la surface réfléchissante du miroir, supporte un petit entonnoir auquel s'adapte l'œil examiné, tandis que l'autre côté porte un verre convexe qui sert à concentrer la lumière de la lampe sur le miroir.
Du côté opposé à l'œil examiné se trouve également un entonnoir pour l'œil de l'observateur; un bras articulé, fixé entre celui-ci et la boîte, est destiné à porter la lumière.
Pour les recherches plus délicates, on peut remplacer la partie qui reçoit l'œil de l'observateur par une lunette de Galilée, qui, à l'aide d'un allongement suffisant, peut encore servir à l'examen des parties antérieures du globe oculaire.
Cet instrument présente un inconvénient : l'œil examiné est éloigné de l'orifice du miroir, au point de rendre le champ d'observation extrêmement petit. De plus, le maniement en est très difficile ; et l'avantage, de pouvoir s'en servir même dans une chambre éclairée, n'est pas très grand.
SNELLEN ET LANDOLT. ~ MÉTROLOGIE.
IX. Ophtl\almoscope de Rosebrugh (1). — Il est destiné à photographier le fond de l'œil et est basé sur le principe de l'ophthalmoscope de Laurence. Il se compose de deux tubes se coupant à angle droit. Dans leur portion commune se trouve une lame de verre, mince, non étamée, à surfaces planes parallèles, et inclinée de 45 degrés sur l'axe des deux tubes. La lumière solaire, concentrée par un verre convexe 15 dioptries, pénètre par un des tubes et tombe sur la lame. Une partie des rayons la traverse et est perdue ; l'autre est réfléchie sous un angle de 90 degrés dans le second tube, à l'extrémité duquel se trouve l'œil de l'observateur, appliqué aussi exactement que possible pour intercepter toute lumière étrangère.
L'autre extrémité du même tube porte deux lentilles plan-convexes de 8 D, dont la face convexe regarde l'œil examiné. La première est placée tout près de la lame de verre, la seconde en est distante de 45 millimètres. L'extrémité du tube pénètre dans une chambre obscure de 20 centimètres de haut, dont la paroi opposée porte une ouverture de 5 centimètres carrés, recouverte d'une lame de verre dépoli.
La marche des rayons lumineux provenant de l'œil observé est donc la suivante : ils traversent, en partie, la lame de verre plane, rencontrent ensuite les lentilles convexes qui fournissent une image renversée dans la chambre obscure. L'observateur regarde cette image à travers le verre dépoli, qu'il déplace jusqu'à ce qu'il s'y forme une image nette. On remplace alors \e verre par des plaques collodionnées.
Mais cet appareil n'a encore donné aucun résultat satisfaisant. L'inventeur se plaint surtout des reflets cornéens, qui empêchent la formation d'une épreuve photographique satisfaisante. Par contre, il le recommande pour la démonstration de l'image renversée.
X. Ophthalmoscope de Jaeger (premier modèle). — Cet instrument, auquel on peut adapter un miroir concave ou un miroir plan, forme pour ainsi dire . la transition des miroirs plans aux miroirs concaves.
Miroirs concaves.
L'ophthalmoscope de Jaeger consiste en un tube court, coupé à une de ses extrémités, sous un angle de 60 degrés, et mobile autour de son axe, dans un anneau métallique solidement fixé au manche. Du côté du malade, le tube peut recevoir un miroir plan, ou un miroir concave percé en son centre.
Dans l'intérieur du tube se trouve un diaphragme, percé d'une ouverture circulaire, derrière laquelle, du côté de l'œil observateur, peuvent s'adapter des verres correcteurs concaves ou convexes.
A la place de cet oculaire simple, on peut glisser par-dessus le premier un deuxième tube plus court, renfermant un verre convexe, ou deux lentilles
(1) The ophthalmic Review, \o\. I, p. 119, 1864.
OPHTHALMOSCOPIE.
plan-convexes, ou bien encore l'objectif d'une loupe de Brucke, de telle façon que l'instrument tout entier serve de loupe. L'avantage de l'ophthalmoscope de Jaeger vient de ce que les verres correcteurs n'ont pas la même inclinaison que le miroir, et qu'ainsi l'observation se fait toujours dans leur axe. Il faut avouer cependant que, par suite de la distance qui sépare l'œil de l'observateur du trou du miroir,le champ d'observation est assez restreint.
XI. Ophthalmoscope de Ruete. — C'est un miroir concave perforé d'un diamètre de 8 centimètres et de 27 centimètres de distance focale. Il est fixé sur un pied, de façon à pouvoir se déplacer à la fois autour d'un axe vertical et d'un axe horizontal ; on peut, de plus, l'abaisser ou l'élever. Le pied porte deux anneaux, fixés chacun à un bras horizontal. L'un des bras est divisé en
.pouces, et supporte deux montures verticales mobiles, pour recevoir les verres correcteurs. L'autre porte un écran noir que l'on déplace à volonté pour diminuer l'intensité de l'éclairage, en le glissant par-dessus une portion du miroir.
