XLVI. Ophthalmoscope de Badal (fig
- Il se compose aussi de deux disques. Le disque supérieur, de 3 centimètres de diamètre, est percé de six ouvertures; l'une d'elles est vide, les cinq autres sont garnies des verres métriques -f 0,25, +0,50, -f 0,75, +13 et
Le disque inférieur, de 4 centimètres de diamètre, porte treize ouvertures, dont une
vide également. A gauche, sont six lentilles portant les numéros entiers
868 SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
-]- 1 à -|-6 ; à droite, les six lentilles négatives correspondantes. Leur diamètre est de 7 millimètres.
Cet instrument peut fournir 78 combinaisons (6x13) et reproduire, à l'exception du -[-20, tous les numéros des boîtes à verres d'essai.
FiG. m.
XLVIL Ophthalmoscope de John Green (1). — Une modification d'une des premières formes de l'instrument deLoring est analogue à celui de M. Badal. Il a également deux disques de Recoss, non concentriques, mais pouvant être amenés tous les deux devant l'ouverture du miroir, et par suite être superposés l'un à l'autre. Le grand disque contient les numéros 0 à 6 positifs et négatifs, avec un intervalle d'une dioptrie. Le petit disque contient 0; -|- 7;
(1) Transactions of the Americ. Ophth. Soc, 1878, p. 467.
OPHTHALMOSCOPIE.
Les deux disques combinés permettent d'arriver aux numéros positifs et négatifs de 1 à 13, avec un intervalle d'une demi-dioptrie. Pour compléter la série jusqu'à 20, on substitue au petit disque un autre portant les numéros | 7^ | 14^ — 7 et — 14. Enfin, pour corriger l'astigmatisme de l'observateur, un troisième disque peut être ajouté, portant deux verres cylindriques.
XL VIII. Ophthalmoscope de Meyer (1). — Il se compose encore de deux disques superposés qui contiennent chacun 6 lentilles et une ouverture vide. L'un des disques contient les numéros convexes et concaves 1, 2, 3, l'autre les convexes et concaves 0,5, 7 et 14. Les disques tournent isolément ou ensemble sous la pression du doigt. La rotation à droite fait apparaître successivement la série des verres convexes, la rotation à gauche celle des verres concaves. A chaque changement de verre on trouve le numéro produit en additionnant les verres de même réfraction ou de réfractions opposées.
On obtient ainsi 42 numéros concaves et convexes, depuis une demidioptrie jusqu'à 17 dioptries.
L'ophthalmoscope peut être muni d'un miroir concave ou d'un miroir plan.
XLIX. Second ophthalmoscope de Loring. — M. Loring (2), dans le dernier modèle de son ophthalmoscope, combine des lentilles métriques de la façon suivante : un disque de 43 millimètres de diamètre contient une ouverture vide et sept numéros positifs (-f 1 à -f 7) et huit numéros négatifs ( — là — 8) de 6 millimètres de diamètre. A ce disque on peut superposer un quart de cercle concentrique qui contient quatre lentilles : -|- — 16, 4-0,5, et — 5.
L'addition des lentilles 16 aux numéros contenus dans le disque complète la série des numéros jusqu'aux numéros -[- 23 et — 24 ; tandis qu'à l'aide des lentilles 0,5 on peut produire les demi-dioptries jusqu'à -J- 8 et à — 9.
Le disque porte deux cercles concentriques de chiffres, le cercle extérieur indiquant les numéros des verres simples, l'intérieur les numéros résultant de la combinaison jusqu'à -(-15 et — 16. Les numéros supérieurs ne sont plus marqués sur l'instrument, ils s'obtiennent par l'addition des lentilles du disque et de la lentille 16 du quart de cercle.
Il faut convenir que ce mode de numérotage n'est pas très-commode, bien que l'auteur ait inscrit les numéros convexes en blanc, les concaves en rouge»
Le miroir de l'ophthalmoscope peut être incliné.
L. La dernière modification c\eY ophthalmoscope de M. de Wecker (fig. 222) consiste également dans l'adoption des deux disques superposés et concen-
(1) Sous, Traité d'optique, p. 283.
