‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 26 sur 136 · PARALYSIE DE L'ORBICULAIRE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE L'ORBICULAIRE

et que leur origine, ainsi que leur trajet primitif, sont si intimement liés qu'avant Sœmmering on confondait ces deux paires en une seule, et que l'on admettait dans la septième paire une portion dure (ou faciale) et une molle (auditive). Si donc la cause du mal siège dans l'intérieur du crâne, près de l'origine du nerf facial, il survient le plus souvent un trouble dans les fonctions du nerf auditif correspondant. Si la cause paralysante est sur le trajet du nerf et si le voile du palais montre des symptômes de paralysie, cette cause est au-dessus du ganglion géniculé, situé, on le sait, au genou, ou à la première courbure du canal de Fallope, ganglion qui reçoit le grand nerf pètreux superficiel. Lorsque, au contraire, le voile du palais est intact, on pense que la cause de la maladie est au-dessous du ganglion ci-dessus désigné. Il n'est pas jusqu'à présent prouvé que la paralysie de la septième paire ait sur les muscles intrinsèques de l'organe de l'ouïe une action caractérisée par l'exaltation du sens auditif (Roux).

Le plus souvent, on observe des paralysies du facial où la cause de la maladie siège tout près du trou stylo-mastoïdien et n'affecte que les branches qui composent le pes anserinus major. Dans ces cas, le nerf peut être comprimé par des ganglions engorgés, des tumeurs, un gonflement inflammatoire de la glande parotide, etc. On voit encore la paralysie du facial survenir à la suite de refroidissements brusques qui ont amené une périostite par suite de laquelle le nerf est comprimé, ou enfin consécutivement à un traumatisme qui a porté directement sur le trajet du nerf ou intéressé la caisse du tympan.

L'otite interne (syphilitique) peut ne pas intéresser ou comprendre la septième paire, porter sur la totalité ou une partie des fibres de l'orbiculaire.

Ce muscle est particulièrement atteint dans les troubles paralytiques de la face qui accompagnent la lèpre comme Bull et Hansen (1) l'ont si bien décrit dans leur excellente monographie. Cette paralysie marche avec une lenteur remarquable et s'annonce tout d'abord par de faibles vibrations (slight quivering) de la paupière inférieure au moment où le lépreux se prépare au sommeil. La paralysie du facial ne devient jamais complète chez ces malades.

Le traitement doit nécessairement se baser sur la connaissance de l'origine du mal. Lorsqu'on soupçonne une cause inflammatoire ayant amené une compression du nerf, on peut diriger contre elle un traitement antiphlogistique, consistant en déplétions sanguines locales, frictions mercurielles, calomel à l'intérieur, etc. Une fois la paralysie établie d'une manière permanente, il sera indiqué d'exciter directement les filets du nerf paralysé par des injections sous-cutanées de strychnine. Dans le même but on fera usage des courants continus.

On songera à un traitement chirurgical, notamment à la tarsorrhaphie, soit dans les cas où la difformité de la paupière inférieure, renversée en dehors, est arrivée à un degré tel, que la guérison de la paralysie doive laisser après

(1) The leprous diseases of ilie eije, Cliristianio, 1873, in-8, p. 27, with 6 coloured plates.

IGO

DE WEGKER. — MALADIES DES PAUPIÈRES

elle un vice de conformation choquant, soit clans les cas où la coaptation des paupières est assez défectueuse pour que le globe de l'œil coure quelques dangers. C'est alors que Dieffenbacli (1) conseillait, pour abaisser la paupière supérieure attirée en haut par le muscle releveur, de pratiquer la section de ce dernier. Cette opération, dangereuse pour l'intégrité future des fonctions des paupières, est inutile, vu que la tarsorrhaphie, appliquée dans une certaine étendue, combat suffisamment la déviation de la paupière supérieure, et qu'il est toujours facile, à un moment donné, d'en annuler les effets en élargissant de nouveau la fente palpébrale. Bull et Hansen recommandent la tarsorrhaphie médiane jusqu'au point lacrymal inférieur, afin d'obvier au larmoiement. Cette opération est en réalité indiquée lorsque la section du conduit vers le lac lacrymal ne suffit pas et si la paralysie généralisée du facial n'a pas aboli le mécanisme de la conduction lacrymale.

Quand l'action de la paralysie sur les paupières n'est pas très-marquée, et qu'on a conservé l'espoir de la voir disparaître spontanément sans laisser de traces dans les parties qu'elle affecte, le mieux est de s'opposer, autant qu'on le peut, aux troubles passagers qu'elle détermine, par l'emploi périodique du bandeau progressif.

ARTICLE V

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