Pour l'examen, on place le miroir et les verres correcteurs à la même hauteur ; l'œil observé est placé dans leur axe et examiné à travers l'orifice du miroir. Suivant que l'on désire faire l'examen à l'image droite ou à l'image renversée, à un grossissement plus fort ou plus f^iible, on introduit dans les montures des verres concaves ou convexes, de distance focale différente.
Pour l'image droite, on emploie de préférence des lentilles concaves de 4 à 5D, qui, dans la myopie, doivent être rapprochées de 3 à 8 centimètres ; dans l'hypermétropie, de 8 à 12 centimètres. Il faut, en outre, que l'observateur corrige son amétropie par des lunettes. Pour l'image renversée, il faut un verre convexe, ou plutôt deux, ce qui est précisément rendu très facile par rinstrumentdeRuete.il a l'avantage de fournir, malgré un fort grossissement, un champ d'observation très-étendu. Supposons, dans la monture la plus rapprochée de l'œil examiné, un verre convexe d? 20 D : on obtiendrait avec ce verre seul un champ d'observation étendu, mais un faible grossissement. Le second verre convexe grossit alors cette image. Plus tard, Ruete a modifié son instrument : il a supprimé le pied, en adaptant à une poignée métallique un petit miroir concave de 40 millimètres de diamètre et d'environ 12 centimètres de distance focale. Derrière le miroir se trouve une monture pour les verres correcteurs. Les bras qui portent l'écran et les lentilles sont fixés immédiatement au-dessous du miroir et peuvent être allongés ou raccourcis.
XII. Ophthalmoscope d'Anagnostakis. — Le miroir concave a un diamètre de 5, une distance focale de 12 centimètres, et un trou central de 2 millimètres de rayon; il est monté sur un manche court.
XIII. Ophthalmoscope d'Ulrich. — Ulrich a réuni le miroir concave et les verres correcteurs dans un tube cylindrique, long de 9 centimètres et d'un diamètre de 3 centimètres. Dans ce premier tube s'embranche latéralement un second, plus court, devant lequel brûle une bougie fixée à l'instrument.
856 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
La lumière tombe obliquement dans le tube principal, sous un angle de 40 degrés, et est réfléchie, par un miroir concave, dans l'axe de l'instrument. Ce miroir est percé en son milieu, et derrière lui s'adaptent des verres correcteurs. L'observateur applique l'instrument à son œil par cette extrémité, qui peut s'allonger ou se raccourcir à volonté. Dans l'autre partie du tube se trouve une lentille convexe de 40 millimètres de distance focale. On peut la déplacer à l'aide d'une crémaillère et la fixer avec une vis.
L'extrémité du tube opposée à l'observateur, qui est également mobile, est appliquée sur l'œil du malade, de sorte qu'aucune lumière étrangère ne pénètre dansj'intérieur des yeux. Gomme les distances sont très-petites, surtout dans le cas d'examen à l'image renversée, l'emmétrope et l'hypermétrope doivent employer, comme oculaire, des lentilles convexes assez fortes, par exemple 10 dioptries, dont l'action peut être augmentée ou affaiblie par l'allongement du tube.
L'appareil est peu commode, à cause de l'immobilité de la lumière, du miroir et de l'objectif; il est par suite peu employé.
XIV. Ophthalmoscope de Stellwag de Carion. — Il consiste en un miroir concave perforé, d'une distance focale de 16 centimètres environ, fixé sur un manche par un genou articulé.
Ce manche porte un bras parallèle et un disque de Rekoss, qui contient huit verres correcteurs. Comme dans l'ophthalmoscope de Helmholtz, on peut, par la rotation du disque, placer successivement chaque verre derrière l'orifice du miroir; seulement ces verres sont un peu plus éloignés du miroir, pour qu'on puisse donner à celui-ci différentes positions, sans changer celle du verre correcteur.
XV. Petit ophthalmoscope de Liebreich. — Le plus simple des deux ophthalmoscopes de Liebreich consiste en un miroir métallique concave, percé en son centre et fixé sur un manche. Derrière le miroir, du côté de l'observateur se trouve une petite monture destinée à recevoir les verres correcteurs, qui se trouvent dans l'étui de l'instrument. Il renferme, en outre, deux lentilles convexes de 13 et 18 dioptries.
Liebreich a fait construire plus tard un ophthalmoscope tout à fait semolable, mais dont le miroir est en verre et dépourvu d'étamage au milieu. Il est, en outre, un peu plus léger et plus élégant de forme.