(2) Transactions of the Amène. Opiith. Soc., 1878. p. 489.
SNELLEN ET LANDOLT — MÉTROLOGIE.
triques. Ils ont 37 millimètres de diamètre, et contiennent chacun 11 lentilles de 6 millimètres de diamètre, et une ouverture vide. L'un d'eux porte les numéros positifs 0,5, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 15 et 20; l'autre les mêmes numéros négatifs. La combinaison des deux disques donne la série des numéros 0,5 à 5,5, avec un intervalle d'une dioptrie. Le chiffre donnant la résultante des combinaisons doit être obtenu par le calcul, et n'apparaît pas à l'instrument.
Le miroir peut être incliné.
FiG. 222.
II îroir s convexes.
Pour des raisons indiquées plus haut, les miroirs convexes ne sont pas employés seuls en ophtlialmoscopie , mais combinés avec une lentille convexe.
Nous avons démontré précédemment les avantages de cette méthode en parlant de l'ophlhahnoscope de Zehender.
LI. Ophthalmoscope de Zehender. — C'est le seul instrument pratique fondé sur ce principe. Le miroir convexe C (fig. 223) a un rayon de courbure de 16 centimètres; il est perforé en entonnoir dans sa partie centrale sur une largeur d'environ 3'"'",5. Il est porté sur un simple manche qui, suivant la position de la lumière, peut être vissé d'un côté ou de l'autre. Des deux côtés du
OPHTHALMOSCOPIE.
miroir se trouvent deux bras mobiles A et A', dont l'un porte la lentille convexe 13 D, qui concentre la lumière sur le miroir, tandis que l'autre reçoit les verres correcteurs. Pendant l'examen , on peut donc donner à la lentille d'éclairage la position voulue par rapport au miroir. Les verres correcteurs s'appliquent immédiatement derrière l'ouverture centrale (fig. 223).
FiG. 223.
LII. Jeaffreson a perfectionné cetophthalmoscopeen remplaçant la lentille biconvexe par une combinaison de deux lentilles plan-convexes à écartemenl variable, contenues dans un tube. Il diminue ainsi considérablement l'aberration de sphéricité et obtient une image plus nette, bien qu'un peu plus petite.
Miroirs hétérocentriques centrés.
Ophthalmoscopes formés de lentilles étamées.
LUI. Ophthalmoscope de de Jaeger (second modèle). — De Jaeger fut le premier qui construisit un ophthalmoscope à l'aide d'une lentille étamée. Il se servait pour cela de ménisques divergents. On pouvait les tenir simplement avec les doigts, ou les introduire dans l'ophthalmoscope du même auteur, décrit plus haut, de la même manière que les verres plans ou concaves qu'il contient ordinairement.
Pour ce qui concerne l'action de ces miroirs, nous renvoyons à ce que laous avons dit, sur ce sujet, pages 783 et suiv.
LIV. Ophthalmoscope de Klaunig. — L'ophthalmoscope de Klaunig est une lentille biconvexe de 38 centimètres de distance focale, étamée sur une de ses faces.
L'étamage manque en son centre, afin de permettre le passage des rayons lumineux. La lentille agit d'une part comme un miroir concave de 9 centi-
SNELLEN ET Ly\NDOLT. — MÉTROLOGIE.
mètres de distance focale, d'autre part comme un verre convexe de 38 centimètres de distance focale.
Naturellement on peut se servir, comme l'a fait Klaunig lui-même, de verres convexes plus ou moins forts. C'est ainsi que cet auteur indique, pour l'image renversée, l'emploi d'une lentille plan-convexe de 2 D et de 5 centimètres de diamètre, dont la surface, plane est réfléchissante. Si l'on veut modifier la réfraction du verre, on place derrière le centre non étamé un verre correcteur.
