I. — MALAPIES ®E LA PEAU PAtIPIÈliES
Introduction {Anatomic). — L'exposé détaillé de la constitution histologique des paupières qui précède rend presque superflues de nouvelles indications sur leur conformation macroscopique; cependant l'anatomie devant nous servir de guide dans nos recherches cliniques, nous citerons ici un passage instructif de M. Merkel (1), emprunté à l'Encyclopédie :
((La délimitation. des paupières vers les parties formant le pourtour de leur bord adhérent présenterait certaines difficultés, la peau de la face se continuant sensiblement avec celle des paupières, si en haut le sourcil, supercilium, en bas un repli, le pli palpébro-malaire (Arlt), ne venaient pas en aide cà cette distinction précise.
» Le sourcil se trouve à hauteur égale du rebord orbitaire supérieur; par contre, le pli palpébro-malaire est situé un peu plus haut que le rebord orbi-
(1) Graefe-Saemisch, t. I, p. 61.
DE WEGKEK.
MALADIES DES PAUPIERES
taire inférieur, par conséquent la paupière supérieure présente une plus grande étendue que l'inférieure. D'après les mensurations de Richet, la paupière supérieure mesure, de son bord libre jusqu'au fornix conjonctival (repli conjonctival supérieur) 22 à 25 millimètres, tandis que l'inférieure n'atteint que la moitié de cette étendue, 11 à 13 millimètres.
» Quoique la peau des paupières se confonde graduellement avec celle de la face, elle s'en différencie néanmoins par son exquise finesse. En outre, elle se distingue en ce qu'elle n'est garnie que par un lanugo très-rare et
très-fin, ce qui a fait croire aux investigateurs anciens, qui ne pouvaient avoir recours au microscope , qu'elle était dépourvue de poils (fig. 4).
» La peau des paupières montre chez l'adulte , de nombreuses rides , qu affectent surtout une direction transversale, et qui ne s'effacent pas lors même de l'occlusion des paupières (fig. 4).
Ces rides doivent être rapportées au plissement continuel que subit la peau pendant le clignement. A un âge avancé, il s'ajoute à ces rides transversales, de plus en plus allongées, d'autres petites rides, également nombreuses, dirigées verticalement en s'anastomosant avec les premières , de façon à communiquer à la paupière un aspect singulièrement fané.
» De même, le tissu sous-cutané des paupières se différencie de celui du front et de la joue, en ce sens qu'il est particulièrement flasque et extensible, ce qui permet de soulever la peau en plis élevés. Des suffusions pathologiques dans ce tissu, par hydropisie, extravasats, etc., produisent ainsi une tuméfaction excessive des paupières, susceptible de rendre leur écartement trèsdifficile, parfois même impossible. Ce qui caractérise encore principalement le tissu sous-cutané de cette région, c'est qu'un dépôt de graisse ne s'y présente jamais. A peine, dans les parties les plus périphériques des paupières, peut-il se montrer parfois, le long des vaisseaux et des troncs ner- Teux, quelques rares groupes de cellules graisseuses peu visibles.
» Si la peau des paupières représentait une simple duplicature, comme celle du prépuce , le tissu sous-cutané de la lame externe se confondrait avec celui du feuillet interne. Il n'en est pas ainsi, car les deux feuillets sont séparés l'un de l'autre par la musculature de l'orbiculaire (fig. 4, M), qui
FiG. 4. — Section à travers la paupière supérieure.
Gross., 5. — Co, conjonctive. — ï, tarse renfermant une glande tarsienne. — B, tissu souscutané, — M, section du muscle orbiculaire. — H, Peau externe. — Ci, cils. — ^, lanugo de la peau palpébrale sortant des rides cutanées.