XVI. Grand ophthalmoscope de Liebreich. — C'est un instrument qui sert non-seulement à l'examen ophthalmoscopique ordinaire, mais encore à la démonstration du fond de l'œil et à sa reproduction par le dessin ; il peut même, à l'aide d'une modification très-simple, être transformé en microscope pour l'observation des parties antérieures de l'œil.
Comme l'ophthalmoscope de Hasner, il consiste essentiellement en deux tubes glissant l'un dans l'autre. Le tube intérieur présente également une
OPHTHALMOSGOPIE. 857
échancrure latérale pour que la lumière puisse tomber sur le miroir. Celui-ci est concave, percé en son milieu et se meut dans le tube autour d'un axe vertical. Il s'enlève facilement. Un mécanisme simple permet l'adaptation des verres correcteurs.
A l'extrémité opposée du plus grand tube se trouve une lentille convexe de 18 à 20 dioptries, disposée, comme le miroir, de manière à pouvoir être facilement enlevée.
Le rapprochement ou l'éloignement de la lentille par rapport au miroir, s'effectue à l'aide d'une roue dentée qui se déplace sur une crémaillère et indique l'écartement.
Cet appareil est porté sur un pied, fixé à l'objectif du cylindre. L'oculaire est mobile. Le pied se visse au coin d'une table. A l'angle opposé est fixé un second pied, qui supporte un bras mobile, avec un coussinet pour le menton de la personne examinée.
Pour mieux fixer la tête, le grand cylindre porte une tige horizontale que l'on peut allonger et raccourcir à volonté, et qui est munie d'un arc s'appliquant sur le front du patient. La tige se fixe par une vis et indique par des divisions la distance de l'œil à l'objectif.
Enfin on donne à l'œil examiné la direction que l'on désire, à l'aide d'un ' objet de fixation mobile sur l'instrument. De celte façon la tète et l'œil sont parfaitement fixés et l'instrument est particulièrement propre à la démonstration de l'image renversée, cette image apparaissant avec la plus grande netteté dans l'intérieur obscur du tube. A l'aide d'une chambre claire que l'on applique derrière l'orifice du miroir, on peut projeter cette image sur du papier et l'y fixer par le dessin.
A la place du tube qui contient le miroir d'éclairage, on peut introduire celui d'un microscope, et l'ophthalmoscope se transforme ainsi en ophthalmomicroscope.
Pour la photographie du fond de Tœil, Liebreich a recommandé l'emploi d'un miroir concave à distance focale très-courte, présentant en son centre une ouverture de 11 millimètres de diamètre environ. On le fixe à l'objectif d'une chambre obscure, et l'on éclaire l'œil à l'aide de la lumière réfléchie par le miroir; les rayons qui reviennent du fond de l'œil traversent en partie son ouverture centrale et, rencontrant la lentille convexe de la chambre noire, vont former une image renversée sur sa paroi postérieure. On peut alors recevoir cette image sur des plaques de verre préparées et la fixer par la photographie.
XVIL Ophthalmoscope de Desmarres. — Le miroir et le manche de cet instrument sont faits d'une seule pièce de métal. Le miroir, concave, a une distance focale de 16 centimètres et un diamètre de 4 centimètres environ.
Ce miroir étant très-large, le nez de l'observateur peut devenir gênant; aussi, au lieu d'une ouverture centrale, en a-t-on pratiqué deux excentriques; elles servent alternativement dans l'examen avec l'œil droit et l'œil
SNELLEiN ET LANOOLT. —
MÉTROLOGIE.
gauche. Un bras mobile est fixé au milieu du manche; son extrémité affleure exactement l'une ou l'autre ouverture et porte une monture pour les verres correcteurs, qui peuvent par conséquent servir pour les deux ouvertures.
D'après ce que nous avons dit plus haut de l'éclairage par les miroirs concaves, on comprend facilement l'inconvénient qui résulte de la position excentrique de l'œil par rapport à la lumière réfléchie, et de la trop grande étendue de la surface éclairante.
XVIII. Ophthalmoscope de Monoyer. — 11 est remarquable par la facilité de son maniement. Dans une simple monture de corne se trouvent trois pièces, mobiles isolément autour du même axe et qu'on peut enlever à volonté : 1"* un miroir concave en verre, au milieu duquel la couche de tain fait défaut sur une surface circulaire de 4 millimètres de diamètre; 2° un disque de corne avec trois verres correcteurs, un négatif et deux positifs. Ils sont disposés de telle façon qu'ils peuvent, par la rotation de la plaque, venir se placer successivement derrière l'ouverture du miroir; 3° un verre convexe d'environ 18 D, que l'on peut enlever complètement, pour l'éclairage latéral ou l'examen à l'image renversée.
XIX. Ophthalmoscope de Heyfelder. — C'est encore ici un petit miroir concave en verre non élamé au centre et monté sur une tige. Une tige semblable reçoit les verres correcteurs, que l'on peut fixer sur un bras court dépendant du manche, et placer devant ou derrière le miroir.