Enfin, Klaunig combine encore deux de ces lentilles réfléchissantes de la façon suivante : Il place à une distance de A centimètres de l'œil observé un verre convexe étamé a, de 38 centimètres de distance focale, tandis que l'observateur renvoie la lumière sur la première lentille, à l'aide d'une seconde lentille 6, étamée sur une de ses faces et ayant 65 centimètres de foyer. Les deux verres agissent comme des miroirs concaves ; et si la lentille a a été bien placée, elle réfléchit d'une part la lumière venant de b dans l'œil observé, d'autre part vers b, la lumière qui provient de cet œil. L'observateur la regarde à travers la portion non étamée. La distance de la source lumineuse au premier réflecteur est de 20 centimètres environ.
LV. Ophthalmoscope de Buroiv. — Cet instrument se compose aussi d'une lentille biconvexe étamée de 8 D. La partie non étamée a un diamètre d'un peu plus de 3 millimètres. Devant l'œil observé est placé un second verre convexe de 21 à 24 D, et la distance de l'oculaire à l'image renversée produite par la lentille objective doit être assez grande pour que celle-ci se trouve précisément au foyerde la lentille oculaire.
' LYL Ophthalmoscope de de Hasner. — De Hasner recommande comme opbthalmoscopes simples et pratiques les ménisques négatifs dont la surface convexe est étamée, à l'exception d'une petite portion centrale. Ces verres ont environ 27 millimètres de diamètre, et chaque observateur peut, suivant ses besoins, les choisir et les étamer lui-même, d'après la manière indiquée par l'auteur (1).
LVIL U Ophthalmoscope de Laurence. — Laurence combine une lentille convexe de 12 à 13 dioptries, avec une lentille concave de 3,5 à 4,5 diop-
(1) De Hasner, De V emploi des lentilles de verre étamées pour V examen du fond de Vœil, Prague, 1855 ; et A. Zander, r Ophthalmoscope, p. Ai. — On fait une bouillie de plâtre à mouler que l'on étend sur une planchette sur une épaisseur de 7 millimètres. La lentille est enfoncée dans la pâte par sa surface à étamer : on la laisse ainsi jusqu'à ce que la pâte soit devenue solide et sèche. On la retire alors, et dans la forme qu'elle laisse on étend une double feuille d'étain sans aucun pli. On verse sur elle quelques gouttes de mercure que l'on étend soigneusement sur toute la surface des feuilles. A la surface du mercure il se forme, par places, une pellicule mince que l'on enlève en passant doucement le verre à étamer sur la surface de l'étain, jusqu'à ce qu'elle brille complètement. On introduit alors latéralement la lentille dans le creux du plâtre; on l'y comprime fortement en la chargeant d'un poids. On peut s'en servir déjà le surlendemain.
OPHTHALMOSCOPIE.
tries. Il les réunit, et les maintient de façon à diriger le verre concave du côté de l'œil examiné. D'autre part, il a fait construire un ménisque de 4 centimètres de diamètre, dont la force réfringente est égale à celle des deux verres mentionnés précédemment. La surface dont la courbure est la moindre est tournée du côté de l'œil observé.
Il juge inutile d'étamer la surface convexe et trouve la force éclairante suffisante.
LYIII. Giraud-Teulon a modifié la forme de cet ophtlialmoscope en renfermant le ménisque concavo-convexe dans une coque cylindrique, qu'il fixe sur un pied, de manière à lui permettre des mouvements autour de deux axes perpendiculaires l'un à l'autre. L'observateur a donc une main libre, et peut placer devant l'orifice du cylindre un verre grossissant quelconque, voir même les prismes de l'ophthalmoscope binoculaire. L'image renversée du fond de l'œil se forme dans l'intérieur du cylindre.
La surface réfléchissante du ménisque employé par Giraud-Teulon a une courbure de 12 centimètres.
miroirs hétérocentriqucs décentrés, ou miroirs prisiiiatiqiios.
LIX. Ophthalmoscope (V Ulrich. — Ulrich a combiné deux prismes rectangles et isocèles, ABG etGDA, de la façon indiquée dans la fig. 224, c,'est-
à-dire que les deux surfaces qui correspondent au côté AG sont situées même plan, tandis que les surfaces hypoténuses sont réciproquement perpendiculaires. Si l'on place une lumière en F, les rayons qui tombent perpendiculairement sur DG subissent en DA une réflexion totale, et tombent
Fig. 2^2 i.
SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
dans l'œil examinée, s'il se trouve dans l'axe CE des rayons réfléchis. Une partie des rayons provenant de cet œil prendra le même chemin CEF vers la flamme; une autre partie, celle qui tombe sur le second prisme AGB, subit en GB une réflexion totale et pénètre dans l'œil de l'observateur A.
Si l'on remplace les surfaces planes AD, DG et GA, par des surfaces convexes, la lumière sera concentrée. On peut de plus interposer, entre l'œil observé et l'ophthalmoscope, un verre convexe afin d'obtenir l'image renversée.
LX. Miroir de Frœbelius. — Frœbelius s'est aussi servi de la réflexion totale pour l'éclairage du fond de l'œil. Il avait remplacé les lames de verre de l'ophthalmoscope de Helmholtz par un prisme rectangle, dont la surface hypoténuse réfléchissait en totalité la lumière placée latéralement; une ouverture pratiquée perpendiculairement à une surface latérale jusqu'à la surface hypoténuse permettait l'examen de l'œil ainsi éclairé.
Un disque de Recoss porte les verres correcteurs.
LXI. Ophthalmoscope de Meyerstein. — Il consiste en un prisme rectangle, à surfaces planes, présentant une ouverture comme le précédent. La surface hypoténuse est munie d'un tube qui s'adapte à l'œil de l'observateur. La lumière tombant latéralement sur une des petites surfaces subit à l'hypoténuse une réflexion totale, tandis que la plus grande partie de la lumière qui provient de l'œil observé passe directement dans l'œil de l'observateur, à travers l'ouverture du prisme. Par suite de la distance qui sépare les deux yeux, le champ d'observation est ici encore un peu restreint.
LXIl. Ophthalmoscope prismatique de Coccius. — Coccius a choisi pour cet instrument un prisme rectangle à côtés inégaux, dont une surface latérale, et non pas l'hypoténuse, sert à la réflexion. L'hypoténuse est donc tournée vers la lumière, et la plus petite des surfaces vers l'œil de l'observateur, dont le regard passe à côté de celle-ci, en se dirigeant vers l'œil examiné. Le prisme est placé dans une monture métallique fixée au manche de l'instrument. Une seconde monture reçoit les verres correcteurs, qui s'apphquent contre la petite surface du prisme et peuvent se placer obliquement, de façon à éviter les reflets.
LXIIL Afin d'obtenir un éclairage plus fort, Zehender a employé des prismes rectangles, dont les surfaces latérales étaient concaves ou convexes.
OPHTHALMOSCOPES BINOCULAIRES.
Nachet jeune a fait, en 1852, la première tentative pour employer les deux yeux dans l'examen microscopique, et il a construit un microscope binocu-
OPHTHALMOSCOPIE.
laire, d'après le principe suivant (iig. :2:25). Supposons un objet abc: cet objet fournirait, par l'interposition d'une lentille convexe 0, une image ABC plus grande et renversée. Mais derrière elle se trouve un système de trois prismes équilatéraux, MPN, LKPi^et L'K'R', placés comme l'indique la figure, c'est-à-dire de façon que leurs surfaces soient parallèles. Les rayons qui ont traversé la lentille 0 tombent d'abord sur le prisme MPN, où les uns sont réfléchis par la surface PN vers le prisme L'K'R', et les autres par la surface
FiG.
MN, vers le prisme LKR. Dans ces prismes la réflexion se produit sur les faces L'K' et LK, de façon qu'au lieu d'une seule image renversée ABC, il s'en produit deux, aSy et A"B"G". Ces images correspondront aux deux yeux de l'observateur, si la distance des prismes a été convenablement choisie. Il les regardera à travers deux verres correcteurs.
C'est ce principe qui a servi de base à l'ophlbalraoscope binoculaire de Giraud-Teulon.
LXIV. Ophthalmoscope binoculaire de Giraud-Teulon. — Cet instrument n'a pas seulement pour but de permettre simultanément aux deux yeux Pexamen du fond de l'œil; il fournit à chaque œil une image différente du même objet. La réunion de ces deux images donne l'impression stéréoscopique.
SNELLEN ET LANDOLT.
