I. Lepra
D'après les recherches de MM. Bull et Ilansen (i), qui ont étudié à Christiania, avec le plus grand soin, les affections lépreuses de l'œil, quoique les lésions de la cornée débutent généralement par une infiltration épisclérale voisine de la cornée, la conjonctive n'est comprise que secondairement dans ce processus destructif.
Au Brésil nous avons des relations sur cette maladie par M. Petraglia (2), qui indique que dans les cas de lèpre avec rougeur et plissement de la peau, il se formerait une pullulation de la conjonctive se présentant comme une boursouflure mal limitée, arrondie, blanchâtre ou blanc jaunâtre, d'aspect luisant et lardacé et sans vascularisation. Cette pullulation, qui n'est autre chose que l'infiltration épisclérale que Bull et Hansen ont si bien reproduite {loc. cit. y fig. 5, 6 et 7), tranche sur la cornée avec un bord à pic de un millimètre de hauteur, en se perdant insensiblement vers la périphérie du globe de l'œil; elle fuse, comme dans les cas de Bull et Hansen, dans le tissu cornéen même.
M. Sylvester (3), qui a étudié cette triste maladie aux Indes (Bombay), est aussi de l'avis que c'est de la cornée et non de la conjonctive que part la localisation lépreuse. (.( D'après tous les renseignements que j'ai pu recueillir sur cette maladie, il paraîtrait que la lèpre s'attaquerait rarement, si non jamais, au globe de l'œil, sous une autre forme que le tubercule de la cornée et même, quand l'œil arrive à se perdre, c'est par une extension de la tumeur cornéenne dont la base envahit successivement la chambre aqueuse, l'iris et j
les autres tuniques de l'oeil » A priori est-ce la conjonctive et non les i
membranes profondes du globe que l'on s'attendait à voir atteintes en premier lieu dans la lèpre ?