‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 121 sur 136 · MÉTHODES SUBJECTIVES DE LA STRABOMÉTRIE · texte numérisé non relu

MÉTHODES SUBJECTIVES DE LA STRABOMÉTRIE

§ 144. Pour pouvoir déterminer le strabisme subjectivement, il est avant tout nécessaire que les deux yeux voient avec la fovea centralisa et qu'il n'existe dans leur vision aucune différence de nature à exclure l'un d'eux complètement de l'acte visuel. Aussi faut-il corriger à l'aide de verres de lunettes les différences de réfraction entre les deux yeux, surtout lorsqu'elles sont trèsprononcées. En second lieu, il est nécessaire que le patient se rende compte des images rétiniennes qu'il reçoit avec chacun des yeux, et qu'il ne néglige pas l'une ou l'autre de ces images, comme cela arrive surtout lorsque le strabisme date de fort longtemps.

Le principal symptôme subjectif du strabisme est la diplopie.

La distance entre les doubles images, augmentant et diminuant avec le degré du strabisme, a toujours servi de moyen de détermination.

Cette distance augmente évidemment aussi avec l'éloignement de l'objet de fixation. Elle augmente encore quand on porte l'objet du côté du muscle paralysé, et elle diminue lorsque le regard e«t dirigé du côté de l'antagoniste.

Généralement on croit atteindre tout le degré possible de précision, lorsqu'en tenant compte de ces facteurs, on donne comme expression du degré du strabisme la distance entre les doubles images. On parle ainsi d'une diplopie de 2 mètres, de 35 centimètres, etc.

Mais cette désignation n'est ni pratique ni précise. On commet encore ici l'erreur d'exprimer une valeur angulaire par une grandeur linéaire. Et comme nous avons rejeté la strabométrie linéaire dans la mensuration objective, nous la rejetons également dans la mensuration subjective à l'aide de la diplopie. Ici aussi nous ne disons pas que le regard est dirigé à un mètre à gauche, à un mètre à droite, mais nous désignons la direction du regard

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par un angle de tant de degrés. Enfin, nous déterminons Vangle du strabisme, conformément à notre définition, et non-seulement la distance entre les doubles images.

Pour nous rendre compte du rapport qui existe entre la distance des doubles images et l'angle du strabisme, rappelons-nous comment la diplopie se produit.

La diplopie provient de ce que l'image rétinienne de l'objet fixé, qui dans Toeil sain se forme sur la macula, tombe, dans l'œil dévié, sur une autre place de la rétine, et est projetée dans la direction d'où proviennent, dans la position normale de l'œil, les rayons qui forment leur image à cet endroit.

Soient par exemple : S (fig. 238), l'œil gauche, atteint de strabisme convergent; w, la macula; r, le centre de rotation. Soient : D, l'œil droit; 0, une flamme que nous faisons fixer.

OPHTHALiMOTROPOMÉTRIE.

L'œil droit seul est dirigé sur l'objet de fixation, tandis que l'œil gauche, au lieu d'avoir la direction oO, a la direction mX. OrX est par conséquent l'angle du strabisme.

L'image de 0, au lieu de se former sur la macula, tombe sur un point o situé en dedans de celle-ci. L'œil S, en se rendant pas compte de sa déviation, projette cette image en dehors, comme s'il se trouvait dans sa position normale par rapport à l'œil D. Et comme ce sont les objets situés du côté temporal qui forment leurs images du côté nasal de la macula, l'image o est projetée du côté temporal (diplopie homonyme).

Pour déterminer la distance entre les doubles images, nous n'avons donc qu'à ramener l'œil S à la direction qu'il devrait avoir, de façon que sa macula m se trouve en face de l'objet 0.

Par cette rotation m arrive en o, et o en o' (mo = oo'), La ligne mX prend la direction oO, et oO celle de o'O'.

FiG. 239.

0 est donc l'endroit où l'œil S voit l'objet 0, et 00' représente la distance entre les doubles images.

Or, puisque mo=oo', l'angle OrO' est égal à l'angle du strabisme OrX, et 00', distance entre les doubles images, est donc égaie à la tangente de l'angle du strabisme.