— MÉTROLOGIE.
Cet instrument est construit de la manière suivante (fig. 226). Un miroir concave de verre SS', d'environ 4,5 centimètres de diamètre, réfléchit la lumière dans l'œil observé.
Le miroir est dépom^vu de tain en son milieu sur une largeur 00' de 5mm diamètre environ ; au centre de cette surface deux prismes agbc et a'g'b'c sont contigus par leur arête c. Les angles acb et agb ont 45 degrés environ, de sorte que les rayons qui tombent sur ac perpendiculairement ou sous un angle très-faible, et qui ont traversé cette surface sans déviation, subissent en cb une réflexion totale vers ag^ et là une seconde réflexion vers qu'ils traversent, sans être déviés, dans la direction A.
FiG. 2-26.
La même chose a lieu pour le prisme a'g'h'c, qui renvoie les rayons dans la direction A'.
Soit maintenant en X un objet, en A et A' les yeux de l'observateur : chacun d'eux reçoit une image distincte de X, d'autant plus difl'érente que l'angle 0X0' est plus grand, c'est-à-dire que l'objet est plus près du miroir.
Dans ce cas; la convergence, et par suite l'accommodation, n'est pas en rapport avec la distance à laquelle se trouve l'objet. En effet, les rayons sortent des prismes sous un angle très-petit et réclament, par suite, une convergence très-faible. Ce faible degré de convergence s'accompagne ordinairement de la détente presque complète de l'accommodation, tandis que la proximité de l'objet réclame un effort d'accommodation assez considérable.
Il est vrai que, par l'exercice, on arrive à rendre indépendantes l'accommo-
OPHTHALMOSCOPIE.
dation et la convergence. D'ailleurs cet effort devient inutile par la disposition suivante imaginée par l'inventeur : Derrière les prismes agbc et a'(j'b'c se trouvent deux autres prismes triangulaires faibles, dont le sommet est tourné en dedans. Ces prismes dévient les rayons parallèles de telle sorte qu'ils semblent venir du point X; et, pour faciliter l'accommodation ces derniers prismes sont en outre faiblement convexes. Ordinairement il y a même deux prismes, l'un plan et l'autre convexe, dans une monture mobile, de sorte qu'on peut placer l'un ou l'autre devant chaque œil.
Enfin, certains modèles de l'ophthalmoscope de Giraud-Teulon présentent encore un perfectionnement ; ils peuvent s'adapter à tout écartement des yeux, parce que le prisme acgh est divisé en son milieu perpendiculairement à aCj et que sa moitié externe se déplace plus ou moins, sans influencer autrement la marche des rayons lumineux. L'observateur peut donc toujours placer ses yeux dans la direction des rayons émergents.
Pour l'image renversée, on place entre l'œil examiné et le miroir un verre convexe à la manière ordinaire.
Reste à se demander si l'instrument répond bien à son but, qui est de donner l'impression stéréoscopique du fond de l'œil. On l'a généralement admis, et il n'est pas douteux qu'avec cet instrument on ne se rende bien compte des différences de niveau des objets du fond de l'œil; en d'autres termes, qu'on ne les voie stéréoscopiquement. M. Schweigger (1) cependant prétend, en se basant sur ses recherches avec l'appareil à boules tombantes de Hering (voy. page 933), que cette vision stéréoscopique repose sur une illusion. D'après lui, dans l'expérience de Hering, on se tromperait aussi souvent sur le point précis où tombe la bille, avec l'ophtlialmoscope binoculaire qu'avec la vision monoculaire.
La question de savoir si l'on voit stéréoscopiquement ou non, c'est-à-dire si les images des deux yeux sont assez différentes pour produire ensemble une impression stéréoscopique, dépend évidemment de l'angle 0X0' sous lequel on observe l'objet.
Les points 0 0' sont plus près de c ou de 6 h', suivant la largeur de la pupille de l'œil observé et l'ouverture oo' du miroir.
