‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 17 sur 136 · INFLAMMATION DU TARSE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU TARSE

La lithiase palpébrale peut déterminer une irritation prolongée de la conjonctive qui ne disparaît que rarement par l'évacuation spontanée de Finfarctus glandulaire, à la suite de petits abcès qui se forment, mais qu'on traite avantageusement en faisant des séances répétées pendant lesquelles on pratique un nombre variable de piqûres.

La figure 34 nous montre, d'après M. Michel, les transformations que le tarse et les tissus ambiants subissent par suite de cette affection. « Par la distension des espaces glandulaires, les tissus voisins sont comprimés, les fibres orbiculaires pressées (voy. fig. 34, c), et la paroi du conduit glandulaire qui est dirigée vers la conjonctive ne s'aperçoit que par une zone très-étroite qui la sépare de la couche épithéliale. La configuration de ces espaces dilatés est en général irrégulière et représente assez souvent des figures bizarres. Le contenu (détritus graisseux) se dissout parfaitement dans les substances grasses et les parois ne sont garnies que d'une couche cellulaire raréfiée dont les éléments sont atteints de dégénérescence graisseuse. Sur d'autres points, le commencement de la distension est annoncé par un amincissement du tissu mterposé entre diverses vacuoles glandulaires (voy. fig. 34, é).

Fig. 34. — Section sagittale occupant à peu près le milieu de la paupière inférieure. Conjonctivite chronique.

a), Accumulation de corpuscules lyniphoïdes. — 6), Élevures villeuses de l'épithélium. — c), Fibres musculaires repoussées et comprimées. — d), Distension d'un diverticule latéral et du conduit excréteur de la glande. — e), Tissu intermédiaire atrophié du tarse. Coloration avec riicmatoxylinc. Préparation au baume de Canada. Hartnack IV, oculaire 3.

Il est bien entendu que les manifestations inflammatoires qui s'associent à cette rétention de produits avec tendance à les éliminer peuvent faire ressembler l'affection à une pustule d'acné, à un petit furoncle (orgelet) ou à un véritable abcès siégeant dans le tarse. Qu'on veuille bien retenir que ce qu'on désigne généralement sous le nom de chalazion enflammé est ordinairement

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l'abcès qui se forme autour d'un infarctus étendu d'une glande tarsienne et non un granulome abcédé. Il est vrai qu'à côté d'un granulome on voit parfois une glande meibomienne s'enflammer et donner lieu à une petite accumulation de pus ; mais les tumeurs enflammées des tarses qui, lorsqu'on les ouvre, laissent s'échapper en grande partie du pus, sans qu'il reste une masse pultacée gélatineuse, ne proviennent pas d'un granulome, mais d'une glande tarsienne désorganisée et enflammée.

La distension des glandes tarsiennes par une accumulation progressive du contenu qui formerait, à l'instar des altérations morbides des glandes sébacées du derme (front, cuir chevelu), un athérome, ne se rencontre assurément, suivant ce que nous a appris la pratique, que tout à fait exceptionnellement. Ce qu'on a décrit comme athérome (Michel) n'est autre chose que le granuloma, auquel peut, comme nous l'avons décrit (voy. pag. 100), s'associer une transformation morbide d'une partie des glandes tarsiennes.

ARTICLE II

INFLAMMATION DU TARSE {TarSlUs).

Depuis qu'il est avéré que le tarse n'est pas composé de tissu cartilagineux, il ne saurait être question d'une chondrite. La manière intime avec laquelle adhère la conjonctive à la surface interne des tarses nous explique suffisamment pourquoi des affections chroniques de la muqueuse, et en particulier celles qui déterminent une désorganisation considérable de la conjonctive, retentissent sur la nutrition de cet organe. Par contre le tissu lâche de la peau peut subir les changements morbides les plus accusés sans que le tissu tarsien s'en montre altéré..

Pourtant, à la suite de rechutes fréquentes d'inflammations'cutanées (érysipèle, eczéma), on peut observer Une inflammation subaiguë avec épaississement des tarses. C'est ainsi que chez des enfants scrofuleux sujets à des attaques fréquentes d'eczéma palpébral, il se développe un épaississement chronique des paupières qui porte en grande partie sur la tarse de la paupière supérieure. La difficulté qu'on rencontre à renverser le tarse épaissi, dont la compression s'accompagne d'une sensibilité extrême, nous fait voir aussi par le palper que le tarse a subi un changement considérable de forme, sans que la conjonctive ni le tégument externe se montrent altérés.

Cette tarsite chronique disparaît insensiblement en relevant la nutrition de ces enfants scrofuleux, en conseillant le séjour au bord de la mer et en instituant une hygiène bien ordonnée de la peau au moyen de l'hydrothérapie. L'emploi de la teinture d'iode, de l'onguent mercuriel en bandelettes (taffetas de Yigo) n'est souvent pas supporté à cause de l'extrême irritabilité cutanée.

Une autre variété de tarsite chronique s'observe à la suite de la bléphariie

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