XX. Ophthalmoscope de Hasner. — 11 consiste en deux tubes glissant l'un dans l'autre. A une extrémité de l'appareil se trouve le miroir d'éclairage ; à l'autre extrémité la lentille objective, dont la distance focale positive est de 55 millimètres, et qui peut être obliquée à l'aide de deux vis. En tirant plus ou moins le tube qui la porte, on peut la placer à une distance de 11 centimètres au minimum et 21 centimètres au maximum de l'œil observé ; un index donne en même temps sa position relative par rapport au miroir.
A l'extrémité opposée du tube se trouve une ouverture donnant accès à la lumière. Le miroir qui la réfléchit dans l'intérieur du tube a une distance focale positive de 9 centimètres et présente une petite ouverture centrale. Il est également fixé sur un axe vertical mobile, de la même manière que l'objectif. Derrière le miroir se trouve une monture pour les verres correcteurs.
Pour pratiquer l'examen ophthalmoscopique, on place la lumière sur le côté, et on dispose le miroir de façon que les rayons réfléchis passent par l'axe du tube, l'extrémité correspondant au verre convexe étant éloignée de 25 millimètres de l'œil examiné. On obtient ainsi une image renversée dans l'intérieur du tube. L'appareil ne peut pas servir pour l'examen à l'image droite.
Le professeur Ryba l'a perfectionné en donnant une monture un peu plus
OPHTHALMOSCOPIE.
petite aux verres correcteurs et en rendant possible leur application intime contre la l'ace postérieure du miroir, à l'aide de deux charnières.
XXI. Ophthalmoscope de Williams. — Williams renferme dans une monture de lunettes deux petits miroirs concaves perforés, mobiles autour d'un axe vertical, de façon à pouvoir employer pour l'examen l'un ou l'autre œil. Les miroirs ont une position telle, qu'ils réfléchissent dans l'œil observé la lumière d'une lampe placée latéralement.
Ce mécanisme a pour but de laisser libres les mains de l'observateur.
XXII. Premier ophthalmoscope de Gillet de Grandmont. — Il consiste également en une monture de lunettes fixée par un ruban à la tête de la personne examinée. Au niveau de la racine du nez, se trouve une plaque de métal sur laquelle est fixée une tige dirigé d'avant en arrière. Sur cette tige se meut une lentille convexe, qui se place à volonté devant chacun des deux yeux. Comme miroir éclairant, on emploie un ophthalmoscope quelconque. L'appareil n'a donc d'autre but que de fixer sur le nez du sujet observé la lentille convexe qui donne l'image renversée et que l'on tient d'habitude à la main.
XXIII. Ophthalmoscope de Follin (petit modèle). — L'auteur décrit son ophthalmoscope de la façon suivante : « Je me sers ordinairement d'un miroir concave de verre de 25 centimètres de foyer, étamé dans toute son étendue, à l'exception du centre, où l'étamage a été enlevé dans un cercle de 4 millimètres de diamètre. Ce miroir est porté sur un cadre qui est vissé sur un manche. Derrière ce miroir est un cercle dans lequel on peut déposer et fixer, à l'aide de tiges mobiles, des lentilles biconvexes ou biconcaves. J'emploie aussi un ophthalmoscope derrière lequel se trouve un disque mobile sur son centre et portant six petites lentilles, trois concaves et trois convexes, qui peuvent venir se placer successivement en arrière de la partie centrale détamée du miroir. »
XXIV. Ophthalmoscope de Castorani. — Il se compose d'un miroir concave de 20 centimètres de rayon et de 32 millimètres de diamètre. La lentille biconvexe a 55 millimètres de foyer. Le miroir et la lentille sont enchâssés dans une monture analogue à celle des loupes à herboriser. Pour s'en servir on enlève la lentille, et le couvercle de la monture sert de manche pour tenir le miroir (1).
XXV. Ophthalmoscope de Galezowski (petit modèle). — Le miroir concave en verre a 23 à 25 centimètres de foyer. L'étamage est enlevé sur une étendue de 5 millimètres de diamètre. Il est enchâssé dans un encadrement métallique auquel est fixé un manche pliant, pouvant s'abattre sur le
(1) Sous, Traité d'optique, p. 80.
SNELLEN ET LANDOLT. - MÉTROLOGIE.
miroir. « Une fourche, fixée derrière le miroir, dit l'auteur, et munie à volonté d'une lentille convexe n" 42 pour faciliter l'examen d'hypermétropie ou de presbytie, ou bien d'une lentille concave n*" 10, pour l'examen de l'image directe de la rétine, peut se placer vis-à-vis du trou central du miroir. Cet ophthalmoscope est porté dans une petite boîte qui contient aussi une loupe de 2 pouces 1/4 de foyer, enchâssée dans un cercle métallique. »
XXVL Ophthalmoscope de Panas (1). — M. Panas a réuni deux miroirs ophthalmoscopiques, adossés l'un à l'autre par leur surface étamée. L'un est concave, l'autre est plan. Ils sont percés au milieu d'une ouverture qui leur est commune. Un couvercle en métal noirci et perforé à son centre peut être placé sur n'importe quelle face de l'ophthalmoscope, de manière que l'observateur ne soit pas gêné par la lumière que réfléchirait le miroir dirigé vers son œil.