Si l'on examine à l'image droite, la distance du miroir au fond de l'œil observé peut être d'environ 50 millimètres. Si nous admettons pour la distance 0 0' 8 millimètres (ce qui est très-possible avec la largeur ordinaire de la pupille et l'ouverture du miroir), l'angle 0X0' est égal à 10 degrés. Si la distance entre les deux yeux est de 64 millimètres, un objet vu sous un angle de 10 degrés sera à 400 millimètres des yeux de l'observateur.
Or, les recherches que nous avons entreprises avec M. Stammeshaus, à l'aide du photostéréoscope (qui n'est autre que l'appareil de Hering perfectionné par Donders), ont prouvé que, à une distance d'un mètre et plus on peut encore recevoir une impression stéréoscopique. H s'ensuit que l'examen
(1) Handbuch der Augenheilkuîide, p. 110.
SNELLEN ET LANDOLT.
— MÉTROLOGIE.
à l'image droite, à l'aide de l'ophthalmoscope de Giraud-Teulon, doit fournir une image stéréoscopique.
Giraud-Teulon a indiqué dans VOphthalmic Review, avril 1867, p. 248, une modification de son opiithalmoscope binoculaire : L'image renversée est produite à l'aide d'un ménisque étamé (Laurence). Le miroir d'éclairage concave disparaît. On le remplace par un verre convexe qui, s'ajoutant aux verres convexes placés derrière les prismes, donne un grossissement considérable de l'image renversée.
LXV. Ophthalmoscope binoculaire de Coccius (second modèle). — L'ophthalmoscope binoculaire de Coccius n'est qu'une modification de l'ophthalmoscope de Giraud-Teulon : a Immédiatement derrière le miroir » d'éclairage de 16 centimètres de distance focale, et au-devant des prismes, » se trouve une lentille convexe de trois dioptries, qui donne à l'image une » intensité lumineuse plus grande, et permet néanmoins un plus fort gros- » sissement. Le grossissement est obtenu par une lunette de Galilée ajoutée » à l'ophthalmoscope. Par cette disposition on obtient avec une netteté et » une intensité parfaites le plus fort grossissement possible. »
LXVI. M. Coccius avait construit auparavant un ophthalmoscope binoculaire qui consistait en un miroir concave et deux miroirs plans :
Le premier était perforé et servait à l'éclairage; derrière lui se trouvait un miroir plan, perforé également, dont la surface réfléchissante était tournée vers l'œil observé, et formait un angle d'environ 45 degrés avec la ligne visuelle de l'un des yeux de l'observateur. Devant l'autre œil se trouvait un miroir plan non percé, parallèle au premier et ayant sa surface réfléchissante dirigée vers lui.
De cette manière, les rayons provenant de l'œil examiné traversaient d'abord l'oriflce du miroir coi-cave, puis, en partie, celui du premier miroir plan, et arrivaient ensuite dans un des yeux de l'observateur. Une autre partie des rayons était réfléchie horizontalement parle miroir plan sur le second, et renvoyé par celui-ci, sous un angle égal, dans l'autre œil de l'observateur. De cette façon, chaque œil percevait une image distincte, mais les deux images étaient identiques. La vision était donc binoculaire, mais non stéréoscopique. Cependant l'impression fournie par deux yeux est plus vive que celle fournie par un seul.
LXVII. M. Laurence a également essayé de rendre possible l'examen ophthalmoscopique par les deux yeux simultanément. Il employait un grand miroir concave portant une ouverture pour chaque œil, à droite et à gauche de son centre. Il est inutile de dire que ce procédé n'est pas applicable; la direction des rayons émergeant de l'œil observé ne pouvant pas coïncider avec les lignes visuelles des deux yeux de l'observateur.
LXVIII. M. Schweigger a employé deux miroirs concaves perforés, fixés dans une monture métallique et portés par un manche; leur écartement correspond à celui des deux yeux; ils sont mobiles autour de leur axe vertical et de leur axe horizontal. On dispose l'instrument de telle façon que chaque œil regarde à travers l'un des miroirs, et que les deux images de la lumière, reflétées par ces
miroirs, coïncident. Cette méthode est applicable à l'examen des parties antérieures du globe oculaire et du décollement de la rétine, mais nullement à l'examen des parties profondes de l'œil, ni à l'observation à l'image renversée.