‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 118 sur 136 · EXAMEN DES MOUVEMENTS BINOCULAIRES · texte numérisé non relu

EXAMEN DES MOUVEMENTS BINOCULAIRES

§ 142. Les mouvements d'un seul œil ne permettent pas de tirer des conclusions directes sur les mouvements binoculaires, c'est-à-dire sur les mouvements que les deux yeux sont en état d'exécuter, en fixant ensemble le même objet.

La position et les mouvements des deux yeux ont pour objet la vision simple et binoculaire, avec les fovea centralis; c'est-à-dire que les deux yeux doivent toujours être dans une situation telle, que les lignes visuelles partant de la fovea s'entrecroisent au point fixé. La totalité des points qui peuvent être ainsi fixés par les deux yeux simultanément, sans changement de position de la tête, représente donc le champ de regard binoculaire.

Hering a mesuré le champ de regard binoculaire de la même manière que le champ de regard monoculaire, c'est-à-dire au moyen d'une plaque de verre placée verticalement sur laquelle on marque les points qui peuvent être fixés dans la vision binoculaire. On constate, par ce procédé, que le champ de regard binoculaire est moins étendu que la somme des deux champs de regard monoculaires réunis.

Les mouvements que peuvent exécuter dans une même direction les deux yeux associés diffèrent également de ceux qu'exécute chaque œil isolément.

La contraction simultanée des droits internes, lorsqu'elle atteint son maximum (maximum de convergence), est déterminée par le point le plus rapproché situé sur la ligne médiane, qui soit encore perçu par les deux yeux à la fois comme un objet simple.

La contraction simultanée des deux droits externes {divergence) est déterminée à l'aide d'un prisme à sommet externe, placé devant un des deux yeux. Le prisme le plus puissant avec lequel on peut voir encore un point éloigné comme un objet simple, indique le degré maximum de divergence, et cette divergence équivaut à peu près à la moitié de l'angle du prisme.

L'objet dont on se sert de préférence dans toutes ces recherches est une flamme de bougie; et, pour se prononcer plus aisément sur la vision simple, on place devant l'un des yeux un verre coloré.

Le maximum de convergence, dans les conditions normales, pour un œil emmétrope, répond environ à un point situé à 3";=:8'",i2c; au devant des

OPHTHÂLMOTROPOMÉTRIE.

yeux (Schuurman, de Graefe, Donders). Pour les myopes et pour les hypermétropes, ce point n'a pas une situation constante; chez les uns, il est plus rapproché, chez les autres plus éloigné que dans l'emmétropie.

La plus grande divergence possible dans l'emmétropie est, en moyenne, de 2 degrés (prisme 4") en plus de l'angle «, qui peut déjà faire diverger de 10 degrés les axes cornéens, lorsque les lignes visuelles sont parallèles. Chez les myopes, la divergence est plus prononcée que chez les emmétropes : elle est d'environ 2" 34' (5° 8' prisme); chez les hypermétropes, elle est d'environ I04' (^2° 8' prisme) (Schuurman).

§ 143. Les perturbations fonctionnelles des muscles des yeux ont une influence notable sur la position et les mouvements du globe oculaire.

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