XXVII. Ophthalmoscope de Laurence. — L'œil examiné est éclairé à l'aide d'un miroir concave non perforé. Entre le miroir et l'œil on interpose une plaque de verre à faces planes parallèles, inclinée de 45 degrés sur l'axe de l'œil. Les rayons qui proviennent du fond de l'œil sont réfléchis à angle droit dans celui de l'observateur. De cette manière, l'ophthalmoscope peut servir pour les démonstrations.
M. de Wecker, en recommandant cet appareil, ajoute que le meilleur réflecteur à employer dans ce cas est un couvre-objet, et qu'il est bon de grossir l'image réfléchie avec une loupe de 8 D.
Si l'on place entre la lame de verre et l'œil observé une lentille convexe, qui produise en avant de cette lame l'image renversée du fond de l'œil, on peut observer également cette image sous un angle de 90 degi'és, les parties droites étant vues, il est vrai, à gauche, et réciproquement.
M, Giraud-Teulon a fait observer que de cette manière deux et même trois observateurs, peuvent pratiquer en même temps l'examen ophthalmoscopique. L'un d'eux verra l'image renversée; le second, placé tout près de la source lumineuse, verra l'image réfléchie du miroir concave ; le troisième, enfin, l'image qui, provenant de l'œil, passe directement à travers la lame de verre, quand le miroir est percé ou dépourvu d'étamage en son centre.
XXVIII. Second ophthalmoscope de Galezowski. — Il est identique à ceux de Hasner et de Liebreich, mais il est dépourvu de pied. Il consiste, comme ceux-ci, en deux tubes s'emboîtant l'un dans l'autre; une des extrémités s'applique sur l'orbite de la personne examinée, tandis que l'autre porte, dans une échancrure latérale, un miroir concave mobile, à ouverture centrale.
Le tube renferme un verre convexe qui donne dans son intérieur une image renversée du fond de l'œil. Il est tenu à la maia.
(1) Bull, de la Soc. clechir: de Paris, 17 mars 1875.
OPHTHArjIOSCOPIE.
XXIX. Ophlhalmoscope de Montméja. — C'est encore un ophthalmoscope à démonstration. Il est fixé au coin d'une table par un écran au moyen d'une vis. Sur un pied vertical se meut un tube très-court, échancré et destiné uniquèment à recevoir Toeil observé. Une branche horizontale supporte une fourche où l'on place la lentille convexe qui produit l'image renversée. A l'extrémité de cette branche est placé le miroir concave percé, auquel on peut donner toute inclinaison voulue. Une branche flexible, terminée par un bouton, sert à diriger la ligne visuelle de l'œil observé. Enfin, c'est un ophlhalmoscope Liebreich sans tube.
XXX. Ophthalmoscope à réflecteur de Burke. — Il comprend deux miroirs concaves, dont l'un sert, comme d'habitude, à l'éclairage, tandis que l'autre réunit les rayons émergents, en donnant naissance à une image réelle renversée.
Le premier de ces miroirs est percé en son centre et sur le côté, et sa distance focale est de 33 centimètres. Immédiatement derrière lui se trouve l'œil examiné, et sur le côté est placée une lampe dont la lumière tombe sur ce miroir, l'œil examiné étant protégé par un écran. Ce premier miroir, la réfléchit sur le second, qui n'est pas perforé en son centre, et celui-ci dans l'œil examiné.
Le second miroir aune distance focale de 19 cenlinièlres ; c'est à cette distance qu'il faut le placer de l'œil observé pour que le bord pupillaire disparaisse du champ d'observation.
Les rayons provenant du fond de l'œil sont déviés dans la direction de l'observateur en tombant sur ce miroir. Ils donnent naissance à une image réelle et renversée, et l'observateur peut la voir directement à travers l'orifice de son miroir, ou bien encore grossie par un verre convexe.
Si le degré de myopie de l'œil examiné est plus fort que le miroir concave qui doit réunir les rayons émanant de celui-ci, il se forme au-devant du miroir une image réelle et renversée. Les rayons qui en proviennent tombent en divergeant sur le miroir concave qui grossit alors l'image réelle renversée et la rend virtuelle.
