‹ Trait√à complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 50 sur 136 · V. Tubercules de la conjonctive · texte numérisé non relu

V. Tubercules de la conjonctive

Il parait que, très-exceptionnellement, la conjonctive peut devenir le siéi>e de tubercules, ou que le tissu bourgeonnant de la conjonctive subit une phase régressive de tuberculisation.

M. Koester (2) relate brièvement un cas do tumeur de la conjonctivi; de la paupière supérieure qui, gagnaut le cul-de-sac, est venu croître sur le globe de l'œil même. Dans cette tumeur on reconnut de nombreux tubercules miliaires. Il s'agissait ici d'ini granulome développé probablement sous l'influence de l'irritation causée par le contact de la sécrétion d'une dacryocystite, granulome qui avait subi la dégénérescence tuberculeuse.

Une seconde observation par M. Walb(3), tout en donnant le dessin des tubercules miliaires, ne nous éclaircit guère sur l'évolution et le début de la tuberculose conjonctivale.

Il s'agit d'un garçon, dont l'âge n'est pas indiqué, qui avait autrefois souffert d'une carie du rocher droit et d'engorgements considérables des glandes du cou derrière l'oreille. Il est né d'une famille de tuberculeux et un frère et une sœur ont, dans leur jeune âge, succombé à une méningite basilaire. L'enfant souffrait depuis plusieurs semaines de son œil droit qui, à part les symptômes d'une ophthalmie purulente chronique avec gonflement papillaire, montrait en haut, dans la région équatoriale du globe oculaire, « une pullulation de la conjonctive, recouverte encore en partie par l'épithélium, située par conséquent dans la muqueuse môme. En certaines parties rouge, pâle, çà et là tirant sur le jaune, elle ne montrait nulle part la teinte rouge intense d'une muqueuse fortement enflammée et injectée. On constatait de légères inégalités de la surface, et la tumeur augmenta d'épaisseur en arrière, do façon que le globe de l'œil fut repoussé en dedans et en bas. » Des masses blanc-jaunàtre, grumouses, remplissaient le fond des parties cxulcérées qui faisaient l'impression comme si la sclérotique avait été usée, et en effet la sonde pénétrait aisément dans l'intérieur de l'œil. Pourtant la façon dont se comportait le segment antérieur (avec cornée, chambre antérieure normales et cristallin, quoique cataracte, à sa place ordinaire) ne permit pas de supposer qu'une tumeur intra-oculaire se fût fait jour en dehors. Au contraire tout faisait présumer qu'une irritation locale, la présence d'un corps (''tranger devait avoir déterminé le bourgeonnement de la portion supérieure de la conjonctive bulbaire. Rien de pareil no pouvait néanmoins être constaté. Une panophthalmitis qui éclata peu de temps après amena la destruction de l'œil, mais non de la tumeur qui n'avait guère changé d'aspect. Ce n'est que peu à peu qu'elle s'aplatissait et qu'après l'élimination des masses caséeuses, un nouveau tissu cellulaire bourgeonnait sur la partie exulcérée; mais il apparut dans les autres points de petits foyers ponctués ci, d'aspect caséeux. L'ablation de quelques parcelles de cette tumeur, qui furent durcies et examinées, permit de constater la présence de nombreux tubercules. « Dans un tissu cellulaire do nouvelle formation à petites cellules rondes, tissu qui est parcouru par de nombreux vaisseaux ayant

(1) Contribution à l'étude des éruptions de la conjonctive, thèse de Paris, 1876, p. 86

Centralhlatt f'ùr die med. Wissensch., 1871. (3) Klin. Monatsbldiler, 1875, p. ^57, avec planches.

DE WECKER. — MALADIES DE LA CONJONCTIVE

une direction verticale à la surface de la tumeur, se trouvent des masses arrondies, de grandeur diirérente, agg-lomérécs parfois, et qui ont absolument la structure du tubercule. » Ces tubercules se trouvent aussi bien dans les couches superficielles que dans les couches profondes de la tumeur.

M. Walb insiste sur la disposition de la conjonctive à bourgeonner autour d'un corps étranger à la suite du frottement d'une pièce artificielle, consécutivement à des lésions, à l'action de corps chimiques et de brûlures. Cette disposition donnée, la diathèse d'un individu sur lequel pareil bourgeonnement de la conjonctive a eu lieu, peut faire que la manière de voir des anciens auteurs se réalise, c'est-à-dire que ces masses, nouvellement formées, se tuberculisent.

Une troisième observation de véritable éruption tuberculeuse de la conjonctive a été relatée par M. Hock (1).

ARTICLE XXIII

ENtOZOAIRE DE LA CONJONCTIVE.

Le professeur Baum observa le premier le cysticerque sous-conjonctival, quiestl'entozoaire qu'on rencontre le plus fréquemment sous cette muqueuse; son observation fat publiée par Siebold (2). Peu de temps après Hœring (3) signala une semblable observation, mais c'est surtout Siebel père (4) qui a eu occasion de rencontrer plusieurs fois le cysticerque sous-conjonclival, tandis que, précisément en France , cet entozoaire se rencontre fort rarement dans l'œil et ses annexes ; en Allemagne, où de Graefe (5) a eu plus de quatre-vingts fois l'occasion de trouver le scolex taenia dans l'intérieur de l'organe de la vision, il ne l'a observé que cinq fois, sur 80,000 malades, sous la conjonctive. Nous compléterons la série de ces observations en citant celles de Arlt(6), 0. Weber(7), Rolide(8), Viollet(9), Siebel fils (10) et Hock (11), et en renvoyant aux observations de cysticerques des paupières (p. 107) dont quelques-unes peuvent être, à juste titre, classées ici. Siebel père, qui a plus souvent rencontré cette affection, en donne la description suivante :

(( On pourra se prononcer sans hésitation sur la présence d'un cysticerque sous la conjonctive , toutes les fois qu'on trouvera , vers l'un des angles, plus ou moins rapprochée du diamèt/e transversal de l'hémisphère antérieur de

(1) Klin. MonatsbL, p. 309, 1876.

(2) Zeitsch. des med. Vereins in Preussen, 1838, 16.

(3) Voy. Ammon's Monatsschnft, 1839, H. 5.

(4) Revue médico-chirurg. de Malgaigne, 1847, p. 224, et Iconographie ophihalm., 1852-59, p. 702, pl. LXXII, fig. 1 et 2.

(5) Archiv f. Ophthalm., t. XH, 2, p. 174.

(6) Son traité, t. I, p. 170.

(7) Med. des aerzt. Vereines in Wien, 1874, t. III, n° 6.

(8) Verhandl. des naturhist Vereins. Bonn, 1863, Jahrg XX, 1, p. 42.

(9) Berl. Klin. Wochensch., ii° 13, 1865.

(10) Gaz. des hôp., n"' 19 et 29, 1873.

(11) Bericht d. K.K. Rudolf ssliflung, 1867, p. 238.

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