Pour déduire l'angle du strabisme de la distance entre les doubles images, il s'agit donc simplement de réduire la tangente en angle.

J'ai fait cette réduction sur des rubans, pour une distance de 3 mètres.

Je place le malade à 3 mètres en face de la paroi sur laquelle le ruban est fixé, à la hauteur des yeux, et de façon que son milieu, le point zéro (fig. 239), se trouve en face de l'œil dévié c.

SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.

Les deux chefs du ruban sont disposés horizontalement jusqu'à une distance de 3 mètres de chaque côté, où se trouve le n" 45\ En ces points, le ruban est de nouveau fixé et replié à angle droit : les bouts marquant 90 degrés sont alors attachés à des chaises ou à la paroi opposée de la chambre, s'ils sont assez longs.

Sur le ruban sont marqués, de 5 en 5 degrés, les points où les rayons partis de l'œil c viennent couper les lignes droites du rectangle. En d'autres termes, les divisions du ruban représentent les tangentes des angles vus de la place où se trouve l'œil malade.

La division est très-facile à faire. On peut, sans avoir besoin de calcul, viser les points correspondants aux angles, à l'aide du périmètre dont on place le centre au point c, ou bien on les détermine à l'aide des logarithmes d'une façon plus exacte (1).

En plaçant le ruban comme nous venons de l'indiquer, on n'a à déterminer que huit tangentes, huit points de la division : la tangente de 45 degrés est égale à la distance du malade à la paroi, et la division est évidemment la même sur les quatre parties du ruban.

Quand on a marqué les points jusqu'à 45 degrés, à droite et à gauche du point zéro, on rabat simplement les deux bouts du ruban sur les parties déjà divisées, et l'on reproduit sur elles la même division dans l'ordre inverse. Comme les divisions augmentent de 0 à 45 degrés, elles diminuent de 45 à 90 degrés sur la partie perpendiculaire ; de sorte que, par exemple, la distance de 0 à 5 degrés est égale à celle de 85 à 90 degrés. • Pour une distance de 3 mètres, les tangentes sont les suivantes :

A partir du point 0

cm. =

du point 90'

Un autre ruban est disposé verticalement en haut et en bas du point zéro.

La partie supérieure de ce ruban porte la même division que le ruban horizontal. Au delà du point qui correspond à 45 degrés, les tangentes sont les suivantes :

La tangente de 50° est pour notre distance = 358 cm.

Celle de 55° =428

Celle de 60° =519

(1) Soient: v,la distance du point zéro à un degré quelconque de la division; p, la distance de l'œil à la paroi , et ^ l'angle, nous avons v =p.tang^.

OPHTHALMOTROPOMÉTRIE.

La partie inférieure est divisée de même jusqu'au point où elle touche le plancher.

Pour la partie qui avance sur le sol, vers le malade, il faut déterminer à part les quelques degrés correspondants.

J'admets que, lorsque le malade est assis,' ses yeux se trouvent à 120 centimètres au-dessus du sol. (Pour avoir la même hauteur, je donne aux enfants un siège plus élevé.) Alors le point où le ruban touche le sol se trouve à 11 centimètres au-dessous du n° 20°.

A partir de ce point (120 cm. du pointO"), les degrés de la division présentent les distances suivantes :

25° = 43 cm.

J'ai appliqué, en outre, deux rubans divisés, inclinés de 45 degrés de chaque côté sur le ruban vertical. On pourrait également diviser un mur tout entier en un système de coordonnées passant horizontalement et verticalement à travers les divisions des rubans.

Pour un rayon de 225 centimètres, l'écartement des divisions du ruban horizontal correspond aux nombres suivants :

A partir du point 0 :

19,6 cm.

à partir du point 90°.

Pour la partie ascendante du ruban vertical, nous avons, en outre :

50° = 274 cm.

La partie descendante touche le plancher à 120 centimètres, c'est-à-dire entre 25 et 30 degrés.

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A partir de ce point (120 cm. du pointfO"), les différents degrés correspondent aux longueurs suivantes :

QAo oU

J O Cul.

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