Pour permettre à deux personnes d'examiner à la fois le même œil, M. Burke perfore aussi le second miroir, au-devant duquel il produit, à l'aide d'un verre convexe placé devant l'œil observé, une image réelle et renversée. L'un des observateurs la regarde à travers le second miroir ; l'autre, à travers le premier, telle qu'elle est réfléchie par le second miroir. La lentille placée devant l'œil observé en fait dans des cas un œil fortement myope. Si l'on veut obtenir une image droite, on peut redresser, à l'aide d'un verre convexe, l'image virtuelle renversée, et la rendre en même temps réelle.
XXXI. Ophthalmoscope de Carter. — Il se compose de plusieurs pièces indépendantes, supportées par des pieds, dont on peut faire varier la hauteur : 1° un coussinet pour le menton du malade ; 2° un grand miroir concave
S62 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
perforé, à distance focale très-considérable; 3° un verre convexe d'environ 5,2 D, qui donne l'image renversée du fond de l'œii.
Comme la distance relative de toutes ces parties est assez grande, l'observateur les dispose à l'aide d'une t)aguette. L'ophthalmoscope permet ainsi de voir l'image renversée du fond de l'œil sous un fort grossissement, grâce à la grande distance focale de la lentille.
Entre la lumière et le miroir, on peut placer un cadre avec des verres bleus pour décolorer la lumière jaune.
L'instrument se prête surtout aux démonstrations cliniques.
XXXII. Ophthalmoscope à démonstration de Jabez Hogg. — Cet ophthalmoscope se compose essentiellement d'une lentille biconvexe d'environ 20 centimètres de foyer, d'un miroir concave perforé, de 35 centimètres de foyer, d'un support pour le menton et d'une lampe ; chaque pièce est montée sur un pied droit mobile.
XXXIII. Ophthalmoscope de Wadstvorth, — Cet ophthalmoscope consiste en un miroir concave de 19 centimètres de distance focale et de 15 millimètres de diamètre, fixé, sous un angle de 20 degrés, au centre d'un disque, de la grandeur à peu près de l'ophtlialmoscope de Loring. La partie la plus élevée du miroir se trouve à 4 miUimètres seulement du plan du disque.
Cette disposition permet à l'observateur de se rapprocher très-près du miroir, malgré les verres correcteurs, qui occupent le même plan que le disque.
Pour pouvoir se servir indifféremment de l'un et de l'autre œil, et d'une source lumineuse placée à gauche ou à droite du malade, la monture du miroir est mobile dans le grand disque. La petitesse du miroir n'est pas un obstacle à l'observation de l'image droite; mais pour l'image renversée il vaut mieux se servir d'un miroir ophthalmoscopique ordinaire.
Le mécanisme qui sert à déterminer la réfraction à Vimage droite, et qui accompagne habituellement les ophthalmoscopes à miroir concave, a subi des modifications variées dans le but surtout d'augmenter le nombre des verres correcteurs. Nous allons indiquer brièvement les dispositions adoptées.
XXXtV. L'ophthalmoscope de M. Loring (premier modèle) contient trois disques de Recoss, de 35 millimètres de diamètre, garnis de huit numéros de verres concaves et convexes de 6 millimètres. Ces disques sont placés séparément dans l'instrument, suivant qu'on a besoin des numéros forts ou faibles; on leur imprime un mouvement de rotation à l'aide de l'index.
XXXV. Ophthalmoscope d'Oldham. — Oldham a présenté au congrès de Londres un ophthalmoscope à réfraction, dans lequel les verres correcteurs sont montés sur trois disques, d'après un système analogue à celui de M. Loring.
OPHTHALMOSCOPIE.
XXXVI. Ophthalmoscope de Cohn. — M. Gohn se sert d'un disque de 8 centimètres de diamètre, contenant 24 lentilles. Seulement, pour réunir un aussi grand nombre de verres correcteurs sur un seul disque, il fallait donner à celui-ci des proportions gênantes pour l'observateur, et l'auteur a dû placer l'axe du disque au bord supérieur du miroir de l'ophtlialmoscope.
XXXVII. Ophthalmoscope de de Wecker (premier modèle). — M. de Wecker a fait monter dans un disque unique, de 31 millimètres de diamètre, 24 lentilles de 3,5 millimètres (les numéros convexes 0, 60, 48, 36, 30, 24, 20, 18, 14, 10, 6; les numéros concaves, 60, 42, 30, 20, 16, 14, 12, 10, 8, 6, 5, 4, 3, 2) (fig. 217). Le disque est rendu mobile à l'aide d'une crémaillère
FiG. 217.
Un disque qui renferme un aussi grand nombre de lentilles correctrices acquiert de trop grandes dimensions, ce qui rend l'instrument peu maniable. En outre, pour obtenir seulement 24 numéros, insuffisants d'ailleurs à déterminer la réfraction, dans tous les cas, d'une façon certaine, il faut donner aux lentilles un diamètre si petit qu'elles sont rarement bien cintrées, et trèsdifficiles à nettoyer.
XXXVIII. Ophthalmoscope de Schroeders. — Le système des trois disques adoptés par Loring occasionne une perte de temps considérable. C'est pour cela qu'en 1872 M. Schroeders a fait monter derrière un miroir plan allongé et rectangulaire, dans l'étamage duquel verre étamé avaient été ménagées
SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
des ouvertures, une série de lentilles correctrices. Pour manœuvrer cet instrument, il suffit de le laisser glisser verticalement dans la main qui le tient. Cet appareil a été construit par M. Horn (à Leipzig).
XXXIX. Second ophthalmoscope de Gillet de Grandmont. — L'ophthalmoscope que M. Gillet de Grandmont (fig. 218) a construit en 1878 (1) ne diffère de l'ophthalmoscope de M. Schroeders que par quelques modifications de détail. Il contient la série de lentilles positives et négatives de 1 à 12 dioptries, avec un intervalle d'une dioptrie. 11 est, de plus, muni d'un miroir concave.
On obtient un nombre de lentilles correctrices beaucoup plus considérable, en superposant deux disques concentriques mobiles l'un sur l'autre, munis de verres convexes et concaves, dont l'action, en se combinant, donne un nombre de verres correcteurs égal à leur produit.
Cette idée avait déjà été mise en pratique par Helmhollz, mais pour un petit nombre de lentilles seulement.
XL. Premier ophthalmoscope de Knapp. — En 1873, M. Knapp a ajouté au miroir concave deux disques, renfermant l'un des verres convexes, l'autre des verres concaves. Ces disques, de même diamètre, sont montés sur une plaque de la largeur du miroir et d'une longueur double. Leurs circonférences se coupent de telle sorte que les ouvertures, percées à leur pourtour, puissent se superposer et coïncider avec le trou central du miroir. Ces ouvertures, au nombre de treize pour chaque disque, portent une lentille convexe ou concave (numéros anciens, 3, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 17, 20, 24, 36, 48), selon qu'ils appartiennent à l'un ou à l'autre disque ; une ouverture est vide.
XLI. Second ophthalmoscope de Knapp. — Plus tard M. Knapp a présenté un ophthalmoscope à disque unique, portant à son pourtour trentedeux verres correcteurs et une ouverture libre. Un échappement à ressort fait coïncider chaque fois le centre de la lentille avec l'ouverture du miroir. Cette dernière a 3,5 millimètres de diamètre.
La plaque qui recouvre le disque est percée de trois ouvertures placées verticalement. La plus élevée se trouve vis-à-vis du trou du miroir et du
(1) Ann. cVOcuL, t. II, p. 90; 1878.
FiG. 218.
OPHTHALMOSCOPIE.
verre auxiliaire ; la deuxième montre le numéro du verre en pouces ; la troisième, en dioptries.
L'ophthalmoscope contient les numéros convexes et concaves suivants : 0,05; 0,75; 1; 1,5; 2; 2,5; 3; 3,5; 4; 4,5; 5; 6; 7,5; 9; 12; 18 (1).
XLII. M. Schulek a proposé d'utiliser deux disques superposés, dont l'un contiendrait les numéros concaves 2, 4, 6, 8, 12, 24, 28, lautre les numéros convexes 4, 6, 8, 12, 24, 48 de l'ancien système.
XLIIl. Ophthcdmoscope de L. Purres. — M. L. Purves emploie, pour la détermination de la réfraction, une modification de la lentille de Stokes. L'instrument est formé de deux lentilles cylindriques superposées; chacune se compose de deux moitiés : un cylindre convexe et un cylindre concave de 4 D. En faisant tourner les deux lentilles l'une sur l'autre, on obtient dans l'axe principal, successivement tous les degrés de concavité et de convexité depuis 0 jusqu'à 8 D.
A la suite de la description de cet ophthalmoscope, M. Purves propose de faire mettre en mouvement les deux disques qui contiennent la série des verres de Schulek, à l'aide du mécanisme que M. Crétès a employé pour le double prisme et la lentille de Stokes modifiée par M. Snellen.
Tous les essais tentés dans ce sens n'avaient pas rencontré un accueil bien favorable, parce que les numéros résultant de la combinaison des verres contenus dans chacun des deux disques ne correspondaient pas ordinairement aux numéros des boîtes d'essai. Depuis l'introduction du système des dioptries, la combinaison des verres offre au contraire de réels avantages.
XLIV. Ainsi, M. de Wecker a monté sur un disque de 48 millimètres de diamètre, 20 numéros convexes de 5 millimètres de diamètre (numéros 0; 0,5; 1; 1,5; 2; 2,5; 3; 3,5; 4; 4,5; 5; 5,5; 6; 6,5; 7; 7,5; 8; 8,5;^9; 9,5; 10. En superposant à ces verres une lentille concave additionnelle de 10,5 D, on obtient la même série de dioptries concaves.
Avec un disque sur lequel se meut un seul verre additionnel, on obtient donc une série de quarante et un numéros.
XLV. Ophthalmoscope de Landolt. — Notre ophthalmoscope (fig. 219 et 220) se compose de deux disques concentriques (fig. 219, A etB). Le disque A contient six lentilles métriques convexes (les numéros -)-0,5; 1; 1,5; 2; 2,5; 3), et une ouverture vide. Le disque B contient deux lentilles convexes (-|- 3,5 et -|- 7), trois lentilles concaves ( — 5,5 ; — 7 ; — 10,5) et une ouverture vide.
En faisant tourner les deux disques autour de leur centre, on peut amener toutes les lentilles indiquées, suivant toutes les combinaisons possibles, derrière l'ouverture du miroir oplithalmoscopique.
(1) Ann. d'ocuL, t. LXXX, p. 178.
Ainsi, en combinant avec le 0 du disque B, qui reste fixe pendant que l'autre tourne, nous obtenons les numéros du disque A, 0 -f- -j- 1, + 1,5, + 2, + 2,5, + 3.
La combinaison des mêmes numéros avec le -j- 3,5 du disque B donne les numéros + 3,5 +4,5, -|-5, +5,5, +6 +6,5.
Enfin, combinés avec le numéro 7 du disque B, on obtient + 7, + 7,5, + 8, +8,5, +9, +9,5+10.
FiG. 219.
Pour obtenir la série des numéros concaves on amène simplement devant l'ouverture du miroir les numéros concaves contenus dans le disque B ; combinés avec les lentilles convexes du disque A, ils donnent toujours des numéros concaves, puisqu'ils sont plus forts que le plus fort des verres convexes. Ainsi, le — 3,5 donne avec les numéros du disque A, — 0,5 — 1 , — 1 ,5, — 2, — 2,5, — 3, — 3,5. Le numéro— 7 donne — 4, — 4 ,5, — 5, — 5,5, — 6, — 6,5, — 7. Le numéro — 10,5 donne--7,5,— 8, — 8,5 -9, — 9,5 — 10, — 10,5.
Notre ophthalmoscope nous fournit donc, outre le zéro, 20 numéros convexes, avec un intervalle d'une demi-dioptrie, et 21 numéros concaves avec un intervalle aussi d'une demi-dioptrie ; en somme, 42 numéros.
Un mécanisme approprié fait toujours apparaître au-dessous des lentilles le numéro correspondant.
Les lentilles sont plan-sphériques et sont juxtaposées par leurs surfaces planes. Le trou central du miroir est de 3,5 millimètres de diamètre.
Avec notre système nous avons pu choisir des verres de 1 centimètre de diamètre, ce qui nous permet de les nettoyer facilement, et surtout de nous servir de l'instrument pour la détermination subjective de la réfraction. On enlève simplement le miroir, et l'instrument devient entre les mains du malade un optomètre avec lequel il détermine son acuité visuelle et la réfraction aussi bien, sinon mieux, qu'à l'aide des verres de nos boîtes à verres.
Les numéros de 0 à 10 convexes et de 0 à 10,5 concaves suffisent pleinement pour la détermination de la réfraction à l'aide de l'ophthalmoscope. On pourrait quelquefois avoir besoin de verres plus forts pour la détermination
OPHTHALMOSCOPIE.
•CRF.TESl
subjective. C'est pour cela que nous avons ajouté à notre inslrument un verre concave de 10 D, pouvant être introduit à la place du miroir.
En faisant tourner nos disques, nous pouvons augmenter à volonté la force de cette lentille, et le résultat est toujours facile à calculer, parce qu'on n'a qu'à ajouter le nombre 10 au numéro indiqué sur le disque. De cette façon nous pouvons continuer la série des verres concaves jusqu'au numéro 20,5 (ancien nM,91).
Il en est de même pour les verres convexes : les lentilles fortes dont nous ayons besoin pour la production de l'image renversée peuvent également servir à la détermination de l'acuité visuelle. Pour cela nous avons choisi les numéros -|- 10 et -)-15.
On peut les introduire séparément dans le cadre du miroir et obtenir par leur moyen les numéros convexes jusqu'à 20 (ancien n" 1,96). De cette façonnons doublons le nombre de nos lentilles. Finalement, avec notre ophthalmoscope, nous obtenons une série de 84 verres pour le moins.
L'instrument peut en outre servir à la détermination de l'astigmatisme, par le moyen d'un disque percé d'une fente sténopéique. Ce disque, de même dimension que le miroir, peut être introduit à la place de celui-ci. On peut donner à la fente toutes les inclinaisons possibles, et l'angle qu'elle forme avec la verticale est indiqué directement sur